Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 4, Gile-Gyz.djvu/14

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vages qui amenèrent un avortement, il se débarrassa, d’elle en l’enfermant dans un couvent, et’continua avec d’autres pénitentes, dont deux furent enceintes de ses œuvrej, ses scandaleux débordements, sanctifies par de honteuses maximes adroitement exploitées, et entremêlés d’extases, de visions et de jongleries prétendues miraculeuses. Sur les instances des frères de la Cadière, il fut accusé de séduction et de magie ; mais, soutenu par les jésuites, qui de sa causte firent leur propre cause, d’accusé il devint accusateur. Ou corrompit les témoins, on fit de la terreur, et le parlement d’Aix, par douze voix contre douze qui voulaient sa mort, le renvoya aux juges ecclésiastiques, qui se hâtèrent de l’absoudre (1731). Au milieu du soulèvement général de l’opinion publique, les jésuites trouvèrent assez de puissance pour accabler la famille tout entière de la victime et ceux qui l’avaient soutenue. Pendant que de nombreuses proscriptions étaient arrachées à la lâcheté des magistrats et à la complaisance de certains prélats, que Catherine Cadière disparaissait sans qu’on sût ce qu’elle était devenue, le misérable Père se voyait glorifié par la compagnie de Jésus, qui, à sa mort, arrivée deux ans après l’arrêt du parlement, le proclamait suint et martyr. [V., pour tous les détails de cette triste affaire, qui fit un bruit considérable en son temps, notre article Cadièrh (procès de- la).] Les pièces de cette cause célèbre, que le fanatisme religieux s’est plu ù défigurer en accablant la victime, ont été publiées sous plusieurs formes : Procédure du f. Girard et de ta Cadière (Aix, 1733, 1 vol. m-t’ol.) ; Histoire du procès de la Cadière (Causes célèbres, Amsterdam, 1772, 2« vol.) ; la Sorcière, par Michelet (1862, pages 319 et suiv.), etc.

GIRARD (François), ecclésiastique français, né à la Guiilotière, un des faubourgs de Lyon, -vers 1735, mort à Paris en 1811. Curé de Saint-Landry k Paris au moment où éclata la Révolution, Girard adopta les idées nouvelles, se prononça en faveur de la constitution civile du clergé, devint, en 1791, un des vicaires généraux de l’évêque Gobel, et fut chargé d’assister Marie-Antoinette a ses derniers moments. Par la suite, Girard fut chanoine de Notre-Dame de Paris. On a de lui ; Instruction sur la constitution civile du clergé prononcée par un curé de Pans (1791, in-go).

GIRARD, dit Vieux (baron), général français, né k Genève en 1750, mort à Arras en

1811. It servit en France dans les gardes suisses, adopta les principes de la Révolution et fut nommé général de brigade en 1793. Girard se conduisit avec la plus grande distinction à Weissembourg, k Biberach, à

Ogeltshausen, au val d’Knfer (1796), où il culbuta les Autrichiens, prit une grande part à la réunion de Genève à la France (1797), et reçut le titre de baron, en récompense de la façon brillante dont il combattit à Essling et à Wagram.

GIRARD (Stephen), né à Péngueux en 1750, mort à Philadelphie en 1831, Il appartenait à des parents pauvres qui, pour

alléger leurs charges, l’embarquèrent comme mousse k Bordeaux, sur un bâtiment en partance pour New-York. Arrivé en Amérique, il se livra k l’industrie et au commerce, acquit des sommes considérables, établit une banque, eut un grand nombre de navires k lui, et laissa en mourant une fortune de 70 millions de francs. Son avarice était extrême. Il ne fit que des le^s insignifiants à sa famille, et constitua la ville de Philadelphie sa légataire universelle, en réservant 10 millions à l’établissement d’un collège pour l’éducation de cinq cents enfants pauvres. Par une clause assez raisonnable, il défendit qu’aucun prêtre, d’aucune religion, fût employé dans ce collège, et pût même y pénétrer sous quelque prétexte que ce lût : les enfants devaient être élevés, suivant son expression, dans la « pure inorale, » afin que, arrivés à l’âge de la raison, ils pussent choisir, en connaissance de cause, • le chemin qui devait les conduire vers une autre existence. ■ -

GIRARD (l’abbé Antoine-Gervais), humaniste français, né k Joux (Doubs) en 1752, mort en 1822. Il fut directeur du collège de Rodez, et forma dans cet établissement des élèves distingués, parmi lesquels on cite M. de Frayssinous. On lui doit l’ouvrage suivant, qui eut un légitime succès et qui se réimprime encore aujourd’hui ; Préceptes de rhétorique tirés des auteurs anciens et modernes (1787, in-12).

