Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 17, part. 1, A.djvu/196

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ALLOUARD (Henri-Emile), sculpteur, né à Paris, le 11 juillet 1844. Cet artiste ne passa point par l’École des beaux-arts et commença la scu pture âgé déjà de vingt ans, en devenant l’élève de M. Lequesne. Son talent lui a permis de rattraper vite le temps perdu. Il a exposé au Salon les œuvres suivantes : Le Réoeit (1870J ; Marguerite au sabbat (1872) ; Mélantho(lZ13) : ces deux derniers groupes, en plâtre, furent achetés par l’État ; Ponticus (1875), statue plâtre ; Ossian (1875), statue plâtre, achetée par l’État, qui valut à son auteur une médaille de troisième classe ; Charmeuse de pigeons (1877), achetée par l’État ; Baechus enfant (1879), statue plâtre ; le même sujet, reproduit en marbre en 1881, fut aussi acquis par le gouvernement ; Charmeuse de serpents (1881), plâtre ; Molière mourant (1882), plâtre qui fit décerner a M. Allouard une médaille de deuxième classe ; en 1885, l’artiste reproduisit en marbre cette belle statue, qui fut alors achetée par l’État pour le foyer de l’Odéon ; c’est une œuvre de grande valeur : l’expression du poète agonisant, sa pose dans le fauteuil où on vient de l’étendre encore revêtu de son costume du Malade imaginaire, la draperie jetée sur ses genoux, tout est composé et rendu avec un grand talent ; Beaumarchais (1884), statue achetée par l’État ; Eéloïseau Paraclet (188&), plâtre ; même sujet en marbre ; Souviens-toi (1886), groupe plâtre. En dehors de ces œuvres, M. Allouard a exécuté de nombreux travaux, dont voici les plus importants : Rubnnnerie, statuette marbre ; Printemps, Flore et Zéphîre, groupe marbre ; Bacchante et Therme, groupe marbre ; Figaro, marbre qui obtint te deuxième prix au concours ouvert en 1873 par le journal placé sous le patronage du célèbre barbier ; la statuette est délicate et bien composée ; l’artiste fait appuyer le sujet sur une presse : c’est une bonne idée, et les stèles, les piles de livres, etc., Sont loin de symboliser aussi bien le Figaro ; statue de Lakanal, qui obtint également un deuxième prix ; buste d’Alex. Duval pour l’Odéon ; Cheminée Renaissance monumentale ; buste du général Balland ; deux bustes d’Ernest Picard, l’un pour la ville de Toul et l’autre pour la Chambre des députés ; buste de Lais pour l’Opéra ; buste de Beaumarchais pour la Société des auteurs dramatiques ; buste de Faustin Bclie pour la cour de cassation ; bustes des frères Lipanos et Théotigue pour les frères de Passy ; statues de Mansard et d’Étienne Boylenux pour l’Hôtel de ville ; Moïse sauvé des eaux, groupe bronze ; etc.

" ALLODRY (Jean-Louis-Antoine), publiciste français, né à Anizy (Nièvre), en 1805, mort à Sceaux, le 24 décembre 1884. — Il étudia le droit à Paris, se fit inscrire au barreau et devint secrétaire de son compatriote l’avocat Dupin, ainsi que d’autres avocats célèbres. M. Cuvillier-Fleury, qu’il avait ccnnu à Sainte-Barbe, le fit entrer à la rédaction du « Journal des Débats », où il fut chargé du compte rendu des débats parlementaires. Il y défendit avec ardeur le gouvernement de Louis-Philippe et particulièrement la politique de M. Guizot, qui le fit décorer en 1844. En 1846, il posa sa candidature à la députation dans un collège électoral de la Nièvre, mais il échoua, malgré l’appui du ministère. Après la révolution de 1848, il combattit dans le « Journal des Débats» la République et les républicains. Sous l’Empire, il rédigea le bulletin quotidien de cette feuille où il publia, en outre, des études et des variétés sur des questions diverses. Vers 1870, M. Alloury abandonna le journalisme et devint un des administrateurs du Canal de Suez. On a de lui : Comment s’est fait le Canal de Suez, pages d’histoire contemporaine (1882, in-18).

