Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 3, Frit-Gild.djvu/183

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


GARD

la rivière. Dana cette dernière, il est double et se distingue parfaitement quand il est frappé par le soleil. Le phallus était le symbole de la prospérité.

On a cru voir dans certaines notes ou lettres que l’on aperçoit au pont du Gard le commencement ou les traces d’une inscription qui n’aurait pas été achevée ou que le temps aurait détruite. Un examen attentif ne tarde pas à convaincre que ces marques n’ont eu d’autre destination que de servir de règle pour poser les voussoirs dans l’ordre de leur coupe. On distingue très-bien la succession des numéros en chiffres romains, et le M, qui se voit distinctement sur le voussoir qui sert de clef et qui n’est que l’initiale du mot médium, confirme la signification des sigles qui s’y rapportent.

C’est un lieu singulièrement beau que celui que les Romains ont choisi pour y jeter leur aqueduc gigantesque : on y voit de belles pelouses de gazon vert, des ombrages frais, des eaux limpides d’une teinte de saphir ; les roches se recourbent en grottes artistement arquées, dont les géologues n’ont pas encore bouleversé le sol ; des hêtres, des aunes, des chênes verts forment des groupes d’un bel aspect ; des monts élèvent leurs pentes douces et pittoresqueinent étagées, couvertes d’un tapis de bruyère et de genêts, et puis l’œil se reporte sans cesse vers ce rideau magique qui couronne ce beau site et qui semble suspendu par une puissance inconnue : de loin, gracieux, de près, immense et effrayant.

Terminons par un extrait des Confessions du philosophe de Genève, sur qui le pont du Gard rit une impression plus grande que les Arènes de Nîmes. « Le pont du Gard, dit- il, était le premier ouvrage des Romains que j’eusse vu. Je m’attendais à un monument digne des mains qui l’avaient construit ; pour le coup, l’objet passa mon attente, et ce fut la seule fois en ma vie. Il n’appartenait qu’aux Romains de produire cet effet. L’aspect de ce simple et noble ouvrage me frappa d’autant

Ïilus, qu’il est au milieu d’un désert où le sience et la solitude rendent l’objet plus frappant et l’admiration plus vive : car ce prétendu pont n’était qu’un aqueduc. On se demande quelle force a transporté ces pierres énormes si loin de toute carrière, et a réuni les bras de tant de milliers d’hommes dans un lieu où il n’en habite aucun ? Je parcourus les trois étages de ce superbe édifice, que le respect m’empêchait presque d’oser fouler sous mes pieds. Le retentissement de mes pas sous ces immenses voûtes me faisait croire entendre la forte voix de ceux qui les avaient bâties. Je me perdais comme un insecte dans cette immensité ; je sentais, tout en me faisant petit, je ne sais quoi qui m’élevait l’âme, . et je me disais en soupirant : • Que ne suis-je né Romain I » Je restai là plusieurs heures dans une contemplation ravissantoj je m’en revins distrait et rêveur, et cette rêverie ne fut pas favorable à Mmo W". Elle avait bien songé à me prémunir contre les filles de Montpellier, mai 3 non pas contre le pont du Gard I On ne s’avise jamais de tout. ■

Consultez : Mémoires de l’Académie du Gard, année 1810 ; Nimes et ses environs, par Èm. Erossard (Nîmes, 1835, 2 vol. in-8°) ; Lettres sur Nîmes et le Midi, par Perrot (Nîmes, 1810, 2 vol. in-8°), et les autres ouvrages qui traitent de l’histoire et des antiquités de Nîmes.

GARD (DÉPARTEMENT du), division administrative de la région méridionale de la France, compris dans l’ancienne province du Languedoc. Il doit son nom à la rivière du Gard, qui le traverse du N.-O. À l’B. Il a pour limites : au N., les départements de l’Ardeche et de la Lozère ; à l’B., le Rhône, qui le sépare de ceux de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône ; au S., le département de l’Hérault et la Méditerranée ; à l’O., les départements de l’Hérault et de l’Aveyron. Sa plus grande longueur, du N. auS., est de 125 kilom. ; sa plus grande largeur, de l’O. M’E., est de 130 kilom. ; superficie, 533,556 hectares. Il comprend 4 arrondissements (Nimes, chef-lieu, Alais, Uzès, Le Vigan), 39 cantons, 345 communes et 429,747 hab. Il forme le diocèse de Nîmes (suffragant d’Avignon), la 4e subdivision de la !0« division militaire ; il ressortit à la cour de Nîmes et fait partie de l’académie de Montpellier, du 5C arrondissement maritime, de la 27e conservation des forêts et de l’arrondissement minéralogique d’Alais.

