Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 2, Fj-Fris.djvu/163

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dont le véritable nom était Modenta Posso, née à Venise en 1555, morte en 1592.

Orpheline dès son enfance, elle fut mise dans un couvent, où elle fit des progrès rapides, puis elle compléta son éducation en se livrant avec passion à la lecture ; grâce à sa prodigieuse mémoire, elle acquit des connaissances très-variées et-très-étendues. En même temps que l’histoire, la géographie, la mythologie, le latin, etc., elle apprit avec un égal succès le dessin et la musique. Son rare mérite la fit rechercher par Philippe Giorgi, avocat général près le tribunal des eaux de Venise, qu’elle épousa à dix-sept ans. Après vingt ans d’une union qui n’avait cessé d’être heureuse, cette femme remarquable mourut à la suite d’une couche. On a d’elle : Il Floridoro, poëme en treize chants (Venise, 1581, in-4°) ; la Passione di Christo in ottava rima (Venise, 1582, in-12) ; il Merito delle donne (Venise, 1600, in-4°), ouvrage dans lequel Moderata Fonte cherche à établir la supériorité de son sexe sur le sexe masculin.

FONTEIUS (Marcus), administrateur romain du Ier siècle avant notre ère. Il fut successivement questeur, légat en Espagne (83), légat en Macédoine et gouverneur de la Gaule Narbonnaise de 76 à 73. Quatre ans après son retour k Rome, en 69, Fonteius fut poursuivi pour les exactions qu’il avait commises dans ce dernier gouvernement. Il prit pour défenseur Cicéron, qui s’efforça de le disculper dans un plaidoyer dont il nous reste un fragment. On ignore quelle fut la sentence prononcée par les juges.

FONTENAILLES, village et commune de France (Yonne), cant. de Courson, arrond. et à 22 kilom. d’Auxerre ; 329 hab. C’est sur le territoire de cette commune que les fils de Louis le Débonnaire se livrèrent, en 841, une sanglante bataille. V. l’article suivant.

Fontenailles {bataille de), désignée par quelques auteurs sous le nom de bataille de Fontenay, une des plus acharnées, des plus sanglantes du moyen âge.

Louis le Débonnaire, qui avait reçu l’empire carlovingien à l’apogée de sa grandeur, le laissa en mourant à deux pas de sa ruine. Sans parler des causes multiples de décadence que cet empire portait dans son sein, Louis en précipita la chute par son inconcevable faiblesse à l’égard de ses enfants, dont il favorisa ainsi les querelles incessantes. Il avait d’abord partagé son vaste empire entre ses trois fils, accordant à Lothaire, l’aîné, le titre d’empereur et l’expectative de l’Italie, à Pépin l’Aquitaine et à Louis la Bavière. Ce premier partage ne put être maintenu : la mort de Pépin et la nécessité de doter un quatrième fils, Charles, qu’il avait eu de sa seconde femme, Judith de Bavière, amenèrent de nouvelles combinaisons et de nouveaux troubles (838). Louis assigna l’Aquitaine à ce dernier fils, Charles (le Chauve), qu’il affectionnait entre tous, dépouillant ainsi Pépin II, son petit-fils ; Charles eut, en outre, la Neustrie, c est-à-dire la France telle à peu près qu’elle existe aujourd’hui ; Lothaire garda l’Italie et le titre d’empereur, et Louis fut réduit à la seule Bavière, mince contre-poids dans l’équilibre que le vieil empereur voulait établir entre ses enfants.

