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magne et de lu France, et ferait succéder une paix durable à l’espèce de trêve qui existe aujourd’hui entre les deux pays. Le désarmement moral et matériel en serait la conséquence. Séparée par un petit, État libre telle que serait l’Alsace-Lorraine neutralisée, l’Allemagne et la France pourraient^ cesser de se haïr l’une l’autre, de se défier l’une de l’autre, de se préj arer a la lutte l’une contre l’autre. Ce serait la meilleure garantie, d’une part, pour l’unité allemande ; de l’autre, pour l’indépendance et le développement de la démocratie française. Dans les deux pays, rassurés, celui-là de la crainte de la revanche, Celui-ci de la crainte d’une seconde invasion, les sentiments, les idées et les intérêts prendraient une direction nouvelle, et les deux génies nationaux, stimulés et complétés l’un par l’autre, déployant k l’envi leur essor, donneraient k la civilisation et k l’humanité tout ce qu’ils sont capables de produire.

— Bibliogr. Depuis la guerre de 1870, l’Alsace a été l’objet de nombreux travaux. Nous nous bornerons k citer les principaux : Siebecker, l’Alsace (1873, in-S°) ; Michel Laporte, l’Alsace reconquise (1873) ; J. Krug-Basse, l’Alsace avant 1789 (1877, in-S°) ; Oh. Gérard, l’Ancienne Alsace à tuble, étude historique et archéologique (1862, in-8<>) ; Julien Sée, Journal dun habitant de Calmar de juilletà novembre 1870 (1884, in-8°) ; C.etP. Léser, les Chants du pays (1880, in-18) ; Ch. Rabany, les Sclitoeighxuser, biographie d’une famille de savants alsaciens d’après leur correspondance inédite (188*, in-18) ; Le Roy de Sainte-Croix, l’Alsace eu (He (1880, isi-8<>) ; Ehk. Seinguerlet, l’Alsace française (1881, in-8°) ; Maurice Engelhard, Souvenirs d’Alsace : chasse, pêche, industrie, légendes (1882, in-12) ; Ed. Siebecker, Poésies d’un vaincu : 'I. Noêls alsaciens ; IL Poèmes de fer (1883, in-12) ; Kd. Oit, Un mot d’histoire sur l’Alsace et Strasbourg (1884, in-8°) ;Ed. Schuré, iaLégende d’Alsace (188*. in-18) ; E. Tuefferd et H. Ganier, Récits et légendes d’Alsace (1884, in-8°) ; Lehr, l’Alsace nuble (1885, 3 vol. in-S°) ; Ch. Gérard, les Artistes de l’Alsace pendant le moyen âge (1885, 2 vol. in-8o).

Alisce (la LÉoBNDE d’), recueil de vers, par M. Édouard Schuré (1884, in-18). La légende de l’Alsace, comme celle de tous les pays, se compose en réalité d’une multitude de légendes parmi lesquelles AI. Édouard Schuré a choisi les plus caractéristiques. Ces sortes de vieilles traditions, sans aucune autorité historique, le plus souvent, n’en sont pas moins précieuses en ce que, mieux que l’histoire, elles font pénétrer dans la vie intime du peuple ; elles offrent, dans leur naïveté, des tableaux sincères d une époque disparue, et l’on devrait faire pour toutes les provinces françaises ce que l’auteur a fait pour la sienne : recueillir les œuvres des anciens conteurs ou chroniqueurs locaux, se faire chanter les vieilles chansons qui n ont jamais été écrites, et reconstituer, s’il est possible, la vie provinciale à ses diverses périodes. L’Alsace est plus riche que toute autre en ce genre de documents populaires, et, en n’en retenant que les points lumineux, M. Ed. Schuré, au moyen des épisodes qu’il a choisis, nous promène k travers dix-huit siècles ; c’est une opulente moisson. Quelques-uns de ces épisodes ont été traités par lui avec plus de développement ; nul ne le méritait mieux que cette légende du Mur païen, d’après laquelle les ancêtres des Alsaciens actuels, population mélangée de Séquanes et de Kirmis, se seraient réfugiés sur un des plus hauts plateaux de l’Alsace, pour échapper à l’inondation des Barbares, et en auraient muré la seule issue par d’immenses quartiers de roches amoncelées. Le mur existe encore, c’est tout ce qu’on peut en dire, et l’histoire n’a pas conservé les hauts faits des laboureurs et des bûcherons qui en entreprirent la défesue ; la légende y supplée, et peut-être est-elle véridique. Cet épisode clôt la plus ancienne période des traditions populaires ; pour le moyen âge, M. Ed. Schuré en a choisi ueux également caractéristiques : la légende de sainte Odile résistant à un père despotique, et celle de la reine Richardis qui dénonce et fait condamner la lâcheté de son mari. ■ Le xvr» siècle, dit M. Ch. Léser, jette heureusement une note consolante dans ce triste tableau ; avec la Réforme et la Renaissance naissent les confréries de chanteurs, et les poètes populaires accordent leur lyre. M. Schuré met en scène les Zurichois qui, pour prouver à leurs amis de Strasbourg qu’ils étaient en mesure de voler k leur secours si jamais la cité libre était menacée, descendirent le Rhin en bateau et débarquèrent une soupe encore chaude. Les Strasbourgeois n’ont pas oublié qu’en 1870 les Suisses restèrent fidèles à l’engagement que leurs pères avaient pris en 1576, et qu’ils obtinrent du général de Werder l’autorisation d’emmener loin de la ville assiégée et bombardée les femmes et les enfants. L’histoire de la Révolution en Alsace est fertile en événements intéressants ; Strasbourg, même après ouvert ses portes k Louis XIV, avait conservé ses franchises municipales ; aussi le mouvement de 1789 fut-il salué avec enthousiasme de l’autre côté des Vosges ; les enrôlements volontaires y furent plus nombreux que partout ailleurs, et plusieurs Alsaciens figuièrent avec honneur dans les armées de la Révolution et du premier Empire.

