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n’avait pu être chef, les anarchistes ne reconnaissant pas de chefs. On lui reprochait aussi un de ses discours de réunions publiques, où il avait dit que les prolétaires avaient le droit de faire sauter les villes, puisqu’elles leur appartenaient, et surtout un achat de dynamite pour lequel, d’après les correspondances saisies, il avait été à Genève. Les autres n’avaient à leur charge que le fait d’avoir rempli les fonctions 3e délégué et une propagande plus ou moins active en faveur des doctrines anarchistes. Parmi les comparses, contentons-nous de citer : Champal, un ouvrier illettré, choisi sans doute en cette qualité pour administrateur du « Droit social ■ ; Farges, entré dans le groupe des Indignés pour étudier les améliorations à faire • pacifiquement ou même violemment • au sort des travailleurs, et qui était allé à Genève « faire avancer la question des matières explosibles i ; Huzer, un Suisse, à qui des compagnons avaient donné la commission d’aller chercher de la dynamite à Vienne, et qui, par sa bêtise, découvrit à la police où elle était cachée ; Pellion, le centralisateur de la souscription ouverte pour oifrir un revolver d’honneur à Fournier : l’achat du revolver n’ayant coûté que 32 francs, et la souscription s’étant élevée à 68 francs, Pellion, dans une lettre saisie chez Bernard, proposait d’employer le reste

  • à un acte de propagande par le fait » ; Dejoux,

un des inculpés qui avaient jugé à propos de prendre la fuite, avait fabriqué ce que Pellion, dans la même lettre, appelait un bijou, et qui était probablement une bombe explosible destinée à cet acte de propagande, que finalement personne d’entre eux n’osa tenter, quoiqu’un comité exécutif, composé de Bordât, Dejoux, Crestin et Hugonnard, eût été nommé à cet effet.

Après des débats qui durèrent plus de huit jours, le tribunal condamna Pierre Kropotkine, Emile Gautier, Toussaint Bordât et Joseph Bernard à cinq an3 de prison et 2.000 francs d’amende ; Ricard, Martin et Liègeon, à quatre ans de prison et 1.000 francs d’amende ; Blonde, Crestin, Pejot et Desgranges, à trois ans de prison et 500 francs d’amende ; Étienne Faure, Morel, Tressaud, Michaud et Potet, à deux ans de prison et S00 francs d’amende ; dix ans de surveillance de la haute police et cinq ans de privation des droits civils et civiques étaient, de plus, appliqués aux condamnés de ces quatre catégories ; les autres, au nombre de trente et un, en furent quittes pour des peines variant de quinze à six. mois de prison, de 200 francs à 50 francs d’amende et cinq ans d’interdiction des droits civiques. Il y eut cinq inculpés acquittés.

Nous devons maintenant revenir sur l’explosion du théâtre Bellecour, qui avait déterminé ces poursuites et ces condamnations. De nombreux consommateurs étaient réunis dans le sous-sol du théâtre, servant de restaurant, lorsque, vers deux heures et demie du matin, une formidable explosion s’était

Îiroduite dans le box du cabinet n° 2, près de a salle commune ; quelques secondes auparavant, un jeune homme de vingt ans, Louis Miodre, apercevant sous la table de ce box, que trois consommateurs, deux hommes et une femme, venaient de quitter, une fusée en ignition, avait mis le pied dessus ; il ne put l’éteindre : la détonation eut lieu, et Miodre, victime de son courage, eut les deux jambes brisées ; il mourut quelques jours après. D’autres personnes, dont quatre grièvement blessées, furent atteintes. Les cloisons, les tables avaient été renversées, les plafonds effondrés, le gaz éteint ; quand on revint avec des lampes, on put se rendre compte de la force de l’engin meurtrier qui avait produit de tels dégâts : c’était une bombe chargée de dynamite et de cent cinquante ou deux cents lingots de plomb dont la combinaison dénotait une rare cruauté. On devait évidemment chercher parmi les anarchistes les auteurs du crime. Leurs réunions retentissaient depuis quelque temps de prédications sauvages, où l’emploi des matières explosibles, et spécialement de la dynamite, était hautement préconisé. Dans un article de leur journal, ■ le Droit social •, paru le 12 mars 1882, l’Assommoir (on donnait ce nom au sous-sol du théâtre Bellecour) était signalé, comme rendez-vous de bourgeois, à la colère des anarchistes. Deux jours avant l’attentat, le 21 octobre, dans une réunion publique, un de leurs orateurs s’écriait : « Où les trouvera-t-on, ces bourgeois ? A l’Assommoir, prostituant vos femmes et vos filles avec l’argent qu’ils vous ont volé. Il faut que cela finisse ; l’heure n’est pas loin.» Les deux consommateurs et la femme du box no 2 avaient été assez vus pour qu’on pût les reconnaître ; les signalements donnés par le maître de l’établissement et par le garçon qui les avait servis s’accordaient à faire reconnaître dans l’un d’eux Cyvoct, ouvrier tisseur, et dans la femme, la fille Monnin, dite Magdinier ; mais ils disparurent le lendemain de l’attentat. Cyvoct, ouvrier d’un caractère exalté, avait été gérant de ■ l’Etendard révolutionnaire » ; il avait organisé des réunions, provoqué la condamnation à mort des juges et des jurés qui avaient statué sur une poursuite contre Bonthoux. Réduit à se cacher, il s’était réfugié à Lausanne, puis était revenu secrètement à Lyon, où on l’avait vu quelques jours avant le

