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SOUVENIRS POLITIQUES

sincèrement catholique pour ne pas entendre sans être ému des appels qui s’adressaient à ses sentiments les plus chers. Quel travail herculéen n’avait-il pas fallu accomplir pour faire disparaître les malentendus et faire comprendre une bonne fois que l’on peut être bon libéral et excellent catholique ! M. Mercier — il faut bien le reconnaître — a contribué pour une large part à cette œuvre de paix et d’apaisement.

Au moment où M. Mercier venait d’arriver à la tête du gouvernement dans notre province. M. Laurier devenait chef du parti libéral à Ottawa, honneur qu’il n’avait ni sollicité, ni recherché. M. Edward Blake avait déployé comme chef de l’opposition un talent supérieur et des qualités admirables, mais ce travail avait ébranlé sa santé à un tel point qu’il fut obligé d’abandonner son poste. Il s’était, d’abord ouvert de son projet confidentiellement à Sir Richard Carthright et à l’hon. M. Jones de Halifax ; à part la question de santé, il s’imaginait aussi qu’un autre que lui aurait plus de chance de conduire le parti à la victoire. J’étais à ce moment député à la Chambre des Communes. On nous convoqua en caucus et nous ne soupçonnions pas quel pouvait bien en être l’objet. M. Blake prit la parole et nous fit part de sa détermination qui nous jeta dans l’étonnement ; il termina en