Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 4, Gile-Gyz.djvu/320

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


1574

GUAN

Les embarcations accostent à une échelle fixée verticalement le long d’une falaise d’environ 200 pieds de hauteur.

Déjà, dans le canot, et même à bord des navires, la forte odeur ammoniacale du guano se fait désagréablement semir ; mais, quand on a mis !e pied sur l’Ile, c’est bien autre . chose. Cette odeur vous saisit, pour ainsi dire, à la gorge ; vous êtes aussitôt envahi par la poussière fine et ténue qui forme, le sol. Elle couvre vos vêtements, entre dans vos chaussures, pénètre dans les yeux, dans la bouche, dans les oreilles ; niais, avec le temps, on s’y habitue, et les employés péruviens qui sont établis sur l’île en sont arrivés, pour ainsi dire, à ne plus s’en apercevoir. La plus grande des îles Chinchas est un plateau de rochers d’environ 2 milles de tour, entièrement recouvert de couches de guano superposées, d’une profondeur totale variable, et rarement inférieure à 10 mètres. Chacune d’elles est formée d’une poussière extrêmement fine et compacte, parfaitement homogène, dont la teinte est plus ou moins jaunâtre. Dans les tranchées ouvertes, le gunuo se présente en couches analogues de tout point aux couches géologiques de terrains de différents ordres ; on les suit, on les voit s’infléchir, sur toute ’, leur étendue, suivant les modifications de la ; Surface primitive de i’île, et la diversité des ’ teintes accuse aussi nettement que possible ’ la limite de chacune d’elles. Il est des endroits où la profondeur du guano atteint 40 et même 50 mètres. On comprend combien il est difficile de faire une évaluation même approximative de la quantité de guano qui couvre l’île, d’autant plus qu’il arrive souvent qu’au milieu d’un plateau où l’on s’attend à trouver, sur un grand espace, une profondeur uniforme, on rencontre tout à coup, surgissant, isolée comme une obélisque, une de ces roches que les Péruviens nomment penasco.

L’exploitation du guano est des plus simples. On a choisi les points de l’Ile où les na# vires peuvent venir s’amarrer sans danger pendant la durée du chargement. Des tombereaux, conduits par des mules sur de petits chemins de fer à rails mobiles, viennent déverser leur charge dans des manches en toile forte, qui conduisent le guano jusqu’au fond des cales. On peut de la sorte n’exploiter que dans un nombre de tranchées assez restreint, et l’on y gagne de laisser le guano moins exposé au contact de l’air, dont l’action lui fait perdre de sa puissance comme engrais ; aussi les couches supérieures sont-elles moins estimées que les couches inférieures. Rien de moins coûteux que ce travail. Quelques centaines d’individus y suffisent, et le gouvernement les choisit par économie dans l’émigration chinoise. Des agents du fisc sont préposés aux opérations et en tiennent compte. Ils passent d’ordinaire une minée dans ce séjour répugnant, vivent sur l’île, où on leur a construit quelques maisons en bois. Les Chinois habitent sous des hangars. L’imagination est véritablement confondue quand on réfléchit au nombre d’années, au nombre de siècles même qu’il a fallu pour accumuler ces prodigieuses masses de guuno.

Il faut le dire, dans aucun pays du monde les oiseaux ne se montrent aussi nombreux que sur la côte du Pérou. La nature semble avoir placé là tout exprés pour eux d’innombrables bancs de poissons qui leur servent de nourriture. On voit toute la gent ailée se transporter lentement à la suite d’un de ces bancs qui frétillent à la surface de l’eau. Ici les pélicans, là les mouettes, plus loin les goëlands, forment des colonies qui ne se mêlent jamais entre elles. Ces o.seaux sont protégés par les ordonnances péruviennes ; il est interdit, sous peine d’amendes assez fortes, de les tuer autour des îles à guano, et de troubler leur repos en tirant des coups de fusil en l’air. Il en est résulté, chez eux, une confiance, une familiarité d’allures vraiment singulières. Sur cette rade des Chinchas, si peuplée de navires, c’est à peine s’ils se dérangent pour les embarcations, et les gros pêlieans surtout, à la physionomie débonnaire et papelarde, vous suivent de l’œil et vous saluent en leur patois avec une véritable bonhomie ; on les voit couvrir un rocher que l’on peut accoster sans en faire envoler un seul. Ce^ îles sont en inème temps leur ossuaire. La tranquillité qu’ils y ont trouvée toute leur vie les leur fait choisir de préférence pour lieu de sépulture.