Après la mort de Louis le Débonnaire (840), Lothaire, armé d’un double droit, celui que l’aîné s’arroge quelquefois sur la famille, et celui qu’il tirait de son titre d’empereur, affecta la suzeraineté sur les couronnes royales et s’apprêta à donner la loi à ses frères. C’était tenter la résurrection de l’empire de Charlemagne, entreprise impossible, insensée, avec les éléments dissolvants qui fermentaient dans le pays. Il se hâta d’envoyer par toute la France des messagers, avec ordre de sommer les dignitaires et les bénéficiers de la couronne de venir prêter serment de fidélité entre ses mains comme empereur et chef de la nation franque. Charles s’émut alors et envoya des ambassadeurs à Lothaire pour lui reprocher l’iniquité de sa conduite ; le nouvel empereur s’inquiéta peu de ces protestations ; de plus, il se déclara le protecteur du jeune Pépin II, qui se préparait à revendiquer, les armes à la main, cette Aquitaine dont Louis le Débonnaire l’avait dépouillé, pour la donner à Charles, son fils préféré. Lothaire suivit le même procédé hautain à l’égard de Louis de Bavière ; mais il essaya inutilement de rallier à sa cause les vassaux de ce prince II se retourna alors contre Charles et envahit la Neustrie, tandis que Pépin reprenait l’offensive en Aquitaine. Charles, déjà en guerre avec les Bretons, qui refusaient de le reconnaître, et abandonné d’une foule de seigneurs neustriens, semblait perdu sans ressource. Rassemblant alors les chefs de son armée, il marcha sur son frère ; bien résolu à livrer une bataille désespérée ; « mais Lothaire attendait plus des négociations que de la force des armes, et il ouvrit avec Charles des conférences, où il employa la séduction des promesses et des présents, pour tenter de s’attacher les grands vassaux du roi de Neustrie. Un traité trompeur intervint alors, qui assurait à Charles la plupart de ses provinces et même l’Aquitaine, patrimoine de son adversaire. Les deux frères "signèrent cette convention à Orléans ; mais elle n’était que provisoire, jusqu’à l’assemblée qui devait se tenir à Attigny, et dont le jour fut fixé. A peine cette convention était-elle signée que chacun sembla prendre à tâche de la violer ; l’hiver s’écoula en préparatifs de guerre universels, et la force fut appelée à trancher la question. Dès le mois de mars 841, Lothaire marcha vers le Rhin avec les Austrasiens et les Italiens, tandis que les Neustriens qui s’étaient donnés à lui avaient ordre de défendre le cours de la Seine. Charles de son côté franchit ce fleuve, leva des troupes à Paris et s’avança vers Troyes où devaient le rejoindre celles que lui amenait sa mère, Judith. Il ne les trouva qu’à Châlons-sur-Marne, et là il apprit en même temps que son frère Louis, après avoir reformé son armée, avait traversé le Rhin à la tête des milices bavaroises, souabes, slaves, et qu’il s’avançait à son secours à marches rapides. Charles s’enfonça alors davantage vers l’est pour le rejoindre, et les deux frères exécutèrent leur jonction entre la haute Meuse et la haute Marne. De l’avis des évêques et des seigneurs assemblés dans leur camp, les deux rois expédièrent une ambassade à Lothaire pour traiter de la paix à des conditions raisonnables. Suivant l’historien Nithard, petit-fils de Charlemagne par sa fille Berthe, et l’un des principaux chefs du parti de Charles, « ils lui offrirent en don tout ce qu’ils avaient dans leur armée, à l’exception des chevaux et des armes ; s’il ne voulait pas, ils consentaient à lui céder chacun une portion du royaume, l’un jusqu’aux Ardennes, l’autre jusqu’au Rhin ; s’il refusait encore, ils diviseraient toute la France en portions égales et lui laisseraient le choix. Lothaire répondit, selon sa coutume, qu’il leur ferait savoir par ses messagers ce qui lui plairait, et, envoyant alors Drogon, Hugues et Héribert, il leur manda qu’auparavant ils ne lui avaient rien proposé de tel, et qu’il voulait avoir du temps pour réfléchir ; mais au fait Pépin n’était pas arrivé, et Lothaire voulait l’attendre. » Ses frères lui accordèrent deux jours, après qu’il eut juré d’employer ce temps à « chercher la paix et la justice. » C’était le 23 juin : le lendemain, Lothaire reçut le renfort de Pépin et de ses hommes d’Aquitaine. C’est alors qu’il leva le masque ; sans répondre aux propositions de Charles et de Louis, il leur manda qu’ils eussent à considérer la majesté du nom impérial et la nécessité où il se trouvait d’en soutenir l’éclat. « Comprenez, ajoutait-il enfin, que je ne puis chercher votre avantage. » Les deux frères comprirent qu’il ne leur restait plus que la voie des armes, et ils signifièrent à Lothaire, suivant l’usage de l’époque, qu’ils en appelaient au jugement de Dieu pour le lendemain. Laissons ici la parole à notre grand historien, M. Henri Martin, celui qui a le mieux résumé les péripéties de cette grande bataille, d’après les documents laissés par l’historien Nithard.

