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ANftf ainsi les colorations écnrlates, rouges et orangées sont dues à ce principe associé en diverses proportions avec la cyanine. Il Ou dit

ailSSi XANTHINE.

  • ANTHOZOAIRES s. m. pi. — Zoo !. Classe

dos Cœlentérés, sous-embranchement des Cnidaires, renferment les coraux, les madrépores, les actinies.

— Encycl. Les anthosoaires, nommés aussi actinosoaires ou coralliaires, comprennent tous les polypes pourvus d’un tube stomacal et de replis mésentéroïdes, à organes sexuels internes, sans génération mèdusoïde, réunis fréquemment en colonies, -qui forment, par des dépôts calcaires, des coraux (Claus).

Tous les polypes ne sont pas des antholoaires, il en est beaucoup qui se rangent parmi les hydroméduses ; mais ceux qui appartiennent aux anthozoaires se distinguent par une plus grande taille et par un système gastro-vasculaire plus compliqué. La cavité générale ne consiste plus en un repli du tissu du corps, mais elle se divise en plusieurs compartiments par des cloisons nommées « replis mésentéroïdes •, et ces compartiments communiquent inférieurement tant entre eux qu’avec des canaux ramifiés dans l’intérieur du corps, et prennent supérieurement la forme de vaisseaux s’étendant dans les tentacules.

La bouche, située au milieu du disque buccal, entourée de bourrelets labiaux, est l’unique ouverture de la cavité gastro-vasculaire et fait également fonction d anus ; c’est donc par elle qu’entrent les particules organiques destinées à la nutrition, et c’est par elle que sortent les fèces et les produits sexuels. Il faut noter cependant que certains types présentent un second orifice à l’extrémité postérieure du corps, tel est le cas des cérianthes ; il est aussi beaucoup d’actinies dont l’extrémité des tentacules est perforée.

À la bouche fait intérieurement suite un tube buccal remplissant l’office d’œsophage et présentant à son extrémité inférieure une sorte de sphincter s’ouvrant et se fermant pour permettre ou défendre aux matières étrangères l’entrée de la cavité gastro-vasculaire. Comme nous l’avons dit pour les cœlentérés (v. ce mot), le corps du polype est formé de trois couches suffisamment différenciées, ectoderme ou couche externe, mésoderme ou couche moyenne, entoderme ou couche interne. Les nématocystes ou cnidoblastes (cellules urticantes), existent dans l’ectoderme, et cette couche est souvent formée de plusieurs couches dont certaines différenciations donnent lieu, par leur pénétration dans le mésoderme au moment de sa formation, à des produits musculaires, muscles ou libres parfois dus à l’activité de l’entoderme.

La présence du système nerveux n’a pas été nettement démontrée. « Cependant, dit Claus, certaine faits en rendent l’existence très probable ; ainsi, par exemple, la présence de papilles marginales chez beaucoup d’actinies, que l’on a considérées comme des organes des sens, et récemment même, mais à tort, comme des yeux, et le phénomène de propagation de l’excitation, qui détermine la phosphorescence dans les organes lumineux des pennatulides, et commence à apparaître même lorsque l’excitation n’a été exercée que sur la tige de la colonie. • L’opinion de Kolliker sur les groupes de libres qu’il considérait comme des nerfs est sans doute l’expression de la vérité. Dunean a pensé avoir trouvé dans le disque pédieux des actinies des formations nerveuses, cellules ganglionnaires fusiformes et plexus nerveux ; Korotneff a également reconnu l’existence de fibrilles nerveuses et de cellules ganglionnaires dans le mésoderme des actinies.

La reproduction affecte divers modes ; les sexes sont le plus souvent séparés, mais on observe aussi l’hermaphrodisme. Les produits sexuels tirent leur origine des bords ou des faces latérales des replis mésentéroïdes, dans des cordons plus ou moins enroulés. « Il n’est pas rare, dit Claus, que la maturité des produits mâles et femelles ait lieu à des époques différentes. Dans les polypes, qui vivent en communauté, tantôt les individus mâles et femelles sont réunis dans la même colonie, tantôt, comme dans les alcyonnaire3, ils forment des colonies séparées. »

En règle générale, c’est toujours dans le corps de la mère que se fait la fécondation et le plus souvent dans l’ovaire ; les larves accomplissent également dans la cavité générale les premières phases de leur existence.

