Page:Lassus, Viollet-le-Duc - Projet de restauration de Notre-Dame de Paris.djvu/24

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Ce fut cependant peu de temps après cette dernière destruction que fut enlevé le curieux vitrail du XIVe siècle, placé dans la chapelle d’Harcourt[1].

Nous voici arrivés à l’une des mutilations les plus importantes de l’église Notre-Dame ; nous voulons parler de celle qu’a subie la porte principale du portail actuel. Ce fut le 1er juillet 1771 que Soufflot posa la première pierre de la nouvelle construction, chose monstrueuse qui coûta la destruction de la figure du Christ, posée sur le trumeau du milieu, et d’une partie du beau bas-relief représentant le Jugement dernier. Cet architecte avait déjà marqué son passage à Notre-Dame, en 1756, par la construction de la nouvelle sacristie, qui vient si lourdement s’accoler aux chapelles méridionales de la cathédrale. C’est vers la même époque, en 1766, que fut construite la grande cave pratiquée sous la nef depuis les piliers de la tour jusqu’à ceux du transcept. En 1772, le chapitre fait restaurer à ses frais plusieurs des figures qui décorent les voussures de la porte de la Vierge, sur la façade occidentale[2]. À partir de cette époque, les destructions deviennent si fréquentes jusqu’à nos jours, que nous avons peiné à les classer.

Le dallage du chœur est remplacé de 1769 à 1775, ainsi que celui de la nef et des bas-côtés. En faisant cette opération, on élève le sol de l’église, et les bases des colonnes sont plaquées en marbre de Languedoc. Déjà, en 1699, en fondant le maître-autel, on avait constaté l’existence de deux dallages superposés, dont l’un était composé de petits carreaux octogones en marbre blanc ; ainsi, le sol actuel de l’église doit être beaucoup plus élevé que l’ancien. C’est en 1771 que fut posée la grille qui se voyait devant le portail occidental.

En 1773, l’architecte Boulland supprime toute la décoration du

  1. Ce vitrail représentait la cour céleste des papes, des empereurs, des rois, des reines, des légats, des cardinaux, des archevêques, des évêques, des religieux et religieuses de différens ordres. Il n’en existe plus qu’une description dans les Curiosités de l’église de Paris
  2. Recueil des conclusions du Chapitre de 1767 à 1772.