Page:LeMay - Les gouttelettes, sonnets, 1904.djvu/183

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
181
SOUFFLE D’AMOUR



CŒURS ET NIDS


Et j’entendais l’amour retentir comme un cor.
Je vis sur les rameaux des nids pleins de tendresse.
Les petits essayaient, avec des cris d’ivresse,
Leur aile où le matin peignait des reflets d’or.

Un champ d’orge, tout près, leur offrait son trésor ;
La brise qui passait leur donnait sa caresse.
Or, du faîte élevé comme une forteresse
Ils pourraient jusqu’au ciel prendre, un jour, leur essor.

L’hiver emporta loin les feuilles desséchées.
Je voulus voir encor’ les joyeuses nichées,
Seuls des flocons de neige étoilaient les buissons.

Tous les cœurs sont des nids où chante l’espérance,
Et les flocons de neige, avec indifférence,
Des cœurs comme des nids font taire les chansons.{