Page:Langlois - Le couronnement de Louis.djvu/125

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homme, nommé Féricon, qui avait été mis au courant des machinations, alla prévenir Bernard. Bernard, n’étant pas en état de résister aux traîtres, s’enfuit de nuit avec Louis et quelques chevaliers seulement et vint à Avignon. Le lendemain, les conjurés arrivèrent en armes au palais royal, mais Bernard et Louis n’y étaient plus. Décontenancés, ils résolurent de cacher leurs criminelles intentions et d’aller au camp de Toulouse rejoindre Guillaume, croyant que leur trahison ne serait pas découverte.

Cependant d’Avignon Bernard avait conduit le jeune roi à Toulouse. Il avait donné pour prétexte de son arrivée inattendue au camp le désir de Louis de voir la guerre. Guillaume qui, seul avait été mis au courant des événements, avait alors conclu avec les Sarrasins une trève de cinq ans, et le traité avait été célébré par des fêtes dans les deux armées. C’est au milieu de ces fêtes qu’arrivèrent les traîtres. Guillaume les reçut courtoisement, feignant de tout ignorer.

Les fêtes terminées, on revint à Paris, et Guillaume ordonna à tous les seigneurs d’y accompagner le roi. Arrivés là, les Narbonnais firent arrêter de nuit les principaux coupables, et quinze barons furent exécutés sur la place publique ; après quoi, les autres seigneurs furent congédiés et Guillaume ne garda avec lui que « Bernart de Busbant et Bueves de Cormariz ». Il s’occupa alors de maintenir la paix dans tout le royaume, ce qui lui valut les louanges de toute la France et de toute la chrétienté.

Lorsque la septième année de sa régence fut près d’expirer, Guillaume fit venir à Paris toute sa famille,