Page:LeMay - Les gouttelettes, sonnets, 1904.djvu/165

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
163
DOMAINE POLITIQUE



APRÈS LA GUERRE


C’est un coin de l’Afrique. Il n’a pas de rival
Pour ses copje, ses rocs, ses sables, ses marnières,
Pour l’éclat de son ciel et l’or de ses minières,
Pour ses troupeaux et pour ses prés. C’est le Transval.

Dans sa campagne en deuil, au long d’un joli val,
Sur le sol défoncé par de grises ornières,
Et les cheveux flottant aux brises printanières,
Deux Boërs, un jeune, un vieux, s’en allaient à cheval.

Le jeune s’étonnait des creux dans la verdure.
— La guerre, mon enfant, la guerre longue et dure…
Là dorment des héros ! dit l’autre avec fierté.

Il regardait toujours les innombrables fosses.
Tout à coup il joignit ses mains rudes et grosses
Et jeta ce sanglot : — Là gît la liberté !