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SONNETS RUSTIQUES



NOSTALGIE


Ce n’était pas chez nous… Rien ne me consolait
De ne plus voir mes bois, ni mes oiseaux en fête.
D’autres bois fleurissaient, je détournais la tête ;
Puis, je fermais l’oreille au chant qui s’envolait.

Je refusais de boire au ruisseau qui coulait,
De mordre au fruit pourpré qui s’échappait d’un faîte.
J’allais regardant bas comme la pauvre bête ;
Rien n’éclairait mon cœur quand la nuit s’étoilait.

Et j’évoquais toujours vos souvenirs augustes,
Clochers, vieille maison, forêt, ruisseaux, arbustes,
Qui m’aviez tant de fois vu plier les genoux.

Lorsque mai refleurit sous la brise légère,
Pour me faire oublier, une belle étrangère
M’offrit l’amour… — Fi donc ! Ce n’était pas chez nous !