Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 13, part. 3, Rech-Rhu.djvu/188

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— Substantiv. Personne qui résiste, qui refuse d’obéir : Le parlement de Paris ne cessait de rendre des arrêts contre les évêques gui exigeaient des mourants l’acceptation de' la tulle, et gui refusaient aux rénitents les sacrements et la sépulture. (Volt.)

RENIVELER v. a. ou tr. (re-ni-ve-lé —du préf. re, et de niveler. Se conjugue comme niveler). Niveler de nouveau : Renivkler ah terrain.

RENIVELLEMENT s. m. (re-ni-vè-le-man

— du préf. re, et de nivellement). Action de niveler de nouveau, nouveau nivellement.

RÉN1XIGRADE adj. (ré-ni-ksi-gra-dedu lat. renixus. qui fait effort ; gradus, degré). Chir. Se dit d’un bandage herniaire à résistance graduée.

RÈNJAMBER v. a. ou tr. (ran-jan-bédu prof, r, et de enjamber). Enjamber de nouveau : Renjamber an fossé.

RENKIN ou RENNEQULN (Louis), charpentier, né dans le pays de Liège en 1644, mort à Bougival en 1708. C’est lui qui fut chargé de la construction de lu fameuse machine de Marly. Il réussit parfaitement, quoiqu’il n’eût pas à beaucoup prés l’instruction suffisante pour dresser les plans d’avance et calculer les moyens à employer ; un instinct mécanique, dit un contemporain, lui faisait entrevoir la possibilité de réussir, et il comptait sur les ressources d’une imagination féconde pour se tirer d’embarras, dans le cas où cet instinct l’aurait trompé ; il était doué d’un génie actif et profond qui lui inspirait une confiance absolue dans ses forces.

RENNAIS, AISE s. et adj. (rè-nè, è-ze). Géogr. Habitant de Rennes ; qui appartient à cette ville ou a ses habitants : Les Rennais. La population rennaise.

RENNE s. m. (rè-ne — du germanique : anglo-saxon hran, hranas, Scandinave hrein, le rheno ou reno de César. Ce nom est peut-être contracté d’une forme harana, représentant le sanscrit carana, calana, cerf, proprement l’animal.rapide, do la racine de mouvement car, cal, aller). Mamin. Espèce de cerf, devenue aujourd’hui le type d’un genre distinct, et qui habite le nord des deux continents : On trouve dans les Commentaires de Jules César une bonne description du rennk. (15. Desmaiest.) Il y a encore en Laponie quelgues rennes sauvages. (E. Desmurest.) Le Lapon compte environ trente mots pour désigner le hbnne selon son sexe, son âge, sa couleur, etc. (Renan.) il Quelques naturalistes ont fait ce mot féminin : La défense de la renne est dans son bois et son pied de devant. (Pluche.)

— Encycl. Les rennes présentent les caractères suivants : système dentaire semblable a. celui des cerfs et des élans, et composé

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de : incisives, — ; molaires, ; en totalité

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trente-deux dents ; tête forte, médiocrement allongée, mais.ne présentant pas un mulle comme celle des cerfs ; narines percées à l’extrémité de la tête ; bois sessiles plus ou moins divisés, pourvus d’andouillers basilaires, médians et aplatis ; les femelles portant des bois qui ne diffèrent de ceux des mâles que par leur moindre étendue ; sabots se correspondant à leur face interne, non par une surface plane comme dans le genre cerf, mais par une surface convexe, comme chez les chameaux ; queue très-courte.

Ces caractères distinguent les renne* des cerfs proprement dits, dont ils ont à peu près la taille et avec lesquels ils ont été longtemps confondus. Une seule espèce actuellement vivante, et propre aux régions polaires de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique, forme ce genre ; on y a joint quelques débris fossiles qui se rapportent au renne lui-même et a une autre espèce bien distincte, découverte aux environs d’Etampes.

Aristote ne parie pas du renne ; les Grecs n’avaient que très-peu de notions sur les animaux des pays septentrionaux. Chez les Romains même ce n est qu’assez tard que l’on connut cet animal. Pline, toutefois, semble le citer, et l’on croit que c’est de ce ruminant qu’il parle sous le nom de tarandus ; on ne trouve que dans les Commentaires de César une première et bonne description da renne, qui semblait alors habiter les forêts de la Germanie. Quinze siècles après, il fut décrit par Gaston Phœbus, duc de Foix, et depuis par beaucoup de naturalistes.

