Page:Langlois - Le couronnement de Louis.djvu/177

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présomption assez forte dans l’étude des manuscrits, qui, au nombre de 7 sur 8, sont écrits par des scribes français.

Pour l’âge :

L’absence de l’s au nom. sing. des substantifs pere, sire, emperere, ancestre, prestre fait déjà remonter notre poème à la première moitié du xiie siècle.

L’incertitude qui règne encore dans le mélange des sons an et en fait reculer cette date jusqu’au premier tiers du même siècle.

La distinction de la diphtongue ai et du son é, et l’assonance de la même diphtongue avec a pur, enfin la distinction de ē entravé et de ĕ entravé accusent un âge au moins aussi reculé.

La nasalisation des voyelles, encore toute récente pour o et nulle pour i et pour , confirme ces preuves d’antiquité.

Je crois donc pour toutes ces raisons que le Coronement Looïs a été rédigé dans sa forme actuelle par un Français, dans les premières années du xiie siècle, au plus tard vers 1130.

J’ai encore trouvé dans l’étude des assonances et de la mesure du vers des indications précieuses sur l’orthographe que je devais employer dans le texte. Je les ai signalées : le maintien de l dans la graphie partout où plus tard elle est devenue u, sa chute dans le mot reiame ; le rétablissement de la diphtongue ai partout où les manuscrits l’écrivent e ; la distinction dans la graphie entre an et en, suivant l’étymologie ; le mot Deus écrit sans i ; la diphtongaison de ò libre même devant une nasale (j’ai adopté ue plutôt que oe, parce