ALL RIGRT loc. adv. (ôl-ra-itt— locution anglaise qui signifie littéralement tout droit). Très bien, tout va bien. Les Anglais emploient cette expression à propos de tout et de rien : 11 fait beau, all right  ; nous restons en Égypte, all right I

ALLSTEDT, ville du grand-duché de Saxe-Weimar, enclavée dans le cercle prussien de Merseburg, à 45 kilora. N. de Weimar et à 40 kilom. E. de Halle, par 51» 24’ de lat. N. et 9° 2’ de long. E. ; 3.301 hab. La ville possède des fabriques de potasse et de sucre de betterave, un ancien château, autrefois résidence des comtes palatins de Saxe, enfin les ruines du couvent de Maundorf.

ALLUAUD (François), minéralogiste et industriel français, né à Limoges en 1778, mort en 1865. IL fonda à Limoges une grande fabrique de porcelaine qu’il dirigea jusqu’à sa mort. En 1858 il fut fait, en qualité d industriel, chevalier de la Légion d’honneur. Comme maire de Limoges (1833-1843), comme conseiller municipal et conseiller général, enfin comme président de la chambre de commerce, il déploya une grande activité et fit preuve d’une capacité hors ligne. Minéralogiste distingué, il fut en relations suivies avec Brongniart, qui le tenait en haute estime. II découvrit plusieurs gisements de minétaux rares et trouva un nouveau minéral, le phosphate de fer et de manganèse, auquel on h donné en son honneur le nom à’alluaudite.

ALLUaudite s. f. (all-lu-ô-di-te — rad. Aliuaud). Miner. Phosphate de manganèse et

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de fer en nodules ou masses compactes clivables dans trois directions rectangulaires. Densité, 3.468. Il a été trouvé près de Limoges par F. Aliuaud.

    • ALLUMETTE s. f. — Encycl. La fabrication

des allumettes comporte un certain nombre d’opérations, qui transforment le bloc de bois, la matière première en allumettes prêtes à être employées ; ce sont : l° le séchage, le découpage et le rabotage du bois ; 2<> la mise en presse des allumettes ; 3° le trempage ; 4° le séchage ; 5° le dégarnissage des cadres ; 6» la mise en boites ou en pa’ quets.

Les bois, desséchés au four, sont sciés en morceaux dont l’épaisseur est égale à la longueur des allumettes. Ces tronçons sont successivement placés sur une machine à raboter qui enlève 25 allumettes à la fois, à l’aide d’une lame d’acier striée d’autant de cannelures. Un excentrique donne à cette lame un mouvement de va-et-vient, à raison de 200 tours à la minute, soit 5.000 allumettes pendant le mêrn» temps, 300.000 à l’heure, 3 millions en une journée de dix heures. En Suède, le bois est pour ainsi dire déroulé, enlevé en spirale, en tournant devant une lame de rabot ; cette bande redressée est ensuite découpée en allumettes ; d’autres fois aussi, le bois est simplement fendu. Les allumettes découpées sont mises en presse pour que l’on puisse procéder au trempage dans le soufre ; à cet effet, on les range dans des rainures entaillées sur des planchettes ; ces planchettes sont entassées dans une sorte de cadre en fer, que l’on ferme a l’aide de clavettes quand il est plein. L’extrémité de chaque allumette se trouve ainsi isolée et se garnit de soufre pendant le trempage. La mise en presse, faite à la main autrefois, est aujourd’hui exécutée automatiquement par les machines Ottmar Walch ou Sebold, qui permettent à un homme de ranger près de 1 million d’allumettes par jour.

Le cadre, ainsi préparé, est trempé jusqu’à une certaine hauteur dans une bassine contenant le soufre foodu, et ensuite dans une autre renfermant la composition inflammatoire. Cette seconde bassine est chauffée au bain-marié, et les allumettes n’y sont plongées que de oro,002 à on>,003. Les cadres remplis d’allumettes sont ensuite placés dans une chambre chauffée et aérée.

On procède enfin au dégarnissage en desserrant les clavettes du cadre et en séparant les allumettes des planches qui donnaient les intervalles ; cette opération se fait soit a la main, soit à l’aide de machines dues à M. Ottmar Walch. Les allumettes sont ensuite mises debout dans des paquets oblongs, ou dans des boîtes ayant, en France, la forme de portefeuilles ; ces opérations se font à la main ou à l’aide des machines Ottmar Walch.

