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FANTAISIE



LE FEU FOLLET


On y croit sous le chaume, on y croit au chalet.
Vive langue de feu, le long de la bruyère,
Ou sur les molles eaux de quelque fondrière,
Lorsque la nuit est sombre, on le voit, ce follet.

Il brille quelquefois, gracieux et mollet,
Comme une lampe sainte à la vitre ouvrière.
Pour lui, dans ces soirs-là, l’enfant dit sa prière
Et l’aïeule récite un pieux chapelet.

Celui qui le poursuit se fatigue et s’égare.
Ses appels sont trompeurs. Il faut que l’on se gare
De ce mauvais chrétien que le Seigneur punit.

A demander sa grâce en vain l’on s’égosille.
Il retrouve sa forme, et sa peine finit,
Quand on le fait passer dans le châs d’une aiguille.