< La partie septentrionale du département est hérissée de hautes montagnes se rattachant à la grande chaîne des Cévennes : ce sont 1rs montagnes de Caune, la chaîne du Levezou, le chaînon Jurassique, etc., dont les points culminants sont : sommets de l’Aigoual, au N. du Vigan, l’Hort-de-Dieu, 1,5G7 m. ; le Signal, 1,564 m. ; le Lengas, 1,491 m. ; l’Espérou, au S. et près de Velleraugues, 1,415 m. ; la montagne d’Aulas, 1,422 m. ; le Saint-Guiral, à l’O. du Vigan, 1,378 m. À part les sommets du Levezou, la plupart de ces montagnes sont couvertes de châtaigniers, et, sur quelques points, de mûriers. Dans la partie méridionale du département, au contraire, s’étendent de belles plaines, sillonnées de coteaux aux pentes couvertes dé vignes et d’oliviers, et d’où jaillissent de nombreux cours d’eau, sur les bords desquels s’étendent de riches prairies, jjos principales rivières qui arrosent le département du Gard, sont : le Rhône, le Gard

TOI.

GARD

et ses affluents, le Vidourle, la Cèze, le Vistre, l’Hérault, l’Hornai, le Luech, la Gagnière, l’Auzonnet, le Salendre, le Mialet, l’Avesne, le Galisson, la Droude, la Braume, le Bourdic, l’Auzon, la Dourbie, la Courme, la Dartigue, l’Aiguillon, la Vis et la Virenque. Outre ces nombreux cours d’eau, le département du Gard est sillonné par plusieurs canaux : le grau d’Aigues-Mortes, qui fait communiquer le port d’Aigues-Mortes et le canal de Beaucaire avec la mer ; le canal de Beaucaire, qui joint le Rhône à la Méditerranée ; celui de la Radelle, suite du canal de Beaucaire ; celui de la Capette, qui joint le Petit Rhône au canal de Beaucaire ; le canal de S.ylvéréal, celui de Peccaïs ; enfin un canal d’irrigation en projet. Les côtes, déchirées par de nombreux étangs et des marais salants, sont peu développées : 20 kilom.

■ Le sol de ce département présente, au N., des montagnes granitiques, .un terrain houiller aux environs d’Alais, un terrain crétacé, avec grès vert et lignite, dans l’arrondissement d’Uzès, et, dans la plaine du Vistre (arrondissement de Nîmes), un terrain tertiaire supérieur, recouvert par des cailloux diluviens. Le climat est beau, mais variable, à cause des vents qui régnent dans le pays pendant une grande partie de l’année. En été, les chaleurs atteignent quelquefois 33° et même 40" centigrades. Le vent dominant est le vent du nord, violent et fréquent, mais salubre. » (Adolphe Jounne, Dictionnaire des communes.) Le département du Gard est, en quelque sorte, un résumé des climats et des productions de toute la France. On le divise en trois zones, ayant chacune des productions spéciales. La plaine voisine de la mer, dont la hauteur moyenne est de 45 m., est occupée presque exclusivement par la vigne et l’olivier. Un peu plus loin se trouve la région intermédiaire, comprise entre la plaine et les Cévennes, d’une hauteur moyenne de 200 m., et où le mûrier est la principale culture. Enfin la partie du département couverte par les Cévennes est occupée par des châtaigniers, des mûriers et des prairies. Malgré ses hautes montagnes, cette dernière zone est bien cultivée, grâce à la persévérance et à l’indomptable énergie du Cévenol. Qui pourrait dire la somme de travail et d’efforts qu’il lui a fallu déployer pour arriver à transformer en sol fertile les roches schisteuses et granitiques de ses montagnes ! On peut affirmer qu’il a vaincu la nature dans la plus stricte acception du mot. Les châtaigniers couvrent les hauteurs jadis dénudées et rebelles à toute végétation ; les prairies occupent les vallées et donnent un produit sûr au moyen d’un admirable système d’irrigation. Le mûrier occupe les parties les mieux abritées de cette zone et toute la région intermédiaire. Cette dernière, livrée exclusivement à la culture de la soie, avait acquis, il y a vingt ans, une immense prospérité ; le sol s’y était morcelé à l’infini, sans nuire au progrès agricole ; bien au contraire, on a constaté que les rendements séricicoles étaient plus élevés dans la petite culture que dans la grande. Depui3 1849, les choses ont bien changé : une maladie terrible, à laquelle on n’a pu encore porter remède, a jeté dans la misère ce pays, naguère si florissant ; et cependant on lutte encore, et la patience de l’homme, son activité, son intelligence, finiront sans doute par vaincre le mal ; mais, d’ici la, que de déceptions, que de douleurs devront être essuyées ! Pour le moment, le département compte plus de 2,300,000 pieds de mûriers, occupant environ 16,500 hectares. L’olivier est surtout cultivé dans la plaine voisine de la mer ; son rendement moyen est évalué à près de 300 fr. l’hectare ; mais le lent accroissement de cet arbre et la crainte des gelées tendent à restreindre de plus en plus sa culture ; c’est la vigne qui le remplace ; 75,000 hectares sont actuellement affectés à cette culture, qui produit en moyenne 2 millions d’hectolitres de vin. On cite quelques crus estimés, entre autres ceux de Saint-Gilles, de Lédenon, de Tavel et de Langlade ; mais généralement on s’adonne de préférence à la production des vins communs, hauts en couleur, que le commerce recherche pour le coupage. Cette culture est très-lucrative : on obtient facilement 40 hectolitres et même plus par hectare.

