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santé du roi s’altéra brusquement. Le duc de Montpensier l’engagea vivement à quitter le Pardo, placé dans un site aride, près des monts de Guadarrama toujours couverts de neige, au milieu de bois dont l’humidité pouvait être fatale à ses poumons délicats. Al’ phonse XII avait accepté de partir pour la chaude Andalousie, où le duc de Montpensier lui offrait l’hospitalité à San-Lucar de Barrameda ; mais il ne croyait point à la gravité de son mal et ses ministres ne s’inquiétaient pas non plus de sa santé, car ils s’étaient opposés à son départ pour Madère, dont les médecins avaient conseillé ta séjour. Le S4 novembre, vers six heures du matin, après plusieurs attaques de toux calmées à grand peine par la morphine, Alphonse XII avait pu s’endormir quelques instants ; un peu avant neuf heures, la reine s’aperçut que le roi râlait légèrement et que son visage devenait de plus en plus livide : quelques instants après il était mort. Le 28 novembre, juste le jour anniversaire de sa naissance, le corps d’Alphonse XII était enfermé dans un cercueil ; le lendemain, on le descendait dans le panthéon de l’Escurial, où sont les tombes royales, et on le plaçait en face du caveau de la reine Mercedes.

Alphonse XII laissait deux filles : dona Maria de las Mercédès-Isabelle-Christine-Alphonsine-Hyacinthe, princesse des Asturies,

née le 1 ! septembre 1880, et dona Maria-Teresa-Isabelle, née le 13 novembre 1882.

La jeune princesse dona Maria-Isabelle-Christine paraissait donc légalement appelée à monter sur le trône ; mais la reine Christine, qui était enceinte à la mort du roi, donna naissance, le 17 mai 18S6, à un fils, qui est roi d’Espagne sous le nom d’Alphonse XIII.

Le plus grand éloge qu’on puisse faire d’Alphonse XII, c’est de dire que pendant onze années il a assuré à sa patrie une tranquillité dont elle était déshabituée depuis longtemps. S’il n’a laissé son pays ni plus puissant ni plus prospère qu’à, son avènement ; si, appelé à régner èdix-sept ans, il négligea quelquefois les affaires pour les plaisirs, taisant enregistrer par la chronique légère de l’Espagne plus à une galante aventure, du moins en montant sur Te trône il férma l’ère des pronunciamientos, et depuis la défaite du parti carliste la paix ne fut plus troublée nulle part. Une de ses principales qualités était le courage : durant la guerre carliste il se conduisit vaillamment et on le vit, six mois avant sa mort, échapper à ses ministres pour courir vers les cholériques ; entin, à la nouvelle de la prise de possession de Yap par les Allemands, il revendiqua hautement le droit de s’opposer à cet acte de l’Allemagne, tout prêt à appeler aux armes la nation espagnole.

Alphonse XII est mort jeune, mais peut-être doit-il à cette fin hâtive d’être mort roi d’Espagne. Durant sa longue agonie il a sans doute irissonné plus d’une fois devant la vision d’une régence ballottée entre des partis irréconciliables, M. Sagasta et M. Canovas, M. Csistelar et M. Zorilla, les carlistes et les républicains ; avenir peu rassurant pour les êtres chers qu’il laissait après lui, la reine, d’origine autrichienne, peu aimée en Espagne, et deux filles, dont l’aînée avait cinq ans.

ALPHONSE s. m. Monsieur qui vit aux dépens des femmes : C’est un Alphonse.Les Alphonses de ces dames, il Cette appellation n’est usitée que depuis la pièce de M. Alex. Dumas fils, Monsieur Alphonse.