GIRARD (Gaspard), médecin français, né k Lyon en 1754, mort en 1830. Il pratiqua son art dans cette ville, où il devint, en 1821, président de lu Société de médecine. Ses principaux écrits sont : Essai sur le tétanos rabien (Lyon, 1809. in-8°) ; Observations relatives à la ligaturé du cordon ombilical (Lyon,

1812, in-8°) ; Mémoires et obseruations de médecine et de chinu-gie pratiques (Lyon, 1820).

(HIIAHD (Jean-Baptisto), on religion le P. Grégoire tiiruni, célèbre pédagogue suisse, no à Fribourg en 1765, mort dans la même ville en 1S50. Son père, négociant honorable et aisé, avait vu quinze enfants, et, pour faciliter l’insliuotion d’une si nombreuse famille, il avait établi comme règle dans sa maison que les aînés aidoruicm fi instruire

cura

leurs cadets. Jean fut appelé à son tour à remplir le rôle de moniteur auprès de ses frères et sœurs moins âgés-. C’est ainsi qu’il fit le premier apprentissage de l’enseignement mutuel, qu’U devait introduire plus tard dans son école. À dix ans, il fut envoyé au collège des jésuites. A seize ans, après avoir fait ses classes, il resta un moment indécis entre l’état militaire et la vie monastique ; mais il se décida pour cette dernière, et entra chez les cordeliers de Lucerne, en échangeant son prénom de Jean-Baptiste contre celui de Grégoire. Les cordeliers l’envoyèrent dans plusieurs de leurs couvents, ou il remplit les fonctions de professeur. Ce fut à "Wurtzbourg qu’il fut ordonné prêtre par l’évêque de cette ville, prélat aussi éclairé que vertueux, qui cherchait k répandre l’instruction populaire en fondant de nombreuses écoles et en améliorant les méthodesd’enseignement. Le P. Girard passa quatre ans dans la capitale de la Franconie, et ce temps ne fut pas perdu pour lui ; il porta surtout son attention sur les améliorations introduites dans les écoles. De 1790 k 1799, le jeune eordelier exerça son ministère ecclésiastique ’» Fribourg, où il se fit connaître comme.prédicateur, en même temps qu’il enseignait la philosophie aux novices de son couvent. 11 lut ensuite chargé de desservir là première église catholique qui fut rouverte à Berne depuis le temps de la réformation. Pendant qu’il remplissait cette fonction difficile de manière à conquérir l’estime des protestants eux-mêmes, il s occupa, beaucoup de pédagogie et d’instruction publique ; il alla visiter "école de Pestalozzi, et se lia avec cet habile instituteur. En 1804, il futrapppelé k Fribourg pour y diriger les écoles primaires de la ville, et, en peu de temp’s, le nombre des élèves B’éleva de soixante k quatre cents. En 1815, le P. Girard introduisit dans ses écoles l’enseignement mutuel, avec les modifications

qui lui parurent nécessaires. Chaque classe tnt divisée en cours et en cercles ; lui-même composa les cahiers qui servaient à l’enseignement dans les cercles, et il ne cessait jamais de surveiller les élèves chargés d’instruire leurs condisciples au moyeu de ces cahiers. Les progrès qu’il obtenait ainsi étaient extraordinaires, et sa réputation s’accroissait chaque jour.

Mais un parti puissant se forma contre lui et contre un système d’enseignement qui paraissait trop libéral : les jésuites furent appelés à la direction de l’enseignement supérieur. On faisait un crime au P. Girard de préférer la persuasion a la- contrainte dans la discipline de son école ; on l’avait dénoncé à Rome comme philosophe, et même comme suspect d’hérésie. Le grand conseil de Fribourg, effrayé par les bruits inquiétants que l’on faisait courir, crut devoir, en 1823, voter la suppression d& l’enseignement mutuel. Les amis du P. Girard, indignés de cette décision, furent sur le point de prendre les armes pour résister-, mais il les engagea lui-même k se soumettre, et se retira au couvent de son ordre, k Lucerne, où il publia, en allemand, un Cours de philosophie qui se distinguait par la clarté du style et la constante élévation des pensées. En 1835, il retourna dans son monastère de Fribourg, et, quoiqu’il fût déjà fort avancé en âge, il eut le courage d’entreprendre et de mener k terme la composition d’un ouvrage important sur l’éducation, qui est le résultat de toutes les observations que lui avait suggérées sa longue expérience des écoles. Le Cours éducatif de la langue maternelle, écrit qn^français, fut publié k Paris, en 1844 (7 vol. iu-12). L’Institut de France, jugeant que les vues neuves et toujours essentiellement pratiques répandues dans cet ouvrage méritaient une récompense spéciale, lui accorda un prix de 6,000 francs, et l’Académie des sciences morales et politiques reçut l’auteur parmi ses membres correspondants. Le P. Girard vécut encore jusqu’à l’âge de quatre-vingt-cinq ans. Une statue en bronze fut érigée k sa mémoire, en 1860, sur la place publique de Fribourg. On y lit cette inscription : • Au bienfaiteur de la jeunesse, au père du peuple fribourgeois, au philosophe chrétien, au moine patriote, ses disciples et admirateurs de Suisse, de France, d’Allemagne et d’Italie. •

