Page:Langlois - Le couronnement de Louis.djvu/35

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Matfred, comte d’Orléans, qui fut toujours associé à la fortune de Wala, arrivant au pouvoir avec lui quand son parti était vainqueur, partageant ses disgrâces quand il était vaincu. Il est fort probable que ce comte d’Orléans avait trempé dans les conjurations de Wala contre l’avènement de Louis ; du moins sa conduite ultérieure donne beaucoup de vraisemblance à cette supposition.

Mais les raisons qui ne permettaient pas d’attribuer à Wala le rôle d’un traître n’existaient plus pour le comte d’Orléans. Matfred n’était pas de la famille impériale, il n’a jamais eu la gloire de Wala, et surtout il était loin de mener la vie religieuse de ce dernier. Bien plus, il fut, ainsi que Hugues, comte de Tours, dans un plaid tenu à Aix en 828, à l’instigation de l’impératrice Judith, accusé de trahison, reconnu coupable et publiquement dégradé. Ces deux comtes, envoyés avec une grande armée au secours de Bernard, comte de Barcelone, contre les Goths, avaient, par haine de ce Bernard, laissé l’ennemi piller à loisir les environs de Barcelone et se retirer tranquillement avec son butin.

C’est peut-être pour ces différentes raisons que le rôle de traître fut attribué dans notre légende au comte d’Orléans.

De même que le rôle de Matfred dans l’histoire a pu donner naissance au personnage d’Arneïs dans la légende, de même celui de Bernard, dont je viens de citer le nom, expliquerait peut-être l’introduction de Guillaume dans notre chanson. Bernard, en effet, est précisément le fils de ce Guillaume qui devint si