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HOMMAGE



MERCIER


Comment es-tu tombé, meneur d’hommes puissant ?
Notre peuple t’aimait et tu l’aimais de même.
Hardi jusqu’à l’audace et froid sous l’anathème,
Tu voulais notre sol pour ceux de notre sang.

Tu parlais à l’Eglise en fils obéissant.
Tes ennemis ont dit, nouveaux Juifs : — Il blasphème !
La trahison t’a pris d’un bras de Polyphème,
Et tu fus terrassé comme un bœuf mugissant.

La haine triomphait. Souvent le patriote
A senti le baiser mordant d’Iscariote,
Et l’envie a voilé de beaux soleils levants.

Mais ta gloire a grandi de toute ta défaite,
Et ta vengeance enfin doit être satisfaite…
La vengeance des morts, c’est l’amour des vivants !{