Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 3, Frit-Gild.djvu/91

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se débattre contre les mille petites réalités lie la vie, et n’était que trop souvent vaincu. Ce n’était pas le pain seulement qu’il fallait à Gaillard Augier ; il était immodérément porté vers un genre d’existence contre lequel sa bourse (s’il en avait une) protestait énergiquement. Il n’y avait qu’un moyen pour les poètes du temps de mener folle et joyeuse vie, c’était de se mettre à la suite d’un grand seigneur, et tau roudië (charron) dé Rabaslens rie s’en fit pas faute. Après avoir rudement guerroyé sous la bannière de Guillaume de rilerm et du vicomte de Montclar, il quitta la hallebarde pour le rebec et le violon, et courut de fête en fête, faisant danser les fillettes et les bons garçons. Les seigneurs, égayés de ses bons proupos, le convièrent a leurs festins, et lui, qui n’était pas honteux, ne craignait pas de leur demander force beaux écus qu’on lui accordait d’ailleurs assez facilement. Tout cela est consigné dans : Lou banquet d’Augié Gaillard, rondiê de Itabas.tens en Albîgez, al cal banquet a belcop de sortos de meises per so que tout lou moun 7i’est pas d’un youst. Lou tout dédiât à Mousieur de Seré, seiijlwur de Courronsac ; c’est-à-dire : Le banquet d’Augier Gaillard, maître charron de liabastens en Albigeois, auquel banguet il y a plusieurs sortes de mets, parce que tout le monde n’est pas du même goût. Le tout dédié à monsieur de Seré, seigneur de Corronsac. En tête de l’édition se voit 14 portrait de l’auteur, déjà sur le retour. Avec quelle candeur il raconte sa vie dans ces pages intimes 1 0 naïveté des premiers âges de notre poésie :

Pour me glorifier je n’ay point fait ce livre, Ni pour penser aussi mon nom esterniser ; Je l’ai fait seulement pour voir et adviser Si Testât de rimeur me donneront & vivre.

Voye^-vous, pour cet homme, être charron ou poste, c’est tout un. Il ne peut vivre avec ses roues, il vivra peut-être de ses vers. Avant tout, il faut vivre ! Et Dieu sait en quelle pénurie se trouvait le pourpoint de messire Gaillard. Jugez-en :

J’ay un autre mesticr, lequel je voudrais suivre, Qu’est Testât de rodier qu’il ne faut mépriser ; Mais il me cousteroit de faire authorizer, Et tout le bien que j’ay ne vaut pas une livre.

Pas une livre ! Est-il quelque chose de plus dénué ici-bas que l’était Augier Gaillard ? Il a cependant eu quelque opulence ; jadis, J’ay garnie boutique îx mon pays deux fois, Que toujours m’ont pillée mes livres et mon bois ; Et, me voyant pillé, il faut que je vous die Que me suis mis à lire et à rimer aussi ; Mais pour autre raison je n’ay point fait ceci. Sinon tout seulement que pour gagner ma vie.

Pour peu que vous insistiez, ce malheureux se mettra à vos genoux et vous demandera pardon de faire des vers. Quelle humilité ! Quelle leçon pour ceux qui peuvent comprendre ! Ce n’est pas a lui que Voltaire eût été forcé de dire : « Mon ami, faites des... roues. » Figurez-vous que Gaillard avait un petit fonds de commerce, l’espoir de sa vie, mais que deux, fois

Lui ont pillé ses livres et son bois,

parce qu’il était partisan de la Réforme. Lui représente ici les catholiques. Bien mieux, H eut à subir des persécutions comme un véritable martyr. Chassé de ville en ville, il fut obligé de se réfugier dans le Béarn et profita de l’occasion pour demander un secours à Henri IV. Le futur roi de France, toujours bon, quoique pauvre, lui donna 100 écus. Un jour, Gaillard déclara sérieusement qu’il allait mettre fin à cette vie romanesque et couronner ses folies par son mariage avec une négresse. Il ne lui manquait plus, pour allumer les flambeaux, de l’hyménée et multiplier un peu, comme il le dit plaisamment, qu’une petite rente de 50 écus, en qualité de poète nécessiteux. La pension fut peut-être accordée, mais la négresso était une pure invention de ce facétieux personnage. Gai jusqu’au bout, il se composa une épitaphe qui n’est pas la moins humoristique de toutes celles qu’on s’est faites à soi-même :

Ci-gîst Augier qu’on regrette bien fort. Car il rimoit mieux que nul de sa race ; Et sa maitresse est cause de sa mort : Que maintenant elle fat en sa place !

