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SOUVENIRS POLITIQUES

fin, l’opinion s’était tellement échauffée que le 6 février, un attroupement de plusieurs milliers de citoyens se rendit aux portes mêmes du parlement et y brûla M. Angers en effigie. La foule hurlait : « à bas Angers », « à bas les résolutions des chemins de fer », « à bas la taxe directe. »

Quelques jours après, une délégation composée des principaux citoyens de la ville se rendit auprès de M. DeBoucherville pour lui remettre les résolutions adoptées à une assemblée publique tenue peu de temps auparavant. Le Premier Ministre reçut très mal la délégation ; il lui déclara qu’il refusait de conférer avec elle et que ses résolutions étaient une insulte à la législature. Il mit tout simplement à la porte tous ces citoyens si respectables.

Un incident qui se produisit quelques jours plus tard n’était pas de nature à apaiser les esprits. À la suite d’un discours que M. Joly venait de prononcer, M. Angers lui répondit avec hauteur que la Chambre l’écraserait par le vote ! Justement indigné d’un pareil langage, M. Joly lui rétorque « qu’il était temps de savoir si la force brutale allait régner dans la Chambre. » M. Angers s’empara de cette expression pourtant si vraie dans la circonstance, et il n’eut pas de peine à faire décréter par la majorité de la Chambre la censure de M. Joly. C’était jeter de l’huile sur le feu. En