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Ces souvenirs récents devaient naturellemen t servir de conclusion k la légende d’Alsace, qui est en même temps un acte de foi patriotique. ■

Alsace (récits bt LÉGENDES d’), par E. Tuefferd et H. Gauier (1884, l vol. in-so). Forcés, pour demeurer Français, de quitter l’Alsace après les désastres de 1870, MM. Tuefferd et Ganier, qui ont gardé vivant dans leur cœur le souvenir de leur beau pays, s’efforcent de nous le faire mieux connaître pour que nous l’aimions encore davantage, s’il est possible. Ils ont réuni une foule de documents sur son passé et se sont attachés à le faire revivre dans des récits empruntés à la légende et k l’htstoire. Ainsi qu’ils nous l’apprennent dans la préface, leur moisson a été abondante, car peu de régions sont aussi riches que la vallé« du Rhin et la chaîne des Vosges en souvenirs historiques ou légendaires, aussi remplis de sites pittoresques et de beaux monuments. Ils nous offrent dans ce volume une partie des matériaux qu’ils ont recueillis, groupés en six récits : le Hohenbourg et le Àfur des païens, le Nideckx les JVaùts, tes Géants, les Origines de ta musique en Alsace, les Confréries bachiques. Le merveilleux tient une grande place dans les temps lointains dont les auteurs ont évoqué le souvenir ; ils l’ont présenté sous la forme naïve et originale qui lui donne un si grand charme. Dans les temps plus rapprochés, ils ont groupé des faits mieux connus et très curieux. On lit ces amusants récits avec un plaisir extrême, qui s’accroît encore par le charme poétique des illustrations de M. Ganier.

ALSLEBEN (Jules), musicien allemand, né k Berlin ie 21 mars 1832. Il consacra de bonne heure tous ses loisirs à la musioue ; mais il fit en même temps des études universitaires très complètes, obtint le grade -de docteur en philosophie et s’appliqua ensuite à la connaissance des langues orientales. Bientôt, cependant, son goût pour la musique l’emporta sur tout le reste, et il commença de se faire connaître comme pianiste dans les concerts publics. II a composé plusieurs morceaux très remarquables pour chaut et piano, et il a réuni en volume un certain nombre de conférences faites par lui sur l’Histoire de la musique. Il fut un des principaux fondateurs de la société des compositeurs de Berlin, et il en devint ensuite ie président.

Al.SO-SEDES, bourg de Hongrie, comitat de Saros, près de la frontière de Galicie ; 1.500 hab. Eaux minérales réputées contre les affections des intestins, la scrofule et le lymphatistne. Fabrique de pipes de terre.

ALSO-VIDRA, bourg de l’Autriche-Hongrie (Transylvanie), comitat d’Also-Peher, sur la rivière Kœrœs ; 3.000 hab. Eaux minérales et sources thermales. Dépôt de pétrifications de Gosau.

  • ALSTATTEN ou AI.TST.BTTEN, ville de

Suisse, canton et à 26 kilom. de Saint-Gall. —C’est le chef-lieu du district d’Oberrheinthal ; 7.700 hab. Cette jolie ville est située à 470 mètres d’altitude, dans une petite vallée de l’Alpstein. On y remarque un bel hôtel de ville, une église assez gracieuse et le château de Burgfeld. Son industrie et son commerce consistent dans le tissage mécanique du coton, de la laine et de la soie, dans une fabrique de broderies, et dans la quincaillerie ; mais ses eaux sulfureuses sont sa principale source de richesse.

