Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 14, part. 2, Scir-Soir.djvu/258

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situation, telle qu’il la devait à la vie désordonnée qu’il avait menée dans sa jeunesse.

SHAW (George), naturaliste anglais, né à Bierton en 1751, mort en 1813. Dès l’enfance, il montra une gvande vocation pour l’histoire naturelle. Ses études terminées à Oxford, il entra dans les ordres et obtint la place de lecteur adjoint à la chaire de botanique. Les statuts de l’université excluant tout candidat ordonné pasteur, Shaw se fit recevoir docteur en médecine (17S7) et alla s’établir à Londres, où il fut nommé vice-président de la Société linnéenne. Il ouvrit alors des cours qui furent très-suivis et devint conservateur de la bibliothèque d’histoire naturelle au Musée britannique et membre de la Société royale de Londres. Ses principaux ouvrages sont : Jtfeian§ ’esduJ !afi(rato(e{1789etsuiv.,286n09), recueil périodique ; Spéculum Linweum (1790, in-4°) ; Musei Leueriani explicatio (1792-1796) ; Cimelia physica (1796) ; Zoologie générale (1800 et suiv., 9 vol.) ; Cours de zoologie (1809, 2 vol. in-8"). On doit, en outre, à ce savant, aussi remarquable par l’étendue de ses connaissances que par 1 élégance de son style, un grand nombre de mémoires et quelques compositions poétiques.

SHAW (Stebbing), historien anglais, né à Stone en 1762, mort en 1802. Il embmssa la carrière ecclésiastique et fut le précepteur de Francis Burdett, avec iequet il fit un voyage en Écosse, qu’il publia plus tard. De 1789 à 1791, il rédigea avec un de ses amis une feuille périodique intitulée : le Topographe, qui n’était qu’un extrait des livres et des manuscrits les plus curieux du Muséum britannique. En 1791, Shaw fit un voyage dans le comté de Stafford, dont il résolut d’écrire l’histoire. Son ouvrage, qu’une mort prématurée l’empêcha de terminer, est écrit avec beaucoup d’érudition, orné de gravures et imprimé avec luxe. Le premier volume parut en 1798 ; la première partie du second volume en 1801. L’année suivante, Shaw mourut. Il avait succédé en 1799 à son père dans la cure de Hartshorn.

SHAWIA. s. m. (cha-vi-a — du nom du docteur Shaw). Annél. Genre d’annélides tubicoies, dont l’espèce type, qui vit sur les côtes des lies d Amérique, avait été prise d’abord pour un polypier flexible du genre tubulaire.

— Bot. Genre d’arbres, de la famille des composées, tribu des vernoniées, comprenant quatre espèces qui croissent à la Nouvelle-Zélande.

SHEA (John-Gilmary), écrivain américain, né à New-York en 1824. Il étudia le droit et s’occupa surtout d’études historiques. Il devint membre de la plupart des sociétés historiques américaines. Il a publié un grand nombre d’ouvrages historiques et entre autres : Historieal Magazine (1858-1862, 4 vol.) : Memoirs and relations concerning the French colonies in North America (1857- 18G2,16 vol.). « Il a, en outre, fait paraître un recueil intitulé : Library of American linguistics,

SHEBBEARE (John), publiciste anglais, né à Biddeford (Devonshire) en 1709, mort en 1788. II fit son éducation à l’école gratuite d’Exeter, puis entra comme élève chez un chirurgien ; mais comme il avait un caractère difficile, il essaya vainement de se faire une clientèle quand il voulut s’établir et se lança alors dans la politique (1754). Poursuivi par le gouvernement à cause de la virulence de ses attaques, il fut condamné à trois ans de prison et à l’exposition (1758). Lorsque sa captivité fut terminée, un autre règne venait de commencer ; le nouveau roi lui laissa sa liberté d’action et lui accorda même une pension. Dès lors, Shebbeare garda le silence. Ses principaux écrits sont : l’Acte de mariage, histoire politique (1754) ; Lettres sur la nation anglaise par Baiista Aiigeloni, jésuite (1755, 2 vol. in-8<>) ; Lettres adressées au peuple anglais (1756-1758), le plus célèbre de ses récits, tant pour la vigueur du style que pour le mordant de ses critiques contre le gouvernement. On lui doit encore diverses brochures dirigées contre Burke et Price.