GIRARD (Pierre-Simon), habile ingénieur français, membre de l’Institut (1813 ;, né à’ Caen en 1764, mort en 1S36. Il accompagna Bonaparte dans l’expédition d’Égypte, lit des études importantes sur le niveau du Nil et ses alluvions, et rédigea, sur l’agriculture, le commerce et l’industrie du pays, un savant mémoire, inséré dans le grand ouvrage de l’expédition. Nommé directeur des eaux de Paris vers 1802, il dirigea pendant dix-huit années les travaux du canal de l’Ourcq. On lui doit un grand nombre d’écrits sur son art. Ils ont été réunis sous le titre à’Œuvres complètes (1830-1S32, 3 vol. in-4<>).

GIRARD (Jean), savant vétérinaire français, né k Fohet (Puy-de-Dôme) en 1770, mort en 1852. Il est un des hommes dont les travaux ont le plus contribué aux progrès de l’art hippiatrique. Successivement préparateur, gardien des collections, professeur en chef et directeur de l’école d’Alfort, Girard devint, eu outre, membre de l’Académie de médecine, do la Société royale d’agriculture, etc. Parmi ses ouvrages, qui sont fort estimés, nous citerons les suivants : Tableaux comva-

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ratift de l’anatomie des animaux domestiques les jplus essentiels à l’agriculture (1799, in-8°), livre où l’auteur jette les bases do la classification adoptée aujourd’hui ; Anatornie des animaux domestiques (1807, 2 vol. in-8°), souvent réimprimée ; Traité du pied, considéré dans les animaux domestiques (1814, in-8"), ouvrage classique ; Traité des hernies inguinales dans le chenal et autres monodactyles (1827, in-4<>). — Son fils, Narcisse-François Girard, vétérinaire, né k Paris en 1798, mort en 1825, devint professeur k l’école d’Alfort, • membre de l’Académie de médecine, et publia, outre plusieurs mémoires remarquables, les écrits suivants : Existe-l-il, en médecine vétérinaire, des exemples bien constatés de fièvres essentielles ? (1824) ; Mémoire sur le moyen de reconnaître l’âge du chenal (1824).

GIRARD (Philippe de), ingénieur français, né k Lourmarin (Vaucluse) en 1J75, mort "a Paris en 1845. La première invention qui le fit connaître (1804) est celle des lampes hydrostatiques k niveau constant, pour lesquelles il imagina les globes de verre dépoli, dont l’usage est devenu depuis universel. 11 apportait vers la même époque, k la machine k vapeur, quelques modifications qui lui valurent lu médaille d’or en 1806. Napoléon proposa, en 1810, un prix de 1 million pour l’inventeur de la meilleure machine k filer le lin. Philippe de Girard résolut le problème en quatre mois, et prit un brevet au mois de juillet de l’année même ; mais le-prix ne fut pas décerné. La commission élargit les conditions du concours et proposa de nouvelles difficultés. Girard se remit à l’œuvre en 1813 ; mais, cette fois, les événements politiques firent ajourner le concours, et la chute de l’Empire vint bientôt après détruire ses dernières espérances. Arrêté pour dettes au milieu de sa filature et conduit à Sainte-Pélagie ; il offrit ses métiers au gouvernement de Louis XVIII ; mais l’alliance anglaise préoccupait trop la nouvelle dynastie pour qu’elle pût songer k s’engager en faveur de l’industrie française. ".

Philippe de Girard accepta les offres généreuses de l’empereur Alexandre, et alla fonder, près de Varsovie, une filature qui devint bientôt assez prospère pour donner naissance k une petite ville qui a pris le nom de Girardorff.

