Page:Langlois - Le couronnement de Louis.djvu/152

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Laisse lxii : frans, isnelement, maintenant, serement, bonement, neient, colchant.

La première de ces laisses est formée de 9 vers, dont 8 sont en an, un seul en en (gent) ; la deuxième comprend 44 vers, tous en en ; la troisième, 75 vers, dont un cinquième à peu près en en, le reste en an ; la quatrième a 8 vers, dont 4 terminés par en et 4 par an.

Donc, dans la troisième et la quatrième, le mélange des deux terminaisons est absolu, car si dans la troisième les mots en en ne comptent que pour un cinquième, c’est que dans le vocabulaire cette terminaison est bien moins nombreuse que l’autre. Mais il n’est pas permis de douter que les mots en an n’aient été systématiquement exclus de la deuxième laisse. Quant à la première, elle n’est pas assez étendue pour qu’on puisse être certain du système suivi par le trouvère ; la distinction entre les deux sons paraît cependant probable. En la laissant de côté, il reste, d’une part, la deuxième laisse qui sépare les deux terminaisons en et an, d’autre part, la troisième et la quatrième qui les réunissent. D’où vient cette différence entre deux parties d’un même poème ? On verra plus loin un fait analogue se reproduire dans les assonances en ó : sur trois laisses, la première n’admet que l’ó suivi d’une nasale, tandis que les deux autres ne tiennent pas compte de la nasalisation. Est-ce le fait d’un trouvère qui, vivant à l’époque où les deux sons en et an étaient en train de se confondre, et la nasalisation de l’ó en voie de formation, se serait d’abord imposé dans ses assonances une sévérité dont il se se-