Page:Langlois - Le couronnement de Louis.djvu/37

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les deux poèmes qui nous sont parvenus sur les deux faits d’armes signalés plus haut, la bataille de l’Orbieu et la prise de Barcelone.

Or ce roi d’Aquitaine, au service de qui Guillaume consacrait sa vie, était précisément le fils de Charlemagne, Louis, qu’on avait porté en berceau dans son royaume et qui avait à peu près douze ans lorsque Guillaume fut nommé comte de Toulouse

Ainsi, quand s’ouvrit le ixe siècle, Louis régnait sous la sauvegarde énergique de Guillaume, et pendant près de quinze ans le comte de Toulouse fut pour ce jeune roi et pour ses états un protecteur de tous les instants.

Dans le récit du couronnement de Louis la légende fait du futur empereur un enfant ; cet enfant trouve contre ses ennemis un généreux défenseur : naturellement ce défenseur doit être celui que Louis eut pendant toute son enfance, c’est-à-dire Guillaume.

Guillaume devenant ainsi le protecteur exclusif et nécessaire de Louis, nous le verrons plus loin se substituer dans la tradition à d’autres personnages historiques, qui s’étaient faits les défenseurs de la royauté contre la féodalité ; substitution qui, outre la célébrité de Guillaume de Toulouse, s’explique encore par la similitude des noms de ces personnages, dont plusieurs s’appelaient Guillaume.

Ainsi, en admettant que dans la première partie du Coronement Looïs le personnage de Guillaume n’ait pas été créé de toutes pièces, on s’explique aisément comment ce même personnage a pu prendre la place de Bernard son fils, comme lui comte de Toulouse.