Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 2, Fj-Fris.djvu/311

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cinquantaine d’années, mais elle n’est pas également avancée dans toute l’étendue du territoire, et plusieurs parties sont, sous ce rapport, très-arriérées. « On a fait beaucoup de découvertes applicables à l’agriculture, dit M. Michel-Chevalier, et la mise en œuvre de ces découvertes a été poursuivie par des hommes persévérants. Cependant, sur le continent européen, et en France au moins autant qu’ailleurs, le perfectionnement de l’agriculture a eu le caractère d’efforts éparpillés, plutôt que celui d’une marche majestueuse et en masse. Il y a eu beaucoup de progrès locaux, il n’y a pas eu de progrès général. On pourrait citer beaucoup de départements où l’on cultive la majeure partie du sol à peu près comme du temps de Columelle et de Caton. On y a conservé le même araire, et les Géorgiques y sont encore l’idéal du genre. »

De même que la France peut être partagée en plusieurs climats sous le rapport météorologique, de même elle peut être divisée sous le rapport des productions en plusieurs zones bien distinctes. Certains végétaux, l’olivier, le maïs et la vigne, offrent des bases certaines pour effectuer cette division. Ces limites sont généralement obliques aux parallèles ou aux méridiens, et sont.déterminées par les mouvements du terrain. La première zone, ou des oliviers, est limitée au N. par la ligne qui part des sources de la Garonne, et se dirige par Die jusque vers Embrun ; elle occupe donc tout le pays compris entre le littoral de la Méditerranée, le revers oriental des Pyrénées et le revers méridional des Cévennes inférieures et des Basses-Alpes. La deuxième zone, ou du maïs, s’étend au-dessus de la région précédente, jusqu’à une ligne qui, partant de l’embouchure de la Gironde, passe au N. de Nevers et se prolonge presque jusque sur le Rhin, vers son confluent avec la Lauter. La troisième zone est circonscrite par une ligne qui, partant de l’embouchure de la Loire, passerait au-dessus des sources de l’Eure, longerait la rive droite de l’Oise, et qui, laissant au S. l’Aisne et Verdun sur la Meuse, se dirigerait vers le Rhin au N.-E. Au delà de cette ligne, la vigne n’est plus cultivée ; elle est remplacée par le pommier, dont la culture caractérise la quatrième zone. Ajoutons que ces limites comportent de nombreuses exceptions.

Les quatre cinquièmes du sol français sont productifs. L’ensemble des propriétés agricoles représente une valeur approximative de 45 milliards répartis entre 7,846,000 propriétaires. Le dénombrement de 1866 accuse une population agricole de 19,598,000 hab.

Le vin, on peut le dire, est un produit français par excellence. La vingtième partie de la surface de la France est couverte de vignobles. « Nos 2 millions d’hectares de vignes, dit M. de Lavergne, produisent ou devraient produire, bon an mal an, au moins 20 hectolitres par hectare, soit 40 millions d’hectolitres par an. » La limite septentrionale de la viticulture commence près de Saint-Nazaire, à l’embouchure de la Loire, et se relève graduellement vers le N.-E. Dans le bassin de la Seine, c’est à Vernon et à Beauvais que se trouvent les derniers vignobles ; dans le bassin de la Meuse, c’est à Mézières. Le produit des vignobles français varie fort d’année en année. La production annuelle moyenne a été en :

1847-1851, de 43,000,000 d’hectolitres.
1852-1856 20,000,000
1854 10,500,000
1857-1861 34,000,000
1865 68,393,000
1867-1868 55,000,000