Les allumettes suédoises, importées autrefois du pays d’origine, se fabriquent maintenant en France. Leur préparation passe par les mêmes phases que celle des allumettes soufrées, avec cette différence qu’elles ne sont pas trempées dans du soufre, mais dans de la paraffine fondue, qui évite pour les fumeurs le dégagement d’acide sulfureux, dont on est obligé d’attendre la fin avant d’employer l’allumette. De plus, l’extrémité de ces allumettes est fortement desséchée sur une plaque de fonte chauffée, avant de la tremper dans la paraffine ; après I extinction de la flamme, te bois n’en reste pas incandescent. Ces allumettes se font de deux dimensions et se vendent en boites plus ou moins volumineuses.

Depuis que les allumettes sont fabriquées en France par une compagnie qui en a le monopole, ce petit objet d’une si grande utilité domestique est livré au consommateur dans de3 conditions de plus en plus mauvaises. Les allumettes de sûreté elles-mêmes, excellentes quand on les importait de Suède, ne justifient plus la vogue dont elles jouissent ; si le public se montre à bon droit mécontent, la compagnie concessionnaire ne semble pas très satisfaite de son opération : elle est minée par une fraude énorme, qui n’a pas encore permis à la consommation d’atteindre les chiffres sur lesquels on avait compté. De 40 millions par jour en 1870, elle n’arrive guère actuellement qu’à 30 millions d’allu Q

mettes, dont les — sont en bois ; ce chiffre

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permet toutefois d’occuper un millier d’hommes et 5.000 à 6.000 femmes, pour traiter 20.000 à 25.000 mètres cubes de bois et 30.000 kilogr. de phosphore.

Les seules allumettes françaises qui ne soient pas trop sacrifiées par les fabricants sont les allumettes-bougies, ce qui leur permet d’en exporter 800,000 kilogr. environ par an.

C’est le 28 janvier 1884 que fut passée, entre le ministre des Finances et la compagnie concessionnaire de l’exploitation du monopole des allumettes, la convention actuellement en vigueur. Elle traite surtout de chiffres et serait peu intéressante pour nos lecteurs, qui du reste, grâce à la date ci-dessus, peuvent la retrouver au ■ Journal officiel. » Retenons seulement de ce document que la convention par laquelle la Compagnie renonçait aux importations des pays étrangers a été passée principalement dans le but de contribuer au développement du travail

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national ; il est regrettable qu’elle l’ait fait I aussi servir à l’exaspération du public en général et des fumeurs en particulier.

En 1886, le laboratoire municipal de chimie de Paris ayant voulu essayer l’inttammabiiité des allumettes ordinaires vendues par la compagnie concessionnaire du privilège, constata que la pâte phosphorée était un simple mélange de phosphore et de sable, agglutiné par de la dextrine qu’une légère addition de fuchsine colorait en rouge. Le peu d’adhérence du phosphore nécessitait la conservation des allumettes dans un lieu absolument sec, sans quoi il était arraché par le frottement. Le trempage était généralement opéré dans d’assez mauvaises conditions ; en outre 27 allumettes sur 1.000 étaient dépourvues de phosphore, par contre la pâte en avait soudé 58 par groupes de 2, ce qui ramenait à 944 le nombre des allumettes aptes à être enflammées. Toutes étaient taillées dans du bois de tremble d’assez mauvaise qualité, car ce bois était pourri dans 93 allumettes sur 1.000. Le taillage était fait obliquement aux fibres dans 321 autres, ce qui les faisait casser quand on essayait de les frotter un peu vivement ; or un frottement énergique était toujours nécessaire pour obtenir l’inflammation de ces produits.

  • ALLUMEUR s. m. (a-lu-meur — rad. allumer). Techn. Petit appareil destiné à faciliter

l’allumage des mèches.

ALI.UM1KRE, village d’Italie, province et à 55 kilom. N.-O. de Rome, à l kilom. N.-O. de Civita-Vecchia. Les mines des environs donnent chaque année 100.000 tonnes d’alun.

ALLUMOIR s. m. (a-lu-moir — rad. allumer)..Nom donné à la lampe ou au bec de gaz mis à la disposition des fumeurs dans les bureaux de tabac.

— Encycl. A llumoir électrique. Les allumoirs électriques sont des appareils permettant d’allumer des becs de gaz ou des lampes à essence à l’aide d’un courant électrique.