  • ALPHONSINE (Alphonsine Flkury, dite

MHb), actrice française, née à, Paris en 1829. —Elle est morte àAsnièresle 12 juillet 1883. Elle quitta en 1867, les Variétés, où elle avait obtenu d’éclatants succès, notamment dans le Mari dans du coton, tes Deux chiens de faïence et l’Homme n’est pas parfait, qui fut « on triomphe le plus éclatant. Cette comédienne, pleine de verve et d’originulité, avait un jeu très vif et très franc, une malice subtile, un art particulier de dire les gaudrioles avec une ingénuité d’une grâce irrésistible. Le public, dont elle avait gagné la faveur, voyait en elle une nouvelle Déjiizet, lorsqu elle entra au Chàtelet. Elle y joua dans quelques féeries, dans les Voyages de Gulliver, et quitta ce théâtre, en 1868, pour faire partie de îa troupe du Palais-Royal, où elle resta jusqu’en 1872. Ella n’avait pas, pour ce théâtre d’excentricités voyantes, le jeu assez en dehors. Fine et spirituelle, elle manquait delà fantaisie grotesque qui convient à cette scène. Aussi n’y retrouva-t-elle plus sa vogue d’autrefois et comme elle n’y avait aucun bon rôle, elle se vit presque oubliée des Parisiens. La malheureuse comédienne se désespérait, lorsque en 1873 elle fut engagée au Gymnase par Montigny, pour y jouer le rôle de Mme Guichard dans Monsieur Alphonse, d’Alexandre Dumas. Elle interpréta son rôle avec une verve et un éclat, une sûreté et une finesse de jeu qui la placèrent au rang de nos meilleures actrices, Mlle Nathalie ayant pris.sa retraite, il fut un instant question d Alphonsine pour la remplacer à la Comédie-Française. Non seulement il n’en devait rien être, mais encore, bientôt après, Alphonsine quittait le Gymnase, où elle ne fuisait plus rien, et, voulant jouer quand même, elle s’engagea à la Renaissance. On la vit dans Girofle Girofla, la Petite Ma-

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nie, etc., où elle ne se monts» pas sensiblement supérieure aux actrices de ce théâtre. Elle n’en avait ni le ton, ni les manières, ni le jeu et, se sentant dépaysée, elle prit définitivement sa retraite.

ALPHON51SME s. tn. Métier de celui qui fait l’Alphonse : Être soupçonné ou convaincu

d’àLPEOUSISME.

  • ALPIN, INE adj. — L’Académie, antérieurement

a. l’édition de 1877 de son Dictionnaire, ne donnait à cet adjectif que la forme féminine.

ALPINISME (al-pi-ni-sme — rad. alpin), s. m. Amour des montagnes, goût des excursions dans la montagne, et d’une façon générale tout ce qui se rapporte à cet exercice : L’ai.pinismk devient une passion pour les grimpeurs, comme l’alcool, père de l’alcoolisme pour les buveurs ; avec cette différence que l’alcool tue et que ^’alpinisme viuifie.''Quand le Club alpin crée des commodités plus grandes pour l exploration des montagnes, certains fanatii/ues crient à la profanation, au crime de ièse-ALPiNiSME.

— Encycî. Alpinisme est un mot nouveau, qui sert à désigner une chose nouvelle. Son apparition coïncide à peu près avec la création du Club alpin (v. cmib). I, ’amour de la montagne, dit M. E. Levasseur, dans une intéressante étude sur Adolphe Joanne et l’Alpinisme, est un sentiment tout moderne. Il est une des formes de cet amour de la nature dont Rousseau et le xvin1 siècle ont été épris, et qui s’est développé dans le nôtre à mesure que les sciences ont pénétré plus avant dans la connaissance des formes et des harmonies du globe. Jusqu’au milieu du siècle précèdent, dit encore le même auteur, le touriste était un typo inconnu. On ne se préoccupait guère de la montagne que comme d’un obstacle. Elle avait été, à diverses époques, l’asile des races refoulées ou proscrites. On la traversait pour aller d’une contrée à une autre, en passant le plus vite possible à travers ces parties ingrates du sol, où l’on ne trouvait que des pentes raides, des précipices, des rochers et de la neige : on ne connaissait, on ne nommait guère que les cols. De la plaine, on voyait se dresser à l’horizon des parois nues et des cimes blanches, et on considérait lu montagne comme une terre de dé-olation. Les Genevois désignaient alors le mont Blanc sous le nom de Montagne-Maudite, comme les Espagnols nomment Malade !ta le plus haut sommet des Pyrénées, et ils n’avaient pas la curiosité de remonter la vallée de l’Arve pour en approcher. Saussure le dit expressément, et cette dénomination se trouve encore dans la traité du 15 mai 1796, qui fixnit la frontière française «à l’extrémité des glaciers destnonU Maudits». Les Savoisiens inoins timorés, parce qu’ils avaient plus l’expérience des montagnes, se contentaient de dire > les glacières ■ ; niais ils n’y allaient pasdavantage, sans quoi ils auraient apprisquel’expression de «montBlanci était depuis longtemps en usage dans la vallée de Chnmounix. On sait que ce sont deux Anglais, Windhum et Pocoeke, qui en 1741, s’étant aventurés avec une troupe bien armée jusque dans cette vallée, furent les premiers à la rendre célèbre en Europe ; que le premier qui a gravi le sommet du mont Blanc, Jacques Balmat, l’a fait seulement en 1786, et que l’ascension de ce roi des Alpes n’a commencé à tenter la curiosité que lorsque Saussure, conduit par Balmat, l’eut gravi a son tour et eut appris au monde savant quel grand spectacle on pouvait contempler de cette hauteur, d’où l’œil domine toutes les Alpes. Deux causes ont changé la disposition des esprits et porté la foule vers ces régions qu’on réputait inhospitalières il y a cent ans : les chemins de 1er et l’amour de la montagne, qui naît et grandit dès qu’on commence à la connaître. • Il en est un peu de la montagne comme de la musique, dit fort joliment M. Talbert : la première audition d’une symphonie de Beethoven est une étude, les suivantes sont un bonheur, puis une passion. ■ C’est ce que Mieheletasi admirablement exprimé dans la Montagne. La hardiesse de l’homme croit d’ailleurs avec la puissance des moyens dont il dispose, et l’on a pu dire plaisamment, mais avec raison, que la réputation des plus hautes cimes avait successivement passé par les phases suivantes : 1» ascension absolument impossible ; V très difficile et dangereuse ; 3° lie présentant que des difficultés ordinaires ; véritable promenade d’alpiniste.

