Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 1, part. 2, An-Ar.djvu/285

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ARCYTHOPHYTE s. m. (ar-si-to-fi-te — du gr. arkeutkos, genévrier ; pkuton, plante). Bot., Nom donné aux plantes qui portent des fruits.semblables à ceux du genévrier.

AKDA, rivière de la Turquie d’Europe, se jette dans la Mni’itz’a, près d’Andrinople, après un cours d’environ 180 kilom.

ARDARURI US, général de Théodosell, Alain d’origine, combattit les Perses en 421, défendit en Italie (425) la cause de Valentinien III et de Placidie contre l’usurpateur Jean le Tyran, qu’il lit prisonnier, après avoir été lui-même enfermé par lui dans le port de Ravenne.

ARDAGII, ville épiscopalo d’Irlande, comté et a 8 kilom. S.-E. de Longford ; 5,000 hab. Il Nom de plusieurs paroisses d’Irlande, l’une dans le comté de Limeriek, une autre dans le comte de Mayo, et une troisième, comté de

ARDAL1DÉS, surnom des Muses emprunté à Ardalus.

ARDALUS, fils de Vulcain et d’Aglaé, une des trois Grâces. Il passait pour avoir bâti la grotte des Muses, qu’on voyait chez les Trézéniens. On lui attribue aussi l’invention de la ilùte.

ARDASCMÈS ou ARTAXERCE Ier, roi d’Arménio de lu à 90 av. J.-C. Suivant le récit de l’historien arménien Moïse de Khoren, il conquit la Perse, l’Asie Mineure et-pénétra jusqu’au cœur de la Grèce. Il mourut au milieu de sa gloire et de ses conquêtes.

ARDASCHÈS ou ARTAXERCE II, roi d’Arménie de S8 à 128 de l’ère chrétienne. C’est un des grands princes de l’Arménie. Il affranchit son pays du vasselage des Romains, battit même les troupes de Domttien, mais dut se soumettre à Trajan et lui payer tribut. Il restaura des villes, traça des routes, et donna un grand développement au commerce, à l’agriculture et à la prospérité de l’Arménie.

ARDASCH1R, ’ dernier roi arménien de la dynastie des Arsaoides, régna de 413 à 428 de l’ère chrétienne. Il fut détrôné par Vram, roi des Perses.

ardasse s. f. (ar-da-se). Conun. La plus grossière dos soies qu’on tire de la Perse.

— On dit aussi adjectiv. : Soie ardasse.

ARDASSINE s. f. (ar-da-si-ne). Comrn. Soie do Perse, la plus estimée et la plus fine. On

ARDATOF, ville de la Russie d’Europe, gouvernement et à 152 kilom. S.-O. de Ni-Novogorod, sur le Lemet, ch.-lieu du district du même nom ; 5,000 hab. Fonderies et forges de fer. il Nom d’une autre ville de

ARDAVALIS OU HARDAVALIS S. m. (arda-va-liss). Instrument de musique dont se servaient les Hébreux, et qu’on suppose avoir été une sorte d’orgue hydraulique.

ARDAVAN ou ARDEVAN, roi de Perse de la troisième dynastie. Plusieurs rois persans ont porté ce nom, qui est probablement le même que celui que nous retrouvons chez les Grecs, sous la forme A’Artaban, attribué à différents

ARDÉ, ÉE (ar-dé) part. pass. de l’ancien v. Ardre ou Arder.

àrdea s. f. (ar-dé-a — mot lat.). Ornith. Nom scientifique du héron.

ARUEA, nom latin de Ardée.

ville ou ses habitants : Un Ardéate. Les

tûmes des Ardéates étaient celles des autres habitants du Latium.

ardeb s. m. (ar-dèbb). Métrol. Mesure de capacité très-usitée en Égypte et sur les côtes de la mer Rouge. La contenance de l’àrdob est très-variable : à Alexandrie, il vaut 271 litres ; à Rosette, 284 litres ; à Gondar ; 4 litres 404 ; à Massouah, 10 litres 569 : Songe, dit le

ndit

ARDEBYL, ville de Perse, dans l’Aderbaïdjan ; entrepôt des marchandises qui vont delillis à Ispahan. Plusieurs musulmans célèbres y ont leur tombeau ; 4,000 hab. Cette ville est surnommée séjour de félicité, a cause de la fertilité de son territoire, de l’abondance de ses eaux et de la salubrité de son climat.

