Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 1, part. 4, Au-Az.djvu/142

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dieuse. Le style de Télémaque a éprouvé beaucoup de critiques : Voltaire en a donné l’exemple avec goût. Il est certain que cette « diction si naturelle, | si doucement animée, quelquefois si énergique et si hardie, est entremêlée de détails faibles et languissants ; mais ils disparaissent dans l’heureuse facilité du style. L’intérêt du poëme conduit le lecteur, et de grandes beautés le raniment et le transportent. Quant à ceux qui s’offensent de quelques mots répétés, de quelques constructions négligées, qu’ils sachent que la beauté du langage n’est pas dans une correction sévère et calculée, mais dans un choix de paroles simples, heureuses, expressives, dans une harmonie libre et variée qui accompagne le style et le soutient comme l’accent soutient la voix ; enfin, dans une douce chaleur partout répandue.-comme l’âme et la vie du dis « Fénelon, épris des beautés de Virgile et d’Homère, y cherche ces traits d’une vérité naïve et passionnée, qu’il trouvait surtout dans Homère, et qu’il appelle lui-même cette aimable simplicité du monde naissant. Les Grecs lui paraissaient plus rapprochés de cette première époque ; il les étudie, il les imite de préférence ; Homère, Xénophon et Platon lui inspirèrent le Télémaque. On se tromperait de croire que Fénelon n’est redevable à la Orèce que du charme des fictions d’Homère : l’idée du beau moral dans l’éducation d’un jeune prince, ces entretiens philosophiques, ces épreuves de courage, de paplan d’un État réglé comme une famille, reconnaît l’imagination et la philosophie de Platon. Mais il est permis de croire que Fénelon, corrigeant les fables d’Homère par la sagesse de Socrate, et formant cet heureux mélange des plus riantes fictions ; de la philosophie la plus pure et de la politique la pins humaine, peut balancer, par le charme de cette réunion, la gloire de l’invention qu’il cède à , chacun de ses modèles. Sans doute, Fénelon a partagé les défauts de ceux qu’il imitait ; et ~ ! ’ s combats du Télémaque ont la grandeur

et le feu des combats de Y Iliade, Mentor parle

quelquefois aussi longuement qu’un hér

d’Homère ; et quelquefois les détails d’u

morale un peu commune rappfcjlent les longs entretiens Je la Cyropédie. En considérant le Télémaque comme une inspiration des muses grecques, il semble que le génie de Fénelon en reçoive une force qui ne lui était pas naturelle. La véhémence de Sophocle s’est conservée tout entière dans les sauvages imprécations de Philoctète. L’amour brûle dans le cœur d’Eucharis comme dans les vers de Théocrite. Quoique la belle antiquité paraisse avoir été moissonnée tout entière pour composer le Télémaque, il reste à l’auteur quelque floire d’invention, sans compter ce qu’il y a e créateur dans l’imitation de beautés étrangères, inimitables avant et après Fénelon. »

Ce qu’on admire surtout dans le Télémaque, c’est le bel usage que Fénelon a su faire des richesses de l’antiquité ; c’est un genre d’éloquence à part, une onction pénétrante, une elocution persuasive, une abondance de sentiment qui se répand de l’Amé de l’auteur et qui passe dans la nôtre ; cette aménité de style qui flatte toujours l’oreille et ne fatigue jamais ■ cette diction toujours élégante et pure qui s’élève sans effort, qui se passionne sans affectation et sans recherche ; ces formes antiques que revêt notre langue sans y être gênée et en restant naturelle.

