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une Forêt de chênes, chef-d’œuvre, d’Hobbema ; deux bons paysages de Salomon Ruysdaël ; une superbe Marine et un paysage de Ruysdael ; une Cascade, d’Everdingen ; une Hiver, de Berkheyden ; Adam nommant les animaux, de Saftleven ; un Clair de lune et un Incendie, de van der Neer ; des paysages de Jean Bolh, Hackaert, Rontbouts, P. Molyn, Swanewelt, Pol. Glauber ; des marines de Backhuysen, Stork ; des fleurs, du gibier et autres sujets de nature morte, de Weenix, David de Heem, van Huysum, van Aelst, Rachel Ruysch ; des paysages avec animaux de Berghem, Karel Dujardin, Ph. Wouvermans, van de Velde, " G. Romeyn ; une Halte de cavaliers, de van Blœmen ; une Femme (Isa toilette, et un p’ortrait (celui de l’artiste), par P. Miéris ; une Madeleine repentante, une Cuisinière et un portrait de vieille femme, par G. Dow ; une réunion de portraits de famille, œuvre d’une exquise finesse, par Metsu ; le Joueur d’orgue, à'Ad. van Ostadej un Jeune pécheur, de Schalcken ; une Cuisinière, de Netscher ; le Conseil paternel, répétition du célèbre tableau d’Amsterdam, de Terburg ; une Cour d’auberge, de Steen ; le Chanteur ambulant, de Brakenburg, etc.

Le Nouveau Musée est derrière le musée proprement dit, auquel il se relie par une galerie sous laquelle sont pratiqués des passages pour les piétons et les voitures. Il a été commencé sous le règne de Frédéric-Guillaume IV par l’architecte Stiiler. Sa façade principale est tournée du côté du pont de Frédéric ; elle a 113 mètres de long. Une immense cage d’escalier (Treppenhaus) divise le bâtiment en deux parties égales. Elle est décorée de peintures murales exécutées à l’aide du procédé connu sous le nom de stéréochromie, d’après les dessins et sous la direction de Kaubbach. Ces peintures, que les Allemands regardent comme les chefs-d’œuvre de l’art moderne, représentent : la Destruction de la tour de Babel, la Jeunesse de la Grèce, la Destruction de Jérusalem par Titus, la Bataille des Huns, la Conversion de Wittekind au christianisme, les Croisés sous les murs de Jérusalem. De nombreuses reproductions de frises, de métopes et d’autres fragments d’édifices de l’ancienne Grèce, ornent encore le Treppenhaus. Les collections suivantes sont distribuées dans les diverses salles du Nouveau Musée : 1» Le Musée Égyptien, une des plus riches collections de ce genre qu’il y ait en Europe, occupe cinq salles ; la première est une espèce d’atrium couvert en style égyptien, décoré de dix-sept peintures murales représentant des vues d’Égypte et exécutées par MM. Grœb, Pape, Shinner, Biermann et Max Schmidt ; cette salle renferme des inscriptions hiéroglyphiques, des pierres tumulaires et deux statues colossales en porphyre des rois Sesurtesen Ier et Ramsès II ; les autres salles contiennent des statues de dieux, de rois, de prêtres, des autels, des pierres de sacrifices, des inscriptions, des tombeaux, des chambres sépulcrales, des momies, des vases et un grand nombre d’objets divers trouvés en Égypte. 20 Le Musée des antiquités du Nord, orné de

Îieintures à la stéréochromie par MM. Miller, Heinderçich et Richter, renferme des vases, des bijoux, des ustensiles, des outils, des armes, etc., datant des âges de pierre, de bronze et de fer, et provenant, en grande partie, de Vile de Rugen. 3° Le Musée ethnographique se compose de curiosités chinoises, japonaises, indiennes, mexicaines, péruviennes, américaines, ’des lies de l’Océanie, etc., ayant appartenu pour la plupart au comte Ross. 4° La Collection des plâtres (Gypsafûsse) comprend les principaux chefs-d’œuvre e la sculpture, soit de l’antiquité, soit du moyen âge, soit des temps modernes ; les huit salles dans lesquelles sont placées ces reproductions sont ornées de peintures murales

exécutées par MM. Schirmer, Biermann, Schmidt, Graeb, Pape, Kaselowski, Becker, Henning, Peters, Seiffer, Schrader, Stilke, Dœg : e, etc. 5° La Chambre d’art (Kunstkammer) contient des meubles artistiques, des peintures sur verre, des majoliques, des émaux, des poteries, des bronzes d’ameublement, des horloges, des ouvrages ciselés en bois, en nacre, en ivoire, des médailles, des curiosités historiques, telles que vêtements, armes, ayant appartenu à des souverains de la Prusse ou à d autres personnages plus ou moins célèbres. 6° le Cabinet des estampes (Kupferstieh Kabinet) renferme une riche collection de dessins originaux des maîtres des diverses écoles, et des gravures de tous les temps et de tous les pays.