Plus de trente variétés de raisins sont cultivées, dont nous ne donnerons pas la liste ; mais nous citerons les principaux vignobles du pay ? : Chuzelan produit les vins rouges de la côte de Tavel, peu colorés, fins, légers, spiritueux et agréables, qui se conservent très-longtemps, quoique précoces ; Lirac produit des vins de la même espèce ; Saint-Geniez donne des vins plus foncés ; Beaucaire a sur son territoire les vins rouges de Canteperdrix, très-estimés et assez peu colorés ; Saint-Gilles a un article spécial dans notre Dictionnaire. Les vins blancs de Laudun et de Calvisson méritent aussi une mention.

Le châtaignier, qui, comme nous l’avons dit, couvre toute la partie montagneuse du département, est répandu sur une superficie d’environ 16,000 hectares ; il produit en moyenne 340,000 hectolitres de châtaignes, évalués à 3,600,000 fr. Les châtaignes de bonne qualité, telles que le marron, se vendent à des prix avantageux ; cependant on les cultive de moins en moins, parce qu’elles sont moins productives que les grosses variétés communes. Ces dernières, quoique valant près d’un tiers de moins, sont vendues sous

GARD

le nom de marrons sur les marchés de Lyon et de Marseille.

Le département ne produit guère que le tiers do sa consommation en grains ; 26 à 27,000 hectares seulement sont consacrés au froment, et produisent en moyenne chacun 14 à 15 hectolitres de grains. Le dépiquage se fait au rouleau et coûte à peu près 32 centimes par hectolitre.

Les seules essences forestières de quelque importance sont le chêne blanc et le chêne vert, que l’on exploite en taillis tous les quinze ou vingt ans.

Le Gard renferme de vastes marais. Quelques-uns, principalement ceux qui sont situés au bord de la mer, servent de pâturages pendant l’été ; d’autres produisent des joncs que l’on vend pour litière à des prix très-rémunérateurs.

Ce département n’est pas un pays d’élevage ; il tire ses bestiaux de la Lozère et de l’Aveyron. On y compte environ 10,000 chevaux, 25,000 mules et de 6 à 7,000 ânes. Le nombre des bœufs et des vaches ne s’élève pas à plus de 6,000 ; celui des bêtes à laine, au contraire, est de plus de 500,000. Il y a, en outre, environ 45,000 porcs et 15,000 chèvres. En résumé, le département du Gard est aujourd’hui en possession d’une agriculture prospère, dont les progrès incessants peuvent faire concevoir, pour un avenir prochain, les plus hautes espérances. Nulle part peut-être la vigne et le mûrier ne sont mieux cultivés. Les instruments perfectionnés, tels que la charrue Dombasle et la défonceuse Bonnet, sont employés partout avec succès. Malheureusement, l’instruction est encore assez peu répandue. Malgré ce désavantage, la population des Cévennes, comme celle des bords de la mer, est dans un état relativement très-prospère. On pouvait en dire autant de la région des mûriers, avant la maladie des vers à soie.

