Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 4, Gile-Gyz.djvu/18

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


1272

GIRA

mes, disons que la première, celle de Racine vu a travers Soumet, serait celle que suivrait de préférence et le plus naturellement Mme de Girardin, si elle était livrée à elle-même. > Inutile de dire que ce qu’elle a écrit dans ce genre est aujourd’hui tout à fait suranné et a peu près illisible.

Dans l’intervalle, elle avait publié, en collaboration avec Méry, Sandeau et Théophile

Gauthier, un roman par lettres, la Croix de Berny, où, sous le pseudonyme d’Irène de Châteaudun, elle rivalisa d’esprit avec les trois brillants conteurs. Nous emprunterons à l’un d’eux, Théoph. Gautier, quelques lignes qu’il lui consacra au lendemain de sa nort. «Dans les dernières années de sa vie, (a beauté de M«>e de Girardin avait pris un caractère de grandeur et de mélancolie singulier. Ses traits idéalisés, sa pâleur transparente, la molle langueur de ses poses ne trahissaient pas les ravages sourds d’une maladie mortelle. A demi couchée sur un divan et les pieds couverts d’une résille de laine blanche et rouge, elle avait plutôt l’air d’être convalescente que malade. George Sand, qu’elle admirait sans aucune arrière-pensée, la vit souvent vers cette époque, et tandis que George fumait silencieusement sa cigarette, immobile et rêveuse comme un sphinx, Delphine, oubliant ou cachant sa soull’rance, savait encore lui adresser quelques flatteries ingénieuses, quelque mot charmant, plein de cœur et d’esprit.»

« Quoiqu’elle fût tendrement dévouée k son mari, dont elle avait épousé les luttes ; que la gloire, le succès, la fortune, tout ce qui peut l’aire aimer la vie, lui fussent arrivés k souhait ; que des amis fidèles et sûrs l’entourassent, elle semblait secrètement désirer d’en finir. Ce temps ne lui plaisait plus ; elle trouvait que le niveau des âmes sabaissait, et déjà elle cherchait à pressentir l’autre monde, en causant avec les esprits qui habitent les tables ; comme Leopardi, le poète italien auquel A", de Musset a adressé de si beaux vers, elle semblait rêver « le charme de la mort. ■ Quand l’ange funèbre est venu la prendre, elle l’attendait depuis longtemps. >

Ces lignes, pleines d’une tendre mélancolie et d’une douce tristesse, sont dignes de la femme qui les a inspirées.

D’éditeur Hetzel a publié, sous le titre d’Esprit de madame de Girardin, un choix de pensées, d’apophtegmes, de propos sérieux ou frivoles, tiré de ses œuvres. Ce volume est accompagné d’articles consacrés, par les divers écrivains que nous avons cités, k la mémoire de celle dont ils avaient été les amis assidus.

GIRARDIN (Jean-Pierre-Louis), savant français, né à Paris en 1803. Son père était pharmacien droguiste. À dix-huit ans, le " jeune Girardin fut admis dans les laboratoires de la pharmacie centrale des hôpitaux civils de Paris. Studieux et intelligent, if mit si bien à profit les quatre années qu’il passa dans cet établissement, qu’il sortit le premier d’un concours pour l’externat des hôpitaux, en 1824. Ce succès accrut encore son ardeur au travail, et, à deux reprises, dans des concours de l’école de pharmacie, il remporta la médaille d’or. En 1825, M. Thénard rattacha à son laboratoire de chimie au collège de France. Sous ce savant maître, Louis Girardin fit de nouveaux progrès dans les sciences physiques, et ce fut grâce à lui qu’il obtint, en 1828, une chaire de chimie appliquée auxarts dans la ville do Rouen. Le jeune professeur obtint un succès complet. Il vit affluera ses cours, non-seulement lui grand nombre de jeunes gens désireux de connaître les applications utiles de la science, mais encore des industriels et des gens du monde. Sept ans plus tard, en*1835, il inaugura l’enseignement populaire en faisant le dimanche des cours de chimie aux ouvriers. Le conseil général ayant décidé, en 1838, la création d’une chaire de chimie agricole à l’école d’agriculture de Rouen, ce l’ut lui qui en devint titufaire. Par la suite, en 1848, M. Girardin, dont les nouveaux élèves avaient propagé les bonnes méthodes agricoles en Normandie, contribua encore aux progrès de la culture dans cette province en faisant des conférences publiques sur les engrais. En 1855, il devint directeur de l’école préparatoire à l’enseignement supérieur, fondée à cette époque a Rouen, quitta cette ville, trois ans plus tard, pour devenir professeur et doyen k la faculté de Lille, puis fut nommé recteur de l’académie de Clermont. M. Girardin fait partie d’un grand nombre de sociétés savantes françaises et étrangères. Il est notamment correspondant de la Société centrale d’agriculture (1835), de la Société d’encouragement (1838), de l’Académie des sciences (1S42), de l’Académie de médecine de Paris (1846), et membre de plusieurs sociétés rouennaises. Indépendamment d’un grand nombre de brochures,