Girard reçut peu après le titre d’ingénieur en chef des usines de Pologne.

Le séjour de Girard en Pologne fut encore marqué par diverses inventions ingénieuses, parmi lesquelles nous citerons une nouvelle roue hydraulique pour utiliser les chutes d’une grande hauteur, de nouveaux procédés pour l’épuration du zinc, une machine k fabriquer les crosses de fusil, etc.

Philippe de Girard tourna de nouveau ses regards vers la France après 1830. La Société d’encouragement pour l’industrie nationale lui décerna une médaille d’or en 1842 ; une autre médaille d’or lui fut accordée par le jury de l’Exposition de 1844 ; mais il ne réussit pas, comme il l’avait espéré, k faire valoir les droits plus anciens qu’il avait k la reconnaissance de la France.

Le gouvernement accorda k sa famille, en 1853, une pension de 12,000 francs. M. Charles Dupin, président du jury de l’Exposition de 1849, disait, dans son rapport au président de la République ; « La promesse de Napoléon, que n’a tenue aucun des régimes postérieurs, attend l’arrêt de votre justice. C’est le vœu du jury que la patrie paye enfin sa dette d’honneur et de reconnaissance. >

GIRARD (Jean-Baptiste, baron), général français, né k Aups (Var) en 1775, tué à la bataille de Ligny (1815). Il fut l’un des plus brillants officiers de cavalerie de l’Empire. Il fit ses premières armes, comme volontaire, dans les armées de la République (1793-1800), conquit tous ses.grades par des actions d’éclat, notamment dans les campagnes d’Italie, se fit remarquer au passage du Tessin, . peu de temps avant Marengo, et devint, k cette époque, chef d’état-major do Murât, nommé au commandement de la division de Paris. Dans les cadres de formation de la grande armée, il fut attaché k 1 état-major de Murât, en qualité de commandant de la réserve de la cavalerie. Sa brillante conduite k Austerlitz et dans la campagne de Prusse (1806-1807) lui valut le grade de général de brigade, et il fut aussitôt envoyé en Espagne. Il s’y signala au combat d’Arzobispo, "k la bataille d’Ocana ; mais une faute, que son intrépidité ordinaire lui fit commettre, sur la Guadiana, occasionna son rappel. Drouet d’Erlon, qui l’avait placé là avec une division, sachant qu’il’Cûuruit le risque d’être enlevé par un corps de troupes anglaises très-supérieur en nombre, lui enjoignit de se porter en arrière ; Girard, qui ne voyait pas encore l’ennemi, eut l’imprudence de rester dans la inèine position, et se fit envelopper, avec 2 ou 3,000 hommes, par 12,000 Anglais. Sommé de se rendre, il répondit qu’il aimait mieux se faire tuer. Il réussit k passer, après des prodiges do valeur et sans perdre un drapeau ; mais il avait été forcé d’abandonner ses bagages et son artillerie. Napoléon lui confia le commandement d’une division polonaise, k la tète de laquelle il se distingua k Vilna et surtout k Lutzen. Dans cette dernière bataille, il occupait un poste si périlleux, que l’empereur lui envoya l’ordre de rétrograder ; mais Girard s’obsti : : a encore une fois à gar- |

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der la position, qu’il jugeait avantageuse, et tomba très-grièvement blessé.

Il fit acte d’adhésion au gouverrtement de Louis XVIil ; mais, lors du débarquement do Napoléon k Fréjus, il se rallia immédiatement k son ancien maître, et obtint le commandement de la 7° division d’infanterie. À Ligny, ayant été chargé de l’attaque du village de SnilK-Amand. il reçut plusieurs coups de feu k bout portant, et fut renversé sous son cheval, qui, en tombant, lui brisa l’épine dorsale ; il expira peu de jours après. Il avait été fait baron de l’Empire après Lutzen.

