Page:LeMay - Les gouttelettes, sonnets, 1904.djvu/68

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
66
HOMMAGE



À * * *


Entends-tu les vivats de tes heureux rivaux ?
Leur front est couronné, leur âme est en délire.
Ils chantent un poème où tu ne sais pas lire,
Et nul ne descend plus aux ïambes dévots.

Or, parmi les anciens et parmi les nouveaux,
Plus d’un ’n’a pas rempli sa pauvre tirelire,
Plus d’un avec colère a rejeté sa lyre,
Et le doute a souvent hanté de grands cerveaux.

Ton aile qui voulait mesurer les espaces,
N’éveille pas de bruits dans l’azur où tu passes,
Et tu pleures songeant que ton nom va périr.

Pour que le cœur s’échauffe à tes divines fièvres,
Pour que ton nom muet monte à toutes les lèvres,
O poète, il te manque une chose : mourir !