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SONNETS ÉVANGÉLIQUS



LA SAMARITAINE


Vers le puits de Jacob elle s’en vint alors,
Un vase sur la tête, aux pieds d’humbles sandales,
Son œil rêveur cherchait les amoureux dédales
Où s’étaient profanés les charmes de son corps.

Un homme était au puits. Ses ravissants dehors
L’émurent. Mais pourtant, cachant ses doux scandales,
Du saint temple elle aurait baisé les froides dalles,
Plutôt que de l’aimer d’impudiques transports.

Peut-être c’est cela qu’il était de Judée.
Il lui parla longtemps. Elle, la dégradée,
Se sentait défaillir sous l’œil qui la scrutait.

Comment voyait-il donc tant de choses en elle ?
Était-il le prophète ?… En vain elle luttait,
Des pleurs de repentir luirent dans sa prunelle.