M. A. de Riveros, élève de l’École des mines de Paris, s’est livre à de curieux calculs sur la masse de guauo des îles Chinchas. Les couches, d’épaisseur variable, alternent avec des strates de sable transporté par des causes peu connues, mais qui ne se confondent guère avec le guano, puisqu’en moyenne ce dernier ne contient pas plus de 2 pour 100 de ce genre d’impuretés. L’ingénieur péruvien estime qu’avant toute exploitation les îles ont dû recevoir 368 millions de quintaux d excréments, et que la quantité restante aujourd’hui, à peu près égale à celle qui a été enlevée à différentes époques, pourrait, pendant vingt ans encore, fournir à la consommation actuelle, pourvu qu’elle demeurât stationnai re.

Les calculs de AI. de Riveros remontent

déjà k quelques années ; d’autres plus ré ■ cents, dus à un savant ingénieur des ponts et

chaussées, M. Faraguet, portent la quantité

restante le guano à 7 millions de tonnes, qui,

GUAP

d’après la consommation actuelle, pourraient durer dix à douze ans.

Outre les guanos naturels, nous avons encore les guanos artificiels. Ceux-ci sont, pour la plupart, des engrais composés de toutes pièces, dont jusqu’ici le cultivateur n’a guère eu à se louer. Il peut s’en trouver d’utiles, mais on ne doit s’en servir qu’avec une extrême prudence, si l’on ne veut pas s’exposer à des mécomptes. C’est dans ce cas qu’il faut se défier des annonces et de la réclame, et ne s’en rapporter qu’à l’expérience.

— Législ. En ce qui concerne le commerce du guano, un arrangement fut signé Paris, le 15 janvier 1834, entre la France et le Pérou, et les ratifications de cet acte ayant été échangées le 12 mai 1865, un décret impérial du 17 mai suivant porta promulgation du traité conclu. Aux termes de ce décret, le droit de douane qui était perçu dans les ports de l’Empire sur le guano importé du Pérou par navires étrangers, était réduit à 18 francs (décimes compris) par tonne de 1,000 kilogrammes ; et, dans le cas où le prix de vente sur les principaux marchés d’Europe viendrait à être modifié par le gouvernement péruvien, l’écart entre ce prix et celui qui était établi pour la France ne pouvait dépasser 10 francs par tonne de 1,000 kilogrammes.

Cet arrangement devait avoir une durée fixe de quatre année au moins, et rester ensuite obligatoire, jusqu’à ce que l’un des deux gouvernements eût annoncé à l’autre, un an à l’avance, son intention d’en faire cesser les effets.

Le gouvernement n’avait point encore suffisamment satisfait aux intérêts agricoles, il le reconnut, et, le 31 janvier 1S67, paraissait le décret suivant :

« 1. Un arrangement relatif à l’importation du guauo péruvien, en France et dans les colonies françaises, ayant été signé le 2 décembre 1806, entre la France et le Pérou, ledit arrangement, dont la teneur suit, est approuvé et recevra sa pleine et entière exécution.

ARRANGEMKNT.

> Le gouvernement de S. M. l’empereur des Français et le gouvernement de la république du Pérou, désirant faciliter par de nouvelles dispositions réciproquement avantageuses pour les deux pays le développement de la consommation du guano péruvien en France et dans les colonies françaises, sont convenus de substituer à l’arrangement conclu entre la France et le Pérou, le 15 janvier 1864, les stipulations suivantes :

À dater du jour où cet arrangement sera approuvé parle gouvernement de S. M. l’empereur, le guuno importé du Pérou sous tous pavillons sera admis en franchise de droits de douane dans les ports de France et dans ceux des co.onies françaises. À partir de la même époque, le prix de vente du guano péruvien en France et dans les colonies françaises, quelle que soit la quantité vendue, sera réduit à 300 francs par chaque tonne de 1,000 kilogrammes. Dans le cas où le prix de vente de ce guauo sur les marchés d’Europe viendrait à être augmenté où diminué, le prix de 300 francs fixe pour la France sera élevé ou abaissé dans la même proportion. Il en sera de même dans les colonies françaises, en cas d’augmentation ou de diminution des prix de vente actuels sur les marchés des possessions anglaises voisines.

