Page:Langlois - Le couronnement de Louis.djvu/23

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Qui tibi concessit culmen miseratus honoris
Conferat ipse tibi posse placere sibi. »
Tunc pater et soboles, praestandi munere laeti,
Prandia magna colunt cum pietate Dei.
O festiva dies, multos memoranda per annos !
Augustos geminos, Francia terra, tenes.
Francia, plaude libens, plaudat simul aurea Roma :
Imperium spectant cetera regna tuum.
Tum Carolus sapiens multis suadebat alumnum
Diligat ut Christum ecclesiamque colat.
Amplexans nimium libavit et oscula pulcra ;
Dat licitum ad propria, verba suprema sonat[1].

Les ressemblances qui existent entre ces différents textes et le poème français sont trop nombreuses et trop évidentes pour qu’il soit utile d’insister sur cette comparaison.

Il est donc certain que le début du poème français a un fonds historique ; on peut même ajouter qu’il remonte à une époque où la tradition n’avait encore que très peu altéré l’histoire, c’est-à-dire à une époque presque contemporaine des évènements qu’il raconte.

Je ne crois pas, comme M. L. Gautier, que le début du Coronement Looïs ait été calqué sur les récits d’Einhard ou de Thégan [2]. Il est même fort probable, pour ne pas dire certain, que le trouvère

  1. Ermoldi Nigelli lib. II, vv. 1-84 (Pertz, Ibid., II, 478-480.)
  2. « Le début du Couronnement Looys, qui contient le récit des derniers conseils et des adieux de Charles à son fils, paraît en partie calqué sur deux textes d’Éginhard (Vita Caroli Magni, cap. xxx, Pertz, II, 459) et de Thégan (Vita Hludowici, cap. vi, Pertz, II, 591). » (Les Épopées françaises, 2e éd., IV, 337-8).