ÀLSTJ5DTEN. V. Altstetten.

  • ÀLSTON, ALSTON-MOOR ou ALDSTOISE-MOOR

(c’est cette dernière forme que nous avions adoptée au tome 1er du Grand Dictionnaire), ville d’Angleterre, comté de Cumberland, sur la Tyne, à 4SI kilom. environ de Londres et k 24 kilom. de Carlisle ; 2.000 hab. Mines de cuivre, d’argent et surtout de plomb, qui fournissent k elles seules près de la moitié de la production de tout le Royaume-Uni, soit k peu près 25.000 tonnes. Ces mines appartiennent à différents propriétaires, mais pour la plus grande partie k l’hôpital de Greenwich. Hauts fourneaux.

ALT (Rodolphe), peintre autrichien, né k Vienne le 28 août 1812. Élève de son père, Jacob Alt, artiste distingué (né à Francfortsur-Ie-Mein le 27 septembre 1789, mort k

Vienne, le 30 septembre 1872), il l’accompagna dans ses voyages d’étude en Italie, en Autriche, en Allemagne, étudia son art k l’académie de Vienne et s’adonna spécialement k la peinture architecturale. Citons parmi ses œuvres : le Port de Palerme, la Fontaine de Nuremberg, des Vue» du Danube, la Cathédrale de Milan, etc. Alt a envoyé plusieurs aquarelles k l’Exposition universelle de Paris en 1878 ; en voici la liste : le Parc de Tœplitz ; te Panthéon de Rome ; Intérieur ; le Palais Waldttein à Prague, côté du parc (appartient à la bibliothèque de l’Académie k Vienne) ; Stalles du chœur de la cathédrale de Saint - Étienne d Vienne (id.) ; Église à Grax (id.) ; le Belvédère à Vienne (id.) ; l’Arc de Constantin à R<me (Association des artistes, k Vienne). En 1874, le gouvernement autrichien chargea M. Alt de peindre les plus importants monuments de l’empire. Cet artiste remarquable est membre de l’acudémie des beaux-arts de Vienne. La plupart de ses œuvres se trouvent, soit k l’académie de

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Vienne, soit dans des collections particulières de cette ville.