de mémoires et d’articles insérés dans le Bulletin universel de France, dans le Journal de la pharmacie et des sciences accessoires, dans le Journal d’agriculture pratique, dans la Normandie agricole, etc., on lui doit des ouvrages savants et très-estiinés des spécialistes. Nous citerons de lui : Éléments de minéralogie appliqués aux sciences chimiques (Paris, 1826, 2 vol. in-go), en collaboration avec M. Lecoq ; Nouveau manuel de botanique ou Précis élémentaire de physique végétale (1827, in-18), avec M. Juillet ; Considéra-

GÏRA

. lions générales sur tes volcans (1830, in-8°) ; Leçons de chimie élémentaire faites le dimanche à l’école municipale de Rouen (Rouen, 1835, 40 édit. ; Paris, 1860, 2 vol. in-8u), ouvrage dont le succès a été très-grand, qui a été couronné k deux reprises en France, traduit en russe, et qui a valu k l’auteur, outre la médaille en or des savants étrangers de l’Académie de Saint-Pétersbourg, une bague en brillants de l’empereur de Russie, en récompense des progrès que Son livre avait fait faire à la chimie, industrielle dans ce pays j Notice biographique sur Edmond Adam (1837, in-S°) ; Mémoires de chimie appliquée (1S39, in-so) ; Essui chimique et technologique sur le polygonum tinctorium (1840), couronné par la Société de pharmacie de Paris ; Du sol arable (1842, in-8») ; Technologie de ta garance (1844, in-8°) ; Des fumiers considérés comme engrais (1847, in-8°), traité cinq fois réédité ; cinq Traités insérés dans les Cent traités pour l’instruction du peuple (1847-1849) ; Trttilêélémentaire d’agriculture. (2 vol. in-18) ; Mélanges d’agriculture, d’économie rurale et publique et de sciences physiques appliquées (fS52, 2 vol. in-18) ; Courte instruction sur l’emploi du sel en agriculture (1853, in-lC), qui a eu six éditions ; Résumé des conférences agricoles sur les fumiers (1854, in-is), trois fois réédité ; Sur les nouveaux engrais concentrés du commerce (1854, in-16) ; Moyen d’utiliser le marc de pommes (1854, in-iG), dont il a paru quatre éditions ; Des marcs dans nos campagnes (1854, in-16) ; Mémoire sur les fumiers, auquel la Société agricole du Cher a décerné une médaille d’or en 1856 ; Considérations sur l’usage et l’abus de l’eau-de-vie et des autres liqueurs fortes (1864, in-s»), etc.

« GIRARDIN (Saint-Marc), écrivainethomme politique français. V. Saint-Marc Girardin. GIRARD1NE s. f. Ci-rar-di-ne — dimin. de girard, nom vulgaire du geai). Ornith. Nom vulgaire de la marouette, en Picardie.

GIRARDON (François), célèbre sculpteur français, né k Troyes en 1628, mort k Paris en 1715. Il était fils d’un fondeur de métaux qui le plaça d’abord chez un procureur. Le jeune homme n’y rit rien autre chose que barbouiller de croquis le papier de la chicane, et l’on dut renoncer à lui faire suivre une carrière pour laquelle il montrait si peu de vocation. Il trouva une occupation plus conforme à ses goûts dans l’atelier d’un menuisier sculpteur, où il put s’exercer k l’étude du dessin. Le goût de la statuaire se développait en lui dans les églises de Troyes, devant les œuvres des deux sculpteurs du xvie siècle, Dominique et Gentii. Le chancelier Séguier, dans le château duquel l’apprenti menuisier était allé travailler avec son maître, remarqua son habileté, s’intéressa à ses essais et le prit sous son puissant patronage. Il le distingua d’autant jjIus vite que le jeune Girardon, aux germes d’un talent réel, joignait déjà les manières engageantes et la souplesse qui lui valurent plus tard les bonnes grâces de Lebrun et la faveur de Louis XIV. Le chancelier plaça d’abord son protégé dans l’atelier de François Anguier, qui était le maître en réputation de cette époque, et quand il le crut en état de profiter du séjour de Rome, il l’envoya dans cette ville et l’y maintint pendant quelques années. Girardon n’eut donc pas k subir les luttes énervantes qui ont épuisé tant d’artistes ; dès ses premiers pas, il vit s’ouvrir devant lui la voie qui devait le conduire de primesaut aux succès, k la fortune et k la gloire. À Rome, il connut Mignard, Thomassin, Bernin, étudia avec passion les chefsd’œuvre de la statuaire antique, et revint en France en 1652. Il se distingua en Italie par des travaux moins brillants, mais plus étudiés que beaucoup de ceux qu’il exécuta dans la suite sous le couvert d’une réputation acquise. Ces travaux lui valurent une pension de mille écus, que le roi lui accorda pour le fixer k la cour, où son talent devait contribuer k l’embellissement de Versailles et de Trianon, sous ta direction de Lebrun. Celui-ci rencontra dans l’artiste champenois, pour l’exécution en marbre de ses cartons, une docilité qu’il avait vainement demandée k P. Puget, et que récompensa largement la faveur royale.

