Page:Lavoisier - Traité élémentaire de chimie.djvu/7

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  préliminaire. vij

les faits, quelque justes que fussent les idées qu’ils auroient fait naître, ils ne transmettroient encore que des impressions fausses, si nous n’avions pas des expressions exactes pour les rendre.

La première partie de ce Traité fournira à ceux qui voudront bien le méditer, des preuves fréquentes de ces vérités ; mais comme je me suis vu forcé d’y suivre un ordre qui diffère essentiellement de celui qui a été adopté jusqu’à présent dans tous les ouvrages de Chimie, je dois compte des motifs qui m’y ont déterminé.

C’est un principe bien constant, & dont la généralité est bien reconnue dans les mathématiques, comme dans tous les genres de connoissances, que nous ne pouvons procéder pour nous instruire, que du connu à l’inconnu. Dans notre première enfance nos idées viennent de nos besoins ; la sensation de nos besoins fait naître l’idée des objets propres à les satisfaire, & insensiblement par une suite de sensations, d’observations & d’analyses, il se forme une génération suc-