SHEDD (William Greenough Thayer), écrivain américain, né k Acton (Massachusetts) en 1810. Pasteur en 1839, il fut nommé en 1845 professeur de littérature anglaise à l’uversité de Vermont et en 1854 professeur d’histoire ecclésiastique h Andover. Il a publié une traduction de la Rhétorique de Theremin (New-York, 1850 ; 2« édit. 1859), et une édition des œuvres de Coleridge (New-York, 1853). Shedd a écrit deux ouvrages originaux : Discusses and essays (Andover, 1856) et Lectures upon philosophy of history (Andover, 1856), et a traduit en anglais plusieurs ouvrages étrangers.

SHEE (Henri), général et administrateur français, descendant d’une famille irlandaise, né à Landrecies en 1739, mort en 1820. Il entra au service comme cadet dans le régiment irlandais de Clarke en 1755 et arriva en 1785 au grade de colonel général. Il adhéra à la Révolution, se retira du service de 1791 à 1795 pour cause de santé et y rentra avec le grade de général de brigade. Il fit en cette qualité l’expédition d’Irlande. De retour en France, il entra dans l’administration civile. En 1797, il fut nommé président de la commission intermédiaire pour l’administration des pays

conquis sur le Rhin. Après le 1* brumaire,

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il fut fait préfet du Mont-Tonnerre, puis commissaire général dans les quatre départements de la rive gauche du Rhin nouvellement réunis à la France. En 1801, il fut nommé conseiller d’État, le 26 septembre suivant préfet du Bas-Rhin, enfin en 1810 sénateur. Il vota la déchéance et, changeant pour la troisième fois de couleur politique, il adhéra à la Restauration et fut créé eu 1814 pair de France.

SHEE (sir Martin Archer), peintre anglais, né à Dublin en 1770, mort en 1850. Dès son enfance, il fit preuve de grandes dispositions artistiques et, avant d’avoir atteint sa douzième année, il avait déjà remporté les trois médailles pour dessin de figure, de paysage et de fleurs. En 1788, il se rendit à Londres. Il avait exposé dès 1781 deux portraits, l’un d’un Gejiïtemn», l’autre d’un Vieillard. Ces poitrails, suivis de beaucoup d’autres, acquirent une grande réputation à Shee et le firent admettre à l’Académie royale, d’abord en qualité d’associé (1798), puis en qualité de membre (1800). Son œuvre de réception fut un Bélisaire. Shee obtint la présidence de l’Académie royale en 1830 et peignit jusqu’en 1845, année où il exposa cinq ouvrages différents. L’année suivante, sa santé commença à décliner et il mourut en 1850, à l’âge de quatre-vingts ans. Outre les portraits, il a peint aussi des sujets d’histoire et de fantaisie. Il a composé plusieurs ouvrages littéraires, parmi lesquels nous citerons un recueil de poésies intitulé : Rimes sur l’art ou la Remontrance d’un peintre (1805 ; 2e édit., 1809). ouvrage dont Byron fit l’éloge, et une tragédie intitulée : Atasco (1823), dont la censure interdit la représentation à cause des idées politiques avancées qui y étaient professées. La vie de Martin Archer Shee a été publiée par son fils à Londres (1860, 2 vol. in-8°).

SHEEPSHAZVKS (Richard), astronome et physicien anglais, né à Leeds en 1794, mort en 1855. Ministre de l’Église anglicane en 1824, il fut élu l’année suivante membre de la Société royale astronomique et publia dans la Penny Cyclop&dia divers articles sur les instruments astronomiques. Il prit part, en 1828 et en 1829, aux travaux de M. Biddel Airy dans le Cornouailles, et s’occupa, en 1828 et. en 1829, de la création de l’observatoire de Cambridge. Il fut admis en 1830 dans la Société royale. En 1838, il exécuta la détermination ehronométrique des longitudes de Bruxelles et d’Anvers et en 1844 celle des longitudes de "Valentia, de Kingston et de Liverpool. Il fut chargé en 1844 de terminer la fabrication d’étalons officiels des poids et mesures, fabrication que la mort de Francis Baily avait interrompue et dont le but était de remplacer les étalons détruits pendant l’incendie de 1834. Sheepshanks mourut peu de temps après avoir terminé ce travail.

SUEERNESS, ville d’Angleterre, comté de Kent, sur la côte N.-O, de l’Ile de Sheppey, au confluent de la Tamise et de la Medway, à 20 kilom. N.-E. de Maidstone, à 56 kilom. S.-E. de Londres ; 8,549 hab. Port militaire, arsenal, chantiers de construction et magasins maritimes les plus beaux et les plus vastes de l’Angleterre ; pêcheries d’huîtres. Cette ville est entourée de nombreux ouvrages de fortification, qui la rendent presque imprenable ; elle est, en outre, protégée par une grande forteresse, construite sous Charles II, à la pointe de l’île.

