Page:LeMay - Le pèlerin de Sainte-Anne, Tome II, 1877.djvu/159

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


t’aimerai toujours… Emmélie, tu seras ma femme ! veux-tu ?… le veux-tu ?

La blonde enfant, toute en larmes, les cheveux comme un voile de pudeur sur ses épaules, se relève et tombe dans les bras du noble garçon qui la serre contre sa poitrine dans une étreinte d’une infinie douceur.


XVI

UNE RAME QUI NE FOUETTE PAS L’EAU.


Lepage se leva de bonne heure et fit sa prière du matin, à genoux près de son lit. Jamais travaux assez pressants ne lui faisaient omettre ce pieux devoir. Ceux qui n’avaient pas le temps de prier, n’arrivaient souvent au champ qu’après lui, ne supportaient pas aussi bien les contretemps, et ne se trouvaient nullement plus riches, à l’automne. Il marcha légèrement sur le plancher sans tapis, afin de n’éveiller personne, et sortit pour aller couper. Il fut surpris de trouver la porte débarrée. Il pensa qu’il avait oublié de mettre le loquet.