S’il parait peu enchanté de sa maîtresse, il a pour lui-même un peu plus de complaisance et se proclamerait volontiers immortel. On ne peut lui refuser une grande facilité, beaucoup de sel, grossier souvent, mais parfois assez fin, la perpétuelle bonne humeur d’un esprit toujours en fête, et on lui pardonne ses gaillardises parce qu’il amuse toujours. Au recueil que nous venons de citer, le poeta a ajouté un second livre intitulé : Lou libre gras, titre engageant pour les pantagruélistes, en majorité à cette époque de sève surabondante. C était par un calcul fort ingénieux et assez connu de nos jours que cette addition avait été faite. Il lui restait 200 exem-Elaires de son premier ouvrage, et il comptait ien les faire passer à la faveur du Livre gras. On a encore de lui : les Amours prodigiouses d’Augier Gaillard, rodier de liabastens, en Albigeois, mises en vers français et en langue albigeoise ; avec six outsept requestes et autres belles et plaisantes ’choses, A madame... (Sans nom de lieu, 1592). GAILLARD (Antoine), sieur de La Porte-

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Modèle:Semeillb, poëte français, qui vivait dans la première moitié du xvue siècle. On ne sait rien de la vie de cet écrivain uniquement connu par un ouvrage intitulé : Œuvres mêlées (Paris, 1834, in-8°). Dans cet écrit, il prétend être laquais, valet de pied de l’archevêque d’Auch, joueur de flûte, et s’appelle le docteur de ce temps, le philosophe naturel. Il y a tout lieu de croire que le nom d’Antoine Gaillard est un pseudonyme et que le laquais, qui se vante d’être « un miracle en la nature et au nombre des escrivains de la France, » était un seigneur de la cour du parti de Gaston d’Orléans. On comprendrait difficilement, en effet, qu’un valet eût adressé, comme le fait Gaillard, des lettres à la duchesse de Chevreuse, à la princesse de Guéméné, etc. Quelle que soit la vérité sur ce point, on voit par la lecture des Œuvres mêlées que leur auteur était plein d’entrain, de verve railleuse et qu’il connaissait à fond son Rabelais. On y trouve une extrême grossièreté d’expression, une grande licence d’images, les mots les plus fortement épicés, de mordantes et spirituelles railleries a l’adresse de plusieurs personnages du temps, entre autres de Mlle do Gournay et du ridicule poëte Neuf-Germain. Dans les Œuvres mêlées, ouvrage très-recherché des bibliophiles, on trouve une comédie intitulée : le Cartel ou le Défi entre Braquemart et Gaillard. Une autre petite comédie, dans le genre pastoral et spirituellement versifiée, fa Carline, parut en 1G2G, sous le nom d’Antoine Gaillard, et est évidemment du même écrivain.

GAILLARD (Jacques), pasteur et professeur de théologie à Montauban, né dans cette ville vers 1620, mort à Leyde vers 1600. Il fut banni à perpétuité sous prétexte qu’il avait fomenté une rébellion dans sa ville natale. Voici à quelle occasion. L’évêque avait demandé, en 1629, de nommer lui-même les régents de l’académie protestante ; prétention singulière, mais non rare, qui fut repoussée. Toutefois" les protestants, invités à contribuer à la construction d’un collège pour les enfants catholiques de la ville, cédèrent spontanément pour cela la moitié du collège qu’ils possédaient. Le voisinage des jésuites et des huguenots n’était pas sans danger ; de leur côté, les jésuites cherchaient et trouvaient de nombreuses occasions de division. En 1660, ils dressèrent dans la cour du collège un théâtre où leurs élèves.devaient représenter une tragédie. Les étudiants protestants virent là une provocation, et une rixe éclata. Les consuls, accourus pour apaiser l’émeute, eurent grand’peine à s’échapper. La ville fut militairement occupée, les murailles rasées, l’académie transférée à Puylaurens, deux protestants pendus, deux autres envoyés sur les galères et Gaillard banni a perpétuité. Il se retira en Hollande, où il desservit l’Église wallonne de Bois-le-Duc, à partir de 1662. Quatre ans après, il fut nommé pasteur à Leyde, professeur de théologie et recteur du collège français. Ses ouvrages sont : la Généalogie de Jésus-Christ avec le démêlement des difficultez qui se rencontrent dans cette généalogie (Leyde, 1683, in-S°) ; Spécimen qussstionum in nouum instrumentum, deFilio Rominis (Lyon, 1684, in-4°). Bayle dit de ce livre : ■ M. Gaillard publie ici une vingtaine de problèmes sur des points de théologie fort considérables, et il en donna la résolution en homme qui en a profondément examiné la matière et qui médite sur ce qu’il dit. » Melchisedecus Christus unus, rex justitix, rex pacis, seu exercitationes XII de Melchisedeco (Lyon, 1686, in-8°).