SHEFFIELD, villa d’Angleterre, comté et à 69 kilom. S.-O. d’York, k 258 kilom. N. de Londres, au confluent du Don et de la Sheaf ; 237,000 hab. Bibliothèque publique, jardin botanique, nombreuses écoles. Centre d’une immense fabrication d’articles de quincaillerie fine et commune, qui s’étend à 10 kilom. à la ronde. La célébrité de sa coutellerie, de ses objets d’ivoire et de plaqué, leur bonne qualité et leur prix peu élevé, l’abondance du charbon qu’on trouve aux environs de la ville ont donné depuis longtemps à Sheffield une grande importance commerciale. La ville a environ 3 kilom. de longueur, sur une largeur k peu près égale, sans y comprendre ses faubourgs, qui soîit considérables ; ses rues sont belles et régulières, ses maisons en brique sont bien bâties et élégantes pour la plupart ; mais la fumés de ses nombreuses usines lui donne un aspect sale et sombre. Cette teinte grise forme un contraste singulier avec la beauté du paysage environnant, qui est un des plus verdoyants et des plus pitto’resquement accidentés de la Grande-Bretagne.

Les monuments de Sheffield sont modernes et n’offrent qu’un médiocre intérêt architectural. Nous nous bornerons donc à citer : l’hôpital, construit en 1793 et agrandi en 1840 ; l’église Saint-Pierre, dont ta façade présente une tour centrale surmontée d’une flèche ; le marché, vaste construction dont les voûtes sont d’une hardiesse digne des travaux antiques ; enfin l’hôtel de ville, bâti en 1808.

Parmi les nombreuses institutions civiles" dont Shefiield s’est enrichie peu à peu, nous mentionnerons : le Lycaeum, l’Aihenseum, le Mechanic’s Institute, fondé en 1832 ; le Wesley Collège, un des principaux établissements d’éducation de l’Angleterre ; la Société littéraire et philosophique ; la bibliothèque, riche de 9,000 volumes, et l’école de dessin. Sheffield possède encore un théâtre, une belle promenade dite le Nouveau pare (New Park), présect du duc de Norfolk et prés duquel s’é SHEI

lève un monument destiné à perpétue» le souvenir du terrible fléau qui, il y a quelques années, décima ia ville ; ce monument porte le nom étrange, mais significatif, de Choiera Monument. À l’ouest de la ville sont situés des jardins botaniques. Le musée Hall, sorte de concert dont les représentations alternaient avec celles du théâtre proprement dit, a été incendié en 1865.

Aux environs de Sheffield se trouvent Norten, où naquit en 1782 le célèbre sculpteur Chantrey, et Robin Hood’s Weïl, patrie du célèbre Robin Hood, que les légendes anglaises et en dernier lieu les romans de Walter Scott ont à jamais popularisé.