Fénelon a eu l’esprit de piété et il a eu l’esprit de l’antiquité. Il unit en lui ces deux esprits ^ou plutôt il les possède et les contient chacun dans sa sphère, sans combat, sans lutte, sans les mettre aux prises, sans que rien vienne avertir du désaccord, et c’est un grand charme. Pour lui, le combat du christianisme et de la Grèce n’existe pas, et Télémaque est le monument unique de cette heureuse et presque impossible harmonie. « Toutefois, dit M. Sainte-Beuve, le Télémaque n’est pas un simple pastiche de l’antique ; c’est quelque chose de bien plus naïf et de plus original dans son imitation même. C’est de l’antique ressaisi naturellement et sans effort par un génie moderne, par un cœur chrétien, qui, nourri de la parole Homérique, s’en ressouvient en liberté et y puise comme à une source ; mais il refait cette source et la transforme insensiblement à mesure qu’il s’en souvient ; c’est toujours la fontaine sacrée, mais elle est détournée de son cours ; elle s’accommode à sa nouvelle pente et à ses nouvelles rives. Pour apprécier comme il convient le Télémaque, il n est que de faire une chose : oubliez, si vous le pouvez, que vous l’avez trop lu dans votre enfance ; j ai eu l’an dernier ce bonheur, j’avais comme oublié le Télémaque, et j’ai pu le relire avec la fraîcheur d’une nouveauté. »

On sait que Fénelon n’avait composé les Aventures de Télémaque que pour l’amusement et l’instruction de son royal élève. C’est à l’infidélité d’un domestique, à qui Fénelon avait confié le manuscrit pour en faire une copie, qu’est due la publication de ce bel ouvrage, fin mémoire, écrit de la main même de l’auteur, nous fournit à cet égard des renseignements authentiques •. « Je n’ai jamais vouluSonner cet ouvrage au public. Tout le monde

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sait qu’il ne m’a échappé que par l’infidélité d’un copiste. »

On a prétendu que Fénelon avait eu le des1 sein de faire la satire de Louis XIV et de son gouvernement ; on a cru ou feint de croire qu’il avait voulu peindre M«>e de Montespan dansCatypso, M"* de Fontangesdans Euoharis, la duchesse de Bourgogne dans Antiope, Louvois dans Protésilas, le roi Jacques.dans Idoménée, Louis XIV dans Sésostris, et peut-être aussi dans Idoménée, avant qu’il eût reçu les leçons de Mentor. Il est certain que Louis XIV lui-même se crut offensé, et qu’il regarda Fénelon comme un détracteur de sa gloire, qui joignait le tort de l’ingratitude aux injustices de la satire. L’archevêque de Cambrai, qui s’était déjà vu fermer l’entrée de la cour a cause de son livre des Maximes des Saints, tomba dans une disgrâce encore plus complète après la publication du Télémaque ; mais cette disgrâce, il ne la méritait pas, puisque le livre avait été imprimé malgré lui, et puisque, d’ailleurs, il a toujours protesté, •même a son lit de mort, qu’il avait été constamment plein de respect pour la personne du roi, et qu’il n’avait jamais songé qu’à instruire le duc de Bourgogne, son élève. 11 est permis de penser, néanmoins, que Fénelon, en composant son Télémaque, a pu quelquefois, sans aucune intention maligne et peut-être même sans s’en apercevoir, mettre en scène quelques-uns des personnages qu’il avait sous les yeux et dont il désapprovivait les actes, représenter quelques parties du tableau que lui offrait la cour ; mais de là à faire exprès des allusions, pour les jeter en pâture àla.malignité publique, il y a loin, et un homme d’un aussi beau caractère que l’archevêque de Cambrai doit être au-dessus d’un pareil soupçon.

Quoi qu’il en soit, les Aventures de Télémaque sont peut-être, de tous les ouvrages d’imagination, celui qui a eu le succès le plus rapide, le plus universel et le plus durable. On trouve ce livre dans la bibliothèque du pauvre comme dans celle du riche ; il sert dans les écoles comme livre de lecture, comme texte pour l’enseignement des langues ou de la rhétorique, et il suffirait seul pour placer Fénelon au premier rang de nos écrivains. Le Télémaque est sans contredit l’ouvrage le plus achevé de la langue française. Il y a des prosateurs plus purs, plus éloquents, plus énergiques, plus nerveux que Fénelon ; aucun ne l’égale en grâce, en suavité, en harmonie. Virgile, Homère, l’Arioste, Dante, Cervantes, Milton, KlopstockjOntdes pages magnifiques ; aucune ne répand le ; harme, l’onction, la poésie, qui s’exhalent de certaines descriptions du Télémaque. Après le cygne de Mantoue, on a pu dire le cygne de Cambrai : aujourd’hui, une nouvelle assimilation est impossible.