La reproduction peut aussi être asexuelle et avoir lieu par bourgeonnement et scissiparité. • Il n’est pas démontré, dit Claus, que les formes jeunes, qui donnent des bourgeons, aient exclusivement la signification de nourrices, qu’elles soient de véritables nourrices, puisque la possibilité de produire des éléments sexuels ne se trouve nullement exclue. •

Dans la reproduction par gemmation, dit Barrois, il apparaît en un point de la surface du polypier une petite saillie ou papille qui se transforme graduellement en un polypiérite propre. Ces bourgeons apparaissent indifféremment sur les parties latérales, la base ou le calice de la mère. Dans te cas de gemmation latérale, les bourgeons s’éloignent de la mère sous un angle plus ou moins grand ; ils peuvent lui rester attachés par la

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base seulement ou par toute l’étendue de leur corps, de sorte que tous les individus d’un polypier soient alors intimement serrés les uns contre les autres. Dans le premier cas, les polypiers formés sont fascicules, branchus ou ramifiés ; dans le second cas, massifs, lobés, astréoîdes... Dans le cas de gemmation basale, le calice mère émet des stolons rampants ou des prolongements foliacés sur lesquels des bourgeons prennent naissance. Dans le cas de la gemmation calicinate, il peut se produire des polypiers de formes très diverses... suivant que les bourgeons arrivent au bord ou au centre du calice, et suivant qu’ils restent libres ou se soudent entre eux. Quelquefois le jeune bourgeon calicinal se développe aux dépens de sa mère, et les bourgeons successifs peuvent s’empiler verticalement en une série dont le terme le plus élevé est seul muni d’un polype vivant, t

Dans la multiplication par scissiparité, on remarque d’abord une invagination latérale du calice de la mère, invagination qui devient de plus en plus profonde et va en s’élargissant jusqu’à partager en deux les polypiers charnus ; cependant ces deux moitiés peuvent rester adhérentes l’une à l’autre par leur base. Le développement du calice de chacune d’entre elles est inégal. C’est par cette scission et cette production indéfinie de calices qu’arrivent à se former ces immenses polypiers rameux et fourchus formant les immenses bancs de coraux des mers chaudes. «Les nouveaux polypiérites ainsi produits ne se séparent pas nécessairement et peuvent rester unis par des côtés, l’exothèque, le cœnenchyme, ou même par leurs propres murailles, et il se forme ainsi des polypiers massifs comme lors de la gemmation latérale. Ordinairement les calices nés les uns des autres par scissiparité ne sont qu’incomplètement séparés ; ils communiquent entre eux et forment des sortes de traînées confiuentes, où on distingue des centres plus ou moins nets. Ces traînées serpentent irrégulièrement, elles sont réunies entre elles par du cœnenchyme ou par des côtes et forment un ensemble massif méandroïde, etc. » (Zittel-Barrois.)

On croyait jadis, et cette opinion fut répandue dans la science par M il ne-Edwards, Dana et Ehrenberg, que les formations squelettiques des anthozoaires formant les polypiers présentaient deux modes d’origine (squelettes axial et cortical) suivant qu’elles occupaient le centre ou fa périphérie. Le squelette cortical était considéré comme une formation cuticulaire produite par les cellules superficielles. C’est à Lacaze-Duthiers, dont les admirables recherches sur le corail sont connues de tous les amis des sciences naturelles, et au savant Kolliker, qu’est due la véritable explication de l’origine du squelette calcaire des polypiers. Ils ont démontré que ces formations squelettiques étaient également produites par le mésoderme.

Tous les anthozoaires sont pourvus de ce squelette, sauf les actinies et les cérianthes et quelques autres formes. « Dans le vaste groupe des oetactiniaires ou alcyonnaires, les corpuscules calcaires de formes très diverses, lisses ou rugueux, parfois fortement colorés, contenus dans la substance fondamentale du mésoderme, jouent un rôle essentiel dans la formation du squelette. • (Claus.) On remarque chez quelques alcyonnaires des genre Virgularia et Cornularia l’absence de spicules ou de sclériles calcaires : on entend sous ce nom de petits corps formés d’un dépôt calcjque dont l’exacte composition chimique n’est pas encore connue ; on y remarque en petite quantité de la substance organique, pouvant se rencontrer un peu partout dans les diverses parties de la colonie.

