Page:Langlois - Le couronnement de Louis.djvu/166

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

183 vers, en trois laisses, xxvi, xliii, lii. La première laisse, qui compte 108 vers, ne contient absolument que des mots en o + nasale ; les deux autres, au contraire, ne distinguent pas les uns des autres les mots en ó suivis ou non suivis de la nasale. J’ai déjà, en étudiant l’assonance en an, signalé ce fait, et j’en ai proposé deux explications. La première ferait remonter cette diversité dans le système d’assonances aux poèmes originairement distincts qui se sont réunis pour former le nôtre ; la seconde, celle que je préfère, admettrait qu’à l’époque où le trouvère rédigeait notre poème, la nasalisation de l’o existait déjà, mais n’était pas encore assez ancienne pour que les poètes fussent obligés d’en tenir compte.

Je ne donnerai pas la liste des mots qui composent la première laisse, celle où l’o est nasalisé. Elle comprend des terminaisons en o entravé et des mots en ó libre, ex. parfont, don ; mais, sauf le mot homo, qui fait toujours exception, et qui, dans le Roland, par exemple, se trouve dans les assonances en ó, en même temps que dans les deux tirades xii et cclxix en ue, aucun mot en ŏ libre ne se trouve dans notre laisse, bien qu’elle ait 108 vers. Le même ŏ libre, suivi d’une nasale, ne se trouve pas davantage dans les deux laisses qui confondent ō libre ou entravé avec les mots en on, ni enfin dans les assonances féminines en on...e. Comme ces diverses laisses réunies comprennent près de 220 vers, au lieu d’attribuer cette exclusion au hasard, il me paraît plus logique de l’expliquer par la diphtongaison de ŏ libre, même devant une nasale, et, sans en tirer aucune conclusion pour l’âge ou le dia-