En résumé, l’alpinisme est aujourd’hui fort à la mode ; mais ici la mode, habituellement inutile et légère, a eu deux résultats importants : l’un est de contribuer à accroître la richesse de notre pays, de plus beau royaume après celui du ciel », disait Grotius ; l’autre est de préparer une notable augmentation de nos moyens de défense. Voici, en quelques lignes, la démonstration de ce double avaota£e- „.

lies Suisses ont eu pendant bien longtemps

le spirituel monopole de se faire au moins cent millions de rente avec leur glaciers et leurs cascades. Depuis que notre club alpin a mis à la mode les montagnes françaises, des touristes de toutes les nationalités envahissent le Dauphiné, la Savoie, les Pyrénées, le Jura, l’Auvergne, etc. ; on festine, on toaste, on grimpe dans toutes les langues ;

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si l’on ne se comprend pas toujours, on s’entend à merveille, il n’y a plus ni Français, ni Italiens, ni Suisses, ni Anglais, ni Russes, il n’y a que des alpinistes ; tout ce monde-là vient, va, achète, mange, et une pluie d’or se répand sur le pays.

Pour justifier notre seconde assertion, nous pouvons commencer par dire, d’une façon générale, que l’alpinisme fortifie ses fidèles ; qu’en outre, depuis qu’il est a la mode, beaucoup de Français ont pris un goût plus sérieux aux études géographiques, ont appris à lire des cartes, à se montrer difficiles sur leur choix, a. compléter, sur quelques points de détail, les cartes d’état-major, a devancer sur d’autres points les travaux de triangulation, à dresser des parties de cartes topographiques, etc. Mais l’alpinisme a un côté plus sérieux encore, tout spécial il est vrai, ce qui ne l’empêche pas d’être fort pratique. 11 amènera la France à utiliser, dans un temps qui n’est probablement pas fort éloigné, les aptitudes particulières des populations montagnardes, en les organisant en corps spéciaux, appelés à rendre les plus grands services en temps de guerre. Le jour où ce progrès sera réalisé, nous n’aurons fait que suivre l’exemple de nos voisins les Italiens et les Espagnols, et aussi des Autrichiens ; nous nous serons simplement mis à leur hauteur. L’Autriche a eu de tout temps les chasseurs impériaux (Kaiser-Joeger) ; les chasseurs de camp igné (Feld-Joeger), auxquels, ftendant tu guerre de 1866, elle avait adjoint es chasseurs des Alpes (À Ipen-Joeger). L’Italie a environ 40 compagnies alpines, formant des bataillons dont l’effectif est d’une dizaine de mille hommes. Ce sont, en général, des bergers, des bûcherons, des muletiers, des guides, des chasseurs de chamois, voire même des contrebandiers. M. Em. Talbert, vice-président du club alpin français, les apprécie ainsi dans son étude : La Guerre de montagnes et l’alpinisme militaire, parue dans « l’Annuaire » pour l’année 1880- Ce sont tous des « gens robustes, hardis, adroits, rompus dès l’enfance à la vie et aux courses de montagnes, ayant le pied sûr, le jarret infatigable, de bons poumons, l’œil perçant et La tête incapable de vertiges, habitués à escalader des pentes de rochers et de neiges, à traverser les glaciers, trouvant toujours le bon chemin, même là où ils n’ont jamais passé, bravant le froid, le chaud et l’orage, vivant de peu, et pouvant, après une journée de marcha, coucher à la belle