On ignore l’origine de cette ville, qui possédait déjà au xme siècle la spécialité à laquelle elle doit aujourd’hui sa réputation européenne. Les couteaux de Shefiield étaient recherchés dès cette époque, et pourtant cette industrie était loin d’avoir encore atteint le degré de perfection auquel elle est parvenue. Une circonstance imprévue vint donner une impulsion définitive à son industrie déjà prospère : au xvie siècle, un grand nombre d’habitants des Pays-Bas, persécutés par le duc d’Albe, prirent le parti, pour se soustraire aux cruautés du lieutenant de Philippe II, de se réfugier en Angleterre. La plupart s’établirent à Sheffield et, en adoptant le genre d’industrie et de fabrication source de la fortune du pays, y apportèrent de tels perfectionnements, que la ville doubla d’importance en quelques années. Sheffield, à mesure qu’elle grandissait, avait à soutenir une lutte plus vive contre ses seigneurs, dont l’autorité féodale voyait avec peine la ville se soustraire peu à peu k l’ancienne obéissance. Cette lutte, dans laquelle la cité fut victorieuse, prit fin à l’époque des guerres civiles ; le château fut démoli par ordre du Parlement et aucune autorité seigneuriale ne vint plus mettre son veto aux progrès toujours croissants de l’industrieuse cité. Disons, pour en finir avec ce côté purement historique de Shefiield, que le château de Sheffield avait servi pendant quatorze ans de prises à Marie Stuart. Il était démantelé quand le Parlement en ordonna la démolition. En 1864, Sheffield fut éprouvé par un grand désastre ; a la suite de la rupture d’un des grands réservoirs alimentant la ville, l’eau se répandit dans la campagne, l’inonda et, pénétrant dans Sheffielil même en torrent impossible à arrêter, renversa les maisons, les fabriques et jusqu’aux ponts qui mettaient les deux rives du Sheaf en communication. Shefiield se releva rapidement de ce désastre. Les fabriques furent reconstruites, des travaux définitifs prévinrent le retour de nouveaux accidents, et aujourd’hui ia prospérité de la ville dépasse encore celle dont elle jouissait en 1864. L’auteur de la Vie anglaise nous fournit sur Sheffield et son industrie des détails complets ; nous en donnerons un extrait qui en résumera les traits principaux : » La base principale des opérations industrielles est le fer, qui arrive de Suède k Sheffield par mer et par un canal tout chargé de bateaux. Il se traite ensuite dans d’immenses usines, où il acquiert les qualités de l’acier. Plus tard, il se convertit en couteaux, rasoirs, fourchettes, ciseaux, limes, scies et divers outils. Parmi les coutelleries, la plus célèbre est celle de Roger. L’émoulage des instruments tranchants, grinding, constitue une autre spécialité curieuse. L’art de plaquer l’argent sur le cuivre a été découvert par un habitant de Sheffield, T. Bolsover, et exploité par M. Handcok vers 1758. Aujourd’hui, ce procédé a été en grande partie remplacé par l’électro-placage. » Parmi les principaux ateliers de Sheffield, il faut citer ceux de M. Wilkinson et de MM. Mafrin, centres d’exportation pour tous les pays.

SHEFFIELD (John Baker-Holroyd, comte de), homme d’État, économiste et agronome anglais, né vers 1735, mort en 1821. Il suivit d’abord la carrière des armes, puis se mit à voyager, et, devenu possesseur d’une grande fortune, il s’occupa d’agriculture (1767). Député aux communes en 1780, il y défendit énergiquement les catholiques et fut créé, peu après, comte de Shefiield. Ses profondes connaissances relativement au commerce et k l’économie publique le firent élire de nouveau député par la ville de Bristol et il se prononça contre la traite des nègres. Élevé k la pairie (1802), il y porta la même indépendance d’opinion qui a-ait rendu son nom cher aux communes. On lui doit divers écrits remarquables : Observations sur le commerce des États d’Amérique (1783) ; Observations sur les manufactures, le commerce et l’état actuel de l’Irlande (1785) ; Observations sur le projet d’abolir la traite des esclaves (1789) ; Observations sur le bill concernant les grains (1791) ; Remarques sur la disette des grains (1800) ; Remarques critiques sur la nécessité de maintenir le système maritime et colonial de la Grande-Bretagne (1804) ; les Ordres du conseil et l’embargo américain (1809) ; Lettres au sujet des lois sur les grains (1815), etc.

SHEFFIELD (John), duc de Buckingham, homme d’État, historien et poëte anglais. V. Buckingham.

SHEFFIELDIE s. f. (chè-fièl-dî — âe Sheffield, botan. angl.). Bot. Syn. de samole, genre de primulacées.

SUE IL (Richard Lalok), homme politique

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et littérateur anglais, né à Dublin en 1793, mort à Florence en 1851. Il fit ses études au collège de la Trinité, établi dans sa ville natale, étudia le droit et aborda ensuite le théâtre. Après quelques alternatives de succès et d’échecs, il se jeta, en 1820, dans la politique et se déclara hautement, en 1828, partisan d’O’Connell. Nommé, en 1829, membre de la Chambre des communes par le bourg de Milbornepont, Sheil s’y fit remarquer par sa chaude éloquence, fut réélu, en 1831, dans le comté de Louth et ne soutint qu’assez faiblement O’Connell lorsque le célèbre agitateur réclama le rappel de l’union. Un riche mariage qu’il contracta, et à la suite duquel il ajouta k son nom celui de Lalor porté par un parent de sa femme, lui acquit une grande position comme propriétaire terrien dans le comté de Tipperar}-, où il fut réélu député en 1832. À partir de ce moment, ses opinions se modifièrent sensiblement, et il abandonna presque entièrement la cause du rappel, qu’O’Connell soutenait beaucoup moins, du reste, par conviction que par une nécessité de chef de parti. En 1838, il accepta une riche sinécure, celle de commissaire de l’hôpital de Greenwich, puis devint successivement vice-président du bureau de commerce (1839), membre du conseil privé, juge-avocat général (1841), surintendant de la monnaie (1816) et enfin ambassadeur à la cour de Toscane (1850) ; il mourut d’un accès de goutte dans l’exercice de ces fonctions. On lui doit plusieurs drames : Adélaïde, qui eut un vif succès ; l’Apostat. Bellamère, Evadne, le Huguenot et des Esquisses sur le barreau irlandais, publiées par le New Monthly Magazine.