« Ce fut le 25 juin 841 que se heurtèrent les masses énormes amassées de tous les coins de l’empire franc, dans les plaines de l’Auxerrois ; presque tous les peuples jadis soumis au grand Charles avaient envoyé leurs contingents, non plus, comme autrefois, pour agrandir et défendre l’empire, mais pour le déchirer en lambeaux. Chaque province avait fourni ses combattants aux deux partis ; néanmoins on peut dire qu’en général avec Louis étaient les Germains ; avec Lothaire les Austrasiens, les Italiens et les Neustriens septentrionaux, de la Meuse à la Seine : la majorité des Francs était encore pour l’unité de l’empire, à laquelle était attachée la grandeur de leur race. Les Neustriens méridionaux d’entre Seine et Loire et les Aquitains des cantons au nord de la Charente et de la Dordogne combattaient pour Charles ; les Aquitains méridionaux et les gens du duché de Gascogne, pour Pépin ; les Gallo-Burgondes et les Provençaux s’étaient partagés... Vers l’aurore, Louis et Charles sortirent de leur camp, établi près du village de Thuri (Touriacus), à sept lieues d’Auxerre ; ils se mirent en bataille dans la plaine, et appuyèrent leur aile droite sur une hauteur appelée la Montagne des Alouettes, voisine du camp de Lothaire. L’empereur était logé à Fontenailles (Fontanetum), sur le ruisseau d’Andrie, qu’on nommait alors le ruisseau des Burgondes, et qui se jette dans l’Yonne près de Coulange. Il passa l’Andrie, déploya ses légions en avant du village de Bretignelles (Brittæ), et l’immense bataille s’engagea sur un front de deux lieues, le long du cours de l’Andrie. Lothaire, qui n’avait montré jusqu’alors que fourberie et timidité, redevint digne de ses aïeux sur le champ du carnage, et ses ennemis eux-mêmes célébrèrent ses exploits ; les Francs d’Austrasie et de Neustrie qui le suivaient combattirent en descendants des soldats de Charles Martel et de Charles le Grand ; ils rompirent, après une furieuse résistance, les lignes des Germains de Louis, qui formaient le centre de l’armée des deux frères, et ils les eussent taillés en pièces s’ils n’eussent été eux-mêmes pris en flanc par Charles et par Warin, duc de Toulouse, qui, avec les Aquitains, les Provençaux et les Burgondes du parti de Charles, avaient culbuté au premier choc l’aile gauche de l’empereur, entre le mont des Alouettes et le village du Fay (Fagit). Pendant ce temps, l’aile gauche des deux Frères, composée des Neustriens de Charles et commandée par un duc Adhelhard et par l’historien Nithard, était aux prises, vers l’étang d’où sort l’Andrie, soit avec les Italiens, soit avec les Wasco-Aquitains de Pépin. La lutte fut très-opiniâtre en ce lieu ; l’aile droite de l’empereur céda enfin, pendant que les Francs qui composaient le centre succombaient pareillement sous les efforts de Charles et de Louis réunis ; Lothaire quitta le dernier les alentours de Bretignelles et les bords de l’Andrie, encombrés de monceaux de cadavres. Un auteur contemporain (le biographe des évêques de Ravennes), prétend que plus de 40,000 hommes étaient tombés du côté de Lothaire et de Pépin ; Charles et Louis n’avaient peut-être pas perdu beaucoup moins de monde que le vaincu. Le fort du carnage avait porté sur les Francs et sur les Aquitains ; la fleur de la race franque gisait sur cet effroyable champ de bataille.

Les deux rois et les chefs de l’armée victorieuse parurent épouvantés de leur victoire ; ils arrêtèrent le massacre et le pillage, ne poursuivirent pas les vaincus, et rentrèrent dans leur camp vers midi. Le lendemain, jour de dimanche, après avoir tenu conseil et ouï la messe, ils donnèrent la sépulture aux morts, « amis ou ennemis, fidèles ou infidèles », secoururent les blessés sans distinction de parti, et dépêchèrent après ceux qui avaient fui, pour leur offrir le pardon de tous leurs méfaits, « s’ils revenaient à la bonne foi ». Puis ils consultèrent les évêques sur ce qui se devait faire en cette occurrence. Les évêques présents déclarèrent que le jugement de Dieu avait manifesté la justice de la cause des deux rois, et que tous ceux-qui les avaient secondés, « de conseil ou d’action, » étaient exempts de péché ; ils ordonnèrent un jeûne de trois jours pour implorer la rémission des péchés des morts et la continuation de l’assistance divine. La décision des évêques put calmer les consciences troublées, mais n’effaça pas la tristesse et l’effroi qui s’étaient emparés de tous les cœurs : une roule d’écrivains, les uns presque contemporains, les autres plus récents, exagérant encore la terrible extermination de Fontenailles, prétendent que « les forces des Francs furent » tellement affaiblies, et leur vertu guerrière » tellement abattue par ce combat, que, dorénavant, » loin de faire comme autrefois des » conquêtes sur leurs ennemis, ils ne furent » plus capables de défendre leurs propres » frontières. » Ces historiens transforment, pour ainsi dire, un simple désastre matériel en une grande catastrophe politique : c’était moins encore les guerriers du peuple franc et sa force militaire que sa force morale qui avaient péri à Fontenailles. »