Le renne sauvage est à peu près de la taille de notre cerf, comme nous l’avons dit, tandis que celui qu’on élève en domesticité n’est guère plus grand que le daim. Son corps . est trapu, et c’est avec raison que l’on a dit qu’il avait plus le faciès d’un veau que celui d’un cerf. La tête se rapproche également de celle du bœuf, elle est très-élargie ; le tour des. yeux est constamment noirâtre et celui de la bouche est blanc, ainsi que la queue, le périnée et un anneau au-dessus de chaque sabot. Les pieds sont aplatis et les doigts couverts de grosses touffes de poils ; la jambe est moins grêle que celle des cerfs, mais elle ne répond pas cependant à l’épaisseur du pied. Les poils sont serrés, plus longs en hiver et couverts d’un duvet laineux qui paraît moins abondant dans la saison chaude ; ils sont grossiers et très-développés aux pieds et à la gorge. Leur couleur, d un brun fauve pendant l’été, devient blanche pendant les

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froids ; le dessous da corps est toujours d’une teinte plus claire que le dessus. Le faon n’a pas de livrée ; il est brun en dessus, roux en dessous et aux pieds.

Chez les rennes, les bois existent dans les deux sexes et sont seulement un peu moins développés’chez la femelle que chez le mâle ; ces bois offrent à leur extrémité de larges empaumures ; le bois de droite est ordinairement plus grand que celui de gauche. Les femelles stériles perdent leurs bois, de même que les mâles, pendant le mois d’octobre ; lorsqu’elles sont pleines elles les gardent jusqu’au mois de mai, époque à laquelle elles mettent bas ; cinq mois leur suflisent pour les refaire entièrement, mais les mâles, qui les ont plus considérables, en emploient huit. On assure que les faons ont des bosselettes en naissant et qu’à quinze jours il Jeur vient déjà des dagues de om,02 à O10^. Les bois de la première année, dans les" rennes femelles de Russie, ont, dit-on, plus de om,30 de longueur et om,10 aux andouillers ; tandis que, dans les rennes femelles qui habitent la Suède, il n’y a encore, à la même époque, que de simples fourches. Le bois desmàles adultes est parfois très-grand, et on en a mesuré qui avaient près de im,40 d’envergure. La direction, le nombre et la position des andouillers varient beaucoup et ne peuvent servir de caractère distinctif. La constitution ostéologique du renne diffère peu de celle du cerf. Chez le renne, il y a une paupière nictitante, qui peut voiler toute la cornée en s’ètendant jusqu’au petit angle de l’œil.

C’est au delà du cercle polaire et aussi à de moindres latitudes que l’on rencontre le renne ; on le trouve au Spitzberg, au Groenland, en Laponie, dans les parties les plus septentrionales de l’Asie, et surtout au Canada, où il est très-commun. En Laponie, le renne est devenu un animal domestique indispensable à la vie de l’homme. On l’attelle comme le cheval au traîneau et à la voiture, et il marche même avec bien plus de vitesse et de légèreté, fait aisément trente lieues par jour et court avec autant d’assurance sur la neige gelée qu’il pourrait le faire sur une plaine unie. La femelle donne du lait plus substantiel que celui de la vache et d’où l’on peut retirer du beurre et surtout un fromage particulier, très-bon et très-riche en caséum. La chair de cet animal est aussi très-bonne à manger. Son poil fait une excellente fourrure et sa peau fournit un cuir très-souple et très-durable.

Ainsi, on voit que le renne donne au Lapon tout ce que nous retirons du cheval, du bœuf, de la vache et de la brebis ; il rend la vie possible à ces peuples septentrionaux qui sans lui manqueraient de tout. Les rennes n’ont pu être amenés facilement hors de leur pays natal ; car, lorsqu’ou les fait changer de climat-, ils meurent au bout de quelque temps, et les essais que l’on a tentés pour les introduire dans les forêts des pays plus méridionaux que la Laponie n’ont pu réussir ; les rennes n’y vivent que quelques années et ne s’y reproduisent pas.

Les rennes se nourrissent d’une espèce de lichen particulier, le lichen des rennes, qui pousse autour des arbres des forêts et parfois sur les rochers, et qu’ils savent trouver sous les neiges épaisses en les fouillant avec leur bois et en les écartant avec leurs pieds ; en été, ils vivent de boutons et de feuilles d’arbres.

