Page:Lavergne, Jean Coste - 1908.djvu/172

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un bon mouvement et des petits enfants vous béniront… Nos meilleures actions sont toujours celles qui nous coûtent le plus… Ayez pitié…

— Je vous le répète, monsieur le curé ! à mon vif regret, je ne puis rien ; ce qui est décidé est décidé… Tant pis pour M. Coste, il l’a bien voulu.

Quelques jours après, M. Auguste Pioch, autrement dit Gustou, ou encore Piochounet, très fier et ayant au front l’auréole de confesseur et martyr de la foi conservatrice, était installé par son cousin M. Pioch ou Piochou, maire de Maleval, comme secrétaire de la mairie avec, s’il vous plaît, trois cents francs d’appointements. Dame ! bien souvent, une belle vigne n’en rapporte pas plus !


XXIV

Dans l’humble logis de l’instituteur, la lutte, impuissante hélas ! contre la misère recommença dès lors plus terrible même qu’autrefois. Grâce à des prodiges d’économie, ce fut passable les premiers mois. Mais à quelles privations n’eut-on pas recours ! et quelles nourritures grossières paraissaient sur la table ! Pour ne pas trop s’endetter, on rognait même sur le pain ; à peine mangeait-on à sa faim, parfois. En vain, car toutes ces petites bouches affamées avaient vite fait de dévorer les soixante-dix-neuf francs ! — touchés à chaque fin de mois.

Coste lutta pied à pied. Il chercha, quémanda des travaux de copie autour de lui, dans les villages voisins et jusqu’à Montclapiers. Ce n’était guère pratique, tant à cause du peu d’importance de Maleval que de son éloignement de tout centre. D’ailleurs, sur les lieux mêmes, notaires, huissiers, com-