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crime. Le lendemain, il était reparti pour Lausanne ; de là, il avait gagné la Belgique et vécu à Veiviers d’abord, puis à Bruxelles sous les faux noms de Henri Favet et de Didier. Le 23 février 1883, il était allé avec un de ses amis, Paul Métayer, au bois de Gautheron, près de Bruxelles, pour expérimenter un engin meurtrier qu’ils avaient construit ensemble. L’engin fit explosion dans la poche de Métayer et le tua raide, Cyvoct, arrêté a la suite de cet accident, fut reconnu et, après les formalités d’extradition, ramené en France. Tous les témoins du théâtre Bellecour, aussitôt qu’on lui eut fait couper sa barbe et mettre des lunettes bleues, furent unanimes à le reconnaître pour l’un des deux consommateurs attablés, dans la nuit du 21 au 22 octobre, dans le box n° 2. Devant des témoignages si formels, ses dénégations n’eurent aucun effet ; il eut beau dire, pour expliquer l’accident arrivé à son complice Métayer, qu’ils étudiaient la chimie, comme d’autres étudient la musique, ce qui est tout à fait inoffensif, il fut reconnu coupable sans circonstances atténuantes et condamné à la peine de mort, peine qui fut d’ailleurs commuée en celle des travaux forcés. Ce fut l’épilogue du procès des anarchistes.

ANASTA.SIE, nom donné par plaisanterie à la Censure, dans le monde des lettres et du théâtre. C’est apparemment aux longs ciseaux dont on se la représente armée et dont la caricature s’est moquée souvent, que la Censure doit ce nom de couturière.

ANASTŒCHIOSE s. f. (a-na-sté-ki-o-zedu gr. ana, marquant séparation ; «totefteton, élément). Chim. Séparation des éléments simples qui entrent dans un composé. C’est le sens propre du mot analyse ; mais en chimie le mot analyse désigne la recherche qualitative ou quantitative des éléments d’un composé, sans indiquer que ces éléments soient nécessairement isolés.

  • ANATASE s. f. (a-na-ta-ze — du gr. anatasis, extension). Miner. Oxyde de titane naturel

cristallisé en octaèdres allongés du système quadratique. Il Syn. de oisasitb et de

OCTAÉDRITK.

— Encycl. Ce minéral a la même composition (TiOs) que le rutile et la brookite dont il diffère par la forme cristalline. Les cristaux sont des octaèdres aigus, quelquefois basés, appartenant au système quadratique, présentant des clivages parallèlement aux faces de l’octaèdre et à la base ; ils sont translucides, d’éclat presque métallique, bleus, bruns, jaunes ou rouges. Leur dureté est voisine de celle de l’orthose, leur densité varie de 3,83 à 3,93. Ce minéral est infusible, inattaquable par les acides. Lorsqu’on le chauffe, il devient tout à coup incandescent, par suite sans doute d’un changement d’état allotropique. On le trouve en Suisse, à Bourgd’Oisans en Dauphiné dans les fissures du granit, et au Brésil dans les sables qui proviennent de la désagrégation des granits et les micaschistes.