En 1857, Girardon fut admis k l’Académie de peinture et de sculpture ; deux ans plus tard, il fut nommé professeur. En 1669, on le voit retourner k Rome, chargé par Colbert d’une haute inspection sur l’école française et de diverses missions touchant les beauxarts. À son retour, Girardon vit mourir son protecteur et la cause première de sa grande fortune, le chancelier Séguier (1071). C’est vers cette époque qu’il fut accusé d’avoir formé une ligue contre Puget ; cette ligue était composée d’artistes jaloux des succès et de la gloire du sculpteur provençal. Ce fait, presque nié par d’Argenvillédans sa notice sur Girardon, s’explique d’ailleurs par le caractère de ce dernier, qui n’épargnait rien pour écraser ses rivaux, particulièrement Coustou et Coyseyox. À quelques années de lk, il eut encore k regretter la mort d’un bienfaiteur, celle de Colbert. Louvois, son successeur, traita Girardon avec un dédain marqué et ne lui confia guère que les travaux refusés par les autres ; mais, trop intelligent pour se plaindre, l’artiste les recevait comme des faveurs extraordinaires. Du reste k cette époque, sa fortune ne laissait rien a désirer ; ses salons étaient- le rendez-vous de toutes les

GIRA

célébrités de son temps : le Grand Condé, le duc d’Orléans, La Fontaine, Boileau, Racine, etc.

En 1690, Girardon fit hommage k sa ville natale du grand médaillon en marbre blanc représentant Louis XIV, et que Sébastien Leclerc a gravé. On voit encore k Troyes

Ïdusieurs autres morceaux, dus k son ciseau : s crucifix de bronze de la chapelle Saint-Remi, les décorations du maître-autel, et, dans la même église, un bas-relief représentant un squelette k mi-corps. Bien que l’immense réputation de Girardon fût supérieure k son talent, il n’en reste pas moins un des grands statuaires du xviic siècle, et la profusion avec laquelle il a semé ses œuvres témoigne d’une étonnante fécondité. Parmi ses productions, on admire surtout le Tombeau de Richelieu, k la Sorbonne, qui est considéré comme son chef-d’œuvre. La composition savante et pittoresque de ce tombeau est due k Lebrun, qui a lui-même emprunté au second tableau de l’Extréme-Onction du Poussin la figure de la Science éplorée. Ces emprunts, d’ailleurs, n’ôtent rien au mérite du peintre qui a conçu l’ensemble, ni k celui du sculpteur qui l’a si magnifiquement rendu. Ce beau monument, qui a un peu souffert pendant les orages de la Révolution, fut restauré après le 9 thermidor par les soins intelligents de M. Alex. Lenoir, qui le plaça au musée des Petits-Augustins. Ce fut sous la Restauration qu’on le transporta dans l’égalise de la Sorbonne, .où on le voit encore aujourd.’hui. En 1699 fut élevée, place Vendôme, la fameuse statue équestre de Louis XIV, bronze colossal qui décore actuellement la place des Victoires. Girardon fut, en cette circonstance, chanté par un grand nombre de poètes, et son œuvre provoqua une admiration universelle. Du reste, il faut le dire, les poètes étaient ses meilleurs amis, et c’est avec des vers qu’ils payaient ses excellents dîners et les bustes qu’il leur taillait dans le marbre. Boileau disait à propos du sien :

Grâce au Phidias de notre âge,

Me voilà sûr de vivre autant que l’univers, Et, ne connût-on plus ni mon nom, ni mes vers. Dans ce marbre fameux tailla sur mon visage. De Girardon toujours on vantera l’ouvrage.