GIRARD (Narcisse), musicien français, né k Mantes en 1797, mort k Paris en 1S60. Il fut admis, de 1817 k 1820, au Conservatoire, dans la dusse dirigée par Baillot, et obtint le premier prix de violon. D’abord chef d’orchestre du Théâtre-Italien, puis de l’Opéra-Comique, il devint, en 1849, k la mort d’Habeneck, chef de l’orchestre de l’Académie de musique et de la Société des concerts. Décoré de la Légion d’honneur le 7 juin 1843, il avait "été chargé, dès 1847, d’une classe de violon au Conservatoire. Il était à la tête de son orchestre, conduisant le premier début d’une jeune chanteuse, Marie Brunet, qui se hasardait dans les Huguenots, quand un malaise soudain le saisit. Il s’obstina d’abord k braver la douleur ; mais, vaincu par le mal, il dut quitter son poste, et, transporté chez lui, il expira. Un anévrisme avait déterminé lamort. On doit k cet instrumentiste, qui est toujours resté attaché aux traditions classiques, la musique de deux opéras-comiques eu un acte, représentés en 1841 et lS42 : les Deux voleurs et le Conseil des Dix, qui ont été souvent joués en province, en raison du peu de personnages et de la facilité que présentent ces ouvrages pour l’interprétation. Cet artiste a, en outrerorchestré la Symphonie pathétique de Beethoven, et cet arrangement a été entendu k Paris en 1832, dans un concert donné par Liszt. Comme chef d’orchestre, M. Girard était soigneux ; mais il manquait de verve et d’initiative..

GIRARD (Fulgence), littérateur français, né vers 1810. Il quitta la marine pour suivre la carrière des lettres et alla se fixer k Paris, où il a publié, outre de nombreux articles dans la France maritime, le Monde illustré, etc., les ouvrages suivants : Chronique de la marine française (1836-1837, 5 vol. in-3<>), avec Jules Lecomte ; MarcelineVauvert (183S, 2 vol. in-8°) ; Sur tes grèves (1840, 2 vol. in-S°) ; Histoire du mont Saint-Michel (1843, in-8») ; Sisyphe, recueil de poésies ; les Mystères du grand monde (1850, 8 vol. in-8»), histoire des palais, prisons d’État, abbayes, salons, etc. On lui doit encore : Histoire générale anecdo-l tique, pittoresque et.illustrée de la guerre d’Italie (1860, in-8°, avec gravures) ; Divinité du christianisme (1867, in-8»), etc.

GIRARD (Noël-Jules), statuaire français, né à Paris en 1816. Élève de David d’Angers et da Petitot, il exposa, en 1849, un bas-relief qui le fit remarquer, surtout par les artistes. Trois ans plus tard, au Salon de 1S52, parut le Vendangeur foulant le raisin, bronze remarquable qui fut acquis par le ministère

d’État Le Buste du baron Dubois, que l’on voit k l’École de médecine, parut au Salon de 1853 ; Ylphigénie sacrifiée fut exposée en 1855. Il fut ensuite chargé d’une grande figure allégorique, l’Astronomie, et de la statue de Lu Jlochefoucauld, dont les plâtres furent exposés en 1857 ; ces figures colossales appartiennent k la décoration du nouveau Louvre. Le Salon de 1859 comptait deux ou trois bustesportraits de M Girard. En 1861, il exposa une Vérité que l’administration lui avait encoro demandée pour la cour du Louvre. La façade de la gare du [chemin de fer du Nord est ornée de deux médaillons de Girard, représentant l’un Jupiter, l’autre Neptune. Enfin, on lui doit deux statues, la Comédie et le Drame, qui ornent le fronton de la façade lntérale du nouvel Opéra.

GIRARD (Jules-Augustin), littérateur, né k Paris en 1825. Élève de l’École normale supérieure, il passa, en 1847, son agrégation pour les lettres, professa quelque temps la rhétorique k Vendôme, puis fut nommé élève de l’École d’Athènes, où il séjourna de 1848 k 1851. De retour en France, M. Girard devint professeur de rhétorique k Lille, puis k Montpellier, se fit recevoir docteur es lettres eu 1854 et fut nommé, quelque temps après, maître de conférences pour la littérature grecque k l’École normale. Il a publié : Mémoire sur l’ùe d’Eubée (1852, in-8°) ; De Meyarentium ingénia (1854, in-8°) ; Des caractères de l’atticisme dans l’éloquence de Lynès (1854, in-so), thèse pour le doctorat ; Thucydide (1860, in-18), ouvrage couronné par l’Académie française ; Hypéride, sa vie et ses écrits (1861, in-8°) ; Un procès de corruption chez les Athéniens (1862, in-8°). Citons encore de lui : le Sentiment religieux en Grèce (186S), ouvrage auquel l’Académie française a décerné un prix. — Julien Girard, maître de conforences pour la littérature latine k l’Ecolo normale, a été fréquemment confondu avec le précédent. Il a édité les Œuvres de La Fontaine dans la Collection des grands écrivains de. la France et publié un Conciones estimé.

GIRARD (Bernard DE), historien français. V. Haillan.

GIRARD »F CAILLE1TX (Jacques- Henri