  • AHATOMIE s. f, — Encycl. Depuis vingt

ans de grands changements se sont faits dans les sciences d’observation ; aux grands travaux de synthèse laissés par la première moitié de ce siècle viennent succéder les travaux d’analyse, les monographies, qui, quoique poussant à leurs dernières limites et épuisant pour ainsi dire toutes les considérations descriptives, n’en sont pas moins établies sur une base d’idées plus générales. L’anatomie, moins que toute autre science, était faite pour échapper a- cette règle. Si l’on veut prendre un modèle des travaux anatomiques de notre époque, on peut le trouver dans les remarquables Leçons d’anatomie et de physiologie de H. Milne - Edwards. Cette belle suite d’études sur la série animale résume l’esprit scientifique d’une époque, et sans cesse éclatent dans ces pages la largeur de vues et la solidité des idées que le chef d’école a possédées au plus haut point. Cette œuvre magistrale ne pourra pourtant plus que servir de base à des monographies ; elle représente les fondations

d’un immense édifice où chaque ouvrier apporte sa pierre.

L’expansion des études anatomiques et physiologiques, la diversité des connaissances qu’elles sont en droit d’exiger, le nombre sans cesse croissant des savants qui se livrent en tous pays à des recherches dont les résultats se consignent en des recueils ou des traités polyglottes ; les ouvrages publiés dans l’idiome de chaque auteur suffisent déjà à faire de cette science une tour de Babel scientifique ; son inventaire seul occuperait la vie de l’homme assez dévoué à la science pour s’y consacrer. Le temps des Raymond Lulle et des Pic de la Mirandole est passé, et ces grands savants d’autrefois, dont la forte tête possédait toute chose connue et ne refusait l’hospitalité à aucune science, devraient aujourd’hui s’estimer fiers et heureux d’avoir produit telle étude anatomique complète d’un type animal, si infime qu’il pût être.

Diviser nettement l’anatomie de la physiologie est chose peu aisée et qui devient même impossible : ces deux sœurs sont trop unies pour qu’on les puisse séparer sans danger ; elles ne peuvent vivre l’une sans l’autre. L’anatomie descriptive, devant le courant constant des idées nouvelles, a perdu peu à peu ses adeptes ; ses maîtres furent Cuvier,

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Stannius et Von Siebold ; ses derniers représentants officiels furent, en France, Duvernoy et Paul Gervais. Cette sèche énumération des organes ne répond plus aux exigences de l’esprit scientifique et l’on peut dire que cette manière de voir a fait son temps. L’école de Cuvier a fait place à celle de Bioh.it. La science des éléments constitutifs des tissus prenant de jour en jour plus d’importance est devenue l’histologie, et son étude est désormais suffisante pour occuper la vie d’un homme. Avec Von Baer s’était créée l’embryologie, et les travaux des Balfour et des Kowalesky sont là pour montrer que cette science a marché à pas de géant.

Entrevue par Bichat, fondée et répandue par J. Mûller et ses disciples, l’histologie a donné à l’anatomie une direction toute différente, une portée plus haute : ■ En présence des progrès de l’histologie, dit M. Pouehet, l’étude comparative des organes envisagés dans leur forme et leurs rapports extérieurs, comme faisait Cuvier, ne saurait plus nous satisfaire ; nous voulons en connaître la structure intime et bientôt nous comprenons que la notion exacte de cette structure peut seule, dans beaucoup de cas, éclairer sur le fonctionnement de l’organe. ■ Il faut considérer les tissus animaux comme composés d’éléments individuellement distincts, la résultante des

fonctions de ces cellules constitue la fonction de l’organe. Séparer l’étude des organes de celle de leurs tissus, de celle de leurs fonctions, de celle de leur développement, n’est actuellement plus possible, les corrélations que ces études présentent peuventseules mener à la connaissance de Sa vérité : à La contraction musculaire suppose la connaissance des phénomènes dont la fibrille élémentaire est le siège ».