Le présent arrangement aura une durée fixe de cinq ans, à dater de ce jour, et il demeurera ensuite obligatoire d’année en année jusqu’à ce que l’un des deux gouvernements ait annoncé à l’autre, un an à l’avance, son intention d’en faire cesser les effets.

En foi de quoi, les soussignés, Edmond-Prosper de Lesseps, chargé d affaires et consul général de France près la république du Pérou, et Toribio Pacheco, secrétaire d’État au département des relations extérieures, dûment autorises, ont signé le présent arrangement et y ont apposé le cachet de leurs armes. »

Cet arrangement fut signé à Lima par les deux parties contractantes.

GUANO (Bernabo), doge de Gênes en 1415. 11 avait pris part à [expulsion du marquis de Monil’errai et s’était acquis l’estime générale lorsque le peuple l’acclama doge, le 29 mars 14 15. Il s’efforça de rétablir la paix entre les partis, fit reconstruire les édifices abattus, donna tous ses soins à l’administration, mais ne put empêcher que des compétitions ambitieuses n’amenassent de nouveaux troubles. Impuissant à les reprimer, il se démit de sa charge (3 juillet 1415) et rentra dans la vie privée.

GUANUCO, ville du Pérou. V. Huanuco.

GUAO s. m. (goua-o — mot havanais). Bot. Syn. de comocladie,

GUAPARIER s. m. (goua-pa-rié). Bot. Synd’EuuÉNiK, genre de myrtacées.

GUAPERVA s. m. (goua-pèr-va). Ichthyol. Genre de poissons voisin des chétodons, qui habite la mer des Indes, il On dit aussi guapervb.

GUAPEY ou RIO-GRANDE-DE-LA-PLATÀ,

rivière de la Bolivie. Elle prend sa source sur le versant méridional des Alpes de Cochabaraba, à environ 48 kilom. N.-O. de cette ville, coule ensuite au S.-É. jusqu’à ce qu’elle at GUAR

teigne l’extrémité de cette chaîne, tourne alors au N. puis au N.-O., reçoit un grand nombre d’affluents, surtout sur sa rive gauche, et se jette dans le Mamoré par 13° 3ô’de lat. S. et de 68° 3o’ de long. O., après un cours de 960 kilom.

GUAPI-MOR1M, bourg du Brésil, prov. de Rio-Janeiro, entre la baie de Nitherothi et la Serra dos Orgaos ; 2,500 hab. Distilleries de rhum, tuileries ; commerce de bois de construction, il Rivière du Brésil, prov. de Rio-Janeiro. Elle prend sa source dans la Serra dos Orgaos, coule du N.-N.-E. au S.-S.-O-, et tombe dans la baie de Nitherothi ou de Rio-Janeiro, après un cours de 43 kilom.

GUAPORE, rivière du Brésil. Elle prend sa source dans la Cordillère Paicis, traverse du S. au N. la province de Matto-Grosso, arrose la ville de son nom et se jette dans la Mamoré par la rive droite. C’est après cette jonction que cotimportant affluent de l’Amazone prend le nom de Madeira. Le Gunpore reçoit un grand nombre d’affluents ; son cours, d’environ 1,545 kilom., est accidenté de cinq cataractes franchissables, mais qui gênent la libre navigation.

GUAPURION s. m. (goua-pn-ri-on). Bot. Genre d’arbustes, de ta famille des myrtacées, qui habite le Pérou. II On dit aussi guapuiîu.

GUARACHA s. f. (goua-ra-cha). Chorégr. Pus espagnol exécutô’par une seule personne, et qui.se danse surtout sur les théâtres.

GUARAL s. m. (goua-ral — mot nr.). Arachn. Espèce d’arachnide, qu’on trouve dans les déserts de la Libye, et dont les Arabes, dit-on, se nourrissent : L’histoire du gearal est remplie de fables.

GUARANA s. m. (goua-ra-na). Comm. Suc gommo-résineux, fourni par un arbre du Brésil auquel on donne quelquefois le mémo nom. || Pâte alimentaire qui a l’aspect du cacao grossièrement broyé, et qui est préparée par les Guartinis de l’Uruguay et du Para.

— Encycl. Le guorana est une substance médicamenteuse préparée par une tribu du centre de l’Amérique méridionale, les Guaranis, avec les fruits d’une plante de la famille des sapindacées, le paullinia sorbilis. Ces fruits, de forme sphérique, gros comme dos petits pois, et de couleur jaunâtre lorsqu’on les a dépouillés de leur écorce, sont d’une acidité très-agréable et exhalent une odeur parfumée toute particulière. Les naturels s’en servent pour colorer leurs dents en rouge.