Cette terrible journée semble avoir laissé une impression profonde dans l’âme des écrivains de l’époque. « Que la rosée et la pluie, s’écrie le poète lotharien Anghelbert, ne rafraîchissent jamais les prairies où sont tombés les forts, expérimentés aux batailles !... Que le Nord et le Midi, l’Orient et l’Occident plaignent ceux qui sont morts à Fontenailles !... Que maudit soit ce jour ! qu’il soit retranché du cercle de l’année et rayé de toute mémoire ; que le soleil lui refuse sa lumière ; que son crépuscule n’ait point d’aurore !... Nuit amère, nuit dure, où demeurèrent gisants sur la plaine les forts, expérimentés aux batailles, que pleurent aujourd’hui tant de pères et de mères, tant de frères et de sœurs, tant d’amis !... »

Suivant M. Michelet, l’affreuse tuerie de Fontenailles a été singulièrement exagérée par les historiens. « Un pareil, massacre, dit-il, difficile à croire en tout temps, l’est surtout à cette époque d’amollissement et d’influence ecclésiastique. Nous avons déjà vu, et nous verrons mieux encore que le règne de Charlemagne et de ses premiers successeurs devint, pour les hommes des temps déplorables qui suivirent, une époque héroïque, dont ils aimaient à rehausser la gloire par des fables aussi patriotiques qu’insipides. Il était d’ailleurs impossible aux hommes de cet âge d’expliquer par des causes politiques la dépopulation de l’Occident et l’affaiblissement de l’esprit militaire. Il était plus facile et plus poétique à la fois de supposer qu’en une seule bataille tous les vaillants, avaient péri ; qu’il n’était resté que les lâches. »

Ce qui est hors de doute, c’est que la sanglante lutte de Fontenailles ne décida rien ; les deux partis ne posèrent point les armes, et Lothaire lui-même, quoique vaincu, fut le premier à rentrer en campagne.

FONTENAY, hameau de France (Côte-d’Or), comm. de Marmagne, cant. de Montbard, arrond. de Semur ; 23 hab. Ancienne abbaye, monument historique, fondée au xiie siècle et convertie en papeterie. Le cloître, bien conservé, date des dernières années du xiiie siècle. L’église, bâtie par Ebrard, évêque de Norwich et consacrée par le pape Eugène III, est du style roman bourguignon de transition.

FONTENAY, village et comm. de France (Eure), cant. d’Ecos, arrond. et-h 15 kilom. S.-E. des Andelys ; 302 hab. Briqueterie. On y voit le château de Beauregard où naquit l’abbé de Chaulieu ; le parc, dont ce poète a célébré les agréments dans ses Louanges de la vie champêtre, a été religieusement conservé intact ; on y voit même encore le banc où l’aimable épicurien aimait à se reposer et à rêver. Chaulieu mourut à Paris, mais ses restes furent transportés à Fontenay, conformément à ses dernières volontés.

FONTENAY-SOUS-BOIS, bourg et comm. de France (Seine), cant. de Vincennes, arrond. et à 21 kilom. N.-E. de Sceaux, à 10 kilom. E. de Paris ; pop. aggl., 2,305 hab. — pop. tot., 3,092 hab. Commerce de bois et de charbons. Ce village, contigu au bois de Vincennes, possède plusieurs sources abondantes, dont les eaux sont conduites par un aqueduc au château de Vincennes. Jolie église du xiiie siècle, reconstruite en partie dans ces dernières années et ornée d’un beau vitrail représentant les Trois vertus théologales. Nombreuses et belles villas, et, dans les environs, promenades agréables.

