Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 14, part. 2, Scir-Soir.djvu/249

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SEYM

accusations de complots auxquelles l’artificieuse Elisabeth savait donner une apparence de réalité et qu’elle dirigeait contre tous ceux qu’elle voulait perdre, miss Arabelle fut arrêtée ; mais comme elle paraissait moins à craindre que Marie Stuart qu’on avait décapitée en 1586, sur une accusation de complot contre la sûreté de la vie de la reine, on se contenta de l’enfermer dans une prison, où elle languit longtemps captive.

Rendue à la liberté vers la fin du règne d’Elisabeth, elle tut de nouveau arrêtée sur l’ordre du fils de Marie Stuart, Jacques VI d’Écosse, son parent, devenu Jacques Ier d’Angleierre.

Arabelle venait d’épouser secrètement le duc de Seymour et rassemblait autour d’elle tout le parti aristocratique qui, & en croire les ministres, tramait une conspiration contre le nouveau roi. Il ne s’agissait de rien moins que de substituer Arabelle k Jacques Ier sur le trône d’Angleterre, par l’appui de l’Espagne et de l’Autriche. Une correspondance Secrète avait lieu ; elle fut saisie, et lord Cobham, lord Thomas Grey de Witton et l’illustre Walter Raleigh furent livrés à une commission présidée par Coke etCecil, leurs plus grands ennemis.

La duchesse de Sevmour et son mari avaient été enfermés à la Tour ; ils parvinrent k s’échapper et le duc de Sevmour s’embarqua. Mais iady Arabelle fut arrêtée et réintégrée dans son cachot, où elle mourut en 1615.

SEYMOUR (sir Michel), marin anglais, né à Plytnouth en 1802. Comme son père, qui avait été contre-amiral, il entra de bonne heure dans la marine, servit sous ce dernier pendant les campagnes de 1813 et de 1814, puis entra à l’École de marine, où il resta jusqu’en 1817. Nommé lieutenant en 1822, capitaine en 1826, il rit diverses croisières dans lu Méditerranée et sur les côtes du continent américain. M. Seymour était depuis 1850 inspecteur des magasins et docks de Sheerness et de Devonport, lorsque commença la guerre d’Orient (1354). Il prit part à cette guerre, sous les ordres de sir Charles Napier, qui le choisit pour capitaine de pavillon, reçut en 1855 le grade de contre-amiral, pour commander en second la flotte anglaise qui opéra dans la Baltique sous les ordres de l’amiral Dundas. L’année suivante, sir Seymour prit le commandement de la station navale de la Chine. Ayant vainement exigé des réparalions pour insultes faites à un équipage anglais, il s’empara des forts qui protégeaient Canton (24 octobre 1856), puis bombarda la ville (3 et 4 novembre). Faute de forces suffisantes, il borna lk ses opérations de guerre, qui devaient être reprises de concert avec la France en 1858. Il fut promu grand-croix de l’ordre du Bain, alla représenter la ville de Devonport au Parlement (1859) et devint, deux ans plus tard, vice-amiral du pavillon rouge.

SEYMOUR (lord Henry), personnage anglais, qui s’est rendu célèbre par ses excentricités, né en 1805, mort vers 1860. Il était frère de lord Eicbard Seymour, marquis d’Hertford. Lord Henry Seymour fut longtemps un des lions du inonde parisien et reçut du peuple le surnom de lord Anouiiie. Comme nous avons parlé ailleurs (v. Courtillb et original) des principales excentricités qui ont rendu ce personnage fameux, nous nous bornerons ici à y renvoyer le lecteur.

SEYMOUR (Horatio), homme politique américain, né dans l’État de New-York en 1311. Il s adonna k l’étude de la jurisprudence, puis se fixa k Utica, où il acquit bientôt la réputation d’un savant juriste. Elu, en 1842, député à l’Assemblée législative de New-York, il fut nommé successivement gouverneur de cet État en 1852 et eu 1&62. Attaché au parti démocratique, il se trouva dans une situation fort d’uficile lors de la guerre de la sécession, et dut faire mettre à exécution, k New-York, le bill sur la conscription, qu’il avait combattu et qui avait été voté par le congrès. Lorsque son parti eut été vaincu, il en resta un des représentants les plus autorisés et, lors des élections k la présidence de la république, en juillet 1868, il fut choisi pour candidat par les démocrates contre le général tirant, candidat dos républicains, qui fut élu. Malgré son échec,

M. Seymour n’en a pas moins continué à jouer un rôle important dans les affaires publiques.

SEYMOUR-CONWAY (Richard), marquis d’Hertford, pair d’Angleterre. V. Hkrtford.

