Page:LeMay - Les gouttelettes, sonnets, 1904.djvu/175

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
173
SOUFFLE D’AMOUR



PREMIER RÈVE


Mes souvenirs d’amour ont toujours leur fraîcheur.
J’avais une voisine et je l’aimais en rêve ;
J’avais un lis aussi, recueilli sur la grève
Un soir que j’attendais le retour du pêcheur.

Pauvre lis, il souffrait et perdait sa blancheur,
Et je souffrais de même, et de même sans trêve.
Notre vie à tous deux allait être fort brève.
Nous serions, au printemps, la moisson du faucheur.

Un rayon de soleil, par la fenêtre ouverte,
Est venu ranimer mon lis déjà perdu.
Mon lis est encor’ blanc, sa feuille est encor’ verte.

Un regard de tendresse est sur moi descendu ;
Le mal qui m’oppressait s’en est allé sur l’heure.
L’amour n’est plus un rêve et la vie est meilleure.