La vigne est cultivée dans 75 de nos départements, mais les trois quarts de la production se concentrent dans une trentaine. « Autrefois, dit M. de Lavergne, on transformait annuellement en eau-de-vie 8 à 10 millions d’hectolitres de vin. Depuis la grande hausse sur les vins, cette fabrication a fort diminué, et les distillateurs de betterave en ont prolité… Quand on entre dans le détail de la production par département, on trouve que la récolte a diminué de plus de moitié depuis dix ans dans la partie nord de la France. La Bourgogne seule a peu perdu ; mais les vignobles de la Lorraine et de la Champagne, ceux des bords de la Loire et de la Saintonge, si productifs jusqu’ici, ont été rudement éprouvés. Dans la partie S. du territoire, il y a eu perte aussi, mais moins forte ; la Gironde, le Gers, la Haute-Garonne, etc., évaluent à un quart environ le déficit moyen de leur récolte ; le Gard, le Var et Vaucluse sont restés stationnaires ; l’Aude et l’Hérault ont doublé leur production ; l’Hérault, qui occupait le troisième rang parmi nos départements viticoles, a passé brusquement au premier. Le prix des vins y a doublé comme la quantité. » En 1808, on y évaluait à 154 millions la valeur de la récolte, qui ne dépassait pas 25 millions en 1850. Quant à la superficie des vignes, les départements se classaient dans l’ordre suivant en 1862 : 1º Hérault ; 2º Charente-Inférieure ; 3º Charente ; 4º Gard ; 5º Gers ; 6º Rhône ; 7º Pyrénées-Orientales ; 8º Var ; 9º Aude ; 10º Gironde, etc. Quant à la valeur totale, qui était, en 1862, de 1,380,750,278 fr., l’Hérault est encore à la tête avec 154 millions. Viennent ensuite : Charente-Inférieure, 115 millions ; Gironde, 89 millions. Mais quant au prix de l’hectolitre la Gironde (48 fr. 44) et la Marne (48 fr. 18) sont les premiers. La valeur moyenne du produit par hectare est de 597 fr. 53. La valeur brute atteint 2,024 fr. dans le département de la Seine.

La culture de la pomme de terre est très-répandue en France, notamment dans l’Est et dans le Nord. Le nombre d’hectares ensemencés est de plus de 1 million, et la récolte annuelle de 96 millions d’hectolitres, donnant une valeur de 300 millions de francs. Le département du Bas-Rhin donne la récolte maximum : 7,250,000 hectolitres. Le fin et le chanvre forment une des plus riches cultures du pays. Le lin. en graines donne 740,000 hectolitres, et en filasse 37 millions de kilogr., le tout produisant 58 millions de francs. Le rouissage et le teillage, pour le filage et le tissage, quadruplent la valeur totale du produit. La culture du lin, en France, se fait dans le Nord, principalement dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais, des Côtes-du-Nord, du Finistère, de la Somme, etc. La culture du chanvre est répandue dans tous les départements ; c’est dans celui de l’Isère que la récolte atteint son maximum. Les graines oléagineuses sont, outre le lin, le colza, la navette, le pavot ; leur culture n’est pratiquée en grand que dans le Nord. Les 175,000 hectares qu’occupe cette culture donnent un produit de 300,000 hectolitres, valant 50 millions de francs. Mais ce résultat est insuffisant et l’on introduit en France annuellement plus de 70 millions de kilogr. de graines grasses. Les plantes tinctoriales, c’est-à-dire la garance, le pastel, le safran, etc., ne sont cultivées que dans les départements du centre et du Midi. La culture de la betterave, répandue surtout dans le Nord, a donné, dans ces dernières années, des résultats trop variés pour que nous puissions en indiquer ici le chiffre. Quant au tabac, il n’est cultivé, par suite du monopole, que dans les 9 départements suivants : Nord, Pas-de-Calais, Haut-Rhin, Bas-Rhin, Haute-Saône, Lot, Lot-et-Garonne, Ille-et-Vilaine et Finistère.

Les fruits forment une des principales richesses de la France. Parmi les arbres fruitiers, il faut citer : le pommier, dont les fruits servent à la fabrication du cidre dans les provinces septentrionales, principalement en Normandie ; le châtaignier, qui, dans les pays pauvres du centre (Limousin, Cévennes, Auvergne, Périgord, Vivarais), fournit un aliment qui remplace les céréales ; et le mûrier qui, dans 8 ou 10 départements du S.-E. de la France, donne un produit de 100 millions. Le département le plus riche sous ca rapport est celui du Gard ; celui de l’Ardèche occupe le second rang. L’olivier, répandu à peu près dans les mêmes départements que le mûrier, occupe en France environ 120,000 hectares et donne un produit de 170,000 hectolitres d’huile d’une valeur de 30 millions de francs. La récolte maximum de ce produit se fait dans le département du Var. Après ces quatre grandes espèces d’arbres, il faut compter : le poirier, le prunier, le cerisier, l’abricotier, le pêcher, l’oranger, le citronnier, le figuier, l’amandier, etc. Il ne faut pas oublier les raisins de table, très-estimés, surtout ceux que l’on récolte aux environs de Fontainebleau et dont il se fait une grande exportation. Nous ne ferons qu’énoncer le produit des jardins potagers, qui occupent dans le Nord 135,000 hectares, donnant une valeur de 85 millions, et, dans le Midi, 125,000 hectares donnant une valeur de 40,000 millions.