Une dernière question reste encore à résoudre : comment cet immortel ouvrage a-t-il été composé ? Est-ce une œuvre longuement méditée, laborieusement exécutée ? C’est ce que certains critiques sont portés à croire, en assurant que Fénelon travaillait déjà à son poème en 1693, c’est-à-dire six années avant l’impression, et qu’à cette époque déjà il en avait communiqué le commencement à Bossuet, avec lequel il était alors dans la plus étroite liaison. Est-ce, au contraire, le jet presque spontané, l’improvisation d’un génie incomparablement doué ? Cette dernière opinion est celle de Voltaire, qui assure que l’archevêque de Cambrai composa son poëme en trois mois, et sans faire plus de dix ratures, Fénelon lui-même semble appuyer ce sentiment : • C’est, dit-il, une narration faite à la hâte, à morceaux détachés et par diverses reprises : il y aurait beaucoup a corriger. • S’il nous était permis de nous prononcer à notre tour, nous dirions : Fénelon a été la personnification la plus complète, la plus heureuse de l’éloquence douce, abondante et persuasive. L’harmonie découlait de ses lèvres comme d’une source intarissable. • Quand il parlait, a dit Saint-Simon, il fallait faire un effort pour cesser de le regarder. » Cette facilité incomparable, cette Douche d’or humiliait profondément Louis XIV. Le grand roi, qui préparait tous ses mots, voyait une écrasante supériorité dans ce don si exquis et si naturel. Qu’y aurait-il donc d’étonnant à ce que Fénelon eût écrit comme il parlait, et composé son poëme en trois mois f sans additions ni surcharges ? Il était nourri des lettres antiques, lisait les auteurs grecs à livre ouvert, et composait dans la-langue de Virgile des fables que Phèdre n’aurait pas désavouées. Dans ces neureuses conditions, l’œuvre du Télémaque ne lui demandait aucune étude préparatoire, n’exigeait aucun artifice d’éru L’histoire de l’impression et de la bibliographie du Télémaque suffirait à remplir un volume plus gros que l’ouvrage lui-même. La veuve Barbin, qui avait obtenu un privilège, lo faisait imprimer sans nom d’auteur, lorsque, en avril 1699, la cour fit saisir les feuilles déjà imprimées, et prit les mesures les plus sévères pour sa destruction totale. Mais un libraire de La Haye, Moetjens, ayant réussi à se procurer un exemplaire qui avait échappé à la police, en fit une édition qui fut rapidement épuisée. En même temps, il s’en faisait, en France même, d’autres éditions que le public s’arrachait, quoiqu’elles fussent pleines de fautes, et où il n’existait point de division

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par livres. Plus tard, on divisa l’ouvrage en dix, puis en seize livres. Ce fut en 1717 que le marquis de Fénelon, petit-neveu de l’auteur, divisa le Télémaque en vingt-quatre livres ; mais, quoiqu’il eût fait imprimer sur le titre les mots : conforme au manuscrit original, il paraît certain que ce manuscrit est absolument dépourvu de divisions, et que le neveu s’était permis, en outre, de changer les expressions.et les tournures qui lui paraissaient défectueuses. Le Télémaque a été traduit dans toutes les langues, mais principalement en allemand, en anglais, en italien et en espagnol. Il y a eu aussi une traduction latine par le P. Viel, et une traduction du premier livre en vers latins. Fleischer donne, dans sa Bibliographie française, publiée en 1812, la liste de cent quarante éditions françaises du Télémaque, et de quatre-vingt-sept éditions en diverses langues étrangères.