ARDÈCHE, rivière de France, qui donne son nom à un département.. Elle prend sa source au lieu dit Cap d’Ardèche, canton de Thueyts, dans les Cévennes, passe à Mayres, Aubenas, près de Vallon, sous le pont d Arc, et se jette dans le Rhône b. 2 kilom. au-dessus du Pont-Saint-Esprit, après un cours torrentueux de 108 kilom. Contrairement au dire des géographes, il n’y a ni flottage ni navigation possibles sur cette rivière, dont les eaux, d’ailleurs peu profondes, présentent des chutes nombreuses et dangereuses.

ARDECHE (mïp. de l’), ainsi 1 rivière de l’Ardèche qui y prend le traverse de l’O. À TE. ; il est 1 —, séparé à l’E.

le Rhône des départ, de l’Isère et de la rôme, borné au N. par le départ, de la Loire, l’O. par la Haute-Loire et la Lozère, et au

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longueur de l’E. h. l’O. de 73 kilom. Superficie 552,605 hect. Il comprend trois arrond. (Privas, ch.-lieu, Tournon, Largentière), 31 cantons, 339 communes, 388,529 hab. Evéché à Viviers, cour impériale de Nîmes, académie de Grenoble, Sllle division militaire. Ce département est traversé a l’O. par la chaîne des Cévennes, dont les ramifications le sillonnent de l’O. à l’E. jusqu’au Rhône ; les points culminants sont : le Mézenc, 1,774 mètres ; le Gerbier des Joncs, 1,502 mètres, et le plateau de Tamargue, 1,528 mètres. Il est arrosé par la Cance, l’Erieux, l’Ouvèze, la Volane, l’Ardèche et le Rhône. Terrain houiller primitif, formé de granit et de gneiss, bouleversé dans des temps très-reculés par de nombreuses éruptions volcaniques, dont plusieurs points portent encore les traces : la chaîne du Coiron, les chaussées basaltiques de l’Ardèche et de la Volane, les cratères d’Antraygues, de Jaujac, etc. Boisé au N. et à l’O., présentant au centre et à l’E. des montagnes nues et stériles, -le sol, très-varié, est couvert dans les parties basses de riches plantations de mûriers, de belles prairies, de nombreux vergers et de vignes industrieusement échelonnées sur le penchant des coteaux. Les vins de Saint-Péray, de Cornas prouvent que la vigne y prospère, et les marrons dits de Lyon sont fournis par les coteaux du centre et de l’O. de ce département. L’engrais dûs porcs et des dindons, l’élève des chèvres pour le commerce des peaux, l’éducation des abeilles et des vers a soie sont les branches importantes de l’industrie agricole. L’industrie manufacturière comprend les fabrications de la soie, du papier, la préparation des peaux de chevreau pour la ganterie ; toiles, Moselle, exploitation de nombreuses mines de houille, de fer, de plomb et d’antimoine. Sources thermales et minérales à Saint-Laurent. Neyrae et Vais. Le département de l’Ardèche moins le canton de Pradelles, à été formé de l’ancien Vivarais, dépendance du Languedoc. AIIUÉGHIH ou ARUSCHIR, nom porté par trois rois persans. Ce nom patronymique a été transcrit de différentes manières, dans plusieurs occasions, par les historiens grecs, si peu scrupuleux sur le respect dû à la pronon Artaxercès, Oxyarès, et probablf