Avant 1789, les forêts occupaient sur le sol de la France environ 12 millions d’hectares. Une grande partie fut défrichée pendant la Révolution, de telle sorte que l’étendue du sol forestier est à peu près aujourd’hui de 9 millions d’hectares, dont 5 millions au Nord et 4 au Midi. Voici les renseignements que donne M. Legoyt sur les forêts de la France en 1866 :

désignation.
contenance en hectares.
production en francs.
Bois de l’État
991,062
40,011,401
Bois de la couronne
67,332
2,997,400
Bois des communes et
des particuliers
7,976,982
214,500,000
――――――
――――――
Totaux
9,035,376
257,508,801

Les départements qui possèdent la plus grande étendue de forêts sont les suivants : Landes, Var, Vosges, Haut-Rhin, Gironde, Côtes-du-Nord, Finistère, Vendée, Manche, Seine. Les essences d’arbres des forêts françaises sont : le chêne, le charme, l’orme, le trène, le hêtre, le bouleau, le sapin, le pin, le chène-Hége, le mélèze. « L’étendue du sol forestier, dit M. Jules Clavée, serait plus que suffisante pour satisfaire à nos besoins, si l’exploitation en était réglée en vue de la plus grande production. Mais il s’en faut de beaucoup qu’il en soit ainsi, puisque nous en importons chaque année pour 70 millions de plus que nous n’en exportons. La production annuelle de nos forêts, qui n’atteint pas 38 millions de mètres cubes, pourrait, par un traitement plus rationnel, être portée à 51 millions, dont moitié au moins ropre à l’industrie. Ce serait un revenu annuel de 678 millions de francs. 300 millions, telle est donc la plus value annuelle que nous donnerait la simple substitution du régime de la futaie à celui du taillis. Nos chemins de fer seuls exigent annuellement 200,000 mètres cubes de bois pour leur entretien ; la marine militaire en emploie à peu près 80,000 mètres cubes chaque année ; la marine marchande au moins autant ; les constructions civiles en consomment 160,000, et nos établissements métallurgiques environ 7 millions. Joignez à cela la consommation pour les besoins domestiques, et vous aurez une idée de l’immense quantité de bois qu’exige la France. D’après le procès-verbal de l’enquête sur l’industrie parisienne faite en 1847 par les soins de la chambre de commerce, la valeur des produits créés par les industries qui employaient le bois s’élevait à 101,516,026 fr. à Paris seulement. Dans cet immense atelier, la charpenterie occupait le vingtième rang, l’industrie du bâtiment le neuvième, l’ébénisterie le huitième. Le nombre des patrons et ouvriers employés à la manipulation du bois dépassait 35,000 ; il a plus que triplé depuis cette époque. Pour faire face à cette consommation prodigieuse et toujours croissante, il faudrait que la plus grande partie de nos forêts fût traitée en futaie, et, cependant c’est à peine si le quart de leur étendue totale est soumis à ce régime. »

La question du reboisement est des plus importantes ; néanmoins, elle est encore à résoudre. Suivant M. Lavergne, de 1830 à 1865, il a été défriché 447,231 hectares, et, dans la même période, 530,801 hectares ont été plantés. C’est à partir dft 1859 seulement que les plantations sont devenues supérieures aux défrichements. Depuis 1860, la superficie totale des terrains reboisés ou regazonnés a dû atteindre 70,000 hectares à la fin de 1865. C’est une moyenne de 10,000 hectares par an. L’étendue des terrains à reboiser dépassant 1 million d’hectares, on en, aurait pour un siècle.

