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SOUVENIRS POLITIQUES

aura été jeté sur le Saint-Laurent, que ce pont soit en face de Québec ou à la Chaudière, peu importe l’endroit, je ne vois pas pourquoi, dis-je, les charbons expédiés de la Nouvelle-Écosse aux Trois-Rivières ou à d’autres points de la rive nord, à l’ouest de Québec, ne se rendraient pas directement à destination et seraient obligés de faire une halte, d’ailleurs parfaitement inutile, après avoir traversé le pont.

Et. M. Bonnin continue :

« Le même fait se reproduirait pour un grand nombre de produits. Québec y perdrait même, peut-être, les quelques wagons de fret qui traversent chaque jour, par bateaux, et qui alors, sauf ce oui est destiné spécialement à la ville, remonteraient directement ».

Or, on peut-être certain d’une chose : c’est que, même avec le pont devant la ville, les marchandises ou les produits venant de l’ouest, expédiés sur des points situés à l’est de Québec, ou vice versa, se rendraient directement à leur destination. Ce ne serait pas parce que ces marchandises passeraient à Québec qu’il faudrait leur faire subir un arrêt ou un transbordement inutiles.

Et il ne faut pas perdre de vue que les trains de marchandises qui ne feraient que passer à Québec, n’apporteraient rien à la ville. Qu’on suppose par exemple, que le trafic sur le Pacifique canadien (section est) augmente au point que cette ligne amène chaque jour, en moyenne, dans le port de Québec, cent trains de marchandises ; ce serait très beau pour Québec : mais, je le demande, quel bien ces cent trains de marchandises passant par l’Ancienne-Lorette, pourraient-ils faire à cette dernière localité ? Aucun absolument.

Quels avantages la ville de Québec retirerait-elle des trains qui ne feraient que la traverser ? Je ne vois pas. Ces trains auraient plutôt pour elle des inconvénients : du bruit, de la fumée et un obstacle à la circulation sur les rues traversées