L’axe est généralement dépourvu de corpuscules calcaires, et jusqu’ici les genres Mopsea, Sclerogorgia, Corallium et Solandria paraissent les seuls à en présenter. « Quand ces corpuscules se rencontrent dans le corps rétractile des polypes en groupes peu nombreux, parfois réguliers, ils donnent au parenchyme une consistance plus grande, et quand ils s’accumulent en grand nombre, suivant la nature de la substance fondamentale qui les environne, le tissu est flexible, prend l’aspect du cuir ou devient corné ou pierreux. Parfois le tissu traversé par les canaux nourriciers qui entourent les spicules prend un caractère corné et ressemble à un réseau de fibres, comparables à la charpente de fibres cornées des éponges (couche corticale des mélithéacées, axes des sclerogorgia). » Il est à remarquer que les spicules peuvent aussi se réunir en formations solides, soit en se fusionnant directement, soit en se réunissant par un ciment calcaire, etc. Les grandes différences qu’on observe dans la structure du squelette des polypiers concourent, avec les divers modes de leur scissiparité, à leur donner ces aspects variables que présentent leurs constructions.

Tous les anthozoaires sont marins et vivent de préférence dans les mers chaudes. Il en existe cependant, comme quelques petactiniaireset les actinies, qui vivent sous toutes les latitudes ; on en a même observé une forme dans les mers boréales, Visidella lofotensis, découverte par Sais, en Norvège. C’est entre le 30a degré de lat. N. et le 30e de lat. S., que se trouve la zone circulaire où vivent les bancs de coraux, zone qu’ils ne dépas ÀNTH

sent que rarement et en certains points. Ces animaux sont distribués à des profondeurs limitées et rigoureusement déterminées pour chaque espèce.

La classe des Anthozoaires se divise en deux ordres : Alcyonnaires et Zoanthaires ; ces derniers se répartissent en trois sous-ordres : Antipathaires, Actiniaires, Madréporaires.

  • ANTHRACÈNE s. m. (an-tra-sè-ne — du

gr. anthrax, charbon).— Chim. Carbure d’hydrogène solide extrait du goudron de houille.

— Encycl. L’anthracène C1*1110 a été signalé pour la première fois en 1832 par Dumas et Laurent dans les produits de distillation du goudron de houille ; mais ces chimistes ne l’ont pas obtenu pur et lui ont attribué, sous le nom de paranaphlaline, une formule (C18Hiî) et des propriétés inexactes. Plus tard, pour rappeler son origine, Laurent lui donna le nom d’anthracène, qu’il a gardé. Il fut retrouvé dans les mêmes circonstances en 1857 par Fritzsche, qui le prépara à l’état de pureté complète et put en établir la formule exacte et en décrivit les propriétés sous le nom de photène. C’est Anderson qui a démontré l’identité du photène de Fritzsche avec la paranaphtaline ou anthracène de Dumas et Laurent, ainsi qu’avec le corps obtenu par Limpricht en décomposant le chlorure de benzyte par l’eau à 190».

Grsebe et Liebermann ont fait de l’anthracène une étude complète et ont réalisé sa transformation en alizarine, point de départ, dans l’industrie de la teinture, d’une importante révolution (1867).