La culture de la vigne, favorisée par la liberté du commerce des vins, a pris depuis 18G0 une nouvelle extension. Le loyer des fermes se paye généralement en argent, lorsque les propriétaires ne cultivent pas euxmêmes. Dans la région du littoral, beaucoup de grands propriétaires dirigent eux-mêmes, avec le concours d’un chef qui porte le nom de payre (père). Le payre nourrit les autres employés. Le département possède une colonie agricole à Servas et une colonie pénitentiaire de jeunes détenus dans l’arrondissement du Vigan.

Nous avons dit, en commençant, que, pour le climat et les productions, le Gard pouvait être en quelque manière considéré comme le résumé de la France entière. Il résulte de cette situation exceptionnelle, à côté de grands avantages, quelques inconvénients, dont le principal consiste dans les brusques variations de la température. Le seul remède à cela serait un assolement raisonné, une rotation régulière adaptée aux besoins et aux circonstances climatériques de chaque localité. C’est là, malheureusement, ce qui manque à peu près partout. On laisse la terre s’appauvrir par la production d’une série de récoltes épuisantes, et on ne songe a. lui rendre les principes nutritifs qu’elle a perdus que le jour où il n’est plus possible d’agir autrement. li serait à désirer que des propriétaires intelligents,

— et il n’en manque pas dans le Gard,

— donnassent le bon exemple d’introduire la culture alterne, qui fait produire la terre sans l’épuiser. Ce serait la le vrai moyen d’obvier aux inconvénients du climat et d’atténuer les désastres occasionnés par la maladie des vers à soie.

Le département du Gard est l’un des plus riches de la France sous le rapport de l’industrie des mines et de l’industrie métallurfique. On y compte, en effet, 24 mines de ouille occupant 4,785 ouvriers et produisant 7,446,299 quintaux métriques de houille ; 23 mines de lignite ; 17 mines de fer, produisant 653,200 quintaux métriques de fer ; 6 mines do pyrites de fer ; 3 mines d’antimoine sulfuré ; 2 mines de galène argentifère ; 2 mines de zinc ; 4 mines de bitume ; 9 marais salants exploités, ayant fourni, en 1860, 546,567 quintaux métriques de sel. Citons encore les carrières de marbre du Vigan, de Saint-Brès et de Collias ; les carrières de plâtre de La Salle, d’argile à poterie de Suint-Quentin, de pierres a bâtir, de pierres lithographiques et de pierres meulières. L’industrie manufacturière compte de nombreuses filatures de coton, de laine et de soie, des teintureries, des tanneries, des corroieries, des fabriques de châles ; tissage de mouchoirs, fichus, cravates de soie unies et façonnées, foulards, tapis, moquettes, couvertures de laine ; passementerie, chapellerie, bonneterie ; fabriques de colle forte, cartons, instruments aratoires, poteries, verreries, etc. Toutes ces riches productions agricoles et industrielles donnent lieu à un important mouvement commercial, dont les principaux articles sont les vins, les soies et les produits métallurgiques.

GARDA (lac de), en italien lago di Garda, en latin lacus Benacus, lac de l’Italie septentrionale, entre les provinces de Brescia et de Vérone. C’est le lac le plus considérable de toute l’Italie, car il a 43 kilom. de longueur sur 16 de largeur et 298 mètres de profondeur extrême. Dans la partie septentrionale, le bassin de ce lac se trouve resserré entre les monts Brado, Tremalgo et Frnine ; en s’avan GARD

1017

çant vers le S., il s’élargit considérablement^ et la partie méridionale est entourée de collines appelées eolli Benaeesi, qui s’abaissent sur les rives en pentes fort douces. À l’extrémité S. s’avance, dans le lit du lac, la Eéninsule de Sermione. Catulle, séduit par la eauté de sa situation, y avait fixé sa résidence, et l’on présume que les restes d’habitation qu’on y voit encore sont les débris de sa demeure ; aussi appelle-t-on ces restes les grottes de Catulle. Virgile et plusieurs poètes modernes, notamment Algarotti, ont célébré ce beau lac. Virgile a comparé les tempêtes qui y soulèvent les vagues à celles de la mer : Fluctibuê et fremitu assurgtns Benace marino.