Berlin possède de nombreuses galeries particulières, dont les plus importantes sont celles de MM. Wagner, Ravené et Raczynski.


« BERLIN (traité de). Traité de paix, entre la Prusse et l’Autriche, conclu le 28 juin 1742, et qui termina la première guerre de Silésie.

BERLIN (Jean-Daniel), compositeur allemand, né à Memel en 1710, mort en 1775. Il quitta la Prusse pour aller s’établir à Copenhague, puis se hxa dénniti’ement à Drontheim, où il fut organiste de la cathédrale. C’est Berlin qui est 1 inventeur du monocorde, lequel ne varie presque pas de ton avec la température. Il a- composé des Sonates pour le clavecin (Augsbourg, 1751) ; et publié des Éléments de musique (1744), ainsi qu’une Instruction pour la tonométrie, avec des détails sur le monocorde inventé en 1752 (Leipzig, 1767).

BERLINE, s. f. (bèr- Une — rad. Berlin,

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parce que c’est dans cette Tille que fut fabriquée la première voiture de ce genre, au xvne siècle, sur les dessins de Philippe Chièse, architecte de Frédéric-Guillaume, électeur de Brandebourg). Voiture suspendue, à deux fonds et à quatre roues, recouverte d’une espèce de capote qu’on peut relever ou abaisser a volonté : Le roitrouve devant lui la berline de monseigneur. (St-Sim.) Le soleil était ardent, et, pour m’en garantir, ainsi que de la poussière, j’avais baissé les stores de ma berline. (Scribe.) Le vieux ’domestique fut chargé de préparer la berline gui devait servir au voyage de Clémence. (P. Peval.) Il faut prendre une berline de poste qui retourne à Paris et qui relaye là-haut. (F. Soulié.) A dix heures du soir, ses chevaux l’ont conduit à la barrière de Charenton ; là, il a trouvé une berline de poste tout attelée. (A. Dum.) // restait sous les remises du château une berline de voyage qui avait échappé à la dévastation. (J. Sandeau.) lu Sur les chemins de fer, wagon composé de trois caisses de berline ordinaire, ou de deux caisses de berline et de deux caisses de coupé, qui sert au transport des voyageurs de première et de seconde classe.

— Mines. Sorte de caisse ou benne roulante en tôle, le plus souvent en bois, employée dans les- mues pour le transport et le montage de la houille du fond de la mine jusqu’aux chantiers de versage, à l’orifice des puits d’extraction. V. chantier de versage.

BERLINGE, s. f. (bèr-lain - je). Comm. Grosse étoffe en fil et en laine.

BEBLINGHIERI (François), poëte et géographe italien, né à Florence au xve siècle. Il étudia sous Marcilio Ficino, qui parléfréquemment de lui avec éloges dans ses lettres.

11 est connu par un ouvrage de géographie, écrit en vers et en tercets, qui a pour titre : Géografia di Francesco Berlinghieri Fiorentino (Florence, in-fol.). Ce livre, aujourd’hui fort rare, est sans date ; mais il a été, selon toute vraisemblance, imprimé vers 1480.

BERLINGHIERI (Camillo), peintre et graveur italien, né à Ferrare en 1596, mort à Venise en 1635. Il eut pour maître Carlo Bonone, et travailla pendant quelque temps dans ta ville natale, où l’on conserve, entre autres ouvrages de sa main, un tableau représentant la Manne, dans l’église de Saint-Nicolas. Il se rendit ensuite à Venise, où il fit quelques peintures et où il grava à l’eau-forte une suite de

12 paysages dont un est signé Bgieri. On le nommait communément le Forrurcslno (le petit Ferrarais).

