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XXIII

PÈRE ET FILS, MARI ET FEMME


La lune faisait pleuvoir sur les bois et le ruisseau de magiques rayons. Tous les objets changeaient de forme à mesure que l’astre voyageur, en s’en allant, déplaçait les ombres ; et les cailloux, les rameaux, les troncs, les touffes de gazon paraissaient enluminés maintenant, qui tout à l’heure n’offraient que des contours vagues et noirs. Les deux bandits achevèrent leur œuvre infernale. Ils apportèrent des roches, des souches, des débris de toutes sortes, pour dissimuler la fosse. Et quand à leurs yeux pervers tout fut bien, il reprirent le chemin de la maison. Lorsqu’ils entrèrent, trois heures du matin sonnaient à la grande horloge surmontée de trois pommes de bois dorées. Madame Asselin, prévenue, avait levé le loquet de dessus la clenche, afin qu’ils pussent entrer sans faire de bruit. Son mari n’était pas dans le complot, et la prudence voulait qu’on ne fit rien pour éveiller ses soupçons.