L’embryogénie ne peut davantage être séparée de l’anatomie, car sans cesse il faut tenir compte des modifications que subit le même organe aux différents âges. Dès lors l’étude anatomiqua d’un type animal ne peut plus consister en une description minutieuse et attentive de ses diverses parties ; un pareil travail, et si remarquable qu’il puisse être, fùt-il l’anatomie du hanneton de Straus-Durckeim ou la description anatomique de la chenille du saule de Lyonnet, nous en apprendra moins qu’une monographie où l’auteur, prenant le type animal objet de son étude dès l’œuf, nous fait assister à son développement, a la formation graduelle de ses diverses parties, an travail sans cesse opéré dans les tissus, et nous donne ainsi une étude de la machine animale à ses divers âges jusqu’à ce qu’elle atteigne le degré de perfection que sa forme est susceptible de comporter. ■ L’embryogénie, disait M. Pouchet à la leçon d’ouverture de son cours d’anatomie comparée, a sa contre-partie dans la vieillesse, fort peu étudiée par les anatomistes jusqu’à ce jour. Nous aurons à suivre encore l’organe dans le déclin de la vie, du moins chez les animaux qui ont à celle-ci un terme rigoureusement marqué, tandis qu’il en est d’autres dont les tissus semblent offrir une éternelle jeunesse et ne laisser prise à la mort que par le seul effet des accidents. »

Plus que jamais l’anatomie comparée agrandit son champ de recherches et s’efforce de revêtir un caractère scientifique ; l’étude des animaux inférieurs n’a pas été étrangère à ces progrès. L’on peut dire avec Gegenbaur et Cari Vogt qu’elle fait attendre avec raison une reconstruction correspondante de la science, mais que les matériaux accumulés en grande partie sans plan nécessitent un remaniement intellectuel : • Les faits se sont ajoutés aux faits, et l’état brillant de la science perd beaucoup de son éclat lorsque nous songeons que les progrès qu’elle a faits depuis Cuvier et Von BaBr ne consistent presque qu’en une accumulation de faits ; il n’en est que plus urgent de trier et d’arranger et de soumettre a une comparaison conforme à un plan régulier les connexions des organisations •.

La plus grande impulsion a été donnée aux études anatomiques par les théories transformistes, et l’influence de la doctrine de la sélection naturelle a été grande. L’homme peut se considérer à bon droit comme ayant atteint le point le plus élevé de la perfection organique. Certaines parties du squelette, telles que l’extrémité inférieure du sternum, les vertèbres coccygiennes, le sacrum, le dorsum sellse, sont là pour indiquer par leurs irrégularités que la forme de transformation est presque épuisée chez lui.

« La théorie de la descendance, dit Gegenbaur, trouvera dans l’anatomie comparée sa pierre de touche. Aucun fait dans cette branche de la science ne la contredit jusqu’à présent ; bien plus, tous nous y conduisent... La théorie de la descendance inaugurera ainsi une nouvelle période dans l’histoire de l’anatomie comparée. Elle caractérisera même un point plus important de son évolution, mieux qu’aucune théorie ne l’a encore fait. D’une portée immense, il n’y a presque pas de partie de la morphologie qu’elle n’atteigne dans son vif, et tout nous fait présager qu’elle exercera une action puissante sur le développement ultérieur et le perfectionnement de l’anatomie comparée. •

L’anatomie humaine est maintenant bien connue ; les beaux travaux de Sappey, de Cruveilhier, de Beau, Bonamy et Broca, de

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Hirschfeld, de Bourgery et Jacob, remarquables les uns par la richesse iconographique, les autres par la précision des descriptions, peuvent servir d’exemple de l’état florissant dans lequel se trouve cette science. Si les étudiants en médecine de la faculté de Paris comptent encore quelques ignorants en cette science, la faute n’en est pas à l’enseignement ; peu d’hommes connaissent l’anatomie humaine comme le chef des travaux anatomiques, M. le docteur l’arabeuf. Il serait à souhaiter que l’anatomie comparée fût moins négligée dans les facultés de médecine et que son enseignement y devînt officiellement obligatoire. La physiologie expérimentale a trop à compter avec cette dernière science pour qu’on puisse impunément en négliger l’étude. Mais venir ici faire le procès aux médecins qui n’aiment pus l’histoire naturelle est plus audacieux qu’opportun : les voix les plus autorisées -ont déjà à ce propos crié dans le désert. L’anatomie de l’homme a vu son étude poussée à la plus grande perfection, tant par les médecins et chirurgiens que par les adeptes de cette science toute moderne, l’anthropologie, et le moins grand service que celle-ci ait rendu à l’anatomie comparée n’est pas dans les études remarquables dues à divers savants sur l’anatomie comparée des grands singes et même de tous les primates et des lémuriens : citons les noms d’Owen, de Broca, du docteur Deniker.