BERLINGHIERI (André Vacca), chirurgien italien, né à Pise en 1772, mort en 1826. Après avoir étudié quelque temps l’anatomie à Paris, sous la direction de Desault, il alla suivre les leçons de Benjamin Bell et de Hunter, qui exerçaient alors leur art en Angleterre. De retour à Pise, en 1791, il se fit recevoir docteur à l’université de cette ville, revint à Paris en 1799, fut nommé membre de la Société médicale d’émulation, et écrivitdenx mémoires assez remarquables sur les fractures des côtes et la structure du péritoine. Bientôt après, Berlinghieri fut appelé de nouveau à Pise pour suppléer son père, professeur de chirurgie ; puis, sur la proposition de Pignotti, alors mi* nistre de l’instruction publique, il lut chargé de fonder une école spéciale de chirurgie, dont il eut la direction. C’est à partir de cette époque qu’il publia cette série d’ouvrages qui étendirent sa renommée et le placèrent de droit parmi les premiers chirurgiens du siècle. On doit à ce savant opérateur le perfectionnement de plusieurs procédés chirurgicaux, et l’invention de plusieurs instruments utiles, notamment le bistouri boutonné pour la taille,1 la cuiller pour le trichiasis, la machine de compression pour l’anévrisme de l’artère poplitée, etc. On a de lui beaucoup de mémoires et de méthodes d’opération ; nous ne citerons ici que les principaux : Nuovo metodo di curare lo trichiasis (1825) ; Memoria sopra il metodo diestrarre la pietra (Pise, 1821) ; Su^a litotomia nei due sessi (1825, in-8°). Mentionnons également ses Hi/lessioni sull’ trattato di chirurgia del signor B. Bell (Pise, 1793, 2 vol.).

berlingot, s. m. (bèr-lin-go — dimin. de berline). Demi-berline n’ayant que la banquette du fond : À onze heures, Cornoilles doit se trouver à ma porte avec le berlingot de Froidfond. (Balz.)

Comme il partait, passa sur cette terre. En berlimjol’, certain pair d’Angleterre.

VOLT4IR.E.

— Nom que l’on donne par plaisanterie à une classe de compagnons du devoir.

— Sorte de bonbon au caramel, espèce de sucre d’orge : Achetez des berlingots d’Amérique pour guérir la colique et faire pousser les dents de vos enfants. (O. Comettant.)

Berlineike Tidende, en danois Journal de Berling, le plus grand, le plus ancien et le plus répandu des journaux du Danemark, fondé en 1749 par l’imprimeur Henri Berling, cessionnaire d’un privilège exploité déjà depuis 1720 par Wieland, sous1 le titre de : Les Relations mensuelles. Le Berlingske Tidende a passé par bien des vicissitudes. Pour satisfaire au goût du temps, c’est-à-dire à cette fureur de germanisme qui, du haut du trône où siégeait un roi allemand entouré d’une cour allemande, débordait sur tout le pays, il parut d’abord simultanément en danois et en alle-I mand. Ce n’est qu’à partir de 1763 qu’il fut

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exclusivement rédigé dans l’idiome national. Son titre a beaucoup varié aussi. En 1808, -il prit celui de : Journal privilégié de l’État danois’, ce qui faisait supposer, entre son éditeur et le gouvernement, des rapports beaucoup plus étroits que ceux qui existaient réellement. Les cabinets étrangers s’en formalisèrent, et il fut obligé d’y renoncer. Le titre qu’il porte aujourd’hui date du i" janvier 1835 ; et ce titre est une vérité, car la famille de ce même Berling qui le fonda, il y a plus d’un siècle, en est encore propriétaire. Cette feuille s’intitule aujourd’hui : Journal de Berling, politique et d’annonces, privilégié pour être envoyé par les postes royales. Cette dernière partie du titre n’est plusquWanachronisme, le Journal de Berling n’étant pas plus privilégié vis-à-vis de la poste que les autres journaux. Mais il jouit d’autres privilèges plus sérieux et plus productifs ; par exemple, toutes les annonces ayant un caractère officiel quelconque doivent être insérées dans ses colonnes. En outre : le Berlingske Tidende est une feuille semi-officielle, en ce sens qu’il publie les actes du gouvernement, ainsi que les débats complets des cham’ bres, suppléant ainsi à l’insuffisance du journal officiel proprement dit : Départements Tidende, dans le genre du Bulletin des lois français, et qui n’a, en quelque sorte, qu’une publicité purement administrative.