Pour terminer cet aperçu des richesses végétales, il nous reste à dire quelques mots des prairies et des pâturages. En 1842, il existait 4,198,198 hectares de prairies naturelles, et 1,576,567 hectares de prairies artificielles. En 1862, les prairies naturelles occupaient 5,021,246, et les prairies artificielles 2,772, 660 hectares. D’après la statistiquede 1862, le rendement moyen des prairies naturelles serait, dit le Dictionnaire des communes de France, de 28,42 quintaux métriques, et celui des prairies irriguées, de 37,91 quintaux métr. à l’hectare. 1,803,113 hectares de prairies sur 5,021,246 étaient irrigués, soit un peu plus du tiers. Au point de vue des superficies, ce sont les landes, les pâtis et les bruyères, les terrains vagues et ne donnant à peu près aucun produit, qui occupent le premier rang. Prés, prairies artificielles, pâturages et fourrages verts occupaient ensemble, en 1862, 14,726,610 hectares, ayant produit 1,889,444,000 francs. La superficie consacrée aux fourrages et aux pâturages est donc presque égale à celle des céréales ; mais la valeur produite n’est que des 2 cinquièmes. Les pays de la France les plus abondants en prairies naturelles sont : la Normandie, si renommée pour ses gras pâturages ; l’Auvergne et la Lorraine, où les étages inférieurs des montagnes se tapissent de verdure ; -la Vendée et le Limousin, la Flandre et la Picardie. À ces prairies naturelles et artificielles il faut ajouter les pâtures et pâtis, c’est-à-dire les terrains vagues, les landes, les bruyères, etc., où l’on fait paître les troupeaux et qui ne peuvent être cultivés. Ces terrains n’occupent pas moins de 8 millions d’hectares et appartiennent tous au Midi, et à ses parties les plus montagneuses.

Richesses minérales. Le sol de la France étant formé, comme nous l’avons vu, de presque tous les terrains géologiques, renferme dans son sein une grande variété de minéraux ; mais les métaux précieux y sont peu abondants. La houille et le fer s’y trouvent, au contraire, en grande quantité. « Quand on jette, dit M. Simonin (Revue nationale, 1865), un coup d’œil sur la carte géologique de France, cet admirable monument élevé par nos ingénieurs des mines à l’industrie nationale, on remarque au Nord, au centre et au Midi, et surtout disséminées autour d’une ligne méridienne qui passe à environ 100 kilom. à droite de celle de Paris, une série de taches noires irrégulièrement délimitées. Ces taches, à la teinte conventionnelle, sont l’exacte représentation graphique de nos bassins houillers. Si nous lisons les noms gravés en regard, nous y trouvons plus d’une localité connue et depuis longtemps parmi nous populaire. Ce sont : dans le Midi, Alais, la Grand’Combe et Bessége ; au centre, Saint-Étienne et Rive-de-Gier, les plus productives de nos houillères ; puis le Creuzot, Blanzy et Epinac ; au Nord, enfin, Valenciennes, où se rencontrent les mines de Denain et d’Anzin, marchant de pair avec celles de la Loire, et formant le prolongement du riche bassin de Mons et de Charleroi, qui fait la fortune de la Belgique. » À gauche des bassins précités s’en trouvent d’autres presque aussi importants : Aubin, dans l’Aveyron ; Commentry, dans l’Allier ; puis, çà et là, des gîtes qui tiennent encore une assez large place dans notre production houillère : les bassins d’Aix, dans les Bouches-du-Rhône ; de Carmaux, dans le Tarn ; de Decize, dans la Nièvre ; de Graissessac, dans l’Hérault ; de Ronchamp, dans la Haute-Saône ; du Drac, dans l’Isère. N’oublions pas non plus les bassins du Maine et de la basse Loire ; enfin, celui de la Sarre, dans la Moselle, où vient finir souterrainement le fertile terrain de Sarrebruck. La quantité totale de la houille produite par toutes nos mines était, en 1864, de 111 millions de quintaux métriques. Cette quantité est allée toujours en augmentant, et l’on s’est assuré, par la comparaison d’états statistiques soigneusement dressés depuis 1811, qu’elle a doublé presque tous les quinze ans. Malgré cette étonnante ascension, le chiffre de notre production est bien loin d’égaler celui de notre consommation, qui marche dans une progression encore plus rapide. Nous tirons chaque année de l’étranger près de 50 millions de quintaux de houille ; c’est près de la moitié de notre production actuelle ou du tiers de notre consommation totale. La Belgique, la Grande-Bretagne et les provinces rhénanes suppléent à notre déficit, la première pour les trois cinquièmes, les deux autres chacune pour un cinquième à peu près. Le prix moyen de vente du charbon français, sur le carreau même des mines, oscille entre 11 et 12 francs la tonne de 1,000 kilogr., soit 1 fr. 10 à 1 fr. 20 le quintal. Sur la plupart des lieux de consommation, il est souvent triple et quadruple, tant le prix du transport vient augmenter la valeur du combustible. Le nombre des ouvriers employés dans les mines de houille atteint près de 100,000, et le salaire moyen de la journée de travail est de plus de 3 francs.