SEYMOUR-HADEN, chirurgien et graveur anglais, né en 1812. Il étudia la médecine et la chirurgie, Se fit recevoir docteur et fut agrégé au collège des chirurgiens d’Angleterre. M. Seymour-Haden a fondé un hospice d’incurables, qui est devenu un hôpital royal. Ce savant, attaché comme chirurgien honoraire au musée de South-Kensington, a fait partie du jury lors des Expositions universelles de 1855 et de 1862. Tout en s’adounant k la science, il a cultivé les arts, particulièrement la gravure à l’eau-forte. Pendant des voyages qu’il» faits en Italie et en Écosse, il a recueilli des vues et exécuté de remarquables eaux-fortes, dont M. Philippe Burty a publié un intéressant recueil.

SEYMURIE s. f. (sè-mou-ri — de lord Seymour, homme d’État angl.). Bot. Genre de plantes, de la famille des personnées,

SÉZA

tribu des gérardiées, comprenant des espèces qui croissent dans l’Amérique du Nord. Il On dit aussi SEYMiiRie.

SEYNE (la), ville maritime de France (Var), cant. d’OUioules, arrond. et k 6 kilom. S.-O. de Toulon, au fond de la rade de Toulon, où elle a un port de commerce ; pop. aggl-, 7,233 hab. — pop. tôt., 10,123 hab. La Seyne tire son importance, qui s’accroît de jour en jour, de la construction des navires. La Société des forges et chantiers de la Méditerranée y a établi récemment un des plus beaux chantiers de constructions navales connus en Europe. C’est de lk que partent chaque jour les nombreux vaisseaux ou barques commandés tant par les armateurs du commerce français et par la compagnie des messageries que par les gouvernements étrangers. Les chantiers de La Seyne emploient environ 3,000 ouvriers et acquerront incessamment l’importance de ceux que la Société possède à Marseille et dont ils ne sont, k proprement parler, que l’annexe. Le port de La Seyne, que l’on creuse actuellement (1875), mesure une superficie d’environ 24,600 mètres. Malheureusement l’insuffisance du tirant d’eau

aux abords des quais oblige les navires marchands k user de l’intermédiaire de bateaux chalands pour opérer leur chargement ou leur déchargement. Le mouvement du port de La Seyne, en 18C1, a été de 19 entrées et de 9 sorties, représentant ensemble 7,092 tonnes. La Seyne possède un collège de maristes et une promenade plantée d’arbres. Elle est en communication continuelle avec Toulon, k l’aide d’un double service de voilures et de bateaux.

SEYNE, petite ville de France (Basses-Alpes), chef-lieu de cant., arrond. et k 43 kilom-. N. de Digne, près de la petite rivière de Blanche ; pop. aggl., 825 hab. — pop. tôt., 2,3l2 hab. Place de guerre de 3» classe ; fabrication de toiles, commerce da mulets, chevaux et bestiaux. Seyne est bâtie sur le penchant d’un coteau, dans une vaste et fertile plaine entourée de montagnes souvent couvertes de neiges. Elle est entourée de remparts et défendue par une citadelle. L’église paroissiale, construction romane du xnc siècle, est surmontée d’un beau clocher ogival ; l’intérieur ne présente de remarquable que les sculptures des chapiteaux. Les évêques de la province d’Arles tinrent un concile provincial k Seyne en 1267.

SEYNE S (Alphonse de), architecte et dessinateur, mort k Nîmes en 1844. Il a publié deux ouvrages estimés sur les antiquités de Nîtnes, savoir : Monuments romains de Nimes, dessinés d’après nature et lithographies (Paris, 1818, 5 liv. petit in-fol.) ; Essai sur les fouilles faites en 1821 et en 1822 autour de la Maison carrée (Nîmes, 1823, in-S°, avec 3 planches dont une coloriée ; 2« édit., Nîmes, 1824, in-8<>, avec A planches).

SEYN1, ville de la Russie d’Europe (Pologne), chef-lieu du district de son nom dans le gouvernement d’Augustow, à 15 kilom. O. de Suwafki, près de Memel ; 2,700 hab. Fabriques de draps et de cuirs.

SEYPAN, île de l’Océanie. V. Saypan.