À Versailles, le groupe représentant les Victoires de la France sur l’Espagne, qui orne la grille do l’avant-cour du château ; le Louis XFV de la petite cour, figuré en Hercule au repos, qui vient d’abattre un taureau et un lion, autrement dits l’Empire et l’Espagne ; l'Hiver du bassin de Saturne ; Y Enlèvement de Prqserpine dans le bouquet de la colonnade, et une foule d’autres figures dispersées dans le parc sont l’œuvre de Girardon ; sa manière est reconnaissable k la désinvolture du mouvement et k la légèreté des draperies. Girardon est un maître ; il a l’instinct de la statuaire au plus haut degré, mais seulement de la statuaire décorative et monumentale. Il sait poser une figure, lui donner l’attitude et le mouvement, qui lui conviennent, et c’est avec un art infini et une rare intelligence qu’il développe et met en relief les plus beaux côtés de ses personnages pour dissimuler les autres. S’il s’est contenté souvent d’exécuter les dessins de Lebrun, c’est moins par impuissance que par tempérament. En effet, Lebrun, avec ses compositions théà-, traies, résumait pour lui l’idéal de la peinture. C’étaient deux hommes faits pour se comfirendre. Ainsi s’expliquent leurs relations et eur amitié, formées en partie par l’intérêt et les circonstances, mais avant tout fondées sur la ressemblance du talent et la fraternité de l’intelligence.

Girardon avait épousé Catherine Duchemin, qui peignait admirablement les fruits et lus fleurs ; cette dame, qui fut aussi de l’Académie, mourut en 1698. Son mari lui fit élever un monument, où il fut inhumé lui-même.

G1RARDOT (Auguste-Théodore, baron de), administrateur et archéologue, né k Paris en 1815. Reçu avocat en 1836, il entra peu après dans la carrière administrative et devint successivement conseiller de préfecture à Bourges(1839), sous-préfet de Montargis(1852), secrétaire général de la Loire-Inférieure (1854). Tout en remplissant ces diverses fonctions, le baron de Girardot s’est livré à des travaux historiques et archéologiques, qui lui ont valu d’être nommé membre du Comité des monuments historiques et de la Société des antiquaires de France. Il a consigné le fruit de ses longues et patientes recherches dans plusieurs ouvrages, où l’on trouve des particularités curieuses et intéressantes. Indépendamment d’articles insérés dans les Aimâtes archéologiques et dans les Procès-verbaux de la Société agricole du Cher, nous citerons de lui : Mémoires su ? la généralité de Bourges, dressés en 1647, avec introduction et notes (Bourges, 1843, in-S°) ; Essai sur les assemblées provinciales et en particulier sur celles du Berry (1845, in-8°) ; Pièces inédites relatives à l’histoire d’Écosse (1846, -4°) ; Histoire de la cathédrale de Bourges (1849), en collaboration avec M. Durand ; Curiosités de l’archéologie et des beaux-arls (1855) ; Des administrations départementales de 1790 (1857) ; les Ministres de la République française (1860, in-8») les Artistes de Bourges depuis le moyen âge jusqu’à la Révolution (1861, in-8°), etc.

G1RARD-ROUSSIN s. m. Ci-rar-rou-sain). Bot. Nom vulgaire de l’asaret ou cabaret.

GIRA

G1RARME s. f. Ci-rar-me). Syn de oi SAR.Mli,

GIRASOL s. m. Ci-ra-sol — du lat. girare, tourner ; sol, soleil). Miner. Variété de quartz hyalin, k fond laiteux, d’où sortent des reflets bleus et rouges quand on fait tourner la pierre au soleil, il Variété de quartz résinite ou d’opale, k fond laiteux, d’où sortent des reflets rougeâtres ou d’un jaune d’or lorsqu’on fait tourner la pierre k la lumière du soleil, il Adjectiv. : Quarts girasoX. Opale

GIRASOL.

— Coinm. Variété très-estimée de riz de l’Inde.

— Bot. Nom vulgaire de l’élianthe annuel ou grand soleil des jardins. Il Variété du fruit du jaquier de l’Inde. Il Girasol feuilleté, Petit agaric blanc, k chapeau noir au sommet, avec de petites zones circulaires. On l’appelle

affssi QIRASOLLE.

GIRATION S. f. V. GYRATIOK.

GIRATOIRE adj. V. GYRATOIRE.