GAILLARD (Honoré Reynaud de), prédicateur et jésuite français, né k Aix en 1641, mort à Paris en 1727. Les succès qu’il obtint comme prédicateur le firent appeler à Paris et à Versailles, où il prêcha onze fois le carême et trois fois l’avent devant la cour. 11 devint ensuite confesseur de la reine d’Angleterre, recteur du collège de Paris et enfin supérieur de la maison professe de Saint-Louis. Le P. Gaillard, qui « n’avait du jésuite que l’habit, > d’après Saint-Simon, était seulement, d’après l’abbé Longuerue, un peu moins jésuite qu’un autre. Il parait avoir différé de doctrine, mais sur des points fort Deu essentiels, avec les membres de sa compagnie. On a de lui quatre Oraisons funèbres qui ont été publiées séparément ; ce sont celles de Louis de La Tour d’Auverge (1693) ; de Harlay de Champvallon, archevêque de Paris (1693) ; de Henri-Jules de Bourbon, prince de Condé (1709) ; de Louis, dauphin, et de Marie-Adélaïde de Savoie (1712).

GAILLARD (Pierre-Alexandre), connu aussi SOUS le nom de Chevalier de la bataille, né à

Rouen en 1708, mort en 1779.11 était fils d’un trésorier de France. Il débuta dans la littérature, dit son biographe normand, par un libelle contre une actrice devenue célèbre, M’ie Clairon, qui vint à Rouen, en 1738, avec la troupe de comédiens dirigée par Lanoue. Ce libelle, plus qu’injurieux, était un acte de basse vengeance de la part de son auteur, qui, après avoir fait agréer ses hommages à 1 actrice, n’avait pu lui pardonner de se voir éconduit. On l’a plusieurs fois réimprimé sous les titres suivants : Mémoires de MlleFrétillon (La Haye [Paris], 1740, in-12) ; Mémoires de MUe Crosnel, dite Frétition, actrice de la Comédie-Française, écrits par elle-même (La Haye [Paris], 1780, in-12).

On a encore de Gaillard deux romans inti GAIL

tulés : Mémoires du comte de Kérmaiec (Paris, 1740, 1741, 2 vol. in-12) ; Jeannette seconde on la Nouvelle paysanne parvenue (1744, 3 parties in-12).

GAILLARD (Gabriel-Henri), historien et publiciste français, né à Ostel, près de Soissons, . en 1726, mort en 1806. Il abandonna le barreau pour les lettres, où il débuta par des ouvrages élémentaires sur la rhétorique (1745), prit une part importante à la rédaction du Journal des savants, et se fit connaître par des travaux historiques qui lui ouvrirent les portes de l’Académie des inscriptions en 1760. Admirateur de Voltaire, il dut à ses actives démarches un fauteuil a l’Académie française (1771). Gaillard fut aussi, pendant quarante années, l’ami de Malesherbes, dont il a publié la Vie (1805, in-8°). Retiré, sur la fin de sa vie, à Saint-Firmin, près de Chantilly, il y travaillait, dit-on, des journées entières au pied d’un arbre, vivant de pain et de fruits. À une profonde érudition, il joignait un style toujours clair, mais souvent dénué de chaleur. On a critiqué sa méthode historique, qui rompt l’enchaînement des faits, en traitant a part ce qui est relatif à la politique, à l’administration, à la religion, aux lettres et aux arts. Nous citerons de lui : Histoire de François Ier (1766-1769, 7 vol. in-12) ; Histoire de la rivalité de la France et de l’Angleterre (1771-1777, n vol. in-12), livre où ont puisé tous les écrivains postérieurs

?ui ont-traité le même sujet ; Histoire de Charemagne (l"82, 4 vol. in-12), le plus médiocre

des ouvrages de l’auteur ; Histoire de la rivalité de-la France et de l’Espagne (1801, 8 vol. in-12) ; le Dictionnaire historique de l’Encyclopédie méthodique (1789-1804, 6 vol. in-4°) ; Mélanges académiques (1806), contenant des éloges et des morceaux de littérature, dont plusieurs ont été couronnés par l’Académie Française.