Ahasvérus, Assuérus, etc. Le nom d’Ardéchir signifie en persan farine et lait. Voici quelques détails sur les trois principaux rois qui 1 ont porté : 10 Ardechir Bahaman (le juste, le bienfaisant), surnommé Diraz Dest, longue main, n’est autre que l’Artaxercès Longue-Main des Grecs. Il envahit les États de Roustem pour venger la mort de son père tué par celui-ci, et le fit mettre a mort. Après avoir détruit la famille de Roustem, il s’avança dans la Mésopotamie et la Syrie, enleva à Balthazar, fils de Nabucbodonozor, le gouvernement de Babylone et mit à sa place Kirech, que les Hébreux appellent Korech (Cyrus). Kirech permit aux Juifs, race à laquelle il appartenait par sa mère, de revenir en Judée et de rebâtir te temple de Jérusalem. Il paraîtrait même, toujours d’après les historiens orientaux, qu’Ardéchir avait pour mère une Juive de la race de Saûl, et pour femme une descendante de Salomon. Ardechir, après avoir déshérité son fils Sassan, qui devait fonder plus tard la dynastie des Sassanides, laissa le trône à Sa fille Jlomai, de laquelle il aurait eu Darab ou Darius, après des rapports incestueux. Les historiens persans disent que ce prince régna cent douze ans, et eut pour contemporains Hippocrate et Démocrite. — 2° Ardechir Babégan, fils ou petit-fils de Sassan, élevé à la cour du roi persan Ardavan ; il ne tarda pas à se révolter et à faire périr le roi Ardechir, fonda alors la quatrième dynastie persane, dite des Sassanides, et prit le titre do Chabinchah (roi des rois, empereur) après avoir poursuivi le cours de ses conquêtes en Orient. Ce prince est un des plus vantés par les historiens persans pour son intelligence, son énergie, ses réformes, ses créations, etc. Il avait l’habitude de tenir un karnamé ou journal (livre de faits), dans lequel il consignait jusqu’aux moindres actions de sa vie. On dit même qu’il est l’auteur d’un ouvrage intitulé Adeb elaïch, préceptes d’éducation, dans lequel il donne de sages conseils sur l’art de régner. Il partagea d’une manière définitive sa nation en classes, en corporations, etc. Sa sagesse, ses reparties, ses réflexions, étaient devenues proverbiales. En voici quelques-unes : ■ Un monarque injuste est plus a craindre qu’un lion dévorant. •— Il ne faut pas recourir au glaive quand le bâton suffit. — Le plus méchant de tous les princes est celui que les gens de bien craignent, et en qui les méchants espèrent. — Telle la conduite des princes, tel le destin des peuples. — Il n’y a pas de véritable puissance dans un Étatsans armée, pas d’armée sans argent, pas d’argent sans agriculture, pas d’agriculture sans justice. » Ardechir avait épousé une fille d’Ardavan, son rival, et il en eut un fils appelé Chahpour (sapor, fils de roi ; chah, roi ; pour, puer, enfant). Ebn Batrik nous apprend qu’Ardéchir était contemporain de l’empereur Commode, et qu’il conquit l’Assyrie et la Mésopotamie. — 30 Ardechir, fils de Chirovieh ou Siroès, fut proclamé roi de Perse à sept ans. Mais Scheheriar ou Schahriar, général qui commandait l’armée persane et soutenait la guerre contre Héraclius, marcha aussitôt sur la ville de Medaïn ou Madaïn, s’en empara, fit périr le jeune roi et régna a sa place.

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Ebn Batrik fait mention d’un quatrième Ardechir, fils de Chahpour (Artaxercès, fils de Sapor), qui aurait été contemporain du fils de l’empereur Constantin. Mais les historiens musulmans ne parlent que de trois Ardéchirs.

ARDÉE, ville des Rutules, résidence de Turnus, dans la partie marécageuse du Latium. Enée la détruisit après sa victoire sur Turnus. Cependant elle se releva de ses ruines, et elle était la plus opulente du Latium au temps de Tarquin le Superbe. Ce prince l’assiégeait lorsqu’il apprit la tragique aventure de Lucrèce, qui amena la ruine de sa famille.

ARDÉE, ville d’Irlande, dans le comté de Louth, sur la Dee ; G, 151 hab. Ancien château fort ; jadis place de guerre importante.

ardéidÉjÉE adj. (ar-dé-i-dé — du lat. ardea, héron, et du gr. eidos, forme). Ornith. Qui ressemble au héron.

— s.-m. pi. Famille d’oiseaux de l’ordre des échassiers, sous-ordre des hérodiens, ayant pour type le çenre héron (ardea). 11 On emploie aussi le féminin ardéidées.

— Encyol. La famille des ardéidés est nombreuse ; on y place les hérons de toute sorte, tels que les hérons ordinaires, les crabiers, les aigrettes aux jolies plumes, servant, comme leur nom l’indique, pour faire des aigrettes, les iu/oils, les bihoreaux, etc. Certains ardéidés diffèrent des autres par la forme de leur bec : tels Sont les savacous de l’Amérique et les balœniceps de l’Afrique centrale. Ces derniers, qui sont un peu plus grands que les savacous, ont le bec plus large proportionnellement.

ardéinées s. f. pi. (ar-dô-i-nô — rad. ardée). Ornith. Division des ardéidés ou ardéidées, renfermant les genres héron et

ardélion s., m. (ar-dé-li-on — lat. ardelio, même sens). Homme qui fait l’empressé, l’officieux, qui se mêle do tout : On ne doit jamais compter s,

Grands prometteurs de 1

Ardélions sous le masqu

leilleur

De ces ardélions la peinture parlante, Après dix-huit cents ans est encor ressemblante, Et le sera toujours. On verra de tout temps Des sots qui pour des riens se croiront importants. Fa. de Neufciuteau.