Enfin, une édition collationnée sur les manuscrits et les imprimés, augmentée d’un précis de la vie de Fénelon, avec variantes et une liste raisonnée de toutes les éditions antérieures, par J.-F. Audry, avait déjà paru en 1811, imprimerie Duprat-Duverger. L éditeur y mentionne chronologiquement les critiques, satires, apologies, parodies, traductions, imitations qui avaient été faites de cet ouvrage ; on y indiquait même les pièces de théâtre dont le Télémaque avait fourni le sujet. Une édition, Paris, Ferra jeune, 1824,2 vol. in-8°, 24 figures, tirée, à 500 exemplaires, peut servir de

Malgré le prodigieux succès qui accueillit le Télémaque, cet ouvrage eut à essuyer les plus vives critiques. Les envieux descendirent jusqu’à la parodie et aux arlequinades. Il y eut même, en Angleterre, des mystificateurs qui se disaient en mesure de prouver que cette œuvre était traduite presque en entier d’un roman grec imprimé à Florence, en 1465, sous lo titre de Athênê Skelkaté, et, pour donner plus de crédit à cette fable, une feuille anglaise ajoutait que le président Cousin, censeur royal sous le grand roi, avait approuvé le Télémaque comme traduit fidèlement du grec. La raison et le bon sens ont depuis longtemps fait justice de ces allégations bouffonnes.

En terminant, nous ne pouvons résister au désir de détacher quelques pages de ce livre admirable, qui restera toujours — et ce n’est pas une de ses moindres gloires — un des ancêtres les plus illustres de l’idée démocratique (v. Salkntk) :

« On arriva à la porte de la grotte de Calypso, où Télémaque fut surpris de voir, avec une apparence de simplicité rustique, des objets propres à charmer les yeux. Il est vrai qulon n’y voyait ni or, ni argent, ni marbre, ni colonnes, ni tableaux, ni statues ; mais cette grotte était taillée dans le roc, en voûte pleine de rocailles et de coquilles ; elle était tapissée d’une jeune vigne, qui étendait ses branches souples également de tous côtés. Les doux zéphyrs conservaient en ce lieu, malgré les ardeurs du soleil, une délicieuse fraîcheur ; des fontaines, coulant avec un doux murmure sur des prés semés d’amarantes et de violettes, formaient en divers lieux des bains aussi purs et aussi clairs que le cristal ; mille fleurs naissantes émaillaient les tapis verts dont la grotte était environnée. Là on trouvait un bois de ces arbres touffus qui portent des pommes d’or, et dont la fleur, qui se renouvelle dans toutes les saisons, répand le plus doux de tous les parfums ; ce bois semblait, couronner ces belles prairies, et formait une nuit que les rayons du soleil ne pouvaient percer. Là ou n’entendait jamais que le chant des oiseaux ou le bruit d’un ruisseau, qui, se précipitant du haut d’un rocher, tombait à gros bouillons pleins d’écume, ’et s’enfuyait au travers de la prairie. »

« Bientôt Apollon montra à tous ces bergers les arts qui peuvent rendre la vie agréable. Il chantait les fleurs dont le printemps se couronne, les parfums qu’il répand et la verdure qui naît sous ses pas. Puis il chantait les délicieuses nuits de l’été, ou les zéphyrs rafraîchissent les hommes, et où la rosée désaltère la terre. Il mêlait aussi dans ses chansons les fruits dorés dont l’automne récompense les travaux des laboureurs, et le repos de l’hiver, pendant lequel la jeunesse folâtre danse auprès du feu. Enfin, il représentait les forêts sombres qui couvrent les montagnes, et les creux vallons où les rivières, par mille détours, semblent se jouer au milieu des riantes prairies. Il apprit ainsi aux bergers’quels sont les charmes de la vie champêtre, quand on sait goûter ce que la simple nature a de gracieux. Bientôt les bergers, avec leurs flûtes, se virent plus heureux, que les rois ; et leurs cabanes attiraient en foule les plaisirs purs qui

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fuient les palais dorés. Les Jeux, les Ris, les Grâces suivaient partout les innocentes bergères. Tous les jours étaient des jours de fête : on n’entendait plus que le gazouillement des oiseaux, ou la douce haleine des zéphyrs qui se jouaient dans les rameaux des arbres, ou le murmure d’une onde claire qui tombait de quelque rocher, ou les chansons que les Muses inspiraient aux bergers qui suivaient Apollon. Ce dieu leur enseignait à remporter le prix de la course et à percer de flèches les daims et les terfs. Les dieux mêmes devinrent jaloux des bergers : cette vie leur parut plus douce que toute leur gloire ; et ils rappelèrent Apollon dans l’Olympe. »