SEYSSEL, bourg de France (Ain), chef-lieu de cant., arrond. et k 29 kilom. N.-E. de Beliey, sur la rive droite du Rhône, qui y devient uavigable ; pop. aggl., 1,078 hab.pop. tôt., 1,184 hab. Riches mines d’asphalte et do bitume ; filature de coton, scierie ; carrières de pierres blanches. Beau pont suspendu sur le Rhône, qui met en communication Seyssel, chef-lieu de cant. du département de l’Ain, et Seyssel, chef-lieu de cant. du département de la Haute-Savoie.

SEYSSEL, bourg de France (Haute-Savoie), ch.-l. de cant., arrond. et a 35 kilom. de Saint-Julien ; pop. aggl., 496 hab. — pop. tôt., 1,509 hab. Ateliers de construction de bateaux.

SEYSSEL (Claude de), historien français. V. Seissel.

SÉZANNE, en latin Sezannia, ville de France (Marne), chef-lieu de cant., arrond, et k -43 kilom. S.-O. d’Epernay, sur l’Auge ; pop. ujjgl., 4,096 hab. — pop. tôt., 4,197 hab. Collège communal. Fabriques de grosses draperies, serges, toiles, briques, chaux, poterie, porcelaine, instruments aratoires ; tanneries, moulins k farine et k tan. Commerce de bois, vin !>, vinaigre, miel, cire, moutarde, bougies, eaux-de-vie. Cette ville, située dans une belle contrée, sur les confins de la Brie et de la Champagne, est généralement bien bâtie, pourvue de belles places, assainie par des ruisseaux d’eau courante, et entourée de belles promenades. Sézanne possède deux églises fort anciennes : Notre-Dame et Saint-Denis. Cette dernière, classée au nombre des monuments historiques, date du xne siècle et se fait remarquer a l’extérieur par sa tour carrée, d’une construction hardie, et k l’intérieur par la hauteur de ses voûtes, la légèreté et l’élévation de sa nef ; on y voit aussi quelques bons vitraux du xvie siècle. La chapelle de l’Hôtel-Dieu renferme des tableaux du frère Luc, émule de Le Brun et son compagnon k l’Académie de peinture de Rome. Tout près de Sézanne se voient encore aujourd’hui les ruines pittoresques de l’ancien château de Broyés, vieille demeure féodale k fossés, murs, créneaux et ponts-levis, et qui passait pour l’une des plus importantes de la contrée ; plus loin sont les ruines de

SFON

l’ancien château de la Salle. Sur la montagne de Crolle, on trouve en grand nombre de coquillages pétrifiés,

Histoire. Sézanne était avant la Révolution un des comtés de la province de Champagne. Quant k son origine, elle ne parait pas fort ancienne. Vers 1114, Philippe, évêque de Troyes, s’y rendit pour y consacrer 1 église paroissiale de Sainte-Denis. Sézanne fit plus tard partie, avec six autres châ I tellenies, du douaire de Blanche, fille de don Sanche, roi de Navarre, mariée au comte de Champagne, Thibaut III. En 1229, Thi- j

■ baut IV la fit détruire presque entièrement, dans la crainte que ses ennemis n’y formassent quelque établissement militaire ; les î

| fortifications furent démantelées, les maisons démolies, et il ne resta debout que le château et quelques dépendances. La ville ne tarda pas cependant k se relever de ses ruines et fut réunie k la couronne avec le comté de Champagne en 1284. fendant les guerres anglaises, Sézanne, assiégée par les troupes du comte de Salisbuiy (1423), résista vaillamment jusqu’k la mort rie son gouverneur. En 1566, sous Charles IX, les huguenots s’en emparèrent ; les maisons, les églises, les couvents furent livrés aux flammes et au pillage. À l’époque de la Ligue, elle Se rangea du côté de Henri IV, qui la visita. Le 20 mai 1632 un incendie terrible se déclara dans Sézanne et y consuma plus de douze cents maisons. Louis XIII exempta alors la ville d’impôts pendant plusieurs années, et lui permit de se pourvoir de bois dans les forêts royales, aria d’en aider la prompte reconstruction. Une nouvelle enceinte fut bâtie, formée de murailles épaisses et entourée de fossés profonds. La ville n’en fut pas moins pillée et mise k contribution par le3 troupes des ducs de Lorraine et de Wurtemberg, lorsqu’en 1652 elles traversèrent la Brie pour assister au siège d’Etampes. Lorsque éclata la Révolution, Sézanne était le siège d’un bailliage qui jouissait de plusieurs droits importants et dont le ressort s’étendait sur plus de cent quatre-vingts villes, bourgs ou villages. À la chute de l’Empire, la ville éprouva de nouveaux désastres. » En 1814, à quatre reprises différentes, dit M. Salle, la ville de Sézanne fut pillée et dévastée par les armées russes : le 5 février, après la bataille de La Rothière ; le 4 mars et le 10 mar3, lorsque l’armée française était dans les environs de Reims, et le" 26 mars, après la bataille de La Fère-Champenoise. »

SÈZE (db), famille de magistrats français, dont le membre le plus célèbre est Romain ou Raymond de SiszE, le défenseur de Louis XVI. V. Diiskzii.

