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HOMMAGE



FRÉCHETTE


Depuis le feu sacré qu’un premier rêve allume,
Et les frêles épis d’un premier messidor ;
Depuis le vieux collège et le long corridor
Où nous scandions ensemble un idéal volume,

Combien, noble ouvrier, sur ta vaillante enclume,
As-tu, sombre ou joyeux, forgé de rimes d’or ?
Combien de vers, hardis comme un vol de condor,
Se sont jusqu’à la nue élancés de ta plume ?

Qu’importe la morsure et qu’importe 1111 lambeau ?
Ta main sait promener la verge ou le flambeau,
Et ton nom retentit comme un buccin sonore.

Par l’éclat des honneurs beaucoup sont éblouis,
Reste simple en ta force, et les Muses, Louis,
Diront qu’en t’acclamant notre peuple s’honore.