Page:LeMay - Les gouttelettes, sonnets, 1904.djvu/176

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
174
SOUFFLE D'AMOUR



SOIR


Les nuages s’en vont, ployés comme des tentes.
Pendant qu’au foyer pâle on jette les sarments
Le désir se réveille, et sous de chauds ferments
L’âme berce, en la nuit, des lueurs éclatantes.

C’est l’heure des soupirs, c’est l’heure des attentes ;
L’espoir, comme la crainte, a d’amers serrements.
Aveugle et fou, l’amour prodigue ses serments.
Les fauves ont aussi de secrètes ententes.

Laisse flotter, beau soir, l’ombre de ton rideau,
Le paria lassé dépose son fardeau,
Si des pensers troublants inclinent bien des têtes.

Avec ses rêves doux l’amour est un sommeil ;
Hommes aventureux ou caressantes bêtes,
Si l’amour vous endort prenez garde au réveil.