ARDELL (Jean-Marc), un des meilleurs graveurs à la manière noire qu’ait produits l’Angleterre. Né en Irlande, il passa la plus grande partie de sa vie à Londres, où il mourut jeune, en 1765. Ses estampes sont du plus beau ton et d’un moelleux parfait. Il s’est surtout attaché aux sujets de Rembrandt, que son genre d’harmonie lui permettait de reproduire avec une grande perfection. On remarque, parmi ses nombreux ouvrages, les portraits de Rembrandt et de sa femme, un Moïse sur le Nil, d’après Van Dyck ; le Temps coupant les ailes à l’Amour, d’après le même ; la Mère de Hembrandt occupée à lire ; la Vierge en sa gloire, d’après Murillo, et un grand nombre de portraits de personnages contemporains, d’après Hogarth, Reynolds, Hudson, Ramsay, etc.

ARDELLE s. f. (ar-dô-le). Liqueur spiritueuse extraite du girofle.

ARDEMANO (Teodoro), architecte, peintre et sculpteur, né à Madrid en 10C4, mort en 1726. Il apprit la peinture sous Claudio Coello et se livra ensuite à l’étude des mathématiques et de l’architecture. Il acquit dans cette dernière branche de l’art une telle habileté qu’on lui confia les travaux de construction de la cathédrale de Grenade. Comblé de faveurs par Philippe IV, et employé à plusieurs ouvrages importants, il devint premier architecte de la ville de Madrid. Il commença en 1719 le palais de Saint-Ildefonse, et construisit le beau maître-autel de la chapelle. Ses meilleures sculptures sont celles des tombeaux du dauphin de France et de la reine de Savoie. Parmi ses peintures, on ne cite guère que les fresques de l’église Saint-François, à Madrid. Il fit en outre quelques gravures, et écrivit l’éloge de Palomino.

ARDEMMENT adv. (ar-da-man — rad. ardent). D’une manièro ardente : Non-seulement la villa était ardemment illuminée, mais des milliers de lanternes de couleurs étaient suspendues aux arbres du jardin. (Alex. Dum.)

— Fig. Avec chaleur, avec passion : Aimer ardemment. Vouloir une chose ARDEMMENT. Discuter ardemment. Le roi souhaite ardemment son retour. (Boss.) On perd la charité en voulant trop ardemment soutenir la foi. (Clément XIV.) La ténacité de volonté des femmes pour tout ce qu’elles désirent ardemment a passé en proverbe. (M™e. de Genlis.) // est des passions ardemment conçue ?, qui restent ardentes, comme l’était celle de cette femme pour son mari. (Balz.)

Je l’avoorai, mon cœur ne veut rien qu’ardemment ; Je nie croirais hal d’être aimé faiblement.

Voltaire. Mais ce n’est pas assez d’entreprendre ardemment. L’honneur de l’entreprise est dans l’événement. Rotrou.

en 1745 ; fut nommé si

et, l’année suivante, membre du Parlement, 0

il prit une grande part à l’oppositioi

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leva le bill de Fox relatif aux Indes orientales, et enfin fut élevé à la pairie en 1802, avec le titre de baron d’Alvanlèy. Il jouissait de l’amitié de Pitt et de lord Byron.

Arilou de Feicrsbaui, tragédie anglaise attribuée à Shakspeare. A tort ou a raison, l’on pense que le grand tragique anglais a mis la main a ce drame bourgeois, dont quelques parties sont en effet dignes d’un maître, et qui est presque aussi connu par la belle traduction allemande de Tieck que par le texte anglais. On voit poindre, en etiet, dans cette pièce, quelques-unes des qualités de la vraie tragédie, un intérêt soutenu, de véritables études de caractère, et une langue poétique. Un meurtre commis sous Édouard VI fait le sujet de cette tragédie domestique. Un gentilhomme, Arden de Feversham, est assassiné par Alice, sa femme, qui a pour complice Mosbie, son amant. L’art du poète consiste à nous présenter les péripéties du crime, et à montrer de quelle manière la pensée de l’assassinat germe dans l’âme des deux coupables, et comment, de la pensée, ils en viennent à l’exécution. Arden a failli être assassiné plusieurs fois. On lui a servi du poison dans ses aliments, mais une amertume inaccoutumée les lui a fait rejeter. À Londres, deux assassins allaient le frapper dans une ruelle ; un volet s’échappe de ses gonds, tombe sur le bras du meurtrier et le désarme. Une autre fois, il avait été convenu qu’un domestique laisserait ouverte la porte d une auberge où se. trouvait Arden, et que les assassins y pénéfferaient pendant la nuit ; mais un remords du domestique sauve Arden de nouveau. Dans une autre occasion, il allait ê£re infailliblement tué sur une route,