Il existe de nombreux types d’appareils de ce genre. Les uns reposent sur la production d’une étincelle développée dans un circuit induit, en fermant et ouvrant un circuit inducteur. D’autres sont basés sur l’incandescence d’un fil de platine. M. Arnould a construit d’après le dernier système un allumoir à gaz très pratique. L’instrument a extérieurement la forme d’un cylindre d’environ 0°>,25 de longueur et om,05 de diamètre, portant à l’une de ses extrémités une tige à bout recourbé, contenant le fil qui doit être porté à l’incandescence. Ce fil fait partie d’un circuit électrique comprenant une pile au bichromate de potasse, placée dans le manche de l’appareil. Cette pile est à renversement, c’est-à-dire qu’au repos le liquide occupe la partie du tube opposée au zinc et au charbon ; dans ces conditions le circuit est ouvert et la pile ne fonctionne pas. Quand on prend l’allumoir et qu’on le retourne pour présenter l’extrémité de la tige au bec qu’il s’agit d’allumer, le liquide arrive au contact des électrodes, ferme le circuit, et le fil de platine, porté a l’incandescence, produit l’inflammation du gaz ou de l’essence. M. Arnould a construit aussi un chercheur de fuites de gaz basé sur le même principe.

Un autre allumoir, de MM. Giraud et Née, enflamme le gaz par une étincelle électrique due à l’extra-courant de rupture d’un électroaimant placé en circuit avec une pile Leclanché. L’étincelle est développée au-dessus d’une petite fuite de gaz que l’on produit en manœuvrant le robinet ; la fuite prend feu et vient enflammer le gaz à la partie supérieure du bec. Cet allumoir présente l’avantage de fonctionner automatiquement par le simple mouvement que l’on fait pour ouvrir le robinet du bec.

D’autres enfin se composent d’une petite machine électro-statique que l’on met en mouvement par la pression du doigt et qui détermine la production d’une série d’étincelles.

On peut concevoir une foule de dispositions plus ou moins ingénieuses, plus ou moins pratiques, pour allumer électriquement des gaz ou des vapeurs facilement inflammables.

ALLURANIQUE adj. (all-lu-ra-ni-ke-rad. alloxane et urée). Chim, Se dit d’un acide solide, infusible, soluble dans l’eau chaude, qui se produit sous forme de cristaux étoiles quand on abandonne à l’évaporation libre un mélange par parties égales d’alloxane et d’urée. Sa composition est représentée par la

formule C5H6Az*05 + à H^O. (Mulder, 1873.)

ALLUKUS s. m. (all-lu-russ — du gr. allas, autre ; aura, queue). Genre d’annélides de la famille des Lombrics, créé par Eisen (1874). Les allurus sont cylindriques à la partie antérieure et quadrangulaires à la partie postérieure.

" ALLÏLAMINE s. f.(all-li-la-mi-ne — rad. allyle et aminé). Chim. Aminé contenant une ou plusieurs fois le radical allyle.

— Encycl. Le radical hydrocarboné allyle entre dans la composition de plusieurs aminés : une seule fois dans la monallylainiue C’^H&AzHï, deux dans la diallylaraine

(C3HS)*AzII,

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trois dans la triallylamine (CsHS)3Azf quatre dans l’iodure de tétrallylammonium

(C8H5)*AzL

Il existe également un iodure de tétrallylarsonium (C*H*)*AsI. On connaît en outre des aminés où l’allyle entre avec d’autres radicaux ; telles sont l’éthylallylamine et la diéthylallylamine.

Ces aminés, ainsi que leurs produits de substitution bromes ou chlorés, sont des substances alcalines ayant généralement l’odeur ammoniacale, formant des sels dont plusieurs sont cristallisables : le chlorhydrate et le sulfate d’allylamine, le chlorure double de platine et de dibromailylamine et le chlorure double de mercure et de dibromailylamine.

En tant que composés allyliques, ces aminés peuvent donner des produits d’addition. Ainsi, le chlorure d’iode se combine avec le chlorhydrate d’allylamine. Le brome se combine aussi avec l’allylamine et donne le dibromure d’allylamine, dont le chlorhydrate cristallise dans l’alcool en fines aiguilles et dont le chloroplatinate cristallise en belles tables rouges.