    • ALTAÏ (c’est-à-dire monts d’or), grande

chaîne de montagnes de l’Asie centrale, dans la partie méridionale du gouvernement de Tomsk (Sibérie) et dans la Dzoungarie (Chine), par 49° 15’ et 51» de lat. N. Sa superficie, entre l’Irtisch et le Iéniséi, est de 440.000 kilom. carrés, et la longueur totale de la chaîne est d’environ 1.600 kilom. ; l’Altaï proprement dit, entre l’Irtisch et Bija, n’a guère que 650 kilom. On désigne sous le nom d’Altaï l’ensemble des chaînes et des massifs qui s’élèvent au N. de la Dzoungarie et qui continuent vers l’E. le faîte des monts Célestes et du Pamir. Ces montagnes sont beaucoup moins hautes que le sysième Thian-Chan ; elles peuvent néanmoins se comparer aux Alpes de l’Europe par le développement de leurs crêtes et la longueur de leurs vallées. L’Altaï proprement dit ne comprend, sur la territoire russe, que la région mon tueuse limitée & l’O par la vallée de l’Irtisch Noir et à l’E. par le col de Souak ; mais cette limite est purement conventionnelle, car le système de l’Altaï se continue k l’E. par les montagnes de Sayan jusqu’au Iéniséi, et au delk jusqu’aux massifs de la Baïksilie. Du côté de la Chine, l’Altaï se prolonge en chaînes presque toutes inexplorées jusque vers le désert de Gobi. Les Sibériens donnent également le nom d’Altaï aux plaines basses de la région qui dépend admitiistralivement de Barnaoul, de Biisk et de Kouznetzk. À l’O., l’Altaï se présente sous la forme de collines irrégulières, nues et plus tristes d’aspect que les steppes. Seuls, quelques sommets couverts de végétation contrastent avec la nudité générale des monts, mais l’ensemble des pentes est presque partout désolé. C’est le vent de N.-È. qui étouffe toute vie végétale. Les pentes orientales, au contraire, sont couvertes de verdure, tandis que les ruisseaux et les rivières se précipitent du haut des rochers et des escarpements. Le défilé de la haute Tchouya (ou Tchou), qui conduit au col de Souok, est la route principale des caravanes de commerce entre Biisk et la Mongolie. Le système de l’Altaï se compose d’un grand nombre de chaînes que l’on peut considérer comme alignées dans la direction de l’O.-N.-O. à l’E. -S. -E., parallèlement au Tarbagataï, Thian-Chan, etc. Ces chaînes donnent è. la ligne de partage des eaux entre le bassin de l’Obi et le désert de Gobi une direction sinueuse vers le N.-E. Vers les sources de l’Irtisch, l’Altaï se partage en deux branches qui courent de l’O. k l’E. et ne se rejoignent que vers les sources du Saghalien. La chaîne du N. est très âpre, avec ses masses confuses qui atteignent 3.000 à 3.500 mètres d’altitude ; elle coupe les cours de l’Iéniséi et du Saghalien et porte le nom de PecicAllaï. La chaîne méridionale, qui ne se compose que de terrasses avancées du plateau central, forme en partie la frontière de Chine : c’est le Grand-Altaï. Entre ces deux chaînes s’élève un grand plateau qui contient, outre plusieurs lacs, les sources de i’Iénisséi, du Saghalien, etc., et d’où se détachent plusieurs rameaux : l° les monts de Kolivan, entre l’Irtisch et l’Obi ; 2" les monts Sayan, entre l’Iéniséi et l’Angara ; 3° les monts Selinghinsk, qui forment la ceinture orientale du lac Baîkal. La hauteur moyenne de l’ensemble du système est de 1.200 k 1.600 mètres, mais les sommets atteignent une altitude de 1.800 k 3.352 mètres ; le nœud central, au point de vue hydrographique, est l’Oulandabes (Père rouge), ainsi nommé de ses couches de minerai de fer. Il envoie au N. le Katoun, à l’O. la Boukhtarmii, au S. l’Oïgour, tributaire mongol de l’ike-eral, et est traversé par un défilé de 2.820 mètres d’altitude. Au N.-O. de ce passage s’élève la plus haute cime de l’Altaï, la Bétoukha ou Montagne Blanche (3.352 mètres), la seule qui présente des glaciers de 2.500 mètres de longueur. C’est le groupe le plus remarquable de Ta Sibérie orientale, le plus anciennement célèbre par sa richesse en or, argent, cuivre, plomb, zinc, nickel, ainsi que par ses minerais de fer et ses gisements de charbon de terre, qui restent encore inexploités. Le massif qui domine cette montagne, et où se dressent les parois de rochers diies colonnes de Katoun, est complètement isolé du reste de l’Altaï par l’Obi supérieur ou Katoun. Parmi les bassins lacustres, celui deTeletzkoïe (283 kilom. carrés), d’où s’échiippe la Bija, rappelle le lac Léman par la beauté de ses rivages autant que par sa forme. Il a 480 mètres d’altitude et une profondeur de 217 ou 283 mètres. Le petit lac Kolyvan, le plus septentrional, doit sa renommée a la désagrégation bizarre des roches granitiques de ses bords, en pyramides, colonnes, tours et autres blocs offrant la variété d’aspect la plus pittoresque. Dans presque toute son étendue, l’Altaï consiste en massifs et en chaînes formant des plateaux k longues croupes et k cimes déprimées. Audessous de la zone des neiges persistantes, k 2,04" mèires sur le versant septentrional etk 2.371 mètres sur les pentes méridionales, les hauteurs sont couvertes partiellement de terrains marécageux et parsemées de blocs de granit, ce qui leur a fait donner le nom de « marais de pierres ». Des vallées profondes, à parois très escarpées, semblent pour la plut nrt creusées par érosion dans les roches schisteuses intercalées dans les masses

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granitiques plus rèsisUintes qui forment les principaux groupes des monts Altaï. Ce système appartient k une formation très ancienne, depuis l’époque paleozoïque. Les couches de charbon de terre que l’on a reconnues dans les montagnes de Kouznetzk, sur les bords de Tins, et les veines métallifères qui ont donné une si grande valeur aux monts Altaï, datent de cette période reculée.