Ces animaux, à l’état de liberté, changent de SUe suivunt les saisons ; en hiver, ils descendent dans les plaines et les vallées ; l’été, ils se réfugient sur les montagnes. Ils sont très-doux et l’on parvient facilement à en faire des troupeaux qui rapportent beaucoup de profit à leurs maîtres ; le lait, la peau, les nerfs, les os, les cornes des pieds, les bois, le poil, la chair, les excréments eux-mêmes, que l’on dessèche pour en faire des espèces de mottes à brûler : tout est utile dans le renne. Les plus riches Lapons ont des troupeaux de quatre ou cinq cents rennes, quelquefois même de mille ; les pauvres en ont six ou huit. On les mène au pâturage, on les ramène à l’étable, ou bien on les renferme la nuit dans des parcs pour les préserver des attuques des loups. On les dresse assez facilement et On parvient à les atteler aux traîneaux et à la charrue.

Il y a encore en Laponie quelque rennes sauvages, mais on y voit surtout un nombre immense de rennes domestiques ; dans le temps du rut, on lâche les femelles et on les laisse aller dans les bois pour se faire couvrir par les rennes sauvages, et on choisit ceux qui sont issus de ce mélange pour les atteler aux traîneaux.

Le renne attelé peut -faire i ou S lieues à l’heure. En courant, il fait entendre un craquement assez fort, produit par les parties ue ses pieds qui se heurtent ensemble ou contre les sabots des autres pieds. Ces animaux s’accouplent très-facilement à l’état de domesticité. Les femelles, pour pouvoir produire, doivent en général avoir quatre ans. Elles mettent bus un mois de mai et leur portée est de deux petits. Ce n’est que vers l’âge de quatre ans que le renne a acquis toute sa croissance, et c’est à cette époque que les Lapons les dressent ; pour les rendre plus dociles, ils les châtrent. Malgré cette opération, ces animaux n’en conservent pas moins leur bois, ce qui n’a pas lieu chez le cerf.

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La durée de la vie du renne en domesticité est de quinze ans, mais à l’état sauvage il doit vivre de vingt-huit à trente ans.

Quelques débris fossiles qui se rapportent au genre des rennes ont été décrits par les paléontologistes. C’est ainsi que, dans les écoulements sablonneux des rives de l’Obnia, ruisseau qui se jette dans le Volga, on a trouvé des bois qui doivent être rapportés à ce genre. D’un autre côté, on a désigné sous le nom de renne d’Etampes quelques débris fossiles découverts dans le sable entre des blocs de grès, à Etampes, et dans la caverne de Brengues, département du Lot, et qui se rapportent à une espèce très-voisine du renne actuel.

RENNEFORT (Urbain Souchu de), voyageur français, né vers 1630, mort vers 1690. Trésorier des gardes du corps, puis secrétaire du conseil souverain de la France orientale, il s’embarqua, en 1665, pour Madagascar, fut très-mal reçu par les chefs de la colonie et il dut presque aussitôt songer à quitter l’Ile. En revenant en France (1666), le navire qu’il montait fut capturé par les Anglais, et Rennefort ne recouvra la liberté que l’année suivante. lia publié une Jtelation du premier voyage de ta Compagnie des Indes orientales en file de Madagascar ou Dauphine (Paris, 1668, in-12) et Histoire des Indes orientales (1688, in-4°). On trouve dans ces deux ouvrages des matériaux pour l’histoire du commerce français dans les Indes orientales et des notices exactes sur Madagascar et ses habitants, écrites par un témoin oculaire.

RENNEL, île de l’archipel de Salomon, dans l’Australie, par 11» 38’ de latit. S. et 158° 10’ de longit. orientale. Elle a 8 milles de longueur du N.^O. au S.-E. Butler la découvrit en 1794.