FONTENAY-LE-COMTE ou FONTENAY-VENDÉE, ville de France (Vendée), ch.-l. d’arrond., à 57 kilom. de Napoléon-Vendée, en amphithéâtre sur les deux rives de la Vendée, qui y devient navigable ; pop. aggl., 6,459 hab. — pop. tôt., 8,062 hab. L’arrondissement comprend 9 cantons, 111 communes et 138,185 hab. Tribunal de 1re instance ; justice de paix ; collège communal ; bibliothèque publique (3,000 volumes). Carrières de pierre calcaire. Fabriques de toiles et de draps communs, scieries mécaniques, teintureries. Exportation de grains, bois, merrain, charbon, cordes, lin, chanvre ; importation de vins, noir animal, engrais, denrées du Midi, etc. Foires très-importantes le 24 juin et le 11 octobre. Fontenay-le-Comte occupe l’emplacement d’un oppidum gallo-romain, dont on retrouve encore de nombreux débris sur un rocher au pied duquel jaillit une fontaine ferrugineuse. La ville, située dans un agréable vallon, présente un aspect riant et pittoresque. Elle est, en général, bien bâtie, mais ses rues sont étroites et tortueuses Les faubourgs sont plus importants et plus agréables que la ville même. Il ne reste de l’ancien château, bâti par les comtes de Poitou, qu’un pan de muraille, deux arcades romanes, quelques portions de la terrasse S.-O. et les débris de deux poternes de la fin du XIVe siècle. L’église Notre-Dame, classée parmi les monuments historiques, restaurée vers 1550, ruinée par la guerre en 1568 et rétablie en 1600, fut bâtie sur l’emplacement d’une église romane dont il subsiste la crypte, qui date du xie siècle. Cette crypte, très-curieuse, mesure 6m,60 de longueur sur 4m,95 de largeur totale. La tour, surmontée d’une élégante flèche octogonale, flanquée de clochetons, a 79 mètres de hauteur. La chapelle Saint-Vincent renferme une belle copie de la Transfiguration, de Raphaël, et un magnifique tableau (l’Assomption) de Robert Lefèvre. La sacristie est un charmant spécimen du style de la Renaissance. L’église Saint-Jean, ruinée par les calvinistes en 1568 et rebâtie en 1604, offre une jolie flèche et une porte richement ornée. L’hôtel de Louis de La Trémouille date de 1563 ; il renferme une vaste salle et une belle cheminée de la Renaissance. Signalons encore : l’hôtel de La Rochefoucauld, où l’auteur des Maximes passa son enfance ; l’hôpital, le collège, la prison, de construction moderne ; le théâtre, une jolie fontaine, dans le style de la Renaissance ; la statue du général Belliard, sur une petite place, en face de la maison où il est né. Dans les environs de Fontenay ont été découverts les restes de deux ou trois villas romaines. On remarque à Fontenay plusieurs maisons fort curieuses, notamment celles qui bordent, au sud, le Marché aux porches, et plusieurs maisons de la Renaissance.

Des silex taillés, des fragments de poteries façonnées à la main, et d’autres débris des périodes antéhistoriques, découverts dans le sol de la ville actuelle, prouvent que l’origine de Fontenay est très-ancienne.

En 1568, les protestants s’emparèrent de Fontenay-le-Comte et massacrèrent une partie de ses habitants. Les catholiques la reprirent en 1574, et leurs cruautés dépassèrent encore celles des calvinistes. La ville soutint un dernier siège en 1587 contre Henri IV. En 1590, Fontenay vit mourir le cardinal de Bourbon, que les ligueurs avaient un instant proclamé roi sous le nom de Charles X. Sous les murs de cette ville, le 24 mai 1793, une colonne de l’armée républicaine fut accablée par toutes les forces de l’armée vendéenne, commandée par Bonchamps et La Rochejaquelein. Rabelais séjourna de 1508 à 1524 au couvent des cordeliers de Fontenay.

FONTENAY-LE-MARMION, village et commune de France (Calvados), cant. de Bourguébus, arrond. et à 12 kilom. de Caen ; 681 hab. Le choeur de l’église, du xiiie siècle, offre des chapiteaux élégants. La tour romane est ornée de plusieurs étages d’arcatures. L’emplacement de l’ancienne et imposante forteresse des Marmion, souvent citée par Robert Wace, dans son roman de Rou, se reconnaît encore dans la cour d’une ferme. Dans le jardin se voient des traces de l’éminence qui portait le donjon. Au nord du village, restes d’un curieux tumulus en pierres sèches et de caveaux funéraires dans lesquels ont été découverts des ossements, des vases et des haches en pierre verte.

FONTENAY-LE-PESNEL, village et commune de France (Calvados), cant. de Tilly, arrond. et à 18 kilom. de Caen ; 901 hab. Sous le chœur de l’ancienne église Saint-Martin, caveau renfermant les restes du poète Segrais. Beau château moderne entouré d’un vaste parc.

FONTENAY-EN-PUISAYE. V.Fontenoy.

FONTENAY-AUX-ROSES, bourg et commune de France (Seine), cant., arrond. et à 2 kilom. N. de Sceaux, à 9 kilom. S. de