GIRAUD, troubadour du xme siècle. Nous ne savons rien absolument de sa vie, et il ne nous est connu que par un tenson, d’ailleurs remarquable par un style plein de grâce, de simplicité et de concision.

GIRAUD DE TOULOUSE, appelé aussi Glrnu<i d’Eapngne, troubadour qui vivait vers le milieu du xme siècle. Accueilli k la cour de Charles d’Anjou, comte de Provence, c’est la femme même de ce prince qu’il choisit pour sa dame, selon l’usage du temps, et qu’il célébra dans ses vers. On n’a que trois pièces de ce poste ; mais toutes trois sont remarquables par la finesse de la pensée et l’élégante concision du style.

G.IRAUD (Claude-Marie), médecin et poète français, né k Lons-le-Saulnier en 1711, mort k Paris en 1780. Il exerça la médecine dans cette dernière ville, et s’adonna en même temps k la poésie. Nous citerons, parmi ses écrits : la Peyronnie aux enfers ou Arrêts de Pluton contre la Faculté de médecine (1742), au sujet de la dispute de préséance entre les médecins et les chirurgiens ; la Thériacade ou VOrviétan de Léodon, poème héroi-comique, suivi de la Diabolanoyamie (Genève, 1769, 2 vol. in- !2) ; la Procopade ou l’Apothéose du docteur Procope (Londres, 1754) ; Vision de Sylvius Gryphalète, ou le Temple de mémoire (Londres, 1767) ; Visions d’un solitaire (Paris, 1775, in-8°), etc.

GlItAUD (Jean-Baptiste), statuaire français, né k Aix (Provence) en 1752, mort aux Bouleaux, près deNangis, eu 1830. Il était en apprentissage chez un orfèvre, lorsqu’un de ses oncles, négociant à Paris, le lit venir auprès de lui. Frappé des dispositions artistiques du jeune homme, il l’envoya en Italie avec une pension. Giraud se livra avec passion k l’étude, apprit k fond l’anutoinie, se fit connaître par de beaux dessins d’anatomie, soit au burin, soit k lu plume, puis revint en France, et fut nommé, en 1789, membre de l’Académie de peinture et de sculpture. Son oncle, en mourant, lui laissa une fortune considérable. Quelque temp après, Giraud repartit pour l’Italie, où, pendant un séjour de huit années, il dépensa plus de 200,000 fr. pour faire mouler en plâtre les plus beaux morceaux de sculpture antique, qu’il mit ensuite à la disposition des jeunes artistes parisiens. En 1797, il proposa au gouvernement français la création d’un musée spécial, où auraient été déposées les œuvres les plus remarquables des artistes vivants, achetées par l’État dans lus expositions successives. Giraud n’a laissé qu’un petit nombre d’ouvrages, mais qui suffisent pour lui assurer un uom durable. Ils se distinguent par cette énergie d’expression et cette vérité de formes que peut seule donner une connaissance profonde de l’anutoinie. On cite de lui : un Mercure, un Hercule, un Achille mourant} qui lui valut son entrée k l’Académie, et qui est aujourd’hui au muié d’Aix ; un Baigneur endormi, un Faune et un Soldai laboureur en cire.

GIRAUD (Pierre-François-Félix-Joseph), littérateur et publiciste français, né k bacqueviîle (Normandie) eu 17C4, mort k Paris en 1821. Il remplit sous le Directoire les fonctions de chef du bureau des journaux k la préfecture de police, collabora k l’Observateur des spectacles, au Journal des hommes libres, au Journal de Paris, au Constitutionnel, au Courrier de l’Europe, aux Tablettes universelles, k la Biographie Michaud, etc., et composa un assez grand nombre d’ouvrages qui, pour la plupart, ne sont que des compilations médiocres. Nous citerons, purini ses écrits : Mémoires sur la colonie de la Guyane française (Paris, 1804) ; Aristippe, opéra en deux actes (1808) ; Campagne de Paris en 1814, précédée d’un Coup d’œil sur Celle de 1813 (1814, in-8°, avec cartes) ; Beautés de l’histoire d’Italie (1816, 2 vol. in-12) ; Beautés de l’histoire de l’empire germanique (1817) ; Beautés de l’histoire de l’Inde (1821J ; Précis historique de tous les événements qui se sont succédé depuis la convocation des notables jusqu’au rétablissement de Louis X VUI sur le trône de France (1822).

GIRAUD (le comte Jean), auteur comique italien, né k Rome en 1776, d’une famille française, mort k Naples, dans un couvent, en 1834. Il prit goût pour le théâtre k une