GAILLARD (Jacques-Auguste), né au Havre en 1750, mort dans cette ville en 1825. C’était un garde-magasin de l’arsenal et souscommissaire de marine qui avait, dit-on, beaucoup de savoir et qui consacrait ses loisirs aux sciences et aux lettres. On cite de lui les ouvrages suivants : Concordance des dates de l’ancien calendrier grégorien avec celles du calendrier républicain (Le Havre, in-4») ; Tables de réduction des anciennes mesures en nouvelles, et des nouvelles en anciennes, avec divers documents relatifs au système métrique, décrété le ier août 1793 et le 18 brumaire an III (Le Havre, in-4») ; Tables de réduction des mesures sur le bois de chauffage (Le Havre, in-4°) ; Traité abrégé et méthodique du calcul des nombres décimaux (in-4o). Gaillard appartenait, comme membre correspondant, à plusieurs sociétés savantes. Il avait écrit une Histoire du Havre restée inédite, « ce qui est fort regrettable, » dit Lebreton.

GAILLARD (Maurice - André), magistrat français, né à Château-Thierry en 1757, mort à Paris en 1844. Oratorien avant la Révolution, il remplit dans le nouvel ordre de choses diverses fonctions administratives, puis devint successivement juge de paix de Tournan, juge au tribunal criminel de Seine-et-Marne, président de la cour criminelle de ce département, conseiller à la cour de Paris1810) et conseiller à la cour de cassation 1815). Gaillard fit partie du Corps législatif le 1805 à 1810. On a de lui : Des qualités et des droits d’un président de cour d’assises (Paris, 1832, in-8<>).

GAILLARD (Emmanuel), né à Rouen en 1779, mort dans cette ville en 1836. Il était fort jeune quand il commença à se livrer avec ardeur aux travaux d’archéologie et d’histoire. Admis à l’Académie -de Rouen, il devint secrétaire perpétuel de cette compagnie pour la classe des lettres ; il faisait aussi partie de la Société d’agriculture, où il remplit les mêmes fonctions, et de la Société des antiquaires de Normandie. Il a publié, dans la Revue anglo-française, des notices sur Jacques d’Harcourt, Henry Clément, maréchal de France, et Baliol, roi d’Écosse. Ses autres productions sont une Notice sur le balnéaire de Lillebonne, qui lui valut une médaille d’or de l’Académie des inscriptions, et une Notice sur la statue en marbre blanc, trouvée au même lieu en 1828. Ce personnage s’occupait depuis longtemps, en outre, d’un projet de biographie des hommes remarquables de la province de Normandie, mais il paraît qu’il ne put mener cette entreprise à bonne fin. Th. Lebreton a été plus heureux, et son œuvre est appelée à rendre de grands services à l’histoire. Emmanuel Gaillard fut un des propagateurs les plus zélés des comices agricoles. Son successeur à l’Académie de Rouen s’exprimait ainsi à son sujet : « Doué d’une imagination vive, trop vive peut-être pour un antiquaire, M. Emmanuel Gaillard avait tous les avantages de cette qualité, mais il en avait nécessairement les défauts. Les archéologues, les amis de notre histoire lui doivent de la reconnaissance. Ses travaux longs et consciencieux ont fait connaître ou remis en lumière beaucoup de faits qui, sans lui, peut-être, seraient restés plongés dans l’oubli. Ses recherches indiquent qu’il était riche d’une grande instruction et qu’il appliquait souvent à propos les trésors de l’étude acquis pendant une laborieuse jeunesse. Parmi les noms dont la Normandie s’honore, nous pou"vjus inscrire le sien, car c’est celui d’un sa GÀÎL

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vant dont la vie a été employée à relever la gloire de son pays.

GAILLARD (Louis-Nicias), magistrat et jurisconsulte français, né à Parthenay (Deux-Sèvres) en 1804, mort à Paris en 1865. Après avoir fait de brillantes études classiques à Niort et à Poitiers, et de sérieuses études de droit dans cette dernière ville, il y fut reçu avocat en 1824. Dès ses débuts, L se fit remarquer par le soin extrême qu’il apportait à l’examen des affaires, par une aptitude remarquable aux luttes du barreau] enfin par

