Page:Langelier - Souvenirs politiques, vol 1, 1909.djvu/39

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
42
SOUVENIRS POLITIQUES

anciens libéraux que nous devons la paix, l’apaisement dont nous jouissons aujourd’hui ; ce sont eux qui, au péril même de leur carrière ont été les défenseurs de nos libertés civiles, de notre régime représentatif ; ce sont eux qui ont préparé de longue main les grandes victoires du parti libéral, « comme viennent ces vagues lentes et lourdes, qui arrivent de la haute mer, que l’on discerne à peine sur la surface mouvante, tant leurs ondulations sont prolongées, que l’on n’attend ni ne redoute, et qui, tout-à-coup, sur la grève plate, se gonflent et se déroulent formidablement. »

Si les vieux libéraux eurent à lutter contre l’influence cléricale, n’oublions pas qu’ils rencontrèrent aussi le long de la route bien d’autres influences d’un autre genre. Oui, dans ce temps là, la haute finance, les banques, lès grandes compagnies de chemins de fer et de navigation, les manufacturiers, les marchands de bois, tous ceux qui étaient attachés au pouvoir ou qui en espéraient quelque chose, toutes ces classes formaient une armée compacte, une organisation puissante contre le parti libéral. Les fraudes électorales les plus formidables étaient commises avec impunité. Bref, il fut un temps, où dans toute la région de Québec, depuis Gaspé jusqu’à Trois-Rivières, deux comtés seulement, Témiscouata et Lotbinière, étaient représentés par des libéraux !