SHELBURNE (Guillaume Petty, comte de), marquis de Lansdowne, homme d’État an- * glais, né en 1737, mort en 1805. Il entra d’abord au service, prit part k la guerre de Sept ans et devint, en 1760, aide de camp de George III, qui le nomma ensuite major général. À cette époque Petty abandonna la carrière militaire pour se vouer k la politique. Il venait d’être élu député de Wycombe, lorsqu’k la mort de son père il devint à la fois comte de Shelburne et membre de la Chambre deslords (1761). Deux ans plus tard, il fut nommé membre du conseil privé, puis premier lord commissaire du commerce et des colonies, fonctions dont il ne tarda pas k se démettre. En 1766, Shelb irne entra dans le cabinet Chatham, en qualité de secrétaire d’Etat des colonies, se prononça pour des mesures libérales à l’égard des colonies de l’Amérique du Nord, dont les dissentiments avec la métropole commençaient k prendre un caractère grave, vit ses idées conciliatrices combattues tant par le roi que par ses collègues et suivit lord Chatham dans ht retraite. Il alla siéger alors dans les rangs de l’opposition, attaqua avec beaucoup d’éloquence la politique de lord North, se prononça avec une grande vivacité contre Ut guerre avec l’Amérique et combattit en même temps l’accroissement qu’on donnait k la dette publique, ainsi que l’abus que le roi faisait de ses prérogatives. En 1778, lord Shelburne remplaça Chaiham comme chef de l’opposition, qu’il dirigea avec une grande habileté. Après la chute du cabinet North, il se trouva porté aux affaires et prit le portefeuille des affaires étrangères (1782). Il signa le traité de pais de Versailles, proposa plusieurs réformes utiles et succéda à lord Rockingham comme premier lord de la trésorerie (1783). Renversé peu après par la coalition de Fox r.vec North, il quitta le pouvoir, qu’il n’essaya plus de reprendre. Il se montra très-sympathique au jeune Pitt lorsque celui-ci arriva au ministère (décembre 1783), reçut lettre de marquis de Lansdowne et se retira dès ce moment dans ses terres. Il reparut cependant k la Chambre des lords en 1789, pour combattre les mesures qui devaient amener la guerre avec la France. Plus tard, lorsque fut discutée l’union de l’Angleterre et de l’Irlande, il se prononça vivement en faveur de cette mesure et demanda des institutions largement libérales pour les Irlandais. — Sou se cond fils, lord Henry Petty, s’est rendu célèbre sous le nom de lord Lansdowne. V. Lansdowne.

SHELUON (Gilbert), archevêque de Cantorbéry, né à Stanton en "1598, mort en 1677. Nommé en 1634 chapelain ordinaire du roi Charles Ier, il ]e suivit à Oxford, puis à l’île de Wight. Emprisonné en 1647, il fut remis en liberté l’année suivante, sous condition de ne pas aller à Oxford ni k l’île de Wight et de se présenter sur la première citation. Il se retira k Derbyshire. À la Restauration, il fut nommé successivement doyen de la chapelle de Charles II, évêque de Londreï en 1660, archevêque de Cantorbéry en 1663, enfin, en 1667, chancelier de l’université d’Oxford. Il perdit alors la faveur du roi pour lui avoir conseillé de renvoyer sa maîtresse Barbara Villiers. Les historiens, tout en rendant hommage aux talents politiques de Sheldon, blâment son intolérance en matière de religion.

SHELINO s. m. (che-lain). Autre orthographe des mots SCHEU.ING et shilling.

S1IELLEY (Percy Bysshe), célèbre poëte anglais, né k F eld-Place, dans le comté de Sussex, le 4 août 1792, mort le 8 juillet 1822. Il était fils d’un riche baronnet anglais, sir Ti-