étoile. Quand, i cas qualités acquises, ils ont joint l’éducation militaire, la discipline, ’l’habitude des manœuvres et du tir, quels services de pareils soldats ne peuvent-ils pas rendre dans la guerre de montagnes, guerre d’eSoarmouehes, d’embuscades, et plutôt offensive que défensive ?... Quelle force de résistance n’opposeraient-ils pas, surtoUt s’ils s’appuyaient sur des forts élevés pour barrer les routes ?... ! Chaque année, lisons-nous, dans 1’ < Annuaire ■ de 1879, les compagnies alpines passent trois mois de la belle saison à explorer les sommets de la frontière, k reconnaître les cols et à déterminer leur accessibilité par les divers corps de troupe. Il n’y a pas, à ce qu’il parait, une vallée petite on grande, pas un sentier, un défilé, un passage, en un mot pas le plus petit coin de leur domaine escarpé, que les compagnies alpines ne connaissent à merveille. Quant à l’Espagne, c’est à elle, à ses carabineros ou douaniers de montagnes, que nous emprunterons un exemple des services que peuvent rendre ces corps spéciaux. Durant la dernière guerre carliste, ces carabineros, • guidés par le général Delatre, un de leurs anciens chefs, familier comme eux avec les sentiers de ce labyrinthe de montagnes, ratissèrent en quelque sorte la montagne comme un véritable râteau, rejetant tous les corps carlistes les uns après les autres, sur des points où le seul passage possible était celui qui les conduisait en France pour s’y faire désarmer. Le résultat de cette manœuvre stratégique du général Delettre fut la fin de la guerre civile, à L’expérience des autres peuples qui ont pour frontières des lignes de montagnes et les dures leçons de la guerre de 1870, n’ont pas été complètement perdues pour nous, et le décret du £ avril 1875, en exécution de la loi de 1873, a fait entrer dans la composition des forces militaires de la France le personnel actif des douanes et celui de l’administration des furets. Mais ce n’est pas assez encore, et la proposition de M. Ern. Cézanne, député, ancien président du Club alpin français, relative à la formation de corps, spéciaux analogues aux compagnies a/pii(ësitaliennes, aété reprise et adoptée. Déjà il y a lieu de signaler 1 existence do compagnies indépendantes, les Touristes lyonnais, les Touristes de St-Étienne, etc. qui ont été fondées pour la connaissance etl’exploration des montagnes au point de vue militaire. La France a, d’ailleurs, d’illustres précédents à invoquer dans cet ordre d’idées. En 1799, un lieutenant de Masséna, qui est resté le type accompli du général de montagnes, le Franc-Comtois Lecourbe, arrêtait dans le Saint-Gothard la marche de Souwarow victorieux, et donnait à son chef le temps de gagner l’importante bataille de Zurich, grâce à laquelle la situation était sauvée. L’esprit français, qui ne perd jamais ses droits, décocha au général russe, à cette occasion, un innocent jeu de mots par lequel nous ter ALSA

minerons : ■ Ce n’est pas le chemin direct de Paris, lui dit-on, c’était Lecourbe qu’il fallait prendre. » V. club alpin.

ALPINISTE s. m. (al-pi-ni-ste, rad. alpin). Membre du Club alpin ; plus généralement, touriste qui a une préférence marquée pour les excursions dans tes montagnes et surtout dans les Alpes.

  • ALPISTE s. m. Terme de botanique. Supprimé

dans le Dict. de l’Acad., éd. de 1877.