Le guarana’est une substance dure, qui se prépare de la manière suivante en pains de 200 à 260 grammes. On broie sur une pierre plate et chauffée les semences de paullinia, en y ajoutant du cacao et de la farine de manioc, et en humectant le tout aveu une petite quantité d’eau. Lorsqu’on a obtenu ainsi une masse homogène, on y introduit des semences concassées, on roule en cylindres et on fait sécher au soleil. Le guarana est astringent ; il est fort usité au Brésil comme tonique et antidiarrhéique ; on lui attribue aussi des propriétés antinévralgiques. Les Brésiliens s’en servent en le râpant avdfc un os rugueux et le prennent dans un verre d’eau à la dose de 4 à 8 grammes. Ils l’associent parfois au chocolat pour rendre celui-ci plus excitant. Le guarana doit sa propriété a la caféine qu’il renferme ; cette substmee est, en effet, plus abondante encore dans les semences de paullinia que dans le café et le thé. Dans ces dernières années, on en a importé en France une certaine quantité de cette préparation indienne et on a essayé de la mettre en vogue ; on en a fait une poudre, des pastilles, un sirop, un chocolat, etc. ; mais l’usage en est resté très-restreint.

GUARANHEIM s. m. (goua - ra - nain). Phann. Nom brésilien de l’écorce de monésie, fournie probablement par une espèce de chrysophylle, arbre de la famille des sapotées.

GUARANI, IE adj. 4goua-ra-ni). Philol. Se dit d’une langue parlée par les Guaranis : Gvummaire guaranie. La langue chilienne est un rameau des langues GUkR, xiES. (A. Maury.)

— s. m. Langue guaranie : Parler le guarani.

— Encycl. Linguist, Le guarani est une langue fort intéressante à étudier, mais en même temps fort difficile à apprendre et presque impossible à écrire. Les particules guarauies changent de valeur dans la langue parlée, non-seulement suivant la prononciation, mais encore suivant le ton de leur émission ; aussi est-il indispensable à celui qui veut étudier cette langue dans les livres de connaître les signes inventés par les missionnaires pour représenter la prosodie grammaticale. Le guarani manque absolument de quelques lettres de notre alphabet, — savoir : /’, j, k, l. Cette langue est pauvre en noms do nombre ; ils ne vont que jusqu’à cinq, et encore aujourd’hui n’einploie-t-on que les quatre premiers, et ensuite l’on emprunte les dénominations espagnoles. Il est vrai que le guarani que l’on parle aujourd’hui au Paraguay est singulièrement altéré ; c’est une sorte de mélange de guarani et d espagnol.

Pour indiquer la réunion de cmq, dix, vingt, on dit : Ace popetei, une main ; Ace pomoeâi, deux mains ; Acepo acepiabe, mains et pieds.

GUAR

Dans la conjugaison den verbes, les personnes sont indiquées au singulier par a, ère, o, et au pluriel par oro, pe, o. Ainsi, pour être et endiguer, qui se traduisent par t et mboé, l’indicatif sera :

Ai, je suis. Amboé, j’enseigne.

Erni, tu es. Eremboê, tu enseignes.

Oi, il est. O.nbt é, il enseigne.

Or/ri, nous sommes. Oroi.iboè, t. enseignons.

Pei, vous êtes. Pemlaë, vous enseignez.

Oi, ils sont. Omb’.é, ils enseignent.