« Pendant qu’Hazaël et Mentor parlaient, nous aperçûmes des dauphins couverts d’une écaille qui paraissait d’or et d’azur. En se jouant, ils soulevaient les flots avec beaucoup d’écume. Après eux venaient les Tritons, qui sonnaient de la trompette avec leurs conques recourbées.- Ils environnaient le char d’Amphitrite, traîné par des chevaux marins plus blancs que la neige, et qui, fendant l’onde salée, laissaient loin derrière eux un vaste sillon dans la mer. Leurs yeux étaient enflammés et leurs bouches étaient fumantes. Le char de la déesse était une conque d’une merveilleuse figure ; elle était d’une blancheur plus éclatante que l’ivoire, et les roues étaient d’or. Ce char semblait voler sur la surface des eaux paisibles. Une troupe de nymphes, couronnées igeaient en foule derrière le char ;

pendaient i

flottaient au gré des v

; main un sceptre d’or pour

agues, et de l’autre elle portait sur ses genoux le petit dieu Pulémon, son fils, pendant à sa mamelle. Elle avait un visage serein et une douce majesté qui faisait fuir les vents séditieux et les noires tempêtes. Les Tritons conduisaient les chevaux et tenaient les rênes dorées. Une grande voile de pourpre flottait dans l’air au-dessus du char ; elle était à demi enflée par le souffle d’une multitude de petits zéphyrs qui s’efforçaient de la pousser par leurs haleines. On voyait au milieu des airs Eole empressé, inquiet et ardent. Son visage ridé et chagrin, sa voix menaçante, ses sourcils épais et pendants, ses yeux pleins d’un feu sombre et austère, tenaient en silence les fiers aquilons, et repoussaient tous les nuages. Les immenses baleines et tous les monstres marins, faisant avec leurs narines un flux et reflux de l’onde amère, sortaient à la hâte de leurs grottes profondes pour voir

« Le fleuve Bétis coule dans un pays fertile et sous un ciel doux, qui est toujours serein. Le pays a pvis le nom du fleuve, qui se jette dans le grand Océan, assez près des Colonnes d’Hercule et de cet endroit où la mer furituse, rompant ses digues, sépara autrefois la terrede Tharsis d’avec la grande Afrique. Ce pays semble avoir conservé les délices de l’âge d’or. Les hivers y sonttièdes et les rigoureux aquilons n’y soufflent jamais. L’ardeur de l’été y est toujours tempérée par des zéphyrs rafraîchissants, qui viennent adoucir l’air vers le milieu du jour. Aussi toute l’année n’est qu’un heureux hymen du printemps et do l’automne, qui semblent se donner la main. La terre, dans les vallons et dans les campagnes unies, porte chaque année une double moisson. Les chemins y sont bordés de lauriers, de grenadiers, de jasmins et d’autres arbres toujours verts et toujours fleuris. Les montagnes sont couvertes de troupeaux, qui fournissent des laines fines recherchées de toutes les nations connues. Il y a plusieurs mines d’or et d’argent dans ce beau pays ; mais les habitants, simples et heureux dans leur simplicité, ne daignent pas seulement compter l’or et l’argent parmi leurs richesses ; ils n’estiment que ce qui sert véritablement aux besoins de l’homme. »

n rocher, posée comme

î arbre : au pied de ce

îe, de laquelle les

ent approcher ; les bern

détourner leurs trou

« La ville était sur u

un nid sur le haut d’u :

rocher, on trouvait la ci

timides mortels n’os

gers avaient soin d

peaux. La vapeur s(

qui s’exhalait sans cesse par cette ou empestait l’air. Tout autour, il ne croissait ni herbe, ni fleurs ; on n’y sentait jamais les doux zéphyrs, ni les grâces naissantes du printemps, ni les riches dons de l’automne : la terre aride y languissait ; on y voyait seulement quelques arbustes dépouillés et quelques cyprès funestes. Au loin même, tout a