Les travaux descriptifs sur le squelette des mammifères de Flovfer, 1876 ; de Gaudry, 1878 ; de Tomes, 1880, méritent d’être cités, ainsi que ceux des paléontologistes américains Cope et Marsh. En 1880, le professeur Huxley a donné une étude remarquable sur le crâne et les dents des canidés. L’ostêographie des cétacés de Van Beneden et

Gervais, continuée par Paul Gervais, est un grand travail d’ensemble conçu selon les principes de l’école de Cuvier. En 1872, Turner faisait une étude comparative du placenta des cétacés. L’ostéographie paléontologique compte les importantes études de Kowalesky sur les anthracotherium, d’où l’au» teur déduit une classification des chevaux, 1873 ; les admirables recherches de Rutimeyer sur l’origine des races de bœufs et de chevaux, sur les ruminants, 1878-1879, etc. Il est impossible d’énumérer tous les mémoires des divers auteurs qui ont contribué à faire connaître l’anatomie des mammifères ; la France a le droit d’en revendiquer sa part ; citons la monographie anatomique et zoologique des damans, par le docteur George ; les travaux de Jobert, de Fernand L&taste, etc.

Les études sur les oiseaux n’ont été ni moins nombreuses ni moins parfaites, et, à côté des grands travaux généraux tels que les Oiseaux fossiles d’Alph. Milne-Edwards, excellente étude désormais classique, il convient de rappeler les mémoires de Magnus sur le crâne des oiseaux, 1871 ; ceux d’Huxley, d’Alix, 1875 ; de Studer, sur la structure des plumes, 1878 ; de Born, 1879 ; de Mac Leod, de Fraisse, de Jobert, de Gaudry, 1880. L’appareil digestif a été étudié par Alix, 1875 ; par Gadow, 1879 ; par Stiedu, 1880. L’appareil respiratoire par Campana, 1875 ; Schulzs, 1871. Les travaux de Balfour et Sedgwick, 1879-1881, confinent au développement.

Les reptiles ont appelé l’attention de nombreux anatomistes ; les principaux mémoires sont ceux de Fritscû, 1869 ; Eimer, 1874 ; Parker, 1879 ; Bettany, 1877 ; Rupfer, 1879 ; Sthal, 1880 ; etc. Notons aussi le travail de Braun sur le système génito-urinaire, 18771879.

Il semblait que tout fût épuisé sur la grenouille, cette victime expiatoire des laboratoires sur laquelle tout anatomiste débutant a commis ses premiers’essais ; les monographies se sont succédé sur elles et nous ont toujours appris quelque chose de nouveau. La série d’études sur les batraciens peut s’ouvrir par l’anatomie de la grenouille de Eicker, à laquelle l’auteur a consacré près de vingt ans, 1864-1882 ; viennent ensuite les travaux de Gœtte, 1873 ; de Irfitzner, Vaillant, ’Wiedersheim, 1877-1879 ; de Clarke, 1880 ; etc. Il convient ici de parler du reroar

?uable Manuel d’Anatomie comparée du proesseur

d’Heidelberg, Cari Gegenbaur, 1874, que la traduction française de Cari Vogt a répandu chez nous. Les vertébrés occupent un bon tiers de cet ouvrage nommé modestement « Manuel», où se trouvent résumées d’une façon magistrale les données acquises à la science jusqu à cette époque. Le développement et la comparaison du crâne et de la colonne vertébrale dans la série y sont traités de main de maître. Le seul reproche à faire à cet ouvrage c’est qu’il est trop savant ; il exige de la part du travailleur qui veut s’en servir la plus forte dose d’attention, et nous doutons tju’un débutant puisse s’y. pénétrer des premiers principes de cette science. Plus pratique à cet égard est le Traité de Zoologie du professeur autrichien Claus, traduit en français par Moquin-Tandon ; on y trouve à la tête de chaque grande division un aperçu abrégé de l’anatomie du groupe, fait d’après les travaux les plus récents. Cette simple remarque n’est faite ni pour amoindrir la valeur de ces beaux travaux ni pour les opposer l’un à l’autre, car, écrits dans an ont différent, ils représentent les éléments fon-