elav

I accompagne et lui s :

nous fait grâce d’au^u, iC »u ^c„ „=, .«„„«, non plus que des détails qui s’y rattachent. Il en résulte que le dénoûment produit moins d’effet L’émotion, au lieu de se concentrer sur quelques scènes essentielles, so dissémine en chemin sur trop de points secondaires, pour rester entière quand le drame arrive à son ternie. On a si souvent tremblé pour la vie d’Arden, qu’on s’est accoutumé peu à peu à la pensée de le voir assassiner. • Le véritable mérite de cette œuvre, dit M. Méztères, c’est la vérité des caractères, non pas de tous, car je suis loin de partager l’admiration enthousiaste de Tieck et de Lamb pour cette pièce, mais de " deux au moins, ceux d’Alice et de Mosbie, son complice. Quant au caractère de la victime, il manque de consistance, et même, à certains égards, de vraisemblance ; c’est un composé de noblesse, de dignité, et en même temps de sottise et de faiblesse, qui ne s’accordent guère... Si Shakspeare a travaillé à Arden de Feversham, comme je le crois, sans cependant écrire la pièce entière, c’est dans le rôle de Mosbie, et plus encore dans celui de la femme adultère, que se révèle son génie... Avec Arden de Feversham, la tragédie a fait deux progrès importants, qui mettent cette pièce bien au-dessus de tous les drames artificiels de l’école classique du temps. D’une part, elle a trouvé dans le monde moderne, en dehors de la mythologie et des sujets rebattus de l’antiquité, une situation et des caractères dramatiques qui ouvraient le champ le plus vaste aux dramaturges futurs ; de l’autre, elle a appliqué au drame la langue riche et variée delà poésie lyrique... Tous les personnages, même tes assassins, parlent en pontes, et mêlent

à l’expression des passions tantôt les rêveries vagues qu’inspire le sentiment de la nature, tantôt les effusions, en quelque sorte involontaires, d’une imagination exubérante. C’est l’avènement du lyrisme dans le drame anglais, auquel il va s’associer intimement, et d’où il ne sortira plus tant que le drame restera original et populaire. » Entre autres scènes touchantes, on en signale surtout une entre Alice et son amant, scène de récriminations mutuelles, de remords et de tendresse. ARDÈNE (Esprit-Jean de Rome d"), poète français, né à Marseille en 1084, mort en 1748.

II consacra aux lettres toute une vie exempte d’ambition. Son caractère était porté à la mélancolie, et il vivait au milieu d une simplicité si pastorale, qu’il écrivait, dit-on, ses vers sur l’écorce d’un arbre. On a de lui une comédie, le Nouvelliste, un Jlecueil de fables nouvelles, des odes, des épigrammes, des épîtres en vers et en prose, .des discours académiques. Ses œuvres posthumes ont été publié

ARDÈNE (Jean-Paul de Rome d’), oratorien, frère du précédent, né à Marseille en 1GS9, fut supérieur du collège de sa congrégation, et se retira au château d’Ardène, où il mourut en 1760. Il composa de nombreux ouvrages sur la botanique : Traité des renoncules ; Traité des tulipes ; Traité des œillets ; Traité des jacinthes ; Année champêtre.

ardennais, AISE s. et adj. (ar-dè-nè, è-ze). Géogr. Habitant des Ardennes : qui appartient aux Ardennes ou à leurs habitants : Un Ardennais. Une belle Ardennais’e. Les Ardennais sont laborieux. La race bovine ardennaise est fort estimée. Tous ces chiens anglais, barbaresques, norvégiens, ardennais et indous, hurlaient épouvantablement. (V. Hugo.) 11 On écrit aussi Arduskois.

bovine arden-