Préparation. L’anthracène se forme dans un grand nombre de circonstances, parmi lesquelles nous citerons la décomposition pyrogénée du toluène, du xytène, du cumène et de divers composés aromatiques, et la réduction par la poudre de zinc de i’anthraquihone, de l’alizarine et de ses isomères : le premier de ces groupes de réactions indique le caractère aromatique de la molécule de l’anthracène (v. plus loin, anthraquinone), et le second a mis sur la voie de l’importante S3’nthèse de l’alizarine. Mais toutes ces réactions ne sont pas utililisables dans la pratique, et l’anthracène se retire exclusivement du goudron de houille. Quand on distille ce goudron, l’anthracène se trouve dans les parties qui passent au-dessus de200", c’est-à-dire : 1<> dans les huiles lourdes ; 2° dans les huiles à anthracène ou produits de distillation du hrai qui reste dans la cornue après l’extraction des huiles lourdes. Pour séparer l’anthracène des huiles lourdes, on les agite d’abord avec de l’acide sulfurique pour enlever les alcaloïdes, puis avec de la soude pour se débarrasser des phénols (25 pour 100), et on les distille de nouveau ; vers 230" passent les huiles à naphtaline, puis les huiles de graissage qui ne se solidifient plus par refroidissement, et enfin, de 290» à 3200, un produit qui prend par refroidissement la consistance du beurre et qui contient l’anthracène. Ce produit est joint aux, huiles à anthracène. Les huiles à anthracène elles-mêmes sont d’autant plus riches que la distillation a été poussée moins loin. Autrefois on distillait dans les cornues rie tôle et on s’arrêtait au brai gras ; aujourd’hui, à cause de la valeur marchande de l’anthracène, on sacrifie le brai, on distille dans des cornues en terre réfractaire comme les cornues à gaz, jusqu’à ce que le résidu soit réduit à l’état de coke. On obtient 50 pour 100 de coke, 25 pour 100 de gaz et 25 pour 100 d’huiles à anthracène ; on facilite la distillation par des courants de vapeur d’eau surchauffée ou d’un gaz inerte : air désoxygéné par du coke porté au rouge, hydrogène sulfuré obtenu par addition de soufre, ou simplement gaz d’éclairage. Mais ces huiles contiennent une forte proportion de matières à point d’ébullition élevé, difficiles à séparer complètement, et les fabricants d’alizarine préfèrent les huiles préparées à température moins haute.

On peut aussi, comme le fait M. Macdonald Graham, arrêter la distillation quand le résidu est à l’état de brai gras, puis refroidir ce brai ; l’anthracène y cristallise (17 pourioo) et il suffit de décanter le liquide surnageant.

Les huiles à anthracène, q n’on appelle greengrease (graisse verte) à cause de leur aspect, contiennent de 15 à 25 pour 100 d’anthracène, qui ne peut se déposer parce qu’il est maintenu à l’état d’émulsion par une petite quantité d’eau. On réchauffe ta masse dans une chaudière à double fond par un courant de vapeur, puis on la met au frais ; l’anthracène se dépose ; on décante la partie restée liquide, puis on turbine le dépôt, et enfin on le soumet à la presse hydraulique entre des plaques légèrement chauffées pour enlever la plus grande partie de l’huile dont il est imprégné et d’où l’on peut encore tirer une certaine quantité d’anthracène. Les tourteaux comprimés constituent l’anthracène brut, qui est livré aux fabricants d’alizarine ; il contient de 50 à 60 pour 100 de produit pur.

Purification. L’anthracène brut ne peut être transformé immédiatement en anthraquinone (pour la fabrication de l’alizarine) ; il doit être préalablement purifié. On procède à, la purification soit par voie humide, soit par voie sèche. La purification par voie humide consiste en lavages à la benzine ou au naphte de pétrole, ou a la ligroïne, à l’esprit de bois, ou plus souvent aux huiles légères

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de houille, qui dissolvent la naphtaline et les huiles lourdes. Après ces lavages, le produit est de nouveau passé à la presse oti h la turbine, et il contient alors environ 95 pour 100 d’anthracène pur.

La purification par voie sèche consiste en une sublimation dans un courant de vapeur surchauffée à 220° ou 240», suivie d’une condensation dans des chambres closes sous une pluie d’eau froide. Pour éviter la dessiccation rendue nécessaire par ce procédé, on peut faire la sublimation dans un courant d’acide carbonique ou d’air et condenser à sec. Le titre n’est porté ainsi qu’à 65 pour 100 environ. L’anthracène, même purifié avec soin par la voie humide à l’aide de quatre ou cinq cristallisations dans l’huile de houille et une dans l’alcool, contient toujours des matières étrangères et possède une couleur jaunâtre. Si l’on veut avoir l’anthracène tout a fait pur, il faut le sublimer lentement à une température inférieure à celle de l’ébullition. On peut aussi purifier l’anthracène brut en le délayant dans l’éther acétique et en maintenant la bouillie à une température tiède pendant deux jours ; on filtre alors à la trempe et on continue à laver la partie solide avec de l’éther acétique jusqu’à ce que celui-ci passe incolore. On termine la purification en faisant cristalliser dans l’acide acétique cristallisable, puis en sublimant les cristaux bien desséchés.