Les mines de fer occupent par leur nombre, leur étendue et le chiffre de leur production, le second rang parmi les mines françaises. Elles sont très-disséminées sur la surface du territoire. Encore plus que dans les houillères, les gîtes sont épars et ne semblent suivre aucune loi dans leur dispersion ; mais, en tenant compte de la composition chimique des minerais et de l’allure géologique des gîtes, ces mines peuvent se diviser en trois classes : les mines d’alluvion, les mines en couches ou stratifiées et les mines en filons. En reportant sur une carte de France tous ces gîtes ferrifères, on trouve quéles mines d’alluvion sont surtout répandues dans les Landes, le Périgord, le Berry, le Nivernais, la Champagne, la Franche-Comté ; les mines en couches dans la Lorraine, la Bourgogne, le Languedoc ; enfin, les mines en filons en Alsace, en Bretagne, dans le Dauphiné, la long des Alpes et sur tout le versant des Pyrénées. La plupart de ces gîtes sont connus de toute antiquité ; ils ont été fouillés par les premiers habitants dé la Gaule, les Celtes, nos pères, qui savaient travailler le fer. « La quantité de fer produite peut donner, comme celle de houille extraite, une idée de l’importance politique du pays ; aujourd’hui surtout que le fer, plus encore que la houille, concourt à la défense des États. » En 1859, nous extrayions de notre sol plus de 35 millions da quintaux de minerais de fer de toute nature, et nous produisions 10,000 quintaux de fonte. En dix ans, de 1851 à 1861, le chiffre annuel de notre fabrication avait doublé. De ce chef donc, comme de celui de nos houillères, la prospérité de nos établissements est allée en croissant. En 1864, la quantité totale de fonte produite était de 12,121,000 quintaux, d’une valeur de 139,400,000 francs. Le cinquième du chiffre de la production représente la quantité de fonte fabriquée au charbon de bois ; les deux tiers, la quantité fabriquée au combustible minéral et végétal. En 1864, la fabrication totale du fer obtenu avec la fonte produite par nos usines, déduction faite de la fonte de moulage, a atteint en nombre rond le chiffre de 8 millions de quintaux, dont les sept huitièmes en fer à la houille. On peut estimer à 60,000 au moins le nombre des ouvriers attachés en France aux mines et aux fonderies de fer (hauts fourneaux, forges, aciéries). Le salaire journalier moyen des ouvriers des mines de fer est de 2 fr. 50 à 3 fr. Le safaire des ouvriers des usines est beaucoup plus élevé.

Outre les mines de fer, la France posséde des gisements de galène argentifère, de cuivre, de manganèse et d’étain. En 1852, 24 mines diverses étaient exploitées par 2,103 ouvriers qui recevaient un salaire annuel total de 685,505 fr., soit 386 fr. en moyenne ; 18 de ces mines produisaient des galènes argentifères ; 2 de rantimoine, 2 du manganèse, 1 du cuivre et 1 de l’étain. En 1864, 50 mines diverses, exploitées par 4,228 ouvriers, moyennant un salaire de 1,800,000 francs, donnaient pour 3,600,000 francs de produits. La France est également riche en substances pierreuses. Lea carrières souterraines ou à ciel ouvert s’élevaient, en 1860, à 24,000, sur lesquelles 22,000 en exploitation ; elles occupaient une population de 87,500 ouvriers, dont la production moyenne était évaluée à 41,047,519 fr. Les pierres taillées ou polies pour les arts ou l’ornement, les matériaux de construction, les ardoises, le kaolin, l’argile commune, les pierres à chaux et à plâtre, la marne, le sable, etc., sont les principaux produits de cette industrie. Parmi les autres substances minérales non métalliques que l’on trouve en France, nous devons encore mentionner : le lignite, la tourbe, le pétrole, le bitume, l’asphalte et le sel. Les salines des bords de l’Océan et de la Méditerranée, les mines de sel gemme, dites de l’Est, occupent environ 25,000 ouvriers et produisent 3 millions et demi de quintaux métriques de sel.

Les eaux minérales doivent être comptées parmi les produits minéralogiques du sol, à cause des substances qu’elles contiennent et qui leur communiquent des vertus d’une si haute importance pour la guérison ou l’adoucissement des maladies. On peut répartir