La flore de l’Altaï est riche et abondante. Le naturaliste Ledebour a recueilli environ 1.600 plantes phanérogames. L’Altaï possède quelques espèces en propre, telles que le cerisier des haies (lonicera talarica) et l’arbre aux pois (caragana arborescens), dont les branches raides et le feuillage blanchâtre, découpé comme celui de l’acacia, se voient sur la plupart des pentes ariiles. La flore des steppes qui se continue sur les pentes ne s’élève guère qu’k 300 mètres. Elle est pauvre, surtout dans les terrains saturés de sel. Les prairies verdoyantes occupent seulement les bas-fonds bien arrosés. Parmi les peupliers et les saules qui bordent la plupart des cours d’eau, quelques espèces semblent être originaires du haut bassin de l’Obi. Des bouleaux noirs et des néfliers se rencontrent sur les hautes pentes jusqu’à 2.050 mètres, tandis que la zone forestière proprement dite se développe entre 1.300 et 1.980 mètres d’altitude. Jusqu’k 1.460 mètres de hauteur, les pentes sont couvertes de mélèzes mêlés de bouleaux et de pins. Dans les vallées qui ne sont pas soumises aux vents desséchants du S.-O. on voit encore la taïga, des pins, et plus haut des sapins, des pichtas, des épicéas. Les forêts sont beaucoup plus riches que celles de l’Europe en plantes du sous-bois. Les espèces sont en moyenne deux fois plus grandes que celles des forêts situées sur le bord de l’Atlantique, et leurs fleurs brillent d’un merveilleux éolat. Les plantes alpines qui dépassent la ligne des forêts et croissent k la hauteur ou même au delk des neige3 persistantes ont également une couleur très vive et répandent une odeur pénétrante. Le pied des montagnes est couvert de peupliers, de saules et d’arbustes épineux, et dans les vallées profondes se trouvent le saule, le bouleau et l’églantier.

La faune comprend 21 espèces de mammifères, 64 espèces d’oiseaux, 28 amphibies et seulement 7 espèces de poissons. Sur les pentes méridionales, vers la frontière de la Chine, l’Altaï possède quelques animaux appartenant k la faune de l’Asie centrale ; on y rencontre le tigre, mais c’est un visiteur étranger. Le castor et l’élan sont également devenus très rares. Parmi les 40 ou 50 espèces d’animaux domestiques, il faut plus spécialement nommer le marali. Les abeilles, introduites, croit-on, par les Russes dans l’Altaï vers la fin du xvme siècle, sont devenues l’objet d’une des grandes industries de la contrée : chaque année on y récolte près de 50.000 kilogr. d’un miel très parfumé, qui constitue l’un des mets les plus ordinaires des habitants.

Quant aux richesses minérales du sol, elles sont inépuisables ; mais, d’autre part, l’exploitation y rencontre des difficultés extrêmes, tant par suite de la rigueur du climat que de l’éloignement et du manque d’ouvriers. L’exploitation des mines d’argent, de plomb, de cuivre et de fer, des gîtes houillers de Kouznetzk et des roches précieuses des revers occidentaux et septentrionaux da l’Altaï, reprise en 1725 par Demidoff sur un territoire étendu comma les trois quarts de la France et incorporé en 1747 aux domaines de la maison impériale, est devenue très dispendieuse depuis l’abolition du servage, laquelle a entraîné l’élévation des salaires. En 1736, on découvrit des gisements de plomb argentifère, qui furent les plus produciifs du monde pendant la seconde moitié du xvme siècle. La mine d’excellent graphite découverte en 1850 par Alibert, au N.-E. du Mounkou-Sardyk, a même été récemment abandonnée faute de bras. La principale région des mines d’or, découverte en 1830, et dont la colonisation fut interdite, aux paysans russes jusqu’en 1865, s’étend sur les deux bords de l’Iéniséi depuis les montagnes du Fit, dans le bassin de l’Obi. Les montagnes ne sont pas exploitées sur le versant chinois et il n existe pas non plus de mines dans la région orientale de l’Altaï, D’après E. Reclus, la production des mines en 1876 était : «rgent, 10,100 kilogr. ; or, 1.066 kilogr. ; cuivre, 552.000 kilogr. ; nickel, 4.100 kilogr. ; fonte de fer, 692.300 kilogr., d’une valeur totale de 2 millions de roubles. L’Altaï occupe en Sibérie trois districts.

Population

Kilomètres ., . par kilom.

carrés. Population. * carr( !s

Barnaoul.. 125.241 200.000 1,5

Biisk.... 187.086 200.000 1,1

Kouznetzk. 39.279 100.000 1,1 !

Total... 401.606 500.000 1,2

Entre l’Iéniséi et le haut Irtisch le district minier est habité par une population composée de Russes, de Téléontes ou Tatara (race turque) et de Kalmouks (race raogole). On y rencontre des constructions funéraires en pierre, arec sculptures et inscriptions. Quelques-unes sont de simples amas de pierres en forme de cône ; d’autres sont plates et entourées d’une ceinture de pierres plus hautes que le monument lui-même ; d’autres