une élégance et une pureté d’élocution qui faisaient présager cette éloquence entraînante dont ses discours resteront le modèle. En 1832, c’est à lui que s’adressèrent, dans une circonstance capitale, quelques partisans de la branche aînée, compromis de.ns la triste et mémorable tentative faite en Vendée par la duchesse de Berry. L’accusation était soutenue par les deux chefs du parquet de Poitiers, MM. Gilbert-Boucher, procureur général, et M. Mesnard, premier avocat général. Révélant devant la cour d’assises une éloquence que les procès civils ne lui avaient pas permis de déployer, il tint tête pendant plusieurs heures à une accusation soutenue par deux orateurs émérites. Il ne quitta le terrain que la bataille gagnée, c’est-à-dire ayant sauvé les têtes qu’il défendait. Une cause plaidée avec tant de talent attira sur le jeune défenseur l’attention du garde des sceaux, qui le nomma avocat général à Poitiers, et, quelques années après, procureur général à Metz. À peine venait-il de prendre possession de ce poste (mars lf !41), qu’une émeute terrible éclata à Toulouse, soulevée par les opérations du recensement. Le gouvernement jeta les yeux sur le nouveau procureur général de Metz pour ramener l’ordre dans cette grande cité, où les passions politiques revêtent si souvent un caractère de violence difficile à calmer, et son espoir ne fut pas déçu. À force de fermeté, d’énergie mitigée par beaucoup de tact et un grand esprit de conciliation, M. Nicias Gaillard sut tout à la fois donner satisfaction à la toi et faire rentrer l’apaisement dans les esprits.

Chef du parquet de Toulouse, M. Nicias Gaillard fit admirer une science profonde du droit ancien et moderne, une intelligence remarquable des difficultés juridiques, une pei> spicacité, une rectitude de jugement qui lui ouvrirent les portes de la cour de cassation, où il fut nommé avocat général le 11 juillet 1846, puis premier avocat général le 25 août 1849. Enfin, le 15 juin 1856, il était nommé commandeur de la Légion d’honneur, et quelques mois après, le 16 novembre de la même année, il succédait à M- Mesnard. comme président de la chambre des requêtes. Pendant neuf années, il siégea, luttant contre la maladie qui, alimentée par un travail excessif, devait l’emporter k soixante et un ans. Après un séjour inutile aux eaux de Plombières, il reprit son siège à la cour et ne le quitta, pour ainsi dire, que la veille de sa mort.

M. Nicias Gaillard a écrit de nombreux opuscules dans lesquels on retrouve la trace des études variées et profondes auxquelles il aimait a se livrer. Il nous est impossible de citer les articles donnés aux revues de droit, les notices biographiques ou bibliographiques, les discours qui le présentent sous un aspect nouveau, qui décèlent un véritable talent d’écrivain.

Comme œuvres purement juridiques, il faut citer plusieurs rapports au congrès do Poitiers sur la légitimation, la réforme du système pénitentiaire, etc., un Traité des copies des pièces (1839), trois Mémoires sur la très-ancienne coutume du Poitou, dont il avait

retrouvé, dans les archives de Poitiers, un exemplaire imprimé en 1486 ; (te nombreux articles sur des matières de droit très-variées, qui furent publiés dans la Revue étrangère de Fœlin, la Revue de législation de Wolowski, le Journal de droit criminel de Morin, la Revue critique de législation et de jurisprudence, le Droit, etc. ; enfin De la contribution du légataire universel aux dettes de la société (1852, in-8°) ; Du testament mystique (1857, in-so).

GAILLARD DE LONJITiilEAU (Jean), prélat français, né à Aix (Provence) en 1634, mort en 1695. Il descendait d’un contrôleur général des finances sous Louis XI. Nommé évêque d’Apt en 1673, il s’appliqua à la culture des lettres et des sciences, conçut l’idée d’un grand dictionnaire historique universel, fit faire, pour l’exécution de cet ouvrage, de nombreuses recherches dans divers pays, et confia l’exécution do cet important travail au savant Moréri, qui lui dédia la première édition du Dictionnaire historique (Lyon, 1694).

GAILLARD DE SAINT-GERMAIN (Marie-Louis-Stanislas de), archéologue français, né à Saint-Germain-la-Poterie (Oise) en 1816, mort en 1852. Il se livra d’une façon toute particulièr.e à l’étude de l’archéologie et de la musique. On a do lui, entre autres écrits : Notice historique et descriptive sur l’église de Saint-Étienne de Beauvais (1843) ; Lettres sur l’archéologie musicale et le chant catholique (1846) ; Pèlerinage archéologique en Beauvoisis, dans les Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie (1846).

GAILLARDE s. f. (ga-llnr-de ; U mil.). Bo» Genre de plantes. V. qmllsedh.