Algnrotti a dit, de son côté, en parlant des sites délicieux qu’offrent les bords du lac :

Qui d’Aquilon non temono gli oltraggi I vivi aranci, ma di fior le chiome Anche ai più brevi di spiegano ornate ; Qui l’xtmil vigna i tralci tencreili Spiega al tepido ciel, la quereia annosa Cojrre l’aria co’ rami, il suoV con Vombra...

Au commencement do l’été, le niveau du lac s’exhausse considérablement, à cause do la fonte des neiges. Ses eaux sont très-pures et d’une limpidité telle, qu’on aperçoit à une grande profondeur le fond du lac, qui est presque partout inégal ; leur tempôraturo est de quelques degrés au-dessus do celle de l’atmosphère ; vers le fond, elles sont très-froides en été et très-chaudes en hiver, lors même que leur surface est presque gelée. Il est très-probable que le lac de Garda a été jadis beaucoup plus considérable et qu’il s’amoindrit tous les jours. Co rétrécissement serait, sans doute, plus rapide si des sources intérieures ne compensaient en partie la perte des eaux produite par l’évaporation et par l’écoulement du Mincio, qui s’en échappe par la partie la plus méridionale. On remarque, en effet, dans le fond du lit, des courants assez rapides, mais qui ne suivent pas de direction fixe et constante. Le lac de Garda nourrit une quantité considérable de poissons renommés, les uns pour leur saveur exquise et les autres par leurs proportions tout exceptionnelles. Ony pêche surtout des aloses, des anguilles, de3 carpes, des brochets, des tanches et des carpions, espèce particulière à ce lac. Les rives offrent au naturaliste plusieurs espèces de coquillages qui se distinguent par la beauté et la variété de leurs couleurs. ■ Les collines qui s’élèvent sur ses rives, dit le Nouveau Guide du voyageur en Italie, sont peu fertiles en grains ; mais, en revanche, elles étalent aux yeux du voyageur des bosquets d’orungers, de mûriers et de festons de vignes. Le délicat olivier croît et se multiplie avec succès sur les collines de la rive méridionale. Sur ses bords se voient une foule de jolis villages et de petites villes, dont la plupart possèdent des ports sûrs et commodes qui favorisent singulièrement l’activité de la navigation du lac et donnent au commerce en général une grande importance. Le plus considérable de ces ports est celui de Desenzano, d’où l’on exporte dans le Tyrol les grains de la province de Mantoue et de Brescia. >

GARDA, bourg d’Italie, dans laVénétio, sur la rive orientale du lac auquel il a donné son nom, prov. et U 26 kilom. de Vérone ; 950 hab. Pèche très-active. Commerce d’huile d’olive. Aux environs, pierre d’un blanc mat et d’un grain très-fin, fort recherchée par les sculpteurs.

GARDABLE adj. (gar-da-ble — rad. garder). Que l’on peut garder, qui est facile à garder ou qu’il est permis de garder : En été, ces viandes ne sont pas gardables.

GARDAFBI (cap). V. Gbardafui.

GARDAGE s. m. (gar-da-je — rad. garder). Féod. Droit de garde.

GARDANE (Joseph-Jacques), médecin français, né à La Ciotat (Provence) au xvmo siècle. Après avoir passé son doctorat à Montpellier, il se rendit à Paris, où il devint docteur régent, de la Faculté de médecine. Gardane s’occupa particulièrement de l’hygiène publique, de la maladie vénérienne, et acquit en peu de temps une grande réputation. Ce fut lui qui substitua un mode de traitement simple et facile à celui qu’on employait alors pour les malheureux vénériens entassés à Bicêtre, où on leur appliquait une méthode curative aussi rebutante que pernicieuse. Ce fut également lui qui, pour diminuer la propagation des maladies vénériennes, proposa de soumettre les filles publiques à des visites périodiques, mesure qui fut adoptée. Enfin Gardane rendit également d’importants services comme membre du bureau des nourrices. On a de lui plusieurs ouvrages, dont les principaux sont : Observations sur la meilleure manière d’inoculer la petite vérole (1767) ; Considérations sur l’électricité médicale (1768) ; Avis au peuple sur les asphyxies ou morts apparentes et subites (1771) ; Manière sûre et facile de traiter les maladies vénériennes (1173) ; Des maladies des créoles en Europe, avec la manière de les traiter et des observations sur celtes des gens de mer (1784, in-4°).

GARDANE ou GARDANNE (Antoine), général français, né en Provence vers 1760, mort en 1807. Il avait servi et vivait dans la retraite lorsque éclata la Révolution, dont- il

128