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SOUVENIRS POLITIQUES

suggérant M. Laurier comme son successeur. Celui-ci qui ne paraissait pas en savoir plus long que nous sur le sujet déclara que la tâche était trop lourde pour lui et demanda que le choix tombât sur un autre. Pressé d’accepter par toute la députation libérale, il demanda quelques jours pour y songer. C’était un bel hommage rendu à son talent à a sa popularité car pas un autre nom que le sien fut mentionné ; c’était en même temps pour nous de la province de Québec un motif de légitime orgueil de voir l’un des nôtres choisi pour diriger les destinées du parti libéral ; c’était, enfin, une preuve éclatante de la magnanimité, de la tolérance de nos alliés des autres provinces.

La presse fut à peu près unanime à applaudir à ce choix. Le Mail lui-même, le principal organe conservateur ne pouvait s’empêcher de dire :

“Puissant orateur au parlement comme aux tribunes, nature affable et engageante, citoyen intègre et sans tache, tous admettent qu’il est tout cela. Il n’y a pas dans toute l’opposition, même en comptant M. Blake, d’hommes beaucoup plus qualifiés que lui pour le commandement sous ses importants rapports.”

Assurément, c’était un événement de haute portée pour notre province ; il en faisait le centre d’action, la source inspirative de