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SOUVENIRS POLITIQUES

prits sont bien montés, M. Angers les a excités depuis trois semaines ; le temps est peut-être mal choisi pour en tenter la conquête.

Un jour, j’apprends par pur hasard qu’une assemblée des amis de M. Angers était convoquée pour le soir à l’Ange-Gardien. Je vais tout de suite au bureau de mon ami, Achille LaRue, qui était alors l’un des beaux orateurs de notre côté, et je lui propose de venir avec moi à cette assemblée. Il accueillit la proposition avec enthousiasme, et quelques heures après, sans en avoir parlé à personne, nous étions en route pour l’Ange-Garidien, où je n’avais de ma vie mis les pieds. Nous ne savions pas même à quel endroit devait se tenir l’assemblée. Une fois arrivés dans le village, nous nous informons auprès des gens, en nous donnant comme des orateurs venus pour parler pour M. Angers, à quel endroit elle devait avoir lieu. On s’empressa de nous renseigner et de nous dire qu’elle allait se tenir chez M. Joseph Mathieu, l’un des plus riches et des plus influents citoyens de la paroisse. Nous arrivâmes des premiers et nous fûmes accueillis très courtoisement par le maître de la maison qui, pourtant, ne nous connaissait pas. Il avait l’air de se demander ce que nous pouvions bien venir faire dans cette galère. Les électeurs accompagnés de leurs femmes se mirent à arriver. On se chuchotait à l’oreille, puis