Par suite de ces avantages exceptionnels, et aussi de la modicité de son prix d’abonnement, le Berlingske l’idende a, relativement à la population du pays, une immense clientèle. Il ne compte, en effet, pas moins de 8,000 abonnés, soit un abonné par 200 habitants. Un journal qui jouirait en France d’une publicité équivalente devrait réunir plus de 180,000 abonnés. Ainsi, en Danemark, c’est-à-dire dans ce pays où tout le monde sait lire, tout le monde lit le Berlingske Tidende. Il est aussi fort connu à l’étranger, et, pour s’y populariser encore davantage, il publie deux ou trois fois par mois, sur les affaires de la monarchie danoise, un bulletin d’ensemble rédigé en français. Du reste, le Berlingske Tidende est un journal très-bien fait et très-complet. Outre la notification dés actes du gouvernement, il s’occupe de tout ce qui peut intéresser, au dedans comme au dehors, dans la politique, les sciences, les arts et les lettres ; il abonde aussi en petites nouvelles et en faits divers. Sa condition semi-officielle ne gène en rien ses appréciations ; si "parfois il défend le pouvoir attaqué par d’autres journaux, c’est de conviction et non de parti pris, très-rarement d’office, jamais sous forme de panégyrique enthousiaste ou arrogant. Il ne saurait en être autrement dans un pays où la liberté de la presse est absolue et ou le culte du droit est entré si profondément dans les mœurs nationales.

Le Berlingske Tidende paraît tous les jours (excepté le dimanche), matin et soir, et, presque chaque fois, avec un volumineux supplément nécessité par les annonces. L’annonce, en effet, joue en Danemark un rôle presque aussi grand, aussi populaire qu’en Angleterre et en Amérique ; mais avec un caractère plus intime et des formes plus relevées. Ici, la poésie l’emporte sur la prose, le vers remplace la ligne.

Ecoutons une jeune fille annonçant la mort —de sa mère : « Dieu a appelé ma chère et bienaimée mère à la paix et au repos après lesquels elle avait si ardemment soupiré. Mes parents et mes amis me connaissent assez pour savoir que la certitude de son bonheur peut seule adoucir le chagrin que me cause sa perte.»

« Adieu, s’écrie un fils qui vient de perdre son père, adieu, cher mortl tu nous as quittés, en laissant derrière toi, dans ta maison, le chagrin et le deuil. Mais, nous nous consolons parce que nous savons que, par delà les étoiles, il est une terre plantée de palmiers, une région douce et bienheureuse où nous te rejoindrons un jour. »

Une mère, invitant au convoi de son enfant, raconte son esprit naissant et ses gracieuses gentillesses. Quel coup terrible pour elle que sa mort prématurée ! «Mais l’enfant est devenu un ange ; il priera pour sa mère, au milieu du chœur des autres anges. »

Puis, c’est un mari qui fait part de la mort de sa femme : « Tous ceux qui ont connu le bonheur de notre union comprendront l’étendue de ma perte.» Un autre ajoute : «Semblable au cygne blessé qui plane dans les nues, exhalant sa plainte suprême ; ainsi, frappé au ■ cœur par ta mort, j’envoie au monde mon dernier chant, et à toi mon dernier sourire. Oui, sois bénie pour tout l’amour que tu m’as donné ; nous nous retrouverons ensemble au séjour de l’éternelle paix !»

Passons à des sujets moins tristes.

Voici un compliment adressé à des nouveaux fiancés : « Mademoiselle Stine W*** est félicitée à l’occasion de ses fiançailles avec M. Antoine-Hector A***. Quand l’innocence et la

beauté s’associent à la vertu, le bonheur de l’amour ne peut faire défaut. Bientôt vous serez unis, par des chaînes d’or ; c’est pourquoi nous vous envoyons tous notre bénédiction. » Suivent les signatures. »

Un célibataire, désirant prendre femme, publie cette annonce : « Un jeune homme nouvellement arrivé dans la capitale, où il manque de relations, -mais qui, d’ailleurs, est bien élevé, d’un extérieur avantageux et d’un esprit capable, désire trouver sur cette place une dame disposée à s’unir à lui par le mariage. Il faut

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que cette dame soit jeune, d’un physique agréable et possède un capital suffisant pour permettre aux deux époux de poser les bases du problème de la vie. La réponse doit être envoyée au bureau du journal, sous le n° 279. La dame joindra à son adresse son portrait photographié. » Les annonces de ce genre, plus ou moins modifiées, se reproduisent fréquemment dans le Berlingske Tidende.

