Page:Lara - Contribution de la Guadeloupe à la pensée française, 1936.djvu/144

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


SIXAIN
(Au bas d’une grande photographie offerte à la Bibliothèque Municipale de Pointe-à-Pitre).



Ô verte Guadeloupe, émeraude que Dieu
Laissa tomber un jour dans son Océan bleu,
Comme avec majesté ton profil se dessine !
Tu montres ton volcan, comme Naples, Messine.
Oh ! ce frais Matouba, qui peut mettre en oubli
Ses ombrages, ses eaux, même après Tivoli ?

1er août 1889.



~.~.~.~.~.~.~



LA POLITIQUE COLONIALE DE LA FRANCE



L’un des grands fondateurs de la nationalité française, l’un de ceux qui ont concouru le plus efficacement à notre grandeur, Richelieu, nous a tracé, dans son Testament Politique, la voie dans laquelle notre pays doit se maintenir, sous peine de déchéance, en ce qui touche sa politique maritime et coloniale. Il pose en principe cet axiome fondamental que pour être une puissance continentale, il faut que la France soit une puissance maritime, sa frontière de mer étant aussi considérable que sa frontière de terre. Il montre, sans hésiter, aux Français qu’ils peuvent aussi bien être envahis par mer que par terre. "En effet, dit-il, si la France n’était pas puissante en vaisseaux, l’Angleterre pourrait entreprendre à son préjudice ce que bon lui semblerait, sans crainte de retour. Elle pourrait empêcher nos pêcheries, troubler notre commerce ; elle pourrait descendre impunément sur nos côtes. Elle pourrait tout oser, lorsque notre faiblesse nous ôterait tout moyen de rien entreprendre à son préjudice.
Et, cependant, dit le grand ministre, il semble que la nature ait voulu offrir l’empire de la mer à la France par l’avantageuse situation de ses deux côtes égale-