L’allylamine se prépare en faisant chauffer du cyanate d’allyle avec une solution aqueuse de potasse ou en distillant un mélange d’jodure d’allyle et d’ammoniaque en présence de la potasse ; ce sont des procédés généraux de préparation des aminés. Les autres aminés allyliques s’obtiennent aussi par les méthodes générales.

    • ALLYLE s. m. (all-li-le — rad. allium,

ail). Chim. Radical existant dans l’essence d’ail à l’état de sulfure et dans un grand nombre de composés, tels que l’alcool allylique (hydrate d’allyle), les iodures, bromures, chlorures, cyanures d’allyle, le sulfocyanate d’allyle (essence de moutarde), etc. ; enfin, à l’état libre, ou plutôt combiné à lui-même, dans le dialiyie.

— Encycl, Le radical allyle CSHS, qu’on écrit, en développant, (CH8— CH = CH)’, peut fonctionner comme univalent en se combinant à un autre élément ou groupe univalent : C»H».OH, hydrate d’allyle (alcool allylique) ; {C3H5)».Srf, sulfure fallyle (essence d’ail). La molécule d’un composé allylique ayant une double liaison peut en outre, sans se détruire, fixer deux autres éléments ou radicaux univalents, mais elle perd alors le caractère de composé allylique pour prendre celui de composé saturé. Ainsi, l’alcool allylique C3H5.OH, traité par le zinc et l’acide sulfurique, c’est-à-dire par l’hydrogène naissant, fixe deux atomes d’hydrogène et se transforma en alcool propylique C’H’.OH. L’alcool allylique fixe de même directement deux atomes de chlore ou de brome, ou une molécule de chlorure d’iode, et donne une dichlorhydrine ou une dibromhydrine, ou une iodochlorhydrine de la glycérine ; il fixe aussi l’acide hypochloreux Cl.OH et fournit ainsi une monochlorhydrine de la glycérine. Tous ces produits d’addition sont intéressants et seront étudiés au mot Glycéride.

On connaît aussi un trichlorure et un tribromure d’allyle qui sont isomériques, l’un avec le chlorure de propylène chloré, l’autre avec le bromure de propylène brome, et qui, traités par la potasse alcoolique pendant quelques heures, donnent un composé appelé ether propargylique, présentant les réactions des composés acétyléniques, c’est-à-dire précipitant le chlorure cuivreux ammoniacal et l’azotate d’argent ammoniacal. V. pkopargyliqub.

Alcool allylique ou hydrate d’allyle C&H5.OH. Ce corps, isomérique avec l’acétone et l’aldéhyde propylique, est un liquide incolore, de saveur brûlante, dont l’odeur rappelle celle de l’alcool en même temps que celle de la moutarde ; il se mêle à l’eau et à l’alcool en toute proportion ; il se solidifie à — 54° et bout vers 100°, en donnant des vapeurs qui, allumées, brûlent à l’air avec une flamme éclatante.

L’alcool allylique, soumis à l’action oxydante de l’air en présence du noir de platine ou à celle du dichromate de potassium, se transforme d’abord en aldéhyde allylique ou acrylique (acroléine) et acide acrylique. Il se combine, comme les autres alcools, avec le chloral, et le composé est cristallisable.

L’alcool allylique existe dans l’esprit de bois brut, où il entre pour 2 millièmes, et d’où on peut le retirer par la distillation fractionnée. D’ailleurs, on prépare aisément cet alcool en chauffant ensemble 4 parties de glycérine et 1 partie d’acide oxalique cristallisé. L’opération se fait dans une grande cornue pourvue d’un thermomètre. Il se produit d’abord de la monoformine ; celle-ci se décompose, vers 200°, en eau, alcool allylique et acide carbonique, et ce gaz, dont le dégagement, actif au début, est devenu presque nul ensuite, reparaît alors en abondance. On recueille donc à part ce qui passe entre 1900 et 260», puis on soumet ce produit à une nouvelle distillation, sans pousser plus loin que le deuxième tiers. Le liquide qui a passé est alors traité par les cristaux de carbonate de potassium : il se sépare en deux couches ; on décante celle qui surnage et qui contient l’alcool allylique et, en outre, de l’acroléine et du formiate d’allyle ; à l’aide de la potasse pulvérisée, on saponifie le formiate et on dé 25