Beriingue, parodie d’Emeiinde, opéra de Poinsinet, musique de Philidor, représentée pour la première fois, à Pantin, sur le théâtre particulier de Mlle Guimard, en 1777. Cette pièce, écrite dans le style poissard, libre jusqu’à l’obscénité, telle enfin qu’il fallait quelle fût pour obtenir un succès brillant. sur le théâtre de la Guimard, après avoir subi cette première épreuve avec bonheur, parut pour la seconde fois devant le roi et la reine, à Choisy. M"» Guimard y représentait l’amoureux, le danseur Despréaux l’amoureuse. Le roi Louis XVI fut tellement charmé de cette parade qu’il donna à Despréaux une pension de 1,000 livres. d’ar cette faveur, écrit un contemporain, il est facile de juger combien Sa Majesté possède encore.toute l’ingénuité du bel âge, et se plaît à rire. On était fort embarrassé jusqu’à présent de lui connaître un goût en ce genre, et le voilà découvert. •> Cette phrase cacherait-elle une intention épigrammatique ? Ajoutons que les gentilshommes de la chambre firent composer d’autres pièces plus grivoises encore, telles que là Princesse d’Aéioû, etc. Les poissardes les plus fameuses de l’époque furent appelées à Choisy pour servir de modèles aux acteurs et leur donner le style d’exécution. Mlle Guimard tenait le premier rôle dans ces polissonneries dramatiques, et dansait la fricassée avec Despréaux. Nos cancans les plus échevelés ne sont que de faibles copies de cette fricassée de. haut goût, qui valut a la Guimard 6,000 livres de pension de Marie-Antoinette.

BERLINGUES, petit groupe d’Iles du Portugal, prov. d’Estramadure, dans l’Atlantique, à 8 kil. O. du cap Carvocira. Ce groupe se compose d’îlots, de rochers et de la petite île de Berlinga, défendue par un port.

BERLINOIS, OISE, s. etadj. (bèr-li-noa, oa-ze). Qui est de Berlin", qui se rapporte à cette ville ou à ses habitants : L’imprimerie berlinoise était représentée à Londres par les œuvres de Frédéric le Grand. (Revue.) Je donne pour ce qu’il vaut ce paradoxe berlinois. (Gér. de Nerval.) Autrefois, le peuple berlinois était rustre et brutal. (Champûeury.)

UEilLIOZ (Louis-Hector), compositeur français et critique musical, membre de l’Institut, né à la Cô»e-S<ii»t-André (Isère) le 11 décembre 1803, mort le 8 mars 1869. Après

avoir fait d’assez bonnes études au lycée de Grenoble, il vint à Paris pour suivre les cours de l’École de médecine. Mais le jeune Berlioz préférait l’urchet an scalpel. Douéd’une vive imagination, d’une sensibilité excessive, poursuivi dés l’enfance par le génie de la composition musicale, à laquelle il s’était essayé sans le secours d’aucun maître, il abandonna les bancs de l’école en 1826, pour entrer au Conservatoire. Berlioz fut reçu dans la classé de Lesueur, et il apprit le contre-point et la fugue sous la direction de-Reicha. Après un premier échec au "concours de l’Institut, il fut rappelé dans son pays natal. Alors commença, entre sa famille et lui, une de ces luttes terribles d’où ne sortent triomphantes que les âmes fortement trempées. Le docteur Berlioz, indigné de voir son fils persévérer dans ses idées de composition, abandonna celui-ci à ses propres forces. Mais sur le théâtre, pas plus qu’à l’armée, on ne débute par le grade de maréchal de France, et le jeune homme, de retour à Paris, se trouva heureux d’obtenir au concours une place de choriste au théâtre des Nouveautés. Les appointements s’élevaient à la somme de 50 francs par mois I Un peu plus tard, le jeune compositeur abandonna cette haute position, et parvint à trouver quelques leçons de solfège. Il se mit aussi à enseigner la guitare et la flûte, instruments auxquels M. Berlioz a constamment été fidèle et les seuls dont il se soit toujours servi en composant. En même temps, il écrivait un opéra intitulé les FrancsJuges, dont l’ouverture, le seul morceau de l’ouvrage qui ait été conservé, est devenue célèbre. Enfin, grâce à une somme de 1,200 fr., généreusement mise à sa disposition par un amateur distingué, qui devinait un talent naissant ; M. Berlioz put faire exécutera Saint-Roch, avec chœurs et orchestre, une messe à quatre voix, dont le peu de succès ne fut pas de nature à l’encourager. En 1828, il obtint le second prix de composition musicale, et, en 1830, sa cantate de Sardanapale lui valut le premier prix. C’est à cette époque que naquit en lui un amour exalté et profond, qui devait décider de la direction de son génie. Une troupe d’acteurs anglais donnait des représentations à l’Odéon. On jouait Hamlet dé Shakspeare, et une jeune tille s’y faisait admirer à juste titre dans le rôle touchant d’Ophélie. M. Berlioz la vit, et une passion subite, violente, s’empara de tout son être. Sa nature exubérante se nourrit pendant trois ans de cet amour qui devait le porter à des excentricités dont un reflet a passé sur quelques-unes de ses productions ; il disparut

pendant plusieurs jours, et le bruit d’un sui-