Page:Lavergne, Jean Coste - 1908.djvu/107

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XVI

La séance du soir fut très courte. Peu d’instituteurs avaient traité le sujet proposé, ce dont se fâcha presque l’inspecteur, qui les menaça de rendre obligatoire pour tous ce travail jusqu’alors facultatif. Après quoi, avant de lever la séance, il leur adressa cette dernière recommandation :

— Vous savez, messieurs, qu’on se plaint partout du recrutement de plus en plus difficile des écoles normales. Chaque année, le nombre des candidats diminue. Aussi, M. l’inspecteur d’académie, qui déplore cet état de choses et qui craint qu’il ne nuise dans un avenir prochain au bon renom et aux intérêts du corps enseignant, m’a chargé de faire un pressant appel à votre incontestable dévouement. Vous pouvez, dans vos écoles et autour de vous, rechercher des vocations, les susciter même, et, en tout cas, faire une active propagande. Vous y êtes intéressés, d’ailleurs ; car ceux d’entre vous qui dirigent ou sont appelés à diriger des écoles à plusieurs classes seront bien aises, le cas échéant, de trouver en leurs adjoints des collaborateurs intelligents et à la hauteur de leur mission. Or, cela n’est possible que si le nombre des candidats à l’école normale est assez grand pour qu’on puisse faire un choix qui s’impose si l’on tient à avoir plus tard de bons instituteurs… Nous comptons donc sur vous, messieurs.

La conférence prit fin sur ces mots, accueillis d’ailleurs sans enthousiasme, plutôt même très froidement.

Il était tout au plus trois heures de relevée. Dans les rues rayonnait un tiède soleil printanier. Le ciel était d’une sérénité exquise, aussi doux qu’un regard d’enfant.

La plupart des institutrices se répandirent sur les promenades et aux environs de la petite ville. Les arbres, parés de la soie tendre des jeunes fouillées, commençaient à donner