Le guarani est très-rieh î en interjections, et ce genre de mots, dont le rôle est si restreint dans notre langue, joue au contraire un rôle des plus importants en guarani. Lemot tûpâ, qui signifie Dieu, se compose de l’interjection et de la ptrticule , et signifie : «Oh ! qui es-tu ? > 11 faut observer que, dans cette langue, le : i interjections ndmiratives diffèrent suivant les sexes ; ainsi, ti est une expression rénervée à 1 homme qui témoigne son étonnement ; les femmes, pour exprimer le même sentiment, disent : Nea, heai, acai. Si l’admiration est causée par un bel objet, elles emp oient le raolatûi, et elles disent hnriti si elle résulte de l’extrême petitesse de quelque chose. Non-seulement chaque sexe a ses interjections, mais encore il existe dans toutes les espèces de mots des formes spéciales pour les femmes. La moquerie, le dédain, l’a nour, la compassion ont des vocables différents pour chacun des deux sexes. Le mot tendre et harmonieux amyri (pauvre mort !), souvenir douloureux accordé à ceux qui ne son ; plus, peut être employé à la fois par l’époux et l’épouse, le frère et la sœur du défunt ; mais il n’est permis qu’à l’épouse et à la >œur d’ajouter à cette expression l’interjection acai/ exe.usivement réservée aux femmes. Les femmes seules disent quibi ou capi, pour désigner leurs frères, leurs cousins, eurs fils, comme si la nature des affections de la femme exigeait une expression particulière plus en harmonie avec sa sensibilité. L’onomatopée est fréquente dans la langui guaranie, mais ce n’est pas, comme chez tous, dans la nomenclature des êtres vivants qu’elle domine le plus. Pour donner des no ns aux animaux, les Guaranis s’appuient sui d’autres analogies. Ainsi, à l’autruche «uéricaine, ils ont donné le nom de nandu, qi. lui est commun avec certaine espèce d’araignée, trouvant sans doute dans la longueur des pattes et dans le port une ressemb ance entre ces deux animaux si différents. Au singe le plus grand de leurs forêts, ils donnent le nom de caraya, mot composé de cari, habileté, astuce, curiosité, et de ya, être dissimulé, imposant ainsi à ce singe un nom qui représente les qualités que lui ont. attribuées tous les observateurs.

La plupart des substantifs guaranis expriment une image sensible, qui est souvent d’une poésie délicate. Lorsqui la jeune fille est arrivée à l’âge de puberté, les Guaranis la désignentparlemoii’cuni.quisiinitie : Elleadéjà des seins. Lorsqu’on veut dés gner une femme enceinte, on se sert du mot pûritâ, celle qui porte un fruit. Les côies se désignent par le mot vurucang, qui couvrent le cœur. Cuna, le nom de la femme, veut dire langue déliée, ce qui prouve chez les Guaranis un penchant prononcé à la satire, et chez leurs femmes les mêmes habitudes que nous reprochons aux nôtres. Cunacarai, femme àyée, est composé de cwia, femme, et enrai, homme. Pour dire exhalaison, le Guarani dit ta’.a bébé, feu qui vole.

Parmi les livres qui existent en guarani, ceux qui furent imprimés dans les missions sont généralement fort curie.ix au point de vue typographique. On pens ; qu’ils ont été tirés avec des caractères en sois. Nous donnons la liste des principaux ouvrages écrits en cette langue ou sur cette langue : Tesoro de la iengua guarani, par le P. Antonio Ruiz (Madrid, 1639, 1 vol. in-4°) ; Arte y uocabulario de la Iengua guarani, du même {Madrid, 1639, in-4<>) ; Catesismo en lengna guarani-, du même (.Madrid, 1640) ; De la liferexcia entre le temporal y eteriio. Crisol de Desenganus, parle P. Nieremberg, traduit en guarani par le P. José Serrano ; En las dictriuas dei t’aragnny (1705, in-fol., avec 43 Manches) ; Manuale ad usuin patrum socieli Us Jesu Paraguaris. en espagnol et en guarani (Loreto, 1724, in-S°) ; Vocnbiilario de la Iengua guarani, par le P. Antonio Ruiz de Montuya, augmenté par le P. Pablo Kestiro (Saum-Maria-la-Mayor, 1724, in-4°) ; Expiicuciondel calesismo en gharani, par Nicolas Tupu^ay (Santa-Maria-la-Mayor, 1721, in-4") ; Sermnnes y ejemplos en Iengua g tarani, par le même (San-Francisco-Xavier, 1724, in-4») ; Ara-Poru, par le P. Insaurralde (Madrid, 1759, 2 vol. in-12. — Ara-Poru sont deux mots guaranis qui peuvent se traduire par bon usage ou bon emploi du teirps) ; Catesismo en castitlano y guarani, par le P. Hernal (Buenos-Ayres, 1800, in-12) ; Vocabùlario de la Iengua guurani, par Alonso d’Aragon ; Uiccionario guarani para el usa de las Alissiones, par le P. Velasquez (Madrid, .624).

GUARANIS, peuplade très-nombreuse de sauvages qui habitait les deux rives du fleuve Paraguay et de ses affluents, le Parana et l’Uruguay. Les Guaranis se divisaient en deux branches : les Guaranis p : oprement dits et les Guaycurus ou Guaïcourc>s. Les Guaranis, dont la horde principale s’était fixée dans