SEZZA, l’ancienne Suessa, ville du royaume d’Italie, située k 35 kilom. S.-O. de Frasinone, près des marais Pontins ; 6,200 hab. Evêché érigé en 1727. On y voit les restes d’un temple de Saturne.

SEZZE, bourg du royaume d’Italie, province et district d’Alexandrie, chef-lieu de mandement, entre la Bormida et l’Orba ; 3,008 hab.

SFAH.IA, bourg de la Turquie, dans l’île de Crète, près de la côte S., k 35 kilom. S.-O. de La Canée ; 2,100 hab. Les habitants de Sfakia, belliqueux et presque indépendants, sont regardés comme des descendants des anciens Cretois.

SFAX ou SFAKES, ville maritime de la Tunisie, sur la côte septentrionale du golfe de Cabès, vis-k-vis des lies Keikna, k 225 kilom. S.-E. de Tunis, par 34° 45’ de latit. N., 8° 18’ de longit. E. ; 16,000 hab., dont 12,000 musulmans, 2,000 israélites et le reste chrétiens. Les musulmans habitent un quartier ; les chrétiens et les juifs un autre quartier ; la population flottante des étrangers habite des caravansérails. Consulats de France, d’Angleterre, d’Italie et des États-Unis. Fabriques de tissus de laine, connus sous les noms de burnous, baracan et batania ; autres tissus de laine et de coton assez estimés et très-répandus comme linge de bain, serviettes, torchons, etc. Dans les jardins qui I entourent la ville se cultive un jasmin très-- ! odoriférant, dont on fabrique l’essence de ce. nom si renommée k Tunis ; les environs produisent aussi de l’orge, du maïs, des figues, des melons et d’excellents concombres (sfakous en arabe), qui ont donné leur nom k la ville. Le comraefce maritime de Sfax est assez actif ; il consiste principalement dans l’exportation des laines, des huiles et des éponges que l’on pêche sur les côtes voisines. Les principales marchandises importées sont le coton filé, les articles de mercerie, quincaillerie, poterie, verrerie, salaisons, spiritueux, lin, coton, lentilles, pois chiches, fer en barres et en fils, plomb, alun, sucre raffiné, etc. Près de la ville on rencontre les ruines de l’antique Usilla.

SFONDRATEou SFONDRAT1 (François) cardinal italien, né k Crémone en 1493, mort dans laméme ville en 1550.Fils d’un jurisconsulte et diplomate distingué, il se fit recevoir | docteur en droit (1520), puis il professa le . droit civil dans plusieurs universités d’Italie, k Padoue, Pavie, Bologne, Home et Turin. , Le duc de Savoie, qui le nomma sénateur, François Sforza et Charles-Quint le chargèrent successivement de négociations importantes. Nommé gouverneur de Sienne, il

parvint k rapprocher les partis qui déehi SFOR

raient cette ville et k rétablir l’union entre les citoyens, qui lui décernèrent le titre de Père d« I» patrie (1543). Quelque temps après la mort de sa femme Amie Visconti (1535), dont il avait eu six enfants, dont l’un devint

Fape sous le nom de Grégoire XIV, et dont autre reçut de Philippe II le titre de comte, Sfondrate entra dans les ordres. Le pape Paul III, qui l’avait en grande estime, se servit de lut lorsqu’il voulut faire des réformes dans l’Église, puis l’envoya avec le titie de légat aupjès de l’empereur et auprès du roi d Angleterre. Promu au cardinalat en 1544, il devint cinq ans plus tard évêque do Crémone. On a de lui un poème héroïque, De raptu ffelenie (Venise, 1559, in-4°), quelques traités de jurisprudence et des lettres relatives k ses négociations.

SFONDBATK (Niccolo), fils du précédent, pape sous le nom de Grégoire XIV. V. Grkqoire XIV.