Propriétés. L’anthracène pur est cristallisé en lamelles blanches du système clinorhombique, possédant un bel éclat et une fluorescence violette (D’après Von Wartha, l’anthracène absolument pur, sublimé dans le vide, n’aurait pas de fluorescence ; sa vapeur en est d’ailleurs dépourvue). Les rayons violets et ultraviolets y développent une belle phosphorescence. Il fond à 210° et se sublime à cette température en répandant une odeur irritante. Il distille vers 360», mais en se décomposant partiellement et en prenant une teinte jaunâtre. Sa densité de vapeur est 6,3.

Il est insoluble dans l’eau et l’alcool à froid, beaucoup plus soluble à chaud dans l’alcool, l’éther, les huiles essentielles, la benzine, le sulfure de carbone.

Dissous dans la benzine et soumis à l’action des rayons solaires, il se transforme en une" variété insoluble et presque inattaquable par les réactifs. Cette variété, appelée paranthracène, fond à 244« et régénère ainsi l’anthracène ordinaire.

Les oxydants transforment l’anthracène en anthraquinone. Les hydrogénants fixent de l’hydrogène sur sa molécule en proportion qui varie avec les circonstances de la réaction. Chauffé à 280° avec 3 parties d’acide iodhydrique, il se transforme pour la plus grande partie en carbure saturé tétradécane C14H3*, pour une autre partie en heptane C’.Hi’ également saturé, et pour le reste en un carbure huileux peu volatil, mal déterminé. En ménageant l’action de l’acide iodhydrique en présence du phosphore, on obtient des carbures plus hydrogénés que l’anthracène, mais non saturés, et surtout le dihydrure et l’hexahydrure d’anthracène étudiés par Grœbe et Liebermann.

Le chlore et le brome l’attaquent vivement avec dégagement d’acide chlorhydrique ou bromhydrique ; l’iode agit d’une manière analogue et polymérise l’anthracène en une matière charbonneuse. Le perchlorure d’antimoine ou un mélange d’acides chlorique et chlorhydrique fixe sur l’anthracène plus ou moins d’atomes de chlore, suivant les conditions de l’expérience.

Réactifs. Plusieurs composés nitrés mis en présence de l’anthracène donnent des réactions colorées caractéristiques. L’acide picrique mis en dissolution avec l’anthracène dans la benzine à l’ébullition laisse déposer par refroidissement des cristaux do couleur rubis, décomposables par l’eau, l’alcool, l’éther qui ne laissent d’autre coloration que celle de l’acide picrique.

La dinitrantkraquinone ou réactif de Fritzsche se combine avec l’anthracène et forme un composé solide cristallisé en lamelles rhomboïdales décomposables par la chaleur et par l’acide azotique. La couleur de ces lames est le rose si l’anthracène est très pur, le violet rouge ou le violet bleu quand il contient quelques impuretés. Si la proportion d’impuretés est peu considérable, la réaction colorée ne se manifeste plus.

La picramide donne une combinaison qui cristallise dans l’alcool en belles aiguilles rouges.

Le dosage d’un anthracène se fait par l’intermédiaire d’une transformation en anthraquinone. Au point de vue de la teinture, ce mode de dosage donne un résultat trop faible, parce qu’il ne tient pas compte du méthylanthracène.qui se transforme dans l’opération en acide anthraquinone carboxylique et s’élimine par les lavages alcalins qu on fait subir à l’anthraquinone, et que cependant le méthylanthracène donne d’aussi belles matières colorantes que l’anthracène lui-même.

L’anthracène a pour isomères le phénanthrène et le tolane.

ANTHRACHRYSONE s. f. (an-tra-kri-zone — du gr. anthrax, charbon ; ckrusos, or). Chim. Substance cristalline jaune qui se forme dans la distillation de l’acide dioxyb«nzoïque.