Page:Lassus, Viollet-le-Duc - Projet de restauration de Notre-Dame de Paris.djvu/25

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mur des chapelles de la nef, du côté méridional, et la remplace par un mur lisse surmonté d’un cheneau[1].

En 1780, on badigeonne de nouveau toute l’église, et la statue colossale de saint Christophe, placée devant le premier pilier à droite en entrant, est enlevée et détruite.

En 1782, le chapitre fait remplacer le petit pavé de grès qui formait le sol de la galerie de la Vierge par un dallage en liais ; puis les arcs-boutans du chœur, du côté du midi, sont engagés dans une lourde maçonnerie qui, faite dans le but de les consolider, les entraîne vers une ruine certaine.

En 1787, la façade occidentale[2] est livrée à un sieur Parvy, architecte, qui imagina un moyen de restauration fort simple : il prit le parti de couper toutes les saillies, gargouilles, moulures, colonnes mêmes, chapiteaux, enfin, tout ce qui pouvait présenter quelques difficultés à réparer. Cet architecte parvint encore à enlever à la grande galerie à jour toute son élégance, en bouchant les trèfles de son arcature avec de mauvaises dalles. Ce fut lui qui fit couper à vif tous les ornemens et moulures qui décoraient la grande rose de cette façade ; qui reconstruisit, en la dénaturant, l’une des galeries de la cour des réservoirs, et qui, par une raison impossible à deviner, transforma toute l’arcature de la grande galerie, du côté de cette cour, en un parement lisse.

Ces dévastations n’étaient que le prélude de celles que la révolution de 1789 devait faire subir à Notre-Dame de Paris.

Des câbles, attachés aux statues de rois qui décoraient la galerie occidentale, les arrachèrent de leurs niches séculaires. Les saints, les apôtres des façades, furent jetés sur la place. Un grand nombre de ces débris resta long-temps après la révolution amoncelé le long des chapelles du nord. Les statues du portail méridional furent ensevelies pour

  1. Ce travail coûta 40,000 livres.
  2. Description historique de la basilique métropolitaine de Paris, par A. P. M. Gilbert.