RENNELL (Jacques), savant géographe anglais, néàChudleigh (Devonshire) en 1742, mort à Londres eu 1830. Il passa aux Indes avec l’amiral Parker et se distingua par sa bravoure et ses talents, notamment au siège de Pondichéry. Il servit ensuite la Compagnie des Indes comme capitaine de génie et prit sa retraite en 1777, avec le grade de major. Rennell acquit dans l’Inde une grande réputation comme ingénieur. Il est le premier qui ait fait de bonnes cartes de ces contrées. Ses travaux sur la géographie le placent à côté de notre Danville. Nous citerons les suivants : Description historique et géographique de fIndoustan (1782), traduit en français par Boucheseiehe et (Justéia (1800, 3.vol. in-8° et atlas in-4°) ; Mémoire sur la géographie de l’Afrique (1790-1798, in-4») ; Explication du système géographique d’Hérodote (1800, in-4°) ; Obseroatiun sur la topographie de la plaine de Troie (1814) ; Eclaircissements sur l’histoire de l’expédition de Cyrus et la retraite des Dix mille (1816, in-4°j ; Traité sur la géographie comparée de l’Asie occidentale (1831, 8 vol. in-8») ; Recherches sur les courants.de l’océan Atlantigue (1832, avec atlas), etc.

RENNES, ville de France (Ille-et-Vilaine), ch.-l. de départ., d’arrond. et de 4 cont., à 352 kilom. de Paris, par 48" 6’ 55" de latit. N. et 40 o’ 40" de longit. O., au confluent de l’Ille et de la Vilaine ; pop. aggl. 40,127 hab.

— pop. tôt., 52,044 hab. Préfecture, archevêché (suffrugants : Vannes, Quimper, Saint-Brieuc), grand séminaire, cour d’appel (Illeet-Vilaine, Loire-Inférieure, Morbihan, Finistère, Côtes-du-Nord), tribunaux de première instance et de commerce, académie (llle-et-Vilaine, Côtes-du-Nord, Finistère, Loire-Inférieure, Maine-et-Loire, Mayenne, Morbihan), Faculté de droit, des sciences, des lettres ; école préparatoire de médecine et de pharmacie, lycée, école normale d’instituteurs et d’institutrices, école de peinture, de sculpture et de dessin ; bibliothèque, musée ; ch.-l. de lu 16e division militaire, école d’artillerie ; ch.-l. de la 5e légion de gendarmerie et du 23° arrond. forestier.- L’arrond. comprend 10 cant., 78 coram. et 150,726 hab.

La ville de Rennes, ancienne capitaléde la Bretagne, a été rebâtie en grande partie sur un plan régulier depuis l’incendie de 1720, qui dura sept jours et réduisit en cendres la plupart de ses maisons. « Cependant, dit M. Ad. Joanne, malgré la largeur de ses rues, le quartier neuf est presque aussi triste que les vieux quartiers, avec lesquels à se confond sur certains points. Les maisons ont toutes au moins trois étages, sans compter les entre-sols et les mansardes ; les grès ou granits dont les façades sout construites ont une couleur sombre ; toutes, elles offrent entre elles la plus uniforme symétrie, à un tel point qu’il suffit d’avoir visité un seul logement pour avoir une idée exacte de tous les autres. Un silence solennel règne presque constamment dans les rues désertes. De nos jours, ces rues du xvm« siècle ont été bordées de larges trottoirs ; on a, en outre, réparé les dégâts causés au palais de justice pendant la Révolution ; on a achevé la place du Palais, l’une des plus belles places qui existent, en supprimant la place aux Arbres ; on a doté ce beau quartier de deux rues à arcades et d’un théâtre qui est venu, tout en l’agrandissant, compléter la décoration de la belle place de l’Hôtel-de-Ville. Mais tout autour de cette partie centrale si régulière et si belle se serrent et s’enchevêtrent les rues étroites, uoires, mal pavées et tortueuses de

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la vieille ville, que les flammes avaient épargnée. La place Sainte-Anne, la grande place des Lices, les alentours de la cathédrale, la rue de Saint-Malo, la rue d’Antrain et quelques autres peuvent donner une idée de ce qu’était la ville haute au xvne et au xvme siècle. La ville basse a également conservé son ancien caractère ; elle est généralement mal bâtie, mal percée et surtout très-mal pavée d’un espèce de poudingue qu’on appelle caillou de Rennes. Sur la place de la Halle-au-Blé, dans la rue Saint-Thomas, autour du lycée et de l’église Toussaint, on remarquait des maisons rivalisant jadis de vétusté, de laideur et d’irrégularité avec les plus vieilles, les plus irrégulières et les plus laides maisons de Vitré. > La Vilaine traverse la ville de l’E. À l’O. et la divise en deux parties, dont la plus considérable s’étend sur le penchant et sur la croupe du coteau qui domine la rive droite. On franchit la rivière sur quatre ponts qui facilitent les communications entre les différentes parties de la ville. La rivière d’Ille et le canal d’Ille-et-Rance entourent la partie occidentale de la ville haute d’une double ceinture d’eau et de verdure.