ALS, lie de la mer Baltique, sur la côte orientale du duché de Schieswig, dans lapartie méridionale du Petit-Belt. Sa plus grande longueur du N. au S. est de 30 kilom.et sa plus grande largeur de l’E. À l’O. de 7.500 mètres ; sa superficie est de 321 kilom. carrés et la population de 22.500 hab., soit 78 par Itiloin. carré. L’Ah a la forme d’une écrevisse qui, tournant le dos vers le Petit Belt, tend ses pattes vers l’O. pour saisir la presqu’île do Sundeved ; elle est séparée de la terre ferme par le sund d’Aïs, étroit canal qui commence au N. entre le Varnœshoved ou Slethoved à 10. et le Stegvig à l’E. La profondeur du sund d’Aïs va en diminuant de 34 à 10 mètres. On y rencontre la bais de Stegvig ou de Nordborg et les anses de Sandvig et Sterning Tor. Le sund se divise ensuite en deux branches : le ftord d’Augustenburg et le sund d’Aïs proprement du. Le fiord d Augustenburg a 8 kilom. de longueur, 2 kilom. de largeur et une profondeur de 8 à 12 mètres ; il forme à l’E. les deux bras de Keting Nor et d’Augustenburg Nor. Le sund d’Aïs proprement dit a 12 kilom. de long et une largeur moyenne de 400 mètres (250 mètres dans l’endroit le plus étroit) ; la profondeur y est de 9 à 15 mètres. À l’extrémité S. du sund est la ville de Sœnderborg. La côte orientale de l’île n’offre aucun refuge pour la navigation. À Numark il y a une station de passage pour Sœby, sur l’Ile d’jEroe, et àKùnenshoff pour Boideu, sur l’île de Fionie. La mer Baltique forme dans la partie S.-O. de l’île la baie de Hœrup Hav, laquelle sépare presque la presqu’île deKegences de l’Ile. Avec le cap Pœts se termine le Petit Belt de ce côté. Als est une lie très fertile et bien cultivée. Le sol est composé de collines, dont les points élevés se trouvent dans l’intérieur de l’île. Le mont Hyge près d’Adserballig, atteint 80 mètres d’altitude et le Hogensbjerg 47 mètres. L’île est couverte de belles forêts et parsemée de petits lacs, dont les plus importants sont les lacs de Nordborg, de Bund et de Vester. Elle a une ville, Sœnderborg, et deux bourgs, Nordborg et Augustanborg. Pendant la guerre civile de 1131-1157, elle fut souvent ravagea par les pirates vendes. Après cette époque elle devint fréquemment l’apanage des ducs de Sohleswig. Le roi de Danemark la donna à son frère Hans en 1564 et elle resta dans la possession de ses descendants jusqu’en 1848. Pendant les guerres de 1848-1850 l’île fut un point d’appui pour les Danois contre les Allemands, ainsi qu’en 1864, dans la guerre du Danemark contre l’Allemagne, la Prusse et l’Autriche-Hongrie. Prise par les alliés le 29 juin 1864, elle resta ati pouvoir des Autrichiens jusque a près la guerre de 1866. Elle passa alor3 k la Prusse, qui s’engagea envers la France à laisser à la population le droit d’opter entre la Prusse et le Danemark ; mtùi cette promesse ne fut point remplie. Aujourd’hui les environs de Sœnderborg sont couronnés par des forts et des batteries armées de pièces du plus gros calibre.

, ALSACE-LORRAINE, province d’Allemagne, relevant directement de l’empire et cédée par la France, en vertu du traité de Francfort, le 10 mni 1871. — D’après Elisée Reclus, le nom d’Alsace vient de Illsass ou Ellsas, pays de l’III, tandis que L.-N. Seydlifzsch prétend qu’il vient de 1’/// ou de Eilisass, qui signifie ■ pays étranger ». Quant au nom de Lorraine, on sait qu’il est l’altération de Lotkaringia, pays de Lothaire.

Situation, limites, étendue. L’Alsace-Lorraine est bornée, à l’E., par le Rhin, qui la sépare du grand-duché de Bade ; au S., par la Suisse ; au N., par le Palatinat et le Luxembourg ; à l’O. et au S.-O., par las départements de Meurthe-et-Moselle, des Vosges, de la Haute-Saône, et par le territoire de Belfort. De ce côté, la nouvelle frontière commence près de Longwy, prend la direction du S.-E., court à côté et à l’E. d’Audun-le-Roman et à l’E. de Briey ; elle coupe ensuite la route M<itz-Verdun a égule distance de Rezonville et de Mnrs-la-Tour, atteint la Moselle et la franchit au S. do Novéant, longe un instant sa rive droite jusqu’à la hauteur de Pagny et se dirige ensuite au S.-E. Elle traverse alors la Seille à la hauteur de Cheminot, s’en écarte à droite, la rejoint au N.-E. de Létricourt pour la suivre pendant une partie de son cours ; elle la traverse une dernière fois à l’O. de Chambrey, coupe le chemin de fer Nancy-Strasbourg au N. d’Avricourt et se dirige sur les Vosges qu’elle atteint au Donon. De ce point, elle suit pendant 60 kilom. la crête de la chaîne jusqu’au ballon d’Alsace, puis le contrefort de la rive droite du Dolleren ; elle traverse la trouée de Belfort un peu à l’O. de Valdieu et décrit au S. un grund nrc de cercle sur la frontière suisse, pour finir au Rhin, entre Bâle et Huningue. L’Alsace-Lorraine est située entre 47° 25’ et 490 32’ de.