Page:Laprade - Œuvres poétiques, Les Symphonies, 1878.djvu/32

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Toutes ont le même air et semblable parure ;
Pourtant chaque figure
A sa grâce distincte et ses propres douceurs.

Reste donc parmi nous, dans le pays des songes,
Seul monde où le cœur vive à l’abri des mensonges,
Habite nos palais de nuages construits ;
Ne poursuis que des yeux nos vagues perspectives ;
Fuis les clartés trop vives,
Et nourris-toi des fleurs plus douces que les fruits.



II

ÉTÉ

le rossignol.

Dans un buisson de roses
Mon nid fut bien caché ;
Mais, sous les fleurs écloses,
Amour m’a déniché.

Il courut au bocage,
Léger et triomphant.
J’eus pour première cage
Les doigts du bel enfant.

J’ai reçu la becquée
Sur le bout de son dard ;
Ma langue y fut piquée
Par le dieu babillard.