SFONDRATE ou SFONDRATI (Paul-Emile), cardinal italien, petit-fils de François, né k Milan en 1560, mort k Tripoli en 1618. Il entru de bonne heure dans l’ordre de l’Oratoire et il avait trente ans lorsque son oncle, Grégoire XIV, lui donna le chapeau de cardinal. Sous ce pontife, il fut successivement légat k Bologne, gouverneur du palais et directeur de l’inquisition. Après la mort de son oncle (1591), Sfondrate ne joua plus de rôle actif dans les affaires pontificales. Il devint évoque de Crémone en 1607, puis évêque d’Albano (1611). Ce fut lui qui s’occupa de l’impression duJïitualeromunum sons Paul V. — Il avait un frère plus âgé que lui, Ercole Sfondrate, mort en 1637, et qui devint duc do Montemarchio. I ! suivit le métier des armes, et reçut de Grégoire XIV M mission de conduire en France un corps de troupes pour venir en aide aux ligueurs.

SFONDRATE ou SFONDRATI (Célestin), cardinal et théologien italien, neveu du précédent, né k Milan en 1649, mort k Rome en 1696. Admis dans l’ordre des bénédictins, il y enseigna la théologie, la [ihilosophij et le droit canon, puis devint successivement évêque de Novare (1684), prince abbé de Saint-Gall (1687), enfin cardinal (1695). Il est surtout célèbre pur l’ardeur aveu laquelle il défendit les prétentions du Saint-siège lors do la fameuse déclaration du clergé de France (1682). Ses principaux ouvrages sont : De lege in prssumptione fundala advenus probabilismum (1681, in-4°) ; Tractatus régalix contraclerumGaUicanum(S !xint-Gnll, 1682, in-4°) ; Régale sacerdoiium romunopontificiassertum et quatuor propositionibus cleri Oallicani explicatum (Saint-Gall, 1684, iu-4»), sous le nom d’Eugène Lombard ; Gallia vindicaia (1687, in-4«J ; Cursusphilosopldcus (1699,3 vol. in-4°) ; Alodus prsdestinatiunis dissolutus (16,96, in-4<>), ouvrage que plusieurs prélats français déférèrent en 1697 au pape comme entaché de propositions condamnables.

SFORCE, nom francisé de la célèbre famille italienne des Sforza. V. les articles suivants.

SFORZA, en français Sforce, nom d’une famille de condottieri italiens, qui conquirent le duché de Milan et jouèrent un rôle considérable en Italie au xvo et au xvie siècle.

Les personnages les plus importants de cette famille sont les suivants :

SFORZA (Giacomuzzo ou Jacques Attendolo), célèbre condottiere, né k Cotignola (Rouiagnej en 1369, mort devant Aquila eu 1424, 11 est la tige de l’illustre maison de Sforce ; il suivit d’abord la profession de son père, simple cultivateur. Un jour qu’il travaillait aux champs, il fut entraîné par des soldats qui passaient et s’habitua rapidement k cette existence vagabo-.de. Il mérita par sa vigueur et son impétuosité le surnom de Sforza et devint, en 1401, chef d’une troupe de 150 gendarmes, qui s’augmenta successivement et avec laquelle il survit d’abord les Florentins (1405), puis le pape, la maison d’Esté, le roi de Naples (1412), les Milanais, la reine Jeanne 11, vendant ses services au plus offrant, suivant les meeurs de tous les condottieri, et trahissant tour k tour tous ceux qu’il servait. Le roi de Naples Ladislas le nomma grand connétable. La reine Jeanne II lui donna plusieurs grands fiefs (Bénévent, Manfredonia, etc.). Il épousa, en 1414, la sœur d Alopo, favori de cette princesse, et prit avec lui la direction des affaires. Arrêté k Bénévent après le retour du roi Jacques de Bourbon, il fut jeté eu prison, mis k la torture et^auvé par sa sœur Marguerite, qui fit saisir par des condottieri quatre ambassadeurs napolitains, destinés k servir d’otages et k garantir la vie de Sfurza. Ce dernier recouvra la liberté en 1416, se rangea pendant quelque temps dans le parti de Louis III d’Anjou, puis se remit en 1423 au service de Jeanne, qui le chargea de combattre Alphonse d Aragon. Sforza était un homme d’une rare audace et dépourvu de tout scrupule. « Il avait appelé auprès de lui tous ses parents, dit Siamondi, et donné à tous quelque commandement, trouvant entre ces hommes, élevés comme lui dans la pauvreté et la fatigue, un grand nombre de braves guerriers, d’officiers intrépides et rideles, qui n’avaient d’autre ambition que celle de rendre puissant le chef de leur famille, d’exécuter les projets qu’il concevait seul et de demeurer les instruments d’un génie supérieur. » Presque toujours il guerroya con-