Le plus remarquable de tous les édifices religieux de Rennes est la cathédrale ou église Saint-Pierre, dont l’origine remonte au îve siècle et qui fut reconstruite de 1179 à 1359. La façade fut rebâtie à partir de 1535 ; les fondements du portail et des deux tours actuelles furent jetés en 1541. En 1700, l’église menaçait ruine et il fallut songer à la reconstruire. La réédilication de l’église, commencée en 1787, a été achevée seulement en 1844.La façade ouest est surmontée de deux tours assez élégantes, décorées de cinq rangs de colonnes superposées. La porte principale offre quelques jolis détails d’ornementation propres à la Renaissance.

L’église Notre-Dame, ancienne église abbatiale du monastère de Saint-Melaine, est un bel échantillon de l’architecture du xi* au xi»e siècle. La tour est surmontée d’une statue colossale de la Vierge. Le maître-autel, les vitraux du choeur et des collatéraux et de belles boiseries sculptées attirent l’attention à l’intérieur du monument. L’abbaye de Saint-Melaine, fondée au vie siècle par l’évêque de ce nom, a été remplacée par le palais de l’archevêché, qui renferme une belle galerie.

Parmi les autres édifices religieux de Rennes les plus dignes d’uttirer l’attention, nous signalerons : l’église Saint-Sauveur, qui renferme un riche maître-autel, une belle grille, chef-d’œuvre de serrurerie, et quelques bons tableaux ; l’église Saint-Étienne, ancienne chapelle du couvent des Augustins ; l’église Saint-Aubin, qui offre un portail du xvo siècle et possède la sépulture de la famille du sieur de LaNoé ; l’église Saint-Germain, où se voient de belles verrières du xvie siècle, des tableaux et des statues remarquables et le tombeau du sénéchal Bertrand d’Argentré, et l’église de Bonne-Nouvelle, qui se compose de deux nefs séparées par une série d’arcades ogivales, retombant sur de grosses colonnes nionocylindriques, dontleschapiteaux représentent sur leurs corbeilles des fleurs de violettes et des feuilles de houx, de chardon et de chou frisé. Cette dernière église est devenue un magasin de l’administration de la guerre :

Le plus intéressant de tous les édifices civils de Rennes est sans contredit la porte Mordelaise, curieux spécimen de l’architecture militaire du moyen âge. Deux grosses tours à mâchicoulis la flanquent à droite et à gauche. Sur l’un des jambages se lit un fragment d’inscription latine provenant d’un monument antique et que différents auteurs ont interprétée de la manière suivante : à A l’empereur César Marc Antoine Gordien, pieux, heureux, auguste, pontife suprême, décoré de la puissance tribunitienne, consul, les citoyens de Rennes. »

Le Palais de justice, commencé en 1618, sur les dessins de-Jacques Debrosse, l’architecte du palais du Luxembourg, offre une lourde façade du style toscan. Les statues de d’Argentré, de La Chalotais, de Toullier et de Gerbier décorent le perron. M. Barré a sculpté le bas-relief (la Force, la Justice et la Religion) qui décore la porte principale. Sept grandes fenêtres éclairent la salle des pas perdus. La décoration intérieure du palais de justice fut confiée à Jouvenet, Coypel, Erard et Ferdinand, qui ont peint les différentes salles avec beaucoup de splendeur.

L’Hôtel de ville, construit après l’incendie de 1720, se compose de deux pavillons reliés par une tour. Il offre un riche péristyle orné de colonnes en marbre rouge et précédant un bel escalier.

Le palais de l’Université, dont le fronton, sculpté par Barré, représente la Bretagne entourée des attributs des lettres, des sciences et des arts, renferme le musée de peinture et de sculpture. Le musée de tableaux, un des plus riches de la province, renferme un grand nombre de toiles, parmi lesquelles nous ne signalerons que les plus intéressantes. L’école italienne y est représentée surtout par : Jésus descendu de la croix et pleuré par ta Vierge, du Guerchin ; Persée délivrant Andromède, de Paul Véronèse, magnifique tableau qui faisait autrefois partie de la collection du roi ; le Repos en